Le gouvernement fédéral permettra la culture extérieure commerciale du cannabis lorsque la substance sera légale.

Cannabis: Ottawa dira officiellement oui à la culture commerciale extérieure

La culture extérieure commerciale du cannabis sera permise au Canada lorsque la substance sera légale, a-t-on confirmé mardi au bureau de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.

Le gouvernement se range donc aux arguments majoritaires entendus pendant la consultation menée en vue de l’élaboration de son cadre réglementaire sur la légalisation de la substance.

«Notre décision de permettre la culture à l’extérieur du cannabis contribuera à mettre en place une industrie légale diversifiée et compétitive, avec l’objectif de contrer le marché illégal», a écrit dans un courriel l’attaché de presse de la ministre, Thierry Bélair.

Pendant les consultations, les détracteurs de la culture commerciale extérieure avaient soulevé des préoccupations sur l’impact que cela pourrait avoir sur les cultures agricoles adjacentes.

On avait aussi émis des inquiétudes quant aux risques de vols et de détournement du cannabis et par rapport au contrôle des odeurs pendant la floraison, selon le compte rendu des consultations.

Par contre, une «majorité était favorable» à la culture commerciale extérieure, note-t-on dans ce même document publié en mars dernier.

Il a notamment «été mentionné que ce type de culture permet aux producteurs de tirer parti de ressources naturelles comme l’ensoleillement, l’eau et le sol», peut-on y lire.

On avait aussi entendu que ce type de production commerciale extérieure serait «plus économique» et «plus écologiquement durable».

Les producteurs pourront s’y mettre à compter de l’an prochain, car la saison sera terminée dans la majorité des régions quand le pot sera officiellement légal, le 17 octobre prochain.

Le gouvernement fédéral doit rendre public cette semaine le cadre réglementaire qu’il a bâti à la lumière des consultations publiques.

On s’attend à ce qu’il soit assez fidèle à ce qui s’est dégagé comme consensus pendant l’exercice, notamment en matière d’emballage et d’étiquetage.

Les emballages devront ainsi, notamment, inclure le symbole du cannabis normalisé.

Ottawa avait dévoilé en mars dernier ce pictogramme - une feuille de cannabis blanche sur fond rouge avec, en dessous, les lettres THC (pour tétrahydrocannabinol, l’ingrédient actif de la substance) sur fond noir, le tout dans un octogone rouge rappelant un panneau d’arrêt.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral resserrera vraisemblablement les mesures de contrôle afin de limiter l’infiltration de l’industrie du cannabis récréatif par le crime organisé.

À l’issue des consultations, Ottawa avait signalé son intention d’exiger des demandeurs de licence de production «certains renseignements financiers» pour permettre «de repérer les relations ou les arrangements financiers suspects».