Philippe Couillard et François Legault ont tous deux convenu qu’ils s’entendaient sur beaucoup d’enjeux, soit les finances publiques en bon ordre, la prospérité des Québécois, de meilleurs services publics.

Couillard a rencontré Legault

QUÉBEC — Le premier ministre élu François Legault a rencontré vendredi matin Philippe Couillard et il a confirmé que la « maison est en ordre », à part « quelques dossiers délicats ».

Cette affirmation a été maintes fois reprise notamment durant la campagne électorale par M. Couillard, pour faire valoir la bonne santé financière et économique du Québec, mais c’est la première fois que M. Legault en attestait.

Cette rencontre était une autre étape de la passation des pouvoirs qui est en train de se dérouler à Québec. M. Couillard a accueilli le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) au bureau du premier ministre situé dans l’édifice Honoré-Mercier.

Au même moment, les élus du Parti libéral étaient réunis juste à côté, à l’Assemblée nationale, pour choisir leur chef intérimaire et c’est Pierre Arcand qui a été désigné.

MM. Couillard et Legault ont échangé quelques mots pendant la séance de photo. Ce début de rencontre a été cordial et les deux adversaires se sont tutoyés. Le premier ministre sortant a assuré son successeur de son entière collaboration durant la transition.

M. Legault a rétorqué que la chicane était terminée, en faisant allusion à la campagne électorale. « Je veux, devant les gens, te remercier pour ces années, c’est dur la politique, il faut avoir une carapace », a-t-il poursuivi.

« Tu as remarqué ? » a répliqué M. Couillard en riant. Il a souligné que les deux étaient imprégnés du désir de servir les Québécois.

« Comme le dit Philippe, il laisse quand même la maison en ordre, avec des finances publiques en ordre, il n’y aura pas de surprise », a assuré M. Legault. Il a indiqué qu’il n’y avait que quelques dossiers « un peu plus délicats », sans préciser lesquels.

« Tu es chanceux, je ne suis pas arrivé dans les mêmes conditions en 2014 », a laissé entendre le premier ministre sortant, qui a souvent déploré l’état des finances publiques et le déficit prévu par les péquistes auxquels il succédait après le scrutin de 2014.

Cette fois, toutefois, le gouvernement libéral s’était engagé à mandater la vérificatrice générale pour qu’elle prépare un rapport sur les finances publiques avant le déclenchement des élections. Ce rapport avait conclu que les prévisions budgétaires relatives au cadre financier étaient plausibles.

MM. Couillard et Legault ont tous deux convenu qu’ils s’entendaient sur beaucoup d’enjeux, soit les finances publiques en bon ordre, la prospérité des Québécois, de meilleurs services publics.

« Il y a quelques petits sujets de désagréments, mais on n’y touchera pas aujourd’hui, c’est fini pour moi, cette période-là », a fait savoir M. Couillard.

« Tu n’as pas à craindre de me voir critiquer tes actions », a-t-il conclu, devant M. Legault, qui a laissé entendre qu’il était rassuré de ne pas avoir de « belle-mère » - c’est-à-dire, en politique, un ancien chef de parti qui revient constamment pour dénoncer ses successeurs.

Rappelons que M. Couillard a démissionné jeudi de la direction du Parti libéral et a renoncé à son mandat renouvelé de député de Roberval, à la suite de la défaite historique de sa formation lundi.

Le bureau de M. Legault a également fait savoir dans un courriel laconique vendredi qu’il s’était entretenu avec la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley. Ils ont convenu qu’ils allaient se rencontrer rapidement.