Mauril Bélanger a annoncé lundi qu'il était atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Lou Gehrig.

Mauril Bélanger atteint de la SLA

Le député d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, a obtenu de bien mauvaises nouvelles quant au mystérieux mal qui l'afflige depuis quelque temps. Il a annoncé lundi qu'il était atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Lou Gehrig, une maladie incurable et dégénérative.
«Étant donné l'avis du médecin, j'ai décidé de retirer ma candidature aujourd'hui même de la course à la présidence de la Chambre des communes, mais continuerai de siéger comme fier député d'Ottawa-Vanier», écrit M. Bélanger dans un message envoyé aux médias locaux et à ses collègues des Communes. 
Dès que son diagnostic a été rendu public, les réactions n'ont pas tardé sur les médias sociaux et ailleurs. Des collègues, tous partis confondus, ont envoyé des messages d'appui, plusieurs soulignant qu'il aurait fait un excellent travail comme président de la Chambre.
«Aujourd'hui, mes pensées sont avec mon ami Mauril. Il faut rester fort. Mauril, nous te soutiendrons toujours», a indiqué le premier ministre Justin Trudeau à partir de Paris.
La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, et la chef du Parti vert, Elizabeth May, ont tous publié un petit mot en l'honneur du député d'Ottawa-Vanier.
Même chose pour l'ex-ministre libérale Sheila Copps, les ex-ministres conservateurs James Moore et John Baird, ainsi que l'ex-député d'Ottawa-Centre, Paul Dewar, pour ne nommer qu'eux.
Don Boudria dans tous ses états
Joint par LeDroit alors qu'il était en Floride, son bon ami et ex-député de Glengarry-Prescott-Russell, Don Boudria, était dans tous ses états. «Ce que je souhaite, sans savoir si c'est même possible, c'est que la maladie ait été décelée le plus tôt possible pour avoir la plus longue espérance de vie possible», a-t-il lancé.
Selon M. Boudria, Mauril Bélanger est un fervent défenseur de la francophonie ontarienne, lui pour qui c'est «presque génétique», sa mère étant une défenseure des causes francophones en éducation toute sa vie. Il ajoute que le député d'Ottawa-Vanier fait preuve de beaucoup de courage en continuant de siéger à la Chambre des communes.
«C'est du courage à la Mauril. On est fiers de lui, on aurait pu prédire un courage semblable.»
Peu après l'annonce, le député d'Hull-Aylmer, Greg Fergus a publié un communiqué pour annoncer sa tristesse. «Il n'existe pas un député aussi travaillant et efficace que Mauril.[...] Mauril continuera d'inspirer collègues et amis qui l'entourent et de représenter les citoyens d'Ottawa-Vanier.»
Au-delà de l'arène politique
Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, était secoué en apprenant la nouvelle de la maladie de son ami Mauril Bélanger. En entrevue avec LeDroit, il a vanté les mérites du député d'Ottawa-Vanier et a souligné la qualité de son travail.
«La triste ironie est que le premier indicateur qui l'a incité à voir le médecin est sa voix, qui a toujours été sa plus grande force», a confié M. Fraser.
Larry Rousseau, vice-président exécutif de l'AFPC pour la région de la capitale nationale, était aussi sous le choc. Lui aussi très ému, il a tenu à offrir son soutien à «son» député, lui qui réside dans la circonscription d'Ottawa-Vanier.
«C'est une triste nouvelle, mais Mauril Bélanger, c'est un batailleur et un chic type. [...] C'est un serviteur public de grande classe. Il est dans la tradition des Grandmaître, des Gauthier.»
- Avec Huguette Young, LeDroit
La SLA, une maladie dégénérative et incurable
La SLA n'est pas une maladie très répandue - entre 2500 et 3000 Canadiens en sont atteints, selon la Société de la SLA Québec -, mais elle affecte rapidement la qualité de vie de ceux qu'elle vise.
Selon Geneviève Matte, chercheuse en médecine neuromusculaire au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), l'espérance de vie après l'apparition des premiers symptômes est généralement entre trois et cinq ans.
«On cite que 25% des patients toujours en vie cinq ans après le début des symptômes et 10% des patients encore vivants après 10 ans», affirme l'experte.
La Dre Matte explique que la SLA s'attaque aux neurones moteurs qui contrôlent les mouvements volontaires des muscles. Comme il s'agit d'une maladie dégénérative, les neurones meurent un par un et la personne atteinte se retrouve progressivement paralysée.
Aucun remède n'existe à ce jour. Geneviève Matte soutient qu'un traitement existe, mais qu'il ne fait que ralentir «modestement» la progression de la maladie. Les interventions médicales se situent surtout au niveau du support au patient et à sa famille afin d'aider à la communication, à la respiration ou encore à se nourrir.
Selon la chercheuse du CHUM, plusieurs avancées ont été réalisées dans les derniers mois, des recherches qui permettent de mieux comprendre la maladie.
«Il y a plusieurs essais cliniques en cours partout dans le monde. Malheureusement, peu qui ont montré des effets cliniques significatifs, mais il y a quand même beaucoup d'espoir encore pour les patients.»