« Ce qui m’a poussé à prendre cette décision, c’est que je viens d’avoir 70 ans [...] »

Denis Paradis quitte la politique

Le député fédéral de Brome-­Missisquoi Denis Paradis ne sera pas candidat aux élections d’octobre prochain et quitte la vie politique.

« J’étais en réflexion depuis un bout de temps, mais ce fut une décision difficile. La politique, c’est quelque chose que j’aime beaucoup et qui fait presque partie de mon ADN », confie le député sortant de Brome-Missisquoi en entrevue avec La Voix de l’Est, dimanche matin. 

Denis Paradis, qui cumule plus de 15 ans à la Chambre des communes en tant que représentant de Brome-Missisquoi sous la bannière du Parti libéral du Canada, a fait connaître la nouvelle au public dimanche matin. Son caucus politique n’en aurait été averti que la veille. 

« Ce qui m’a poussé à prendre cette décision, c’est que je viens d’avoir 70 ans et que c’est un mandat de quatre ans. Si c’était un mandat de deux ans, peut-être que j’aurais continué, mais pas pour finir mon mandat à près de 75 ans. »

Avocat de formation, vigneron et entrepreneur en restauration, M. Paradis assure qu’il ne « manquera pas de défis dans les prochaines années » même s’il n’a pas de plan précis pour le moment.

« Je veux pas être la marraine du parti, mais je vais continuer à être vigilant par rapport aux dossiers des lacs Champlain et Memphrémagog. Le côté environnement a été mon cheval de bataille dans les dernières années. J’ai pas dans l’idée de me renfermer dans mes terres et de rester à regarder la parade, je vais continuer à m’impliquer », assure-t-il. 

Denis Paradis souhaite que les dossiers qu’ils portent depuis plusieurs années en matière d’environnement soient repris par la personne qui lui succédera. 

Période trouble

Le mandat de Denis Paradis a été agité par des troubles à l’intérieur de l’association de comté dans les derniers mois. En août 2018, une « équipe du renouveau » avait tenté de s’emparer d’une majorité de postes à l’intérieur de l’association pour demander davantage de transparence au député. En octobre, une pétition réclamant une course à l’investiture en vue des prochaines élections fédérales avait récolté plus de 400 signatures. Guillaume Tétreault, leader de « l’équipe du renouveau », avait finalement été élu président de l’association avant d’être démis de ses fonctions en janvier dernier.

Rappelons qu’en raison des conventions du Parti libéral du Canada, Denis Paradis était automatiquement désigné comme candidat puisqu’il avait rempli les exigences des instances du PLC.

Aux dires de M. Paradis, la paix serait revenue entre les libéraux fédéraux de Brome-Missisquoi depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas une situation qui a influencé ma décision de partir », indique-t-il. 

Vieux routier

Le député de Shefford Pierre Breton, collègue et voisin de circonscription de Denis Paradis, souligne la qualité de l’homme politique.

« C’est quelqu’un avec qui j’ai vraiment eu un plaisir à travailler et à collaborer dans nos dossiers. Denis, c’est un routier de la politique, très proche de ses dossiers et toujours très loyal envers ses concitoyens », assure Pierre Breton. 

Ce dernier souligne que son collègue a été d’un précieux soutien à l’issue des élections d’octobre 2015, quand de nombreux novices politiques se sont retrouvés à Ottawa. « Il a été très généreux de son expérience. Il s’est assuré qu’on soit à l’aise avec nos nouvelles responsabilités et nous a donné de précieux conseils », ajoute Pierre Breton. 

15 ans 

Denis Paradis a d’abord été élu à l’issue de l’élection partielle enclenchée à la suite du décès du député bloquiste Gaston Péloquin, en 1995.

Réélu en 1997, 2000 et 2004, il a dû s’incliner devant Christian Ouellet en 2006 ainsi qu’en 2008.

Il a finalement retrouvé son siège à la suite de l’élection d’octobre 2015.

M. Paradis a occupé diverses fonctions an cours de sa carrière politique, ayant notamment occupé les fonctions de secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale, du ministre responsable de la Francophonie et du ministre des Affaires étrangères.