Le chef conservateur Andrew Scheer a accusé les troupes de Justin Trudeau de ramener des «enjeux sociaux conflictuels» - comme l'avortement ou le mariage entre personnes de même sexe - afin de distraire les Canadiens du bilan de ses quatre années au pouvoir.

Andrew Scheer précise ses positions sur les enjeux sociaux

Le chef conservateur Andrew Scheer a accusé les troupes de Justin Trudeau de ramener des «enjeux sociaux conflictuels» - comme l'avortement ou le mariage entre personnes de même sexe - afin de distraire les Canadiens du bilan de ses quatre années au pouvoir. Le premier ministre, lui, demande à son adversaire de faire preuve de plus de clarté.

Lors d'une conférence de presse à Toronto, tous les journalistes, sauf un, ont cuisiné le chef conservateur pour connaître la position de son parti et ses positions personnelles sur ces enjeux sociaux. M. Scheer était resté discret dans la dernière semaine, alors que ses adversaires libéraux cassaient du sucre sur son dos.

«C'est toujours la même histoire depuis 2004, quand je me suis présenté pour la première fois. À chaque cycle électoral, quand on approche de la date du scrutin, (les libéraux) tentent de propager la peur parmi les Canadiens sur ces types d'enjeux sociaux», a déploré M. Scheer.

Sur l'avortement, il confirme que ses députés pourront déposer des projets de loi d'initiative parlementaire ou des motions sur les enjeux qui leur sont chers. Mais il promet qu'un gouvernement conservateur ne va pas rouvrir ce débat.

«Rien n'a changé pour notre parti. C'est la même chose aujourd'hui que sous l'ancien gouvernement conservateur. (...) Les Canadiens peuvent avoir confiance que le débat sur ces questions ne sera pas rouvert sous un futur gouvernement conservateur», a réitéré le chef conservateur.

Ces explications n'ont pas convaincu le premier ministre Trudeau, qui était de passage en Colombie-Britannique.

«J'ai toujours été très clair depuis mes débuts en tant que chef: quiconque se présente pour le Parti libéral du Canada va toujours défendre les droits des femmes. Aucun doute là-dessus», a affirmé M. Trudeau.

Depuis qu'il est chef, M. Trudeau exige de tous ses nouveaux candidats qu'ils soutiennent le droit à l'avortement.

«J'encourage le chef conservateur à être aussi clair que ça et je l'encourage aussi à dire la même chose en français aux Québécois qu'il dit en anglais au reste du Canada. Ça, c'est un élément de base pour quiconque veut devenir premier ministre», a ajouté M. Trudeau, en référence à la confusion entretenue par Alain Rayes, le lieutenant québécois de M. Scheer, plus tôt cette semaine.

Appuis de la droite religieuse

M. Scheer, un fervent catholique, a remporté la course à la direction de son parti en 2017 grâce, entre autres, aux appuis de la droite religieuse.

Dans une vidéo que les libéraux ont fait circuler, jeudi, un dénommé Scott Hayward, porte-parole de l'organisation antiavortement RightNow, soutient que M. Scheer lui a promis un vote libre pour ses députés, mais aussi ses ministres.

«Notre but, à RightNow, et pour le mouvement est de - au courant des prochains cycles électoraux - de construire cette majorité pro-vie que nous connaissons sous le leadership d'Andrew Scheer avec le Parti conservateur du Canada», explique M. Hayward.

M. Scheer s'est félicité que son parti permette à ses députés de «tenir une opinion profondément personnelle sur ces types d'enjeux». «Ceci dit, nous reconnaissons aussi que nous allons nous opposer à des mesures qui veulent le rouvrir (le débat sur l'avortement)», a-t-il ajouté, sans préciser s'il voterait pour ou contre comme premier ministre.

La semaine dernière, les libéraux ont ressorti une vidéo vieille de 14 ans dans laquelle le député conservateur expliquait aux Communes son opposition au mariage pour les conjoints de même sexe.

Sur cet enjeu, M. Scheer a été plus clair: le débat est clos. «Cet enjeu a été réglé il y a longtemps, a-t-il dit. C'était une question ouverte et tous les députés de tous les partis avaient tous des positions différentes là-dessus. Aujourd'hui, c'est une loi et je vais toujours faire respecter cette loi.»