La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur, ne peut promettre qu’il n’y aura plus de ruptures de service dans l’Est, malgré les nouvelles mesures mises en place.

Chirurgie et obstétrique: entente pour réduire les bris de services en région

MATANE — Réduire au minimum les bris de services qui surviennent trop fréquemment dans les hôpitaux en région, voilà en gros l’objectif de l’entente signée jeudi entre la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Après un plan mis en place l’an dernier en anesthésiologie, l’entente inclut maintenant deux autres plans : l’un en chirurgie et l’autre en obstétrique-gynécologie, qui entreront en vigueur le 1er décembre.

Par cette entente, des groupes concertés de médecins spécialistes sont créés afin d’éviter des ruptures de services dans ces deux spécialités. Ces médecins se rendront disponibles pour remplacer des chirurgiens ou des obstétriciens-gynécologues. Des équipes volantes pourront également se déployer dans les situations d’urgence. Il s’agira de médecins qui accepteront, moyennant une compensation financière, de venir pratiquer dans un établissement où une «découverture» est prévue dans sa spécialité.

Équilibre fragile 

Pour les hôpitaux de l’Est-du-Québec, la présidente de la FMSQ croit que cette nouvelle entente diminuera beaucoup les découvertures récurrentes. «Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie sont les régions où on a le plus de bris de services parce que ce sont des établissements avec des petits volumes d’activités sur un grand territoire, explique Diane Francoeur. Comme il manque plus de 600 médecins spécialistes pour couvrir tout le Québec, ce sont de petites équipes très fragiles.»

La Dre Francoeur donne l’exemple de l’hôpital de Matane qui comptait deux chirurgiens. Selon elle, tout allait bien jusqu’à ce que l’un d’eux ne tombe malade et que l’autre ne soit rapatrié par les Forces armées canadiennes qui a changé ses règles de gestion. «Maintenant, il doit habiter à moins de 100 kilomètres d’une base militaire, déplore la présidente de la Fédération. Alors, on l’a perdu.» Selon elle, il est difficile de trouver un chirurgien qui voudra s’installer à Matane en plein milieu d’année, considérant que la graduation des spécialistes a lieu en juillet. De plus, comme les chirurgiens en fonction à Matane ont toujours pratiqué des césariennes, le défi est double.

«Ce plan va nous permettre, pendant le temps qu’on réussisse à trouver quelqu’un qui va venir s’installer avec sa famille dans la région, à avoir un engagement avec un groupe de chirurgiens qui va aller donner un coup de pouce», se réjouit Dre Francoeur.

Incitatifs

L’entente prévoit des mesures incitatives afin d’encourager les spécialistes à offrir leur expertise dans un établissement dépourvu de chirurgiens ou d’obstétriciens. «Quand quelqu’un donne une semaine, ça permet aux gens en place de pouvoir respirer ou de prendre des vacances qui sont planifiées», mentionne Dre Francoeur. D’ailleurs, autre nouveauté : des listes seront montées un an d’avance sur le plan des vacances.

Un nouvel aspect supplémentaire de l’entente repose aussi sur l’embauche de fonctionnaires, au ministère de la Santé, qui seront responsables de gérer les ruptures de services. «Une équipe a été identifiée et testée avec l’anesthésie», précise Diane Francoeur.

Pour la présidente de la FMSQ, l’entente ne garantit cependant pas qu’il n’y aura plus de découvertures. «C’est impossible, nuance-t-elle. On va tout faire pour diminuer les transferts de patients. Mais, est-ce qu’on peut promettre que ça n’arrivera plus jamais? La réponse est non. Je n’ai pas le nombre de chirurgiens ni de gynécologues ni d’anesthésistes suffisant pour couvrir tous les hôpitaux du Québec!»