Après avoir été fait captif en Afghanistan et avoir passé 11 ans à la prison de Guantanamo, Djamel Ameziane qui a aujourd’hui 50 ans a été rapatrié en Algérie en décembre 2013. Il dit avoir été laissé à lui-même «presque comme un sans-abri».

Guantanamo: nouvelle poursuite contre le fédéral

TORONTO — Un Algérien, qui a habité à Montréal pendant cinq ans, devrait déposer lundi une poursuite de 50 millions $ contre le gouvernement canadien pour les abus qu’il dit avoir subis alors qu’il était incarcéré à la prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba.

Les allégations de Djamel Ameziane, qui n’ont pas encore été prouvées en cour, soulèvent de nouvelles questions quant au rôle qu’ont joué les autorités canadiennes relativement à l’incarcération de détenus dans la sinistre prison de Guantanamo.

Un cas qui n’est pas sans rappeler celui d’Omar Khadr, qui a obtenu une compensation financière de 10,5 millions $ du gouvernement fédéral il y a quelques mois, pour des motifs similaires.

Commission d’enquête

Nate Whitling, l’avocat de Djamel Ameziane, réclame d’ailleurs la tenue d’une commission d’enquête publique afin de faire toute la lumière sur l’implication des services de sécurité canadiens durant cet épisode de la guerre contre le terrorisme. En entrevue depuis la banlieue d’Alger, Djamel Ameziane, qui n’a jamais fait l’objet d’accusations, affirme que sa situation n’est toujours pas enviable, évoquant qu’il «doit se battre pour survivre».

Après avoir été fait captif en Afghanistan et avoir passé 11 ans à la prison de Guantanamo, l’homme qui a aujourd’hui 50 ans a été rapatrié en Algérie en décembre 2013. Il dit avoir été laissé à lui-même «presque comme un sans-abri».

Dans la requête en justice, M. Ameziane prétend que les services de sécurité canadiens ont coopéré avec leurs homologues américains et qu’ils n’ont rien fait pour lui bien qu’ils savaient que les prisonniers de Guantanamo subissaient de la torture.