La ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil

Collecte de données: le DGEQ sera appelé à vérifier

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard déposera jeudi une motion dans laquelle il invite le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) à vérifier auprès des partis politiques les méthodes de récolte de données personnelles.

C’est ce qu’a révélé la ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil, mercredi.

Les libéraux venaient tout juste de défaire une motion de Québec solidaire (QS) demandant aux partis politiques de rendre publiques les ententes les liant à des entreprises offrant un service de récolte de données numériques ou un service de ciblage des électeurs.

La ministre a assuré vouloir aller plus loin, c’est-à-dire «qu’au-delà des paroles, (...) que le DGEQ puisse lui-même aller vérifier directement au sein des différents partis politiques afin de s’assurer de la conformité des méthodes de récolte de données personnelles et de s’assurer du consentement à la collecte de ces données». 

Après le scandale Facebook-Cambridge Analytica, le premier ministre Philippe Couillard avait dit soupçonner la Coalition avenir Québec (CAQ) et QS de faire affaire avec une firme qui collecte des données sur les réseaux sociaux comme Facebook, pour épier et cibler les électeurs.

Le premier ministre avait alors assuré que le Parti libéral du Québec (PLQ) était irréprochable en matière de collecte.

La CAQ et QS n’ont pas mis de temps à démentir. Questionné sur cet enjeu, le chef caquiste François Legault a assuré que son parti ramassait par lui-même ses données.

La CAQ s’était targuée en octobre d’avoir payé un outil informatique «dans les sept chiffres» servant à centraliser plusieurs informations sur les électeurs pour les organisateurs et militants caquistes, qui peuvent ainsi identifier les sympathisants lors des élections.

Le président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec, laissait entendre que l’outil informatique permettait de réduire le recours à de la main-d’oeuvre ou des militants, puisque la formation a une organisation politique moins importante que les partis traditionnels.