Le maire Maxime Pedneaud-Jobin accompagnait le premier ministre Legault pour une visite de la zone touchée par la tornade, dans le secteur Hull.

Deux millions de plus pour les sinistrés de la tornade

Peu importe la nature du sinistre qui les touche, les Québécois doivent pouvoir savoir « rapidement » à quels montants ils auront droit de la part du gouvernement, estime le premier ministre François Legault, qui a annoncé vendredi une éventuelle refonte du programme d’indemnisation et une aide additionnelle de 2 millions $ pour les sinistrés de la tornade de Gatineau.

Au lendemain de son assermentation au poste de premier ministre, M. Legault s’est pointé à Gatineau, où il a notamment parcouru une partie de la zone ayant été le plus durement touchée par la tornade du 21 septembre dernier, dans le quartier Mont-Bleu. Il a ainsi pu constater l’évolution des travaux depuis sa visite au lendemain de la tornade, lors de la campagne électorale.

Son prédécesseur, Philippe Couillard, avait octroyé une aide gouvernementale d’un million de dollars à la Croix-Rouge, au lendemain de la tragédie. Des dons totalisant 1,6 million $ ont aussi été amassés au cours des dernières semaines.

« Par contre, [la Croix-Rouge s’attend] à ce que les coûts soient entre 4,5 millions $ et 5 millions $ », a mentionné M. Legault avant d’annoncer que son gouvernement alloue un montant additionnel de 2 millions $ à la Croix-Rouge pour son aide aux sinistrés de la tornade.

Sur un total de 2112 personnes s’étant inscrites auprès de l’organisme depuis la tragédie, de 115 à 125 personnes demeurent hébergées à l’hôtel.

L’argent supplémentaire servira à « l’aide de base », a fait savoir le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en donnant l’exemple de l’achat de meubles ou des frais liés à l’hébergement temporaire. Un programme à revoir

Tel qu’il l’avait annoncé plus tôt dans la journée à Québec, le premier ministre Legault a souligné avoir demandé à sa ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d’élaborer un programme « moins bureaucratique » pouvant être utilisé « rapidement dans tous les sinistres au Québec » afin que les citoyens touchés ne demeurent pas dans « l’incertitude » trop longtemps sur la nature de l’aide à laquelle ils ont droit.

« Dans le fond, il faudrait être capable, dans les jours qui suivent une catastrophe, de dire aux gens ‘voici ce à quoi vous pouvez vous attendre’, a expliqué M. Legault. Ça ne veut pas dire que le chèque va être donné le lendemain, mais au moins, ils vont se faire rassurer sur le pourcentage de leurs pertes qui seront couvertes. »

Le premier ministre a fait savoir qu’il « faudra probablement légiférer » pour que de tels changements au programme d’indemnisation entrent en vigueur. « Le gouvernement va commencer à siéger le 27 novembre, donc on va tout faire pour que ce soit réglé avant Noël », a-t-il dit.

François Legault n’écarte par ailleurs pas la possibilité que les municipalités soient mises à contribution pour la gestion du programme auprès de leurs citoyens lorsqu’une catastrophe survient sur leur territoire. « La municipalité, c’est le gouvernement de proximité qui devrait s’occuper de gérer ce programme-là, mais ce doit être avec des fonds qui viennent de Québec », a-t-il précisé.

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« DES EFFORTS PARTICULIERS » EN OUTAOUAIS

« Il va falloir faire des efforts particuliers » pour l’Outaouais, estime François Legault, qui a choisi Gatineau pour sa toute première visite officielle en région, au lendemain de son assermentation au poste de premier ministre du Québec.

Interrogé vendredi à savoir s’il souhaitait passer un message à la population de l’Outaouais — où trois députés caquistes ont été élus — avec sa visite en sol gatinois, M. Legault a tout de suite évoqué différents enjeux sur lesquels son gouvernement devra se pencher.

« Ici, les gens ne sont pas satisfaits des délais d’attente en santé, a-t-il mentionné. En Outaouais, les gens paient les mêmes niveaux d’impôts et de taxes qu’ailleurs, mais n’ont pas autant de médecins par 1000 habitants que dans le reste du Québec, donc il y a une question d’équité. » La proximité avec l’Ontario nécessitera aussi de « regarder les primes aux infirmières » afin d’offrir « des services comparables en Outaouais à ce qui est offert ailleurs au Québec ». En citant l’élargissement de l’autoroute 50 et le taux de diplomation, M. Legault affirme donc qu’« il va falloir faire des efforts particuliers » dans la région. Il compte notamment sur le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour « que l’Outaouais ne soit pas oubliée par le gouvernement ». Il a aussi assuré avoir « l’intention de respecter tous [les] engagements » de son parti, « incluant un nouvel hôpital ». « Je prends ça comme un signal très clair, a-t-il ajouté. Les gens ont voté pour la CAQ en Outaouais entre autres parce qu’ils n’étaient pas satisfaits de la situation du réseau de la santé, donc ça va être une priorité. »