Le premier ministre Philippe Couillard — de même que le chef de la CAQ François Legault — a subi un interrogatoire serré de la part des jeunes participants aux «Rencontres maîtres chez vous», qui ont abordé plusieurs sujets, dont les garderies, l'immigration, le salaire minimum à 15 $ et la place des femmes en politique.

Couillard et Legault courtisent les jeunes en vue des élections

MONTRÉAL — Le premier ministre Philippe Couillard et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, ont courtisé un jeune électorat, qui n'a pas hésité à poser des questions corsées aux deux politiciens lors d'un événement de Force Jeunesse, samedi, à Montréal.

MM. Couillard et Legault participaient aux «Rencontres maîtres chez vous», qui ont attiré plusieurs centaines de jeunes de toutes les allégeances politiques.

Ils ont tous deux subi un interrogatoire serré de la part des jeunes participants, qui ont abordé plusieurs sujets, dont les garderies, l'immigration, le salaire minimum à 15 $ et la place des femmes en politique.

M. Legault s'est notamment fait reprocher d'avoir écrit en 2012 dans un micromessage que «les filles attachaient moins d'importance au salaire que les garçons», tandis que M. Couillard s'est fait questionner avec insistance sur le financement des garderies privées.

«Comment est-ce qu'on peut dire qu'on défend la jeunesse quand on met à mal la qualité des services pour les enfants?» a lancé un jeune, qui ne s'est pas nommé, au premier ministre.

M. Couillard a rétorqué que son gouvernement voulait laisser les parents choisir où envoyer leur enfant à la garderie, sans avoir de barrière économique.

François Legault s'est quant à lui fait critiquer pour sa proposition de faire passer un test des valeurs aux immigrants.

«Êtes-vous prêts à dire aux jeunes ce qu'il en est de cette idée qui diviserait la force de notre province? Comment on explique à un jeune que ses parents sont déportés parce qu'ils ont des difficultés en français ou parce qu'ils ne connaissent pas le répertoire de Charlebois?» a demandé Mathieu Huot au chef caquiste.

M. Legault s'est défendu en disant qu'il existait un test de valeurs dans plusieurs pays. «Que nous, on demande qu'il y ait un test de valeurs en vertu de la Charte québécoise des droits et libertés, je pense que c'est tout à fait raisonnable comme demande!»

Thèmes de campagne

MM. Couillard et Legault ont aussi déjà annoncé des thèmes qu'ils aborderont lors de la prochaine campagne électorale, qui sera lancée dans quelques mois.

Du côté du premier ministre, son discours s'axera autour de la gestion des finances publiques, de l'éducation, de l'équité et de la mobilité verte.

«Je ne vous apprendrai rien, j'espère, en disant qu'on ne fera pas campagne sur notre bilan tellement. On va en parler, parce que vraiment il est enviable à plusieurs égards [...] On va surtout présenter un projet dans lequel la formation, la mobilité, l'équité va jouer un grand rôle», a-t-il précisé.

Du côté du chef caquiste, il a souligné l'importance de soutenir les entrepreneurs, ce qui, selon lui, est essentiel non seulement pour les jeunes qui souhaitent lancer leur entreprise, mais aussi pour les salariés qui profiteront de ces emplois créés.

Il a aussi pris deux engagements devant le public : un gouvernement caquiste serait paritaire et il instaurerait un mode de scrutin proportionnel mixte — ce qui en a fait sourciller plusieurs, étant donné que le premier ministre canadien Justin Trudeau avait promis la même chose avant de se raviser après son élection.

«Moi, tout ce que je peux vous dire, c'est que je vais le faire», a-t-il assuré.

MM. Couillard et Legault n'étaient pas les seuls politiciens québécois à participer à l'événement. Le député de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, et son collègue du Parti québécois (PQ), Nicolas Marceau, prenaient part quant à eux à des débats sur l'éducation et les paradis fiscaux, en matinée.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, était également présente.

Fondée en 1998, Force Jeunesse est un regroupement de jeunes travailleurs qui oeuvre à la défense et à l'amélioration des conditions de travail des jeunes, et de l'équité intergénérationnelle dans les politiques publiques.