La députée libérale d’Orléans et ex-ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde

Craintes et ouverture pour Marie-France Lalonde

La députée libérale d’Orléans et ex-ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a réagi à la nomination de sa successeure sur Twitter.

« Félicitations @C_Mulroney pour votre poste de Ministre déléguée aux affaires francophones ! Le ministère doit demeurer à part entière pour permettre à la communauté de continuer d’avancer », a-t-elle gazouillé. 

En entrevue avec Le Droit, elle n’a pas caché sa déception face à cette modification effectuée par le nouveau gouvernement, mais affirme qu’elle laissera la chance au coureur. 

« C’est un peu un pas en arrière à ce moment-ci et il ne faut surtout pas reculer en matière de francophonie, mais je veux m’asseoir avec Mme Mulroney pour bien comprendre. Je vais lui laisser l’opportunité d’apprendre, je sais ce que c’est que de devenir nouvelle ministre, mais il y a des dossiers qu’il faudra soulever », dit-elle. 

Estimant que l’enjeu de la francophonie ne devrait pas être une question de partisanerie et qu’il faudrait « se tendre la main mutuellement », la députée salue le choix de Mme Mulroney pour occuper ce poste. « C’était ma prédiction. Elle parle français et a démontré une ouverture pour la francophonie lors de la course à la chefferie », lance-t-elle.

LA RÉGION DE LA CAPITALE NATIONALE COMPTERA DEUX MINISTRES

Dans la région, deux députées accèdent au conseil des ministres, dont Lisa MacLeod, réélue pour un cinquième mandat avec 45% des suffrages le 7 juin dernier avec dans la circonscription de Nepean. 

Cette dernière devient ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, en plus de se voir confier les responsabilités de ministre déléguée à la Condition féminine. 

Élue pour la première fois en 2006, Mme MacLeod était fortement pressentie pour obtenir un portefeuille ministériel. Merrilee Fullerton, une médecin élue avec 43% des voix dans Kanata-Carleton, prend quant à elle la tête du ministère de la Formation et des Collèges et Universités. 

En début de campagne, certains croyaient qu’on allait lui confier le ministère de la Santé. 

La seule Franco-Ontarienne du caucus progressiste-conservateur et nouvelle députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, épaulera Caroline Mulroney puisqu’elle hérite des tâches d’adjointe parlementaire à la ministre déléguée aux Affaires francophones. 

Un autre député de l’Est ontarien, Jim McDonell, (Stormont—Dundas—South Glengarry) est nommé adjoint parlementaire au ministre des Affaires municipales et du Logement, Steve Clark. 

ABOLITION DU MINISTÈRE DES AFFAIRES FRANCOPHONES : « ON A BESOIN D'UN MINISTÈRE FORT »

Le ministère des Affaires francophones perd son statut autonome, moins d’un an après sa création. Un pas en arrière pour la communauté franco-ontarienne, estime le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) Carol Jolin.

Le premier ministre Doug Ford a confié le rôle de ministre déléguée aux Affaires francophones à Caroline Mulroney.

« On va devoir travailler étroitement avec Mme Mulroney pour faire valoir nos arguments pour que ça redevienne un ministère autonome. On a besoin d’un ministère fort pour faire face à ces obligations-là », confie M. Jolin.

Les Affaires francophones sont devenues un ministère à part entière sous le règne libéral en juillet 2017. 

Ce recul pourrait avoir des effets sur la place qu’occupe la province au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). « Ça pourrait mettre en péril la stratégie de développement économique avec les pays de l’OIF », précise Carol Jolin.

La nomination de Caroline Mulroney est un bon choix selon l’AFO. Le président a eu l’occasion de rencontrer la nouvelle ministre lors de la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur et pendant la campagne électorale. « Nous avions parlé des priorités pour les francophones et elle était intéressée à travailler avec nous sur ces dossiers-là, précise M. Jolin. Pour nous c’est une bonne nouvelle. »

L’Assemblée de la francophonie veut s’assurer que la nouvelle ministre porte une attention particulière à la réforme de la loi sur les services en français et souhaite que le projet soit inscrit dans la lettre de mandat.

La venue d’un premier ministre unilingue anglophone à la tête de l’Ontario n’est pas un obstacle pour la francophonie,  selon Carol Jolin. L’AFO compte toutefois militer afin de conscientiser le nouveau gouvernement de la place qu’occupent les francophones en Ontario.

« On est 622 340 francophones en Ontario et 1,5 million de personnes parlent français. On a beaucoup d’informations à mettre de l’avant pour bien lui faire saisir tout ce que la communauté fait en Ontario et ses aspirations », souligne M. Jolin qui compte s’assurer d’avoir une rencontre avec Doug Ford. le 25 septembre lors de la Journée des Franco-Ontariens.

Avec Sylvie Branch, Le Droit