Le chef pour le Québec et le Labrador de l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard
Le chef pour le Québec et le Labrador de l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard

Enfants disparus: les Autochtones réclament de Québec une loi distincte

QUÉBEC - Les Autochtones n'ont guère apprécié la façon de procéder du gouvernement Legault, sur le plan législatif, dans le dossier des enfants autochtones disparus.

Curieusement, à l'automne, l'initiative gouvernementale en faveur de ces enfants a été insérée sous forme d'amendements au projet de loi 31, qui porte sur la pratique des pharmaciens, une hérésie aux yeux des leaders autochtones.

Par respect pour la dignité des Premières Nations, ils réclament donc que la question soit retirée du projet de loi 31 et fasse l'objet d'un projet de loi distinct.

La requête a été rendue publique vendredi par le chef pour le Québec et le Labrador de l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard, entouré de plusieurs membres de familles d'enfants autochtones disparus et de deux députés de l'opposition, Sol Zanetti, de Québec solidaire (QS), et David Birnbaum, du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Les familles trouvaient que cela n'apportait pas la dignité nécessaire devant les drames que ces familles-là ont vécus», a commenté M. Picard, en conférence de presse, à l'Assemblée nationale.

Une question aussi sensible ne devrait pas être réduite à un simple «accessoire» annexé à un projet de loi portant sur un tout autre sujet, a-t-il fait valoir.

Une lettre a été expédiée au gouvernement, fin janvier, pour réclamer le changement souhaité.

De plus, les amendements déposés par le gouvernement «ne vont pas assez loin» pour répondre aux attentes des familles endeuillées à la recherche d'informations devant enfin révéler quel sort a été réservé à leur enfant, a-t-il ajouté.

On parle d'enfants autochtones, souvent des nouveau-nés, qui ont été enlevés, qui sont disparus ou encore qui sont décédés dans des circonstances troubles, dans les années 50 et 60, voire 70, à la suite de leur admission dans un hôpital québécois.

Aucune explication n'avait à l'époque été fournie aux familles, qui réclament aujourd'hui de pouvoir faire toute la lumière sur ces drames, en ayant accès aux dossiers médicaux et aux archives des communautés religieuses.

On ne connaît pas le nombre exact de cas. Selon certaines estimations, on parlerait d'une quarantaine d'enfants au total.