Le conseiller du premier ministre, Daniel Jean

Daniel Jean voulait réfuter la «désinformation coordonnée» sur le voyage en Inde

OTTAWA - Le conseiller à la sécurité nationale Daniel Jean a soutenu lundi qu’il était important d’informer les journalistes canadiens en Inde afin de réfuter la «désinformation coordonnée» concernant la présence, autour de ce voyage officiel, d’un sikh déjà condamné au Canada pour avoir tenté d’assassiner un ministre indien.

Le conseiller du premier ministre témoignait lundi devant les membres du comité permanent de la sécurité publique et nationale des Communes, afin d’expliquer son rôle dans cette controverse qui a empoisonné le voyage officiel de M. Trudeau en Inde, et qui poursuit le gouvernement libéral depuis des semaines.

M. Jean est au coeur de ce débat: c’est lui qui, à titre de «source anonyme», a soufflé aux journalistes que des factions au sein du gouvernement indien avaient pu orchestrer la présence embarrassante, pour deux réceptions officielles, d’un extrémiste sikh reconnu coupable d’avoir tenté d’assassiner un ministre indien en visite en Colombie-Britannique en 1986.

Jaspal Atwal a effectivement été photographié aux côtés de la femme du premier ministre, Sophie Grégoire Trudeau, lors d’une première réception, à Mumbai. Son invitation pour la deuxième réception lui a été retirée lorsque l’affaire a éclaté au grand jour.

Lors d’une séance d’information accordée aux journalistes qui accompagnaient le premier ministre en Inde, Daniel Jean avait suggéré que des factions au sein du gouvernement indien voulaient embarrasser le premier ministre Trudeau et éviter que son homologue Narendra Modi soit trop amical avec ce gouvernement étranger accusé par certains d’afficher des sympathies à l’égard des extrémistes séparatistes sikhs.

Devant les membres du comité, lundi, M. Jean a expliqué que la séance d’information aux journalistes était destinée à réfuter les allégations sur l’incapacité des services de sécurité canadiens à détecter plus rapidement la présence de M. Atwal dans le sillage du premier ministre en Inde.

«Maintenant, vous savez pourquoi j’ai intervenu comme fonctionnaire, parce que dans une situation comme ça, jamais un employé politique aurait pu être crédible pour dire comment cela s’est passé», a soutenu M. Jean.

«Dans le breffage avec les journalistes, nous avons été très clairs que nous ne savions pas qui étaient les acteurs, mais qu’il y avait définitivement des gens - et on a mis assez d’information pour démontrer ça - qui essayaient d’amplifier la mauvaise histoire. Je pense que les Canadiens avaient le droit de savoir.»