Coupes aux services en français: les conservateurs fédéraux devraient se distancer, croit Lawrence Cannon

L’ex-ministre conservateur fédéral, Lawrence Cannon, conseille aux membres de son ancien parti à se «distancer» des mesures concernant la minorité francophone adoptées cette semaine par le premier ministre ontarien, Doug Ford.

Invité à réagir à l’abolition du Commissariat aux services en français et à l’annulation du projet de l’Université de l’Ontario français — décisions dévoilées jeudi dans l’énoncé économique du gouvernement ontarien —, M. Cannon a rétorqué simplement: «Honte à Doug Ford».

Alors ambassadeur à Paris, Lawrence Cannon soutient qu’il était «extrêmement heureux» lorsque l’Ontario a obtenu un statut d’observateur à l’Organisation internationale de la Francophonie. Selon lui, les décisions de cette semaine représentent un «pas en arrière».

Selon l’ex-ministre des Affaires étrangères sous Stephen Harper, ses ex-collègues devraient réfléchir aux conséquences de cette «gifle à la communauté francophone, pas seulement en Ontario, mais à travers le pays».

«Bien que je ne fasse plus partie du Parti conservateur du Canada, j’invite M. Scheer (NDLR: l’actuel chef du Parti conservateur fédéral) et les conservateurs à se distancer de cette mesure qui a été prise par Doug Ford. Au-delà des coupures, il y a d’autre chose aussi. Ce n’est pas, dans notre démocratie libérale, d’aller, parce qu’il y a une majorité, de commencer à enlever des droits aux minorités. Ça va arrêter où?»

M. Cannon se porte cependant à la défense de son ancien parti sur la scène fédérale. Selon lui, il ne faut pas associer M. Ford aux troupes d’Andrew Scheer puisque les mesures adoptées contre deux institutions francophones sont celles d’un «parti populiste» et non d’un parti conservateur.

L’ex-ministre soutient qu’il n’est pas dans l’ADN du mouvement conservateur de s’en prendre aux minorités puisque la défense des droits individuels fait partie de leurs valeurs principales.