Le député Guy Bourgoin, du NPD, et son collègue d’Ottawa-Centre Joel Harden appuient les Franco-Ontariens dans leur combat contre les coupes des services en français en Ontario.

Compressions en francophonie: le temps de corriger l’erreur, dit le NPD

Le porte-parole des Affaires francophones pour le NPD de l’Ontario, Guy Bourgouin, était de passage à Ottawa mardi pour présenter la motion que le parti présentera mercredi à Queen’s Park pour faire reculer le gouvernement Ford au sujet de ses compressions liées à la francophonie. Une occasion rêvée pour le premier ministre de « réparer les pots cassés », selon le député de l’opposition officielle.

L’élu de la circonscription de Mushkegowuk-Baie James, qui était accompagné pour l’occasion du député d’Ottawa-Centre, Joel Harden, a indiqué que la motion qui sera déposée en Chambre dans les heures à venir par sa chef Andrea Horwath ne pourrait être plus claire. Celle-ci demande à ce que le gouvernement progressiste-conservateur rétablisse à la fois le Commissariat aux services en français et l’Université de l’Ontario français, qui ont fait les frais des coupures annoncées le 15 novembre dernier.

« Je suis devant vous en tant que fier Franco-Ontarien, en tant que citoyen préoccupé et horrifié par les décisions gouvernementales. Ce qui me choque le plus, c’est que nos droits constitutionnels, notre éducation et notre culture sont considérés comme de simples responsabilités fiscales. […] Cette motion vise simplement à demander au gouvernement ce que tous les Franco-Ontariens réclament : de respecter nos droits et nos institutions », a-t-il lancé.

Le député Bourgouin estime que les progressistes-conservateurs « ont la chance de se reprendre ».

« Je pense que c’est l’opportunité parfaite pour dire qu’ils ont fait une erreur. Il n’y a rien de mal à dire qu’on fait des erreurs. C’était une décision un peu hâtive, ils auraient dû attendre de parler à la communauté, affirme-t-il.

Il indique par ailleurs ne pas être fermé à ce que le fédéral investisse dans ces institutions, mais que «le provincial doit faire son bout de chemin et honorer les promesses qui ont été faites envers les francophones».

Pour le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, le dépôt d’une telle motion «ajoutera de l’eau au moulin et de la pression sur le gouvernement».

«Il faudra voir ce qui va se dire pendant le débat sur cette proposition. Ça va être drôlement intéressant», soutient-il, rappelant qu’il s’attend à pouvoir rencontrer le premier ministre Ford dans les prochains jours.

Les députées libérales d’Orléans et d’Ottawa-Vanier, Marie-France Lalonde et Nathalie Des Rosiers, ont confirmé au Droit qu’elles comptent appuyer cette motion du NPD. On ignore si la députée progressiste-conservatrice Amanda Simard fera de même.

Présent au point de presse, un jeune Franco-Ontarien a indiqué qu’advenant que les troupes de Doug Ford n’appuient pas cette motion du NPD, ils enverront «un message clair, net et précis» à la communauté, qui ne fera que se mobiliser davantage.

«Ces nouvelles attaques surviennent à un moment où plusieurs Franco-Ontariens de ma génération ne croyaient plus avoir à lutter. [...] Nous ne devons pas baisser les bras», a dit Francesco Caruso.