En campagne électorale, la Coalition avenir Québec n’a pas vraiment traité de pauvreté et de salaire minimum.

Des «pinottes» pour François Legault

Sept syndicats et organismes communautaires ont offert un panier rempli d’arachides en guise de cadeau de bienvenue au premier ministre désigné François Legault, lundi.

L’objectif est de lui signifier que les citoyens qu’ils représentent ne travailleront pas pour des pinottes.

Les membres de la campagne 5-10-15, lancée il y a deux ans, ont trois demandes : que tous les travailleurs du Québec connaissent leur horaire de travail cinq jours à l’avance, qu’ils aient accès à une banque de 10 jours de congés de maladie et que le salaire minimum soit haussé à 15 $ l’heure.

Richard Perron, président du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), rappelle que M. Legault a promis dans son discours de victoire le 1er octobre qu’il dirigerait un «gouvernement humain». Pour Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, la hausse du salaire minimum va de pair avec la volonté de M. Legault que le Québec crée des emplois payants à 30 $ et 40 $ l’heure.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas vraiment traité de pauvreté et de salaire minimum. Seuls Québec solidaire et le Parti québécois avaient des mesures visant à hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure.

Mais à l’heure du plein emploi, il est plus facile d’aller de l’avant avec une telle proposition, croit la coalition formée par le Front de défense des non-syndiqués, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le SPGQ.

Affûter les armes

Les syndicats qui représentent le secteur public affûtent également leurs armes en prévision de la prochaine grande négociation avec le gouvernement, qui aura lieu en 2020. Pour l’instant, le ton est conciliant avec le gouvernement Legault. «On va laisser la chance au coureur», indique Christian Daigle, président du SFPQ.

Par contre, ces syndicats s’attendent à ce que la période d’austérité budgétaire représentée par le gouvernement libéral de Philippe Couillard soit derrière eux. «On va quand même rappeler le gros bon sens au public. Que les coffres sont pleins, qu’on doit investir», dans les salaires des employés de l’État, soutient M. Perron.

Sonia Éthier, présidente de la CSQ, croit que «les services publics ont été mis à mal» ces dernières années et que le Québec a du «gros rattrapage à faire pour s’assurer de donner des bonnes conditions de travail au personnel».

Les syndicats croient aussi que la CAQ doit reculer sur son engagement d’abolir 5000 postes dans le secteur public. M. Perron dit d’ailleurs avoir eu la confirmation de M. Legault en campagne électorale qu’il voulait accorder plus de postes en informatique et au ministère des Transports. «Je pense qu’il a bien compris le constat de la Protectrice du citoyen, qui a dit que maintenant, on n’est plus à couper dans le gras ni dans la viande. Quand on coupe dans la fonction publique, on coupe dans l’os et c’est directement les services à la population qui sont affectés.»