Pierre Fitzgibbon

Discours en anglais: Legault rabroue son ministre Fitzgibbon

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault a rabroué son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, mercredi, pour avoir choisi de livrer un discours uniquement en anglais alors qu’il était en mission économique en Ontario.

Les gens d’affaires réunis mardi à Toronto pour l’entendre n’ont donc pas pu constater que M. Fitzgibbon est francophone, comme la grande majorité des Québécois, et que le français est la seule langue officielle du Québec, puisqu’il n’a pas dit un mot de français.

En mêlée de presse, mercredi, le premier ministre a dit qu’il aurait dû au moins dire «quelques mots» en français, ce qui aurait suffi à ses yeux.

Il avait d’ailleurs du mal à expliquer pourquoi son ministre avait agi de la sorte, quand on sait que le gouvernement caquiste se présente comme nationaliste et aime cultiver son image de défenseur du fait français.

M. Legault a convenu que cette façon de faire était incorrecte et qu’elle ne devait pas se reproduire.

Car dès qu’il se trouve à l’extérieur du Québec, un ministre «représente le gouvernement du Québec et il a un message à passer que c’est en français que ça se passe» en territoire de la loi 101, a rappelé M. Legault à ses troupes.

Questionné par les journalistes, mardi, après son allocution, M. Fitzgibbon avait d’abord défendu sa position, justifiée selon lui par le fait que l’auditoire était anglophone. Mais devant les critiques, notamment sur les réseaux sociaux, dans certains cas virulentes, il avait fait volte-face, affirmant sur Twitter qu’à l’avenir ses discours compteraient «tous et toujours des passages importants en français, peu importe où je serai».

M. Legault a tenu à dire que lui-même, lorsqu’il séjourne à l’extérieur du Québec, il s’efforce de dire «toujours quelques phrases en français», quelle que soit la langue de l’auditoire.

Quand il était dans l’opposition, M. Legault était toujours aux premières loges pour dénoncer vigoureusement ce genre d’impairs du gouvernement libéral.

La mission économique à Toronto avait pour but d’intensifier les échanges commerciaux entre les deux provinces.

Ensemble, le Québec et l’Ontario représentent 58 pour cent du produit intérieur brut (PIB) du Canada.