Le Manoir Richelieu a été transformé en véritable forteresse. Sur les toits, des tireurs d’élite sont déjà en poste.

Cote de sécurité maximale à La Malbaie

LA MALBAIE — Sur mer, sur terre comme dans les airs, la sécurité a atteint son paroxysme jeudi avec l’arrivée des premiers chefs d’État. Tireurs d’élite postés sur les toits, camions pour scanner les véhicules et ballons avec caméra HD d’une portée de 40 kilomètres. Si vous croyez que le déploiement policier et militaire autour du Manoir Richelieu est impressionnant, imaginez à l’intérieur.

À l’aube du jour J du G7, la sécurité a atteint sa cote maximale, particulièrement à l’intérieur du périmètre de la zone rouge où se rencontreront à partir de ce midi pendant un peu plus de 24 heures les dirigeants des sept pays les plus industrialisés de la planète.

Le Manoir a été transformé en véritable forteresse. Sur les toits, des tireurs d’élite sont déjà en poste. Les militaires ont commencé à se déployer sur le site de l’établissement. Dans le ciel, les hélicoptères et avions augmentent leur fréquence de passage. Le bruit des moteurs se fait entendre presque sans interruption.

Au cours des derniers jours, on a vu apparaître les V-22 Osprey présidentiels de l’armée américaine, un croisement entre un avion de transport militaire et un hélicoptère. Ils sont arrivés à l’aéroport de Québec avant de faire le trajet jusqu’à Charlevoix.

Ses rotors basculants lui permettent d’atterrir et de décoller comme un hélicoptère. Des tests de décollage et d’atterrissage ont été faits sur l’aire aménagée dans un stationnement du Manoir. 

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, le président américain devrait se rendre jusqu’au site dans l’un des deux appareils qui ont été vus. Les Osprey présidentiels volent habituellement à plusieurs pour que personne ne sache dans lequel le président prend place.

Depuis plusieurs jours, les résidents voient de loin les deux ballons blancs fixés au sol par des câbles. Une caméra haute définition à 360 degrés installée sur chacun.

Depuis plusieurs jours, les résidents voient au ciel deux immenses ballons blancs fixés au sol par des câbles. Une caméra haute définition à 360 degrés installée sur chacun est munie d’un puissant zoom qui peut distinguer des objets jusqu’à 40 kilomètres de distance.

N’entre pas qui veut dans la zone rouge. Les véhicules des fournisseurs de services sont passés sous la loupe d’un camion scanneur mobile. Chaque véhicule passe sous le scanneur en forme de «L» inversé, un peu comme le bras mécanique d’un lave-auto. 

Les employés du Manoir sont aussi soumis à un contrôle de sécurité sévère. Pour entrer au travail, ils montent dans un autobus au Club de golf Murray Bay et se rendent à un centre de fouille installé quelques centaines de mètres plus loin sur un terrain du ministère des Transports. Après la fouille, ils remontent dans un autobus jusqu’au Manoir, rapporte la station de radio CIHO. 

Les premiers invités de marque sont arrivés jeudi après-midi. Le premier ministre Justin Trudeau a mis pied à La Malbaie avec le ministre des finances Bill Morneau. Avec des élus locaux, ils ont accueilli des représentants de l’Union européenne. La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, et le premier ministre italien, Giuseppe Conte, devaient arriver en soirée.

Surf and turf

Pour emprunter au vocabulaire culinaire, on pourrait parler d’une sécurité surf and turf. Pas question non plus de s’aventurer dans le fleuve Saint-Laurent. Le bucolique cours d’eau était patrouillé sans interruption par la GRC, la SQ, la Garde côtière canadienne et les forces armées.

La zone restreinte sur l’eau s’étend sur trois kilomètres, de Cap-à-l’Aigle jusqu’à Sainte-Irénée. Elle sera en vigueur jusqu’au 10 juin. Selon une porte-parole du GIS, aucun incident n’était à déploré sur le fleuve jusqu’ici. «Il y a pu y avoir des interceptions [d’embarcations], mais il n’y a pas eu d’arrestation», a-t-on expliqué.

La patience des autorités est très limitée. Toute embarcation qui s’aventurerait dans la zone recevrait très rapidement une visite des forces de l’ordre. Un seul avertissement serait donné et le pilote serait escorté hors de la zone. «Si la personne ne collabore pas, il y aurait alors une arrestation.»

Tout le quai de Cap-à-l’Aigle a été réquisitionné par la GRC. Les embarcations des différents corps policiers y sont amarrées pour la durée des perturbations à La Malbaie.

À Sainte-Irénée, deux aéroglisseurs de la GCC sont prêts à intervenir en cas de besoin. Leur utilité potentielle n’a toutefois pas été précisée par le GIS.  

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LU, VU, ENTENDU

Lu: «Bienvenue dans nos sentiers aux gens du G7». La pancarte installée le long de la 138 est peut-être invitante, mais on peut douter que les délégations et policiers dépêchés pour le Sommet aient le temps de sillonner les sentiers des Caps, entre deux rondes de discussions ou de surveillance.

Vu: Seulement cinq drapeaux des pays membres du G7 sont représentés devant l’Office du touriste de La Malbaie. Le problème, c’est qu’il y a seulement cinq poteaux installés devant l’office. La solution? Représenter la France, l’Allemagne et l’Italie à travers le drapeau de l’Union européenne. Et vlan.

Entendu: Le périmètre de la marina de Cap-à-l’Aigle est surveillé par des agents de la GRC et n’est franchissable que par une poignée de résidents ou des véhicules autorités. Question de rendre la situation plus légère, un couple rencontré par Le Soleil s’est inventé un petit jeu qui consiste à parier si une voiture «a la bonne couleur» pour traverser la ligne, ou si elle se fait intercepter.