Bill Morneau, ministre canadien des Finances

Budget fédéral: patrons et syndicats veulent des mesures pour la transition

MONTRÉAL - À quelques jours du budget fédéral, tant le milieu des affaires que le milieu syndical espèrent y voir des mesures pour soutenir la transition des travailleurs et des entreprises, qu’il s’agisse d’une transition vers une économie plus verte ou vers le numérique, par exemple.

«Il faut prévoir des montants assez substantiels pour la création des nouveaux emplois verts et prévoir des programmes de formation pour s’assurer que les travailleurs qui actuellement travaillent dans une économie qui est forte en carbone soient en mesure d’accomplir les nouveaux emplois qui vont être plus verts», a plaidé Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne mercredi.

Il cite l’exemple des travailleurs qui ont de bons salaires dans les raffineries, par exemple. «Ça prend aussi des programmes d’atténuation de la perte de salaire», ajoute M. Cadieux.

À la Fédération des chambres de commerce du Québec, le pdg Stéphane Forget plaide aussi pour des mesures de soutien à la formation et à la transition de l’économie, mais il évoque surtout le besoin d’accroître ainsi la productivité.

«Il y a des crédits d’impôt pour la recherche et le développement, mais on pense qu’il faut avoir des mesures fiscales pour inciter à la modernisation des installations dans les entreprises. Toutes les entreprises ne font pas de la r & d mais beaucoup d’entreprises sont prêtes à acquérir des technologies existantes, à moderniser leurs équipements, leur processus de travail», explique M. Forget.

Assurance-emploi

MM. Forget et Cadieux ont tous deux dit souhaiter des modifications à l’assurance-emploi. Aujourd’hui, moins de 50 pour cent des chômeurs touchent des prestations, alors que la proportion était de 87 pour cent il y a 20 ans.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux avaient promis une consultation sur un examen approfondi du régime. «Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de réforme en matière d’assurance-emploi. On y va plus par des programmes cibles, à la pièce. Or, il faut revoir le régime», a plaidé M. Cadieux.

Le problème se pose particulièrement dans les régions avec des industries saisonnières, comme la pêche ou le tourisme.

M. Cadieux voudrait notamment revenir à l’ancien système des conseils arbitraux formé de trois personnes pour entendre les dossiers de contestation - un président, un représentant patronal et un du travailleur - plutôt que l’actuel système centralisé à Ottawa, par téléphone, où les délais sont très longs.

M. Forget aimerait aussi voir, dans le régime d’assurance-emploi, des programmes de formation mieux adaptés.

«Il y a toute sorte de programmes à l’assurance-emploi qui sont adaptés en fonction d’un marché du travail qui venait en aide aux gens qui se cherchaient du travail . Aujourd’hui on a un marché du travail où on a des employeurs qui ont de la difficulté à trouver les employés dont ils ont besoin», a résumé le représentant des employeurs.

Retour à l’équilibre

Les milieux d’affaires espèrent que le ministre des Finances Bill Morneau va enfin déposer un plan de retour à l’équilibre budgétaire. «On devrait avoir un plan connu et chiffré», surtout que la situation économique est encore favorable, a plaidé M. Forget.

Assurance-médicaments

La FTQ tient aussi à ce que le budget fédéral fasse un pas de plus dans l’instauration d’un régime entièrement public et universel d’assurance médicaments, «si le gouvernement est sérieux». «Dans le budget, minimalement, on devrait voir des fonds alloués pour créer cette agence pour la mise en place d’un nouveau régime national et universel», affirme M. Cadieux.

Rareté de main-d’oeuvre

Et il y a aussi des gestes à poser au fédéral pour résoudre les problèmes de rareté de main-d’oeuvre, a rappelé la Fédération des chambres de commerce, qui soulève de nouveau la question de la formation des travailleurs.

De même, «il faut que le gouvernement mette des mesures en place pour inciter les travailleurs expérimentés à rester sur le marché du travail». Et il faut aussi réduire les délais pour accueillir les travailleurs étrangers temporaires, a ajouté M. Forget.