Richard Perron (centre) assure qu'il présentera bientôt la pétition à des collègues de syndicats de professionnels qui travaillent pour le gouvernement provincial de l’Ontario, celui de la Colombie-Britannique et pour le gouvernement fédéral, réclamant la réintégration de Louis Robert.

Agronome congédié: la pétition dépasse 20000 noms

MONTRÉAL — La pétition en faveur de l’agronome Louis Robert dépasse maintenant les 20 000 noms. Et le syndicat qui le représente va solliciter l’appui des syndiqués du reste du Canada cette semaine, a appris La Presse canadienne.

Louis Robert est cet agronome à l’emploi du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui a été congédié après 32 années de service parce qu’il avait coulé de l’information à Radio-Canada pour dénoncer l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides.

La pétition pour réclamer sa réintégration dans son emploi avait été lancée le 14 février par le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, qui représente notamment les agronomes. Lundi après-midi, elle dépassait les 20 000 noms.

Au cours d’une entrevue, le président du SPGQ, Richard Perron, a précisé qu’il doit bientôt rencontrer des collègues de syndicats de professionnels qui travaillent pour le gouvernement provincial de l’Ontario, celui de la Colombie-Britannique et pour le gouvernement fédéral.

«On a une grande rencontre de syndicats, jeudi et vendredi. Ça adonne comme ça. On va faire une déclaration commune. Et eux vont transmettre la version anglaise de la pétition dans le Canada anglais. Donc, on va aller chercher encore d’autres appuis», s’est réjoui M. Perron.

«On va étendre le réseau d’appuis dans tout le reste du Canada et à l’international aussi, si on peut, parce qu’on fait partie de l’Internationale des services publics, qui représente 20 millions de membres, des syndiqués des services publics dans le monde», a ajouté M. Perron.

La pétition est adressée au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne. Elle lui demande de réintégrer immédiatement M. Robert dans ses fonctions et de lui présenter des excuses publiques. Elle demande également de compenser toute perte que M. Robert aurait subie en raison de son congédiement le 24 janvier dernier.

De façon plus générale, elle demande aussi de «s’assurer de respecter l’esprit de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte» au ministère de l’Agriculture. Il s’agit en fait de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics, qui est entrée en vigueur le 1er mai 2017.

Le SPGQ ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit également, la semaine prochaine, une manifestation à Québec en appui à Louis Robert.

M. Perron insiste également sur la question de fond que M. Robert avait voulu soulever en coulant le document, à savoir la gestion des pesticides. «Il faut vraiment lever le voile sur toute cette opacité de la gestion des pesticides au Québec.»