Le député de Chomedey Guy Ouellet

Le député Guy Ouellette arrêté par l'UPAC

Stupeur à l’Assemblée nationale et choc chez les libéraux: le libéral Guy Ouellette a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption mercredi après-midi relativement à une fuite de documents d’enquête.

L’UPAC a confirmé qu’elle a procédé à deux perquisitions dans la région de Montréal pour de possibles entraves à la justice et pour abus de confiance. Elle a refusé de confirmer que ces perquisitions visaient un policier et un ex-policier.

Elle a seulement indiqué que l’une des personnes visées, dont elle n’a pas dévoilé l’identité, a été arrêtée. Aucune accusation n’a été portée.

Guy Ouellette est un ancien policier de la Sûreté du Québec, un spécialiste des bandes de motards criminels. Il est député de la circonscription de Chomedey depuis 2007.

En soirée, ses collègues se sont dits abasourdis, consternés. Dans les partis d’opposition, on était aussi stupéfait.

Le premier ministre Philippe Couillard sera à l’Assemblée nationale ce matin, alors qu’il devait se rendre dans le nord du Québec. Cette affaire l’a obligé à revoir son programme.

À l’Assemblée nationale, Guy Ouellette préside la Commission des institutions. Ironiquement, c’est cette même commission parlementaire qui étudie depuis quelque temps le projet de loi 107 visant entre autres à accroître la compétence et l’indépendance de l’UPAC.

«Le bandit qui a fait ça»

Bien que l’UPAC refuse d’établir quelque lien que ce soit avec certains faits récents, il faut noter qu’en mai dernier, alors qu’il témoignait devant la Commission des institutions, le patron de l’UPAC avait juré que l’enquête Mâchurer irait jusqu’au bout. Celle-ci cible notamment l’ex-premier ministre Jean Charest et l’ex-grand argentier libéral Marc Bibeau.

Le commissaire Robert Lafrenière était en colère contre des fuites médiatiques sur cette enquête portant sur le financement politique et l’octroi de contrats publics. «Celui qui a fait la fuite n’a pas gagné, avait-il affirmé. Cette enquête-là va se rendre jusqu’à sa conclusion.»

À ce moment-là, deux de ses enquêteurs cherchaient à débusquer «le bandit qui a fait ça». Ce sont les mots qu’avait employés M. Lafrenière. Ce jour-là, Guy Ouellette menait les travaux de la commission parlementaire devant laquelle témoignait le patron de l’UPAC.

Mercredi soir, rien ne permettait d’affirmer que Guy Ouellette est directement impliqué dans cette fuite de documents diffusés par Québecor. Il pourrait y être lié indirectement. Des éclaircissements devraient venir sous peu.

Si l’UPAC estimait que cette fuite nuisait à son travail, elle avait aussi embarrassé le gouvernement Couillard, car les informations diffusées laissaient entendre, sans cependant le démontrer, que l’ancien chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, avait pu bénéficier de financement illégal.

La semaine dernière, à nouveau réunis en commission parlementaire, le président de l’instance, Guy Ouellette, et Robert Lafrenière, qui répondait aux questions des députés sur le projet de loi 107, ont paru être à couteaux tirés à certains moments.

En avril dernier, M. Ouellette avait déclaré qu’il subissait des pressions de la part de l’establishment du Parti libéral du Québec. Selon lui, on cherchait à le pousser vers la retraite en vue des prochaines élections générales. Philippe Couillard avait nié que ce soit le cas.

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CE QU'ILS ONT DIT...

«À quand l’arrestation des grands responsables du financement illégal du PLQ?»

Le député de Québec solidaire Amir Khadir, qui s’est dit «surpris» de l’arrestation de Guy Ouellette

«L’arrestation de Guy Ouellette est très préoccupante. En attente d’informations supplémentaires avant de réagir»

Le porte-parole caquiste en matière de justice, Simon Jolin-Barrette

«Nous sommes abasourdis de l’arrestation du député@Guy0uellette, président de commission. Nous attendons d’en savoir plus»

Le leader parlementaire de l’opposition officielle et porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, sur Twitter

«There is a war against whistleblowers» [Il y a une guerre contre les lanceurs d’alerte]

Ken Pereira, le syndicaliste qui avait rendu un témoignage percutant à la commission Charbonneau