Sylvain Gaudreault a rencontré les Gatinois au parc Jacques-Cartier, en début de soirée vendredi.
Sylvain Gaudreault a rencontré les Gatinois au parc Jacques-Cartier, en début de soirée vendredi.

Éducation supérieure, santé et culture: l’Outaouais mérite sa « juste part », croit Sylvain Gaudreault

Le prochain chef du Parti québécois n’a pas encore été élu, mais s’il s’agit de Sylvain Gaudreault, le député de Jonquière compte faire du développement des régions son « cheval de bataille ». « Je ne peux pas accepter qu’une région aussi importante et métropolitaine que l’Outaouais n’ait pas sa juste part en matière de santé, en matière culturelle et en matière d’enseignement supérieur ».

C’est vendredi à Gatineau que le député de Jonquière a fait le premier arrêt d’une tournée pour rencontrer les militants de la province. Une quinzaine de personnes étaient présentes au rendez-vous donné au parc Jacques-Cartier, en début de soirée, au premier jour de la course à la chefferie du Parti québécois. Celle-ci prendra fin le 9 octobre.

Estimant que son parti doit « regagner la confiance des Québécois » en intervenant dans des dossiers régionaux, le candidat a insisté sur l’importance de mettre fin au « phénomène historique » qui défavorise l’Outaouais en matière de santé, d’éducation supérieure et de culture. L’Université du Québec en Outaouais (UQO), notamment, devrait « avoir autant de programmes qu’à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), estime-t-il. C’est le même réseau, mais l’UQO a une trentaine de programmes de moins qu’à l’UQAC. (…) Si on veut s’assurer qu’il n’y ait pas de fuite de cerveaux ni de capitaux, il faut qu’on soit capables de garder notre monde ici. »

En culture, « la région de Gatineau est la troisième au Québec en termes d’accueil des immigrants, a-t-il continué. Il faut être capables d’offrir des activités d’immersion et des activités culturelles en français. »

En après-midi, le député de Jonquière a rencontré le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin. Celui-ci aurait insisté sur son impatience par rapport à la lenteur du gouvernement fédéral à réagir au sujet du financement du projet du tramway dans l’ouest de la ville.

À ce sujet, M. Gaudreault joint sa voix à celle du premier ministre François Legault. « Je pense que le fédéral doit enfin entendre les besoins et la demande de Gatineau, a-t-il affirmé. Dès l’automne, il va falloir qu’on mette de la pression. »

« J’étais ministre des transports quand le pont Champlain tombait en morceaux, a-t-il ajouté. Des rencontres avec le fédéral, on en a fait plusieurs. On a fini par signer une entente, mais c’était parce que le pont nous tombait dessus. Il ne faut pas attendre qu’il y ait des problèmes. On a un beau projet devant nous et les gens à Gatineau sont prêts à le faire. »

Le député de Jonquière Sylvain gaudreault

Un Québec indépendant et vert

Vendredi soir, Sylvain Gaudreault a d’entrée de jeu insisté sur l’importance de remettre le souverainisme à l’ordre du jour. « Ma vision, mon rêve, mon souhait, c’est le Québec devienne le premier pays vert à faire son entrée à l’ONU », à savoir un pays « qui lutte contre les changements climatiques et qui serait exemplaire à l’égard de l’environnement. »

S’il est élu à la tête du parti, M. Gaudreault compte utiliser sa position pour pousser le gouvernement de François Legault « à aller au bout de sa logique » en matière d’environnement et de nationalisme, faire mousser l’adhésion à l’idée de l’indépendance du Québec, « et à l’élection de 2022, prendre l’engagement ferme de faire un référendum dans un premier mandat. »

Dans les projets d’infrastructure en Outaouais – comme dans ceux du tramway –, M. Gaudreault entrevoit qu’un Québec souverain pourrait discuter « d’égal à égal » avec Ottawa. « Ce n’est pas parce qu’on aurait un pays indépendant qu’on ferait un mur et qu’on se bloquerait. Au contraire, il y a beaucoup trop d’échanges entre les deux régions. Pour moi, ça permettrait d’avoir un rapport de force plus important face à un autre gouvernement avec lequel on aurait des intérêts économiques communs à mettre de l’avant-plan. »