Dominique Anglade était à la permanence du PLQ à Québec, sur le boulevard Hamel dans Vanier, pour remettre son bulletin de candidature à la directrice générale du parti, Véronyque Tremblay. À droite, le coprésident de sa campagne, Carlos Leitao.

Course au PLQ: pas question de renier l’ère Charest [VIDÉO]

«Il faut faire un renouveau, mais ce n’est pas rompre avec une ère ou ne pas se rappeler de tout l’historique du Parti libéral. L’histoire du Parti libéral avec l’ensemble de ses anciens premiers ministres, ça fait partie de ce que nous sommes. On ne va pas renier l’histoire du Parti libéral.»

Pas question pour Dominique Anglade d’effectuer une coupure nette avec le règne de Jean Charest au Parti libéral du Québec (PLQ). Sans pour autant s’y coller.

Lors du dépôt officiel de sa candidature à la chefferie du parti, jeudi matin, Mme Anglade a répété que six ans d’enquête Mâchurer par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le financement du parti, «c’est long, tout le monde le sait».

Mais au lendemain de propos de son collègue député et leader parlementaire libéral Marc Tanguay, qui demandait à l’UPAC de «mettre un point final» à son enquête, elle a tenu à réitérer toute l’importance de «l’indépendance de nos institutions».

Mme Anglade était à la permanence du PLQ à Québec, sur le boulevard Hamel dans Vanier, pour remettre son bulletin de candidature à la directrice générale du parti, Véronyque Tremblay. La pile de documents incluait 1360 signatures, donc près du double des 750 exigées, et le chèque de 25 000 $ nécessaire pour participer à la course bien en vue sur le dessus. Mme Anglade dit avoir enrôlé 580 nouveaux membres, le minimum requis étant 250.

L’élection au poste de chef du PLQ aura lieu en congrès les 30 et 31 mai, au Centre des congrès de Québec.

Le seul autre candidat connu jusqu’ici est le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui lancera sa campagne dimanche, à l’Aquarium du Québec. M. Cusson abandonnera son siège de maire cinq jours plus tard, le 31 janvier.

Pas une tache, dit Delisle

Mme Anglade, qui elle fait campagne depuis le 27 juin, soit sept mois, en a profité jeudi pour présenter les six coprésidents de sa campagne. Parmi lesquels ses collègues députés libéraux Carlos Leitao et Marie Montpetit, ainsi que l’ancienne députée libérale dans Jean-Talon, à Québec, Margaret Delisle.

Celle qui a siégé 13 ans à l’Assemblée nationale, dont neuf sous la chefferie de M. Charest, ne voit pas l’enquête qui cible M. Charest comme une tache pour le PLQ.

«Comme bien des gens, j’ai hâte que ça se règle, que ça se termine. Mais il ne faut pas mettre de côté ce que le gouvernement de Jean Charest a fait durant toutes ces années-là! Il y a eu beaucoup, beaucoup de choses faites par ce gouvernement-là. Oui, avec le recul, des fois on se dit qu’on n’aurait pas dû faire ça et qu’on aurait dû faire ça, peu importe. Mais on a quand même un héritage qu’on a laissé au Québec et moi, je suis fière de ça», dit Mme Delisle.

De son côté, Mme Anglade répète que «nous devons amener le parti libéral ailleurs». «Il va falloir faire un grand travail de fond, de terrain. Il y a une transition à effectuer, un travail important, mais il est faisable. C’est là que nous sommes rendus!

«Le renouveau, c’est une suite des 152 ans d’histoire du PLQ. Tu t’appuies sur toute l’histoire de ton parti et tu l’amènes ailleurs. C’est ça, un renouveau. Je suis de l’héritage des 14 derniers chefs du Parti libéral et je compte être la 15e», résume-t-elle.

Creux historique

Avec ses 31 sièges obtenus lors des élections générales québécoises de 2018, maintenant à 28, le PLQ vit avec sa plus petite députation depuis le premier mandat du Parti québécois et de René Lévesque, de 1976 à 1981. Aux dernières élections, le PLQ avait aussi obtenu son plus petit nombre de votes depuis 1956.

Le Parti libéral du Québec compte environ 20 000 membres, un creux historique.