L’Institut national de santé publique du Québec a déjà prévenu le gouvernement contre les effets pervers des produits comestibles.

Cannabis: les produits comestibles, pas la solution, dit l’opposition

L’opposition s’appuie sur l’Institut national de santé publique pour descendre en flammes l’idée du gouvernement de privilégier le cannabis comestible au cannabis fumé sur la voie publique.

Le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a suggéré mardi soir devant la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qu’il serait préférable que les Québécois consomment du cannabis sous forme comestible dans les lieux publics pour éviter d’exposer leurs concitoyens — dont des enfants — à la fumée.

Le premier ministre François Legault a repris ses propos mercredi matin, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, y voyant un «accommodement».

Or, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a déjà prévenu le gouvernement contre les effets pervers des produits comestibles. Dans un mémoire déposé la semaine dernière, il affirme que ces produits comportent des risques tels qu’ils ne peuvent être considérés comme la solution au problème.

L’institut anticipe que la légalisation par le fédéral et la commercialisation de masse des produits comestibles et des concentrés de cannabis provoqueront une croissance de l’usage du cannabis au sein de la population canadienne, en plus de banaliser la substance.

L’ingestion du cannabis, contrairement aux modes de consommation par combustion ou vaporisation, a pour effet de retarder de 60 à 90 minutes ses effets et d’en prolonger la durée d’environ six à huit heures.

Les effets retardés, prolongés et moins facilement prévisibles des produits comestibles posent notamment des enjeux de sécurité routière et de sécurité en milieu de travail, soutient l’INSPQ.

Mercredi, le porte-parole libéral en matière de santé, André Fortin, a déploré que le gouvernement propose à cette étape-ci de l’étude du projet de loi 2 une «solution» qui va «exactement à l’encontre de son objectif» de limiter les impacts du cannabis sur la santé publique.

Rappelons que le projet de loi 2, déposé le 5 décembre dernier, inclut deux grandes mesures, soit le rehaussement de l’âge légal pour posséder du cannabis à 21 ans et l’interdiction de fumer la substance dans l’espace public.