Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rencontré le premier ministre Justin Trudeau, mercredi.

Blanchet voit une «zone de compromis» avec Trudeau

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, estime qu’il y a une « zone de compromis possible » avec le premier ministre Justin Trudeau.

Les deux hommes ont tenu leur première rencontre privée mercredi au bureau de M. Trudeau. M. Blanchet a ensuite relaté sa rencontre à ses députés lors d’un caucus tenu à Ottawa.

« On a des différences d’opinions — je n’ai pas besoin de vous les décrire. Mais on a aussi quand même constaté qu’il y a une zone de compromis possible sur certains enjeux », a soutenu le chef bloquiste en guise de déclaration d’ouverture à son caucus.

MM. Trudeau et Blanchet se sont entendus pour travailler en collaboration pour la défense de la gestion de l’offre, la lutte contre les changements climatiques et pour s’attaquer au coût de la vie.

M. Trudeau a aussi mentionné qu’il travaillerait avec le Bloc québécois pour resserrer le contrôle des armes à feu. M. Blanchet n’a pas fait mention de ce dernier élément dans une brève déclaration d’ouverture avant sa rencontre avec le premier ministre.

Le chef bloquiste estime que son but n’est pas de gagner des points pour son parti ou de miner le gouvernement, mais bien de faire des gains pour le Québec. Il s’agit là de sa « seule condition » pour assurer la collaboration du Bloc.

Le Parti libéral du Canada et le Bloc québécois ont fait élire 35 et 32 députés au Québec, respectivement.

Les travaux parlementaires reprendront dès le 5 décembre, afin de prononcer le discours du Trône et d’élire un président de la Chambre des communes. M. Blanchet en comprend, d’après sa rencontre avec M. Trudeau, qu’il y aura bien des éléments « consensuels » entre leurs partis. Il ne croit pas non plus que le gouvernement libéral minoritaire se risquera à aborder le financement du pétrole dans l’Ouest ou de se mêler de la loi québécoise sur la laïcité, des enjeux qui rencontreraient de la « résistance » de la part du Bloc.

« Il n’est pas question pour moi de faire de la game politique, d’essayer de trouver des problèmes quand il n’y en a pas. Si c’est correct, c’est correct », a souligné M. Blanchet.

Le chef bloquiste a dit qu’il a été « très clair » avec ses députés sur la marche à suivre pour assurer le bon fonctionnement du Parlement. Pas question de mettre le poing sur les bureaux ou d’envoyer promener ses adversaires, a-t-il dit.

« Les gens s’attendent de nous à ce qu’on ait des comportements élégants avec pour seul objectif de faire progresser les dossiers et les enjeux qu’ils nous ont confiés. Dans cet esprit-là, la collaboration du Bloc québécois est acquise », a exprimé M. Blanchet.

M. Trudeau a rencontré le chef conservateur Andrew Scheer mardi et rencontrera le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, jeudi.

Pas un allié du « Wexit »

Tous ceux qui cherchent à se séparer dans l’Ouest canadien tout en faisant la promotion du secteur pétrolier ne pourront pas bénéficier des conseils ni de la sympathie du chef du Bloc québécois.

« S’ils tentaient de créer un État vert dans l’Ouest canadien, je pourrais être tenté de les aider. S’ils tentent de créer un État pétrolier dans l’Ouest canadien, ils ne peuvent pas s’attendre à de l’aide de notre part », a déclaré M. Blanchet.

Le chef bloquiste — qui se décrit « difficilement (comme) un grand défenseur de l’unité canadienne » — croit que l’Alberta et la Saskatchewan brandissent la menace de séparation pour tenter de forcer la main du gouvernement fédéral en matière d’exportation de leur pétrole.

« Dans cette mesure-là, évidemment, mon enthousiasme est très limité », explique M. Blanchet.

Il ne croit d’ailleurs pas que le pays est en « crise » avec l’aliénation de l’Ouest canadien. Une opinion à laquelle se rallie l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, qui était à Ottawa pour le Sommet de l’aérospatiale canadienne. M. Charest croit que le Canada n’est pas plongé dans une période « inhabituelle ».

« Au Canada, comme nous sommes une des fédérations les plus décentralisées au monde (...) il y a toujours eu des différences régionales. Mais nous avons beaucoup en commun. Le niveau en intensité varie. C’est peut-être une période qui est plus intense, mais ça fait partie de la dynamique au Canada », fait-il valoir. Ceci dit, l’ex-politicien est d’avis que le gouvernement fédéral doit rester à l’écoute des gens dans l’Ouest canadien, qui vivent une période économique difficile.