Le chef du Bloc québécois et la députée de Trois-Rivières, Louise Charbonneau, ont dû se placer en isolement préventif.
Le chef du Bloc québécois et la députée de Trois-Rivières, Louise Charbonneau, ont dû se placer en isolement préventif.

COVID-19 au Bloc québécois: Blanchet et plusieurs députés s’isolent

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le chef du Bloc québécois et la presque totalité de ses députés, dont Louise Charbonneau, Yves Perron et Louis Plamondon, se sont placés en isolement préventif parce qu’un employé du bureau d’Yves-François Blanchet a reçu un test positif de COVID-19, lundi.

La formation politique en a fait l’annonce par communiqué lundi après-midi.

«Nous passerons tous un test de dépistage afin de nous assurer de la bonne santé de notre équipe et respecterons strictement les directives de la santé publique. Il n’y a aucun risque à prendre. Soyez assurés que nous prenons très au sérieux cette situation», a écrit la porte-parole du Bloc Québécois, Carolane Landry.

Les députés bloquistes étaient réunis à Saint-Hyacinthe mardi dernier pour préparer leurs suggestions pour un plan de relance de l’économie canadienne. Quelques députés avaient participé à l’exercice par visioconférence.

Le chef a également passé deux jours en Abitibi, la semaine dernière.

L’employé qui a développé la COVID-19 était présent à Saint-Hyacinthe, mais n’accompagnait pas M. Blanchet en Abitibi. Ils sont une quarantaine de bloquistes, députés et personnel politique, à s’isoler pour éviter tout risque de propager le virus.

Jointe au téléphone, Mme Landry a indiqué que tous obéiraient aux directives de la Santé publique et attendront le feu vert avant de reprendre des activités normales. Elle n’a pas voulu préciser s’ils resteront tous isolés 14 jours, le temps d’incubation du virus, ou si ceux qui recevront un test négatif pourront mettre fin à leur isolement volontaire.

La députée bloquiste de Trois-Rivières, Louise Charbonneau, était en direction d’Ottawa mardi lorsqu’elle a appris la nouvelle qu’un employé du bureau de son chef avant contracté la COVID-19. Elle a dû rebrousser chemin pour se mettre en isolement avant de subir un test de COVID-19, au même titre que les autres députés bloquistes de la région et leurs employés.

«Lors du caucus la semaine dernière, madame Charbonneau était présente. Elle et tout le personnel à Trois-Rivières sont dans l’obligation de suivre le protocole de la Santé publique. Nous devons nous isoler et passer un test de COVID-19», explique le responsable des communications et attaché de presse, André Beauchesne.

«Le bureau de la députée de Trois-Rivières est donc fermé exceptionnellement. Et nous devons faire du télétravail.»

À l’instar de la plupart de ses collèges du parlement canadien, Louise Charbonneau participe à des activités avec des électeurs de sa circonscription. Le week-end dernier, la députée a pris part à la marche de la Fondation québécoise du cancer. Si l’élue a contracté la COVID-19, la Santé publique devra retracer les contacts que la politicienne a eus au cours des derniers jours.

Les élus et sénateurs reprennent les travaux la semaine prochaine à Ottawa. Un discours du Trône est prévu le 23 septembre. Les leaders parlementaires sont en négociation pour décider de la manière dont les 338 élus pourront reprendre le travail.

Parlement hybride?

Le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, a proposé un Parlement hybride où seulement un nombre restreint d’élus seraient en Chambre, les autres se joignant à l’exercice par visioconférence. Afin de permettre des travaux parlementaires normaux, il faudrait tenir des votes à distance.

«Nous avons formulé des suggestions aux autres partis et je crois que les néo-démocrates et le Bloc sont ouverts à cela. (...) On ne peut pas être les 338 dans la même salle. Donc, il faut trouver une façon de voter», a insisté M. Rodriguez, lundi, alors qu’il participait à une retraite du conseil des ministres à Ottawa.

Son collègue ministre Dominic LeBlanc a ajouté son grain de sel une fois que la nouvelle de l’isolement forcé des députés bloquistes a été annoncée.

«L’idée que 338 députés ou 105 sénateurs (...) peuvent aller siéger dans la même Chambre évidemment n’est pas réaliste», a offert M. LeBlanc.

Les conservateurs ont, par le passé, résisté à l’idée d’un vote à distance. Depuis que les négociations sur le retour en Chambre ont commencé la semaine dernière, le leader parlementaire conservateur Gérard Deltell refuse de faire tout commentaire.

Comme c’est la Chambre des communes elle-même qui décide de la façon dont elle fonctionne, s’il n’y a pas consensus hors de ses murs, il faudra une motion et un vote de tous les élus. Dans cette perspective, au premier jour de la nouvelle session parlementaire, le 23 septembre, les 338 députés pourraient se présenter en personne.