En entrevue avec Le Droit jeudi soir, Amanda Simard explique qu’elle veut s’engager à rebâtir le Parti libéral de l’Ontario et que les valeurs de ce parti rejoignent les siennes.

Amanda Simard a pris son temps avant de choisir un camp

À peine trois jours avant Noël, Amanda Simard réitérait auprès des médias qu’avant de se joindre aux rangs libéraux, elle devait connaître le prochain chef du Parti libéral de l’Ontario. Jeudi, moins d’un mois plus tard, elle annonçait son nouveau statut de députée libérale, aux côtés du chef intérimaire John Fraser. Qu’est-ce qui l’a poussée à changer son fusil d’épaule ?

« J’ai pris mon temps, j’y ai réfléchi durant le temps des fêtes, j’en ai parlé avec mon entourage. Je me suis dit que je veux vraiment m’impliquer dans la course et aider à rebâtir le parti, le moderniser, à faire parti du processus », explique la députée de Glengarry-Prescott-Russell.

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« Fiscalement responsable et socialement progressiste, au centre, pragmatique », Amanda Simard a répété en 2019 que les valeurs du prochain chef du Parti libéral de l’Ontario devraient être parallèles aux siennes pour qu’elle adopte le rouge. 

« Il n’y a pas de candidats qui sont tellement à gauche que je ne pourrais pas appuyer », a-t-elle convenu, ajoutant qu’elle se rangera derrière le leader qui sera choisi « à 100 % ». 

Avant l’élection de Mme Simard, la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell a été représentée par le Parti libéral pendant une quarantaine d’années. 

Comment les électeurs réagiront-ils en apprenant que la conservatrice pour qui ils ont voté devient libérale ? 

« Les électeurs, comme moi, ont fait confiance à un gouvernement progressiste-conservateur, et ils voient, comme moi, qu’il n’est pas ce que l’on pensait, ce pour quoi on a voté. C’était un vote contre les libéraux. C’est exactement le sentiment que j’ai ressenti dans le comté. Les gens m’ont dit : ‘J’ai voté pour toi, tu prends une bonne décision, je vais continuer à t’appuyer.’ C’est ça qui me réconforte. » 

Quant aux critiques de l’Association libérale locale, Mme Simard explique qu’elle n’a simplement pas eu le temps d’avertir ses membres, incluant son confident et ex-député libéral Jean-Marc Lalonde. 

« Je lui ai dit à plusieurs reprises que ça m’intéressait. (...) Il y avait tellement de gens à appeler, toute une liste, mais le temps filait durant la journée. »

Elle soutient qu’elle est prête à travailler avec l’Association pour aider à la rebâtir. « J’ai beaucoup d’appui chez les libéraux locaux. J’ai deux cartables pleins de lettres d’appui dont la plupart sont des libéraux locaux. Je veux travailler avec l’Association. J’ai appelé le président et j’ai dit clairement que je suis ouverte à travailler ensemble. Je ne veux pas de division. »