Royal Galipeau s’est fait élire à trois reprises sous la bannière conservatrice en 2006, 2008 et 2011 dans l’ancienne circonscription d’Ottawa-Orléans.

Décès de l’ex-politicien Royal Galipeau

Royal Galipeau, un vieux routier de la politique municipale et fédérale, a rendu l’âme, samedi en début d’après-midi, après un long combat contre la maladie. Il avait 71 ans.

Un myélome multiple, une maladie de la moelle osseuse, le faisait souffrir depuis longtemps et avait été diagnostiqué à l’automne 2014 avec une suite de hauts et de bas que M. Galipeau affrontait avec courage. Il est finalement décédé au campus général de l’Hôpital d’Ottawa, entouré des siens. 

« Jusqu’à la dernière minute, il a gardé un moral de fer ; c’était assez incroyable et inspirant. Les médecins ont annoncé à la famille qu’il en avait pour de quelques mois à quelques semaines, et c’est passé de quelques semaines à quelques jours, au début de la semaine passée », a raconté au Droit l’ancien adjoint de direction de M. Galipeau, Bryan Michaud.

M. Galipeau avait déjà été tourmenté par un petit cancer de la peau, il y a quelques années, dont il s’était défait ; on le voyait alors souvent avec une casquette vissée sur la tête.

Une omniprésence politique

Avant sa vie politique au fédéral, il aura d’abord été conseiller municipal à Gloucester, avant de perdre la course à la mairie dans cette même localité.

Ancien fervent libéral passé aux conservateurs durant le scandale des commandites, Royal Galipeau se fera élire à trois reprises sous la bannière conservatrice en 2006, 2008 et 2011 dans l’ancienne circonscription d’Ottawa-Orléans. 

Il n’en échappera qu’une, en octobre 2015, alors qu’il est défait au profit de l’ex-militaire libéral Andrew Leslie.

Durant sa « période libérale », il sera d’abord gérant de campagne, à plusieurs reprises, pour le parti, pour ensuite devenir adjoint du député Mauril Bélanger dans Ottawa-Vanier.

Son virage conservateur se fera lorsque les libéraux piquaient du nez et s’engluaient dans les scandales. Il deviendra alors le premier conservateur en 136 ans à être élu trois fois de file dans sa circonscription de l’Est ontarien.

40 ans de politique dans le corps

Ses chevaux de bataille auront été le développement régional, l’avènement d’un train léger sur rail à Ottawa et la décontamination de la rivière des Outaouais, entre autres. 

Fier Franco-Ontarien originaire de Saint-Isidore, il luttera pour la venue de CJFO et de TFO et participera aux fêtes du 400e anniversaire de présence française en Ontario.

Lorsqu’il accroche ses patins, en 2015, il aura offert à ses électeurs, près de 40 ans de service public.

Fier conservateur aux idées de droite, il s’est opposé au mariage gai et à l’avortement ; ce qui lui vaudra un lot de critiques d’un électorat plus libéral.  

Le départ de Royal Galipeau, après celui de Mauril Bélanger, laisse dans le deuil des milliers de Franco-Ontariens, qui pouvaient compter sur sa fougue et son amour inconditionnel envers la politique.

Nombreuses réactions

Plusieurs personnalités du monde politique ont tenu à saluer le dévouement de M. Galipeau envers sa communauté et offrir leurs condoléances à la famille et à ses amis.

« Royal a toujours été un vrai gentleman et a toujours défendu les intérêts d’Orléans en tant que conseiller municipal, membre du conseil d’administration de la bibliothèque et comme député fédéral. Repose en paix », a écrit le maire d’Ottawa, Jim Watson, sur Twitter.

« Mes sincères condoléances à la famille et aux proches de Royal Galipeau. Nous n’oublierons jamais le service acharné de Royal pour Orléans », a réagi le député fédéral d’Orléans, Andrew Leslie.

« Merci pour ton service et ta contribution à la communauté d’Orléans et dans la région de la capitale nationale », a indiqué la députée d’Ottawa-Vanier aux Communes, Mona Fortier, attristée par la nouvelle.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a accueilli avec tristesse l’annonce du décès de Royal Galipeau.

« Il laissera une trace incontestable dans la francophonie ontarienne et, notamment, dans la région de la capitale nationale. Nous tenons à rappeler sa grande contribution dans la création de médias francophones, à savoir TFO et Unique FM », a entre autres précisé le président de l’AFO, Carol Jolin, dans un communiqué.

« Ancien membre du Comité permanent aux langues officielles, il a également démontré sa volonté d’appuyer les organismes qui contribuent au dynamisme culturel de leur communauté en favorisant la création du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO). L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario est reconnaissante de son soutien dans la quête de financement d’organismes franco-ontariens au 400e anniversaire de présence française en Ontario », a ajouté M. Jolin.