Pour Philippe Couillard, il «serait très, très, très mal vu» et très «mal perçu par les milieux financiers de retirer l’indépendance qu’à la Caisse de dépôt».

Caisse de dépôt: le PQ veut «prendre le contrôle politique», dit Couillard

Philippe Couillard accuse le Parti québécois de vouloir «prendre le contrôle politique» de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Une assertion qu’il a décochée à quelques heures de la présentation par la formation de Jean-François Lisée d’un projet de loi recadrant la mission de l’institution.

«Ce n’est pas ça qu’il faut faire; il faut laisser une indépendance complète à la Caisse», a déclaré le premier ministre, mardi. Selon lui, il «serait très, très, très mal vu» et très «mal perçu par les milieux financiers de retirer l’indépendance qu’a la Caisse de dépôt».

Il a tenu à faire savoir à M. Lisée que «la Caisse de dépôt a augmenté de 50 % ses investissements au Québec au cours des dernières années».

Un bilan

Philippe Couillard n’a pas apprécié le «bilan stratégique économique du gouvernement libéral» que venait de dresser le chef péquiste au Salon bleu de l’Assemblée nationale : le premier ministre a «fait en sorte qu’une des plus belles entreprises du Québec, RONA, soit sous contrôle des Américains; que le fleuron de l’ingénierie de l’aérospatiale, la série C, soit maintenant sous le contrôle majoritaire d’une compagnie européenne et que son legs principal, c’est-à-dire le train électrique de Montréal, soit construit en Inde».

Depuis des semaines, Jean-François Lisée reproche au gouvernement de ne pas avoir forcé la Caisse de dépôt et placement à faire en sorte que le matériel roulant du futur Réseau express métropolitain contienne un minimum de 25 % de contenu local.

Le projet de loi péquiste

Le député péquiste Nicolas Marceau devrait présenter mercredi à l’Assemblée nationale un projet de loi modifiant non seulement la loi constitutive de la Caisse de dépôt, mais aussi la Loi sur les transports afin, justement, d’obliger celle-ci à prévoir au moins 25 % de contenu local pour le matériel roulant de tout nouveau projet d’infrastructure qu’elle pilotera en transport.

Si son parti prend le pouvoir, la Caisse de dépôt et placement devra, plus largement, contribuer au développement économique du Québec de la même façon qu’elle doit chercher à obtenir le rendement «optimal» du capital de ses déposants, d’après sa proposition législative.

Un tout autre volet du projet de loi que ferait adopter un gouvernement du Parti québécois prévoit que l’institution se dote d’un plan de «désinvestissement» graduel des actifs qu’elle possède dans des juridictions fiscalement complaisantes. Un dernier volet prévoit qu’un gouvernement péquiste constituerait un nouvel outil de placement qui porterait le nom de «Fonds des Québécois». Ce Fonds, qui deviendrait un «déposant» institutionnel de plus de la Caisse, lancerait des appels publics à l’épargne. Le rendement qu’il fournirait serait celui qu’obtient l’institution.