Caroline Mulroney est l'une des quatre candidats à la chefferie du Parti progressiste-conservateur avec Christine Elliott, Doug Ford et Tanya Granic Allen.

Conservateurs en Ontario: l’injonction pour reporter la course rejetée

TORONTO — Un juge a rejeté vendredi une demande visant à prolonger la période de vote de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario.

L’avocat représentant un membre de la formation politique prétendant avoir été injustement exclu du processus électoral avait déposé une requête d’injonction réclamant une prolongation de la course, qui s’est terminée vendredi midi.

Me Jeffrey Radnoff a soutenu que son client et d’autres membres n’avaient pas reçu le numéro d’identification personnel nécessaire pour participer au vote en ligne.

Un avocat représentant le parti a soulevé des questions concernant le moment choisi par Me Radnoff pour déposer sa demande et a affirmé que ce dernier n’avait pas épuisé les recours prévus par le processus de plainte de la formation politique.

Le juge de la Cour supérieure de justice de l’Ontario Todd Archibald a décrété que reporter l’élection aurait un impact négatif sur les 60 000 personnes ayant déjà voté dans le cadre de la course.

«Cette affaire repose sur la question de la prépondérance des inconvénients qui, ici, est manifestement en faveur du parti, a écrit le magistrat dans sa décision de six pages. Passer une semaine de plus sans chef a un impact sur chaque membre du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario.»

Quatre candidats, soit l’ancienne députée Christine Elliott, l’avocate Caroline Mulroney, l’ex-conseiller municipal de Toronto Doug Ford et la défenseure des droits parentaux Tanya Granic Allen, briguent le poste laissé vacant par Patrick Brown, qui a démissionné en janvier dans la foulée d’allégations d’inconduite sexuelle.

Jeffrey Radnoff a pour sa part fait valoir que la prolongation était en fait dans l’intérêt des conservateurs parce que l’exclusion de «milliers» d’électeurs pourrait remettre en question la légitimité du leader élu et entraîner d’autres démarches judiciaires.

«D’autres problèmes pourraient survenir si une courte prolongation n’est pas autorisée, a-t-il déclaré. On parle d’une semaine. Juste une semaine.»

Gina Brannan, qui représentait le parti, a raconté au juge que le soudain départ de M. Brown, survenu quelques mois après la course à la direction du printemps, avait créé une situation sans précédent et forcé le parti à tenir une nouvelle course, mais cette fois plus brève.

Selon Mme Brannan, plus la formation politique attend pour choisir un nouveau chef, plus elle risque de subir des «dommages irréparables» pouvant ruiner ses chances de remporter l’élection provinciale du 7 juin.

Le Parti progressiste-conservateur avait décidé de ne pas prolonger la course tard mercredi soir, soutenant qu’un tel geste allait à l’encontre de sa constitution et rappelant qu’il avait déjà rallongé la période d’inscription et celle du vote en ligne.

Les résultats de la course doivent être annoncés samedi à Toronto.