Après avoir appris sa réintégration, Guy Ouellette s’est simplement dit «très heureux de retourner au caucus libéral».

Guy Ouellette réintègre le caucus libéral

Le député Guy Ouellette porte de nouveau les couleurs du Parti libéral du Québec. Ses collègues ont accepté de le réintégrer dans l’équipe mardi, même s’il est toujours sous enquête par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

Peu de détails ont filtré sur les motifs qui ont poussé les libéraux à dire oui à la demande de M. Ouellette. En début d’après-midi, la présidente du caucus, Filomena Rotiroti, a fait une simple déclaration, annonçant le retour de son collègue, mais elle a refusé de répondre aux questions. Le premier ministre Philippe Couillard a balayé les questions des journalistes à ce sujet en brandissant plutôt sa Mise à jour économique.

Après avoir appris sa réintégration, M. Ouellette n’a pas été beaucoup plus bavard. Il s’est simplement dit «très heureux de retourner au caucus libéral». Il pourra ainsi participer au congrès du Parti libéral à titre de député de Chomedey en fin de semaine et non à titre de simple invité.

En suspens

Guy Ouellette demande également à son parti de retrouver son rôle de président de la Commission des institutions, une requête qui reste en suspens. Le vote pour élire le président à cette commission, qui devait se tenir mardi matin, a été reporté à une date ultérieure.

Même si, dans ce rôle, M. Ouellette aurait à entendre et à juger du travail de l’UPAC, il croit être en mesure de le faire de façon «objective». «Je n’ai pas de dent contre l’UPAC», a-t-il soutenu mardi. Pourtant, dans son discours du 31 octobre comme député indépendant, M. Ouellette disait avoir été victime «d’intimidation» et «d’un coup monté» de la part de l’UPAC.

Plus tôt en matinée, M. Ouellette avait demandé de retourner auprès des siens au moyen d’une lettre, envoyée à M. Couillard et à Mme Rotiroti. «Je pense que la meilleure place pour la recherche de la vérité est au gouvernement», a-t-il justifié.

Rappelons que le 25 octobre, après son arrestation par l’UPAC, M. Ouellette s’était lui-même retiré du caucus libéral. Il voulait alors siéger comme indépendant jusqu’à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales se prononce sur le dépôt ou non d’accusations. 

Il dit aujourd’hui avoir changé d’avis, étant donné que le fond de son histoire prendra du temps avant d’être connu. «Les processus techniques enclenchés par les différents avocats au dossier laissent penser que ça va être très long et je ne veux pas être la victime de ces longueurs-là.

M. Ouellette dit avoir obtenu l’appui de son association de circonscription et avoir été influencé par la décision de Jacques Chagnon, le président de l’Assemblée nationale. La semaine dernière, M. Chagnon a fait des reproches à l’UPAC, en soutenant que le corps policier avait arrêté Guy Ouellette de manière «cavalière». À l’avenir, il demande à l’UPAC de l’informer «de façon systématique» de sa volonté d’arrêter un député. M. Chagnon a prié l’UPAC de s’abstenir d’analyser le contenu de l’ordinateur et du téléphone portable de Guy Ouellette tant et aussi longtemps que les parties n’auront pas négocié une «voie de passage».

L’UPAC n’a pas voulu émettre de commentaires mardi sur le retour de M. Ouellette chez les libéraux. La directrice des communications Anne-Frédérick Laurence s’est contentée de dire que «rien n’a changé» et qu’une enquête est toujours en cours sur l’implication de M. Ouellette dans une présumée fuite de documents d’enquête.