Politique

Entrées irrégulières à la frontière: 10 % des Haïtiens ont obtenu le statut de réfugié

OTTAWA — La majorité des demandeurs d’asile ayant traversé irrégulièrement la frontière au Canada jusqu’à maintenant cette année sont des Haïtiens, et à ce jour, seulement 10 % de leurs demandes ont été acceptées, indiquent des données présentées mercredi.

Depuis février, la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a reçu au total 14 467 demandes de la part de personnes ayant fait une entrée irrégulière à la frontière, et la proportion de requêtes acceptées se situe à 60 %.

Le fait que le nombre de demandes de la part d’Haïtiens ayant obtenu une réponse positive soit «très bas» devrait servir de mise en garde pour ceux envisageant encore de traverser la frontière entre les États-Unis et le Canada de manière illégale, a dit le ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen.

M. Hussen a rappelé que la venue au Canada devait se faire par les «canaux réguliers», et que le système de réfugiés s’appliquait seulement aux personnes ayant un véritable besoin de protection.

Un nombre imposant de personnes ont tenté d’entrer au Canada hors des postes de contrôle cet été, après que le gouvernement des États-Unis eut averti que leur statut temporaire de résidence était réexaminé. Un peu moins de 60 000 Haïtiens sont concernés par ce programme leur évitant la déportation.

Le nombre a chuté considérablement depuis, mais la crainte de le voir exploser a surgi cette semaine, l’administration Trump ayant annoncé la fin d’ici juillet 2019 du statut temporaire de résidence.

Politique fédérale

40 milliards $ injectés par le fédéral pour le logement

Le gouvernement fédéral prévoit injecter 40 milliards $ au cours des dix prochaines années pour aider les Canadiens à se loger, mais les provinces devront investir des sommes équivalentes à celles qu’elles recevront si elles veulent obtenir leur part du gâteau.

Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre Jean-Yves Duclos ont dévoilé mercredi, simultanément à Toronto et à Vancouver, les détails de la nouvelle stratégie nationale sur le logement, qui était tant attendue.

Les libéraux cherchent à apaiser les préoccupations de Canadiens sur les prix en hausse dans le marché de l’immobilier.

« Pour beaucoup de gens, avoir accès à un logement sûr et stable était et est encore une source importante de stress et d’anxiété », a affirmé Justin Trudeau à l’occasion de la Journée nationale du logement.

La stratégie prévoit une nouvelle allocation d’aide au logement à laquelle environ 300 000 familles dans le besoin auraient droit. Chaque ménage pourrait ainsi recevoir 2500 $ en moyenne à compter de 2020, donc après la prochaine élection fédérale.

Cette mesure coûterait en tout 4 milliards $ en incluant la participation des provinces et des territoires.

La somme la plus importante, 15,9 milliards $, sera consacrée à un nouveau fonds pour réparer 240 000 logements communautaires et en construire 60 000 nouveaux. La stratégie comprend également 9,1 milliards $ pour le maintien des 385 000 logements communautaires déjà existants. Ottawa s’attend à ce que les provinces et les territoires contribuent 4,3 milliards $.

« Il n’y a aucun maire, il n’y a aucun premier ministre provincial ou territorial qui ne croit pas que le logement est un défi fondamental que nous devons relever », a affirmé M. Trudeau.

Des données récentes du recensement indiquent que 1,7 million de ménages avaient des « besoins impérieux en matière de logement » en 2016, signifiant que ceux-ci ont dépensé plus du tiers de leurs revenus avant impôt pour un logement qui serait en deçà des normes ou ne répondrait pas à leurs besoins.

À l’extérieur de Vancouver, les villes comptant les taux les plus élevés de besoins impérieux en matière de logement sont en Ontario. À Toronto, près d’un ménage sur cinq est sur la corde raide financière – la proportion la plus élevée des villes au pays.

La moyenne pour les taux de besoins impérieux en matière de logement se situait à 12,7 % à l’échelle du pays en 2016, et à 15,3 % en Ontario. Au Québec, la moyenne est à neuf pour cent.

Le gouvernement fédéral s’est également donné pour objectif de réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance chronique en y consacrant 2,2 milliards $.

Il prévoit également déposer un projet de loi axé sur les droits de la personne pour s’assurer que tout gouvernement subséquent maintienne une stratégie nationale sur le logement.

Actualités

Justin Trudeau obtient sa statue au musée de cire de Montréal

MONTRÉAL - Les admirateurs de Justin Trudeau peuvent maintenant prendre tout leur temps pour capter un égoportrait avec lui, ou presque: la statue de cire du 23e premier ministre du Canada a été dévoilée mardi soir au musée Grévin de Montréal.

Le musée montréalais a présenté l'oeuvre sculptée par l'artiste parisien Éric Saint Chaffray lors d'une réception en début de soirée.

Kathleen Payette, la directrice générale du musée, a expliqué qu'ils avaient choisi M. Trudeau parce qu'il représente «la modernité, l'ouverture et en raison de sa popularité à l'échelle du monde».

La statue de Justin Trudeau le montre vêtu d'un habit bleu, et avec ses mains croisées devant lui.

Il se joint à plusieurs autres statues de cire au musée, dont Céline Dion, Michael Jackson et Lady Gaga.

Mme Payette a souligné qu'une équipe du musée s'assurera que les cheveux et le maquillage de M. Trudeau sont toujours parfaits au bénéfice des quelque 150 000 personnes qui visitent le musée chaque année.

«Il sera dans (l'exposition) de l'hôtel Grévin, aux côtés d'autres politiciens comme Barack Obama, Pierre Elliott Trudeau - son père - et René Lévesque», a-t-elle déclaré.

M. Saint Chaffray, qui a réalisé la statue du premier ministre, travaille fréquemment sur des sculptures personnifiant des politiciens, a-t-elle ajouté.

Il faut environ six mois pour concevoir de telles oeuvres, selon Mme Payette.

Les statues sont fabriquées en France par une équipe d'environ 20 personnes qui travaillent sur plusieurs détails, dont les vêtements, la peinture, et les implants capillaires.

Le musée, qui est situé au cinquième étage du Centre Eaton de Montréal, a été inauguré en 2013.

Le musée Grévin de Montréal appartient à la Compagnie des Alpes, la maison-mère française du principal musée Grévin de Paris.

Il existe d'autres musées Grévin dans le monde, dont à Prague et à Séoul.

Politique

Culture de pot: Ottawa «très clair» sur ce plan, indique Ginette Petitpas Taylor

Le gouvernement Trudeau appuie de façon «très claire» la culture de cannabis à domicile, a insisté la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor. La ministre a toutefois refusé, lundi, de commenter la position québécoise sur ce plan.

Le gouvernement du Québec a déposé la semaine dernière un projet de loi selon lequel il serait interdit de faire pousser du cannabis à la maison. Cette interdiction est en rupture avec la disposition du projet de loi fédéral C-45, qui autorise la culture d’un maximum de quatre plants.

«On a été très clairs avec notre projet de loi que pour la question de la culture à domicile, que nous, on (appuie) cela», a plaidé la ministre Petitpas Taylor en mêlée de presse dans le foyer de la Chambre, lundi après-midi.

Elle n’a pas voulu se prononcer sur les risques que cet élément du projet de loi québécois entre en contradiction avec la volonté de la législation fédérale. Selon la jurisprudence, lorsque deux mesures législatives entrent en conflit, celle qui émane du fédéral a préséance.

«Pour la question des décisions du Québec, c’est une décision qu’ils ont prise», s’est-elle contentée d’offrir, rappelant qu’Ottawa a pris la sienne en se basant sur une recommandation du groupe de travail qui s’est penché sur la légalisation et la réglementation du cannabis.

Son homologue à Québec, Lucie Charlebois, n’était pas disponible pour une entrevue, lundi.

«Nous sommes d’avis que nous avons déposé un projet de loi en cohérence avec notre compétence juridictionnelle», a noté dans un courriel son attachée de presse, Bianca Boutin.

«Rappelons également que le projet de loi C-45 n’est toujours pas adopté», a-t-elle spécifié.

Le fédéral s’est fixé le 1er juillet comme date butoir pour légaliser le cannabis au pays et espère donc faire adopter très bientôt son projet de loi aux Communes. Il s’agira d’une priorité dans les prochains jours, a indiqué le bureau de la leader du gouvernement en Chambre.

«Nous mettrons l’accent, pour le reste de la semaine, sur l’adoption du projet de loi C-45 à l’étape du rapport et en troisième lecture», a signalé lundi dans un courriel Sabrina Atwal, l’attachée de presse de la leader, Bardish Chagger.

Les députés ont adopté le 31 octobre dernier le projet de loi compagnon de C-45, le C-46, qui balise la conduite avec facultés affaiblies par la drogue tout en resserrant les lois en matière de conduite en état d’ébriété.

Là aussi, l’approche de Québec et d’Ottawa diffère.

Alors que le gouvernement québécois a opté pour une politique de tolérance zéro dans son projet de loi global, le gouvernement fédéral a préconisé dans C-46 un cadre plus permissif, en établissant des limites légales.

Et là-dessus aussi, la ministre Ginette Petitpas Taylor a choisi d’emprunter la voie de la prudence: pas question de se prononcer sur l’existence d’un risque de choc législatif entre les législateurs québécois et fédéral.

«Je ne peux pas commenter spécifiquement à propos du projet de loi du Québec, mais c’est sûr qu’on est très content de voir qu’ils continuent à travailler pour s’assurer (...) que finalement, au mois de juillet 2018, qu’ils vont avoir des lois établies», a-t-elle soutenu.

À Québec, l’attachée de presse de la ministre Charlebois a précisé qu’»en ce qui concerne la conduite avec les facultés affaiblies, la tolérance zéro ne s’appliquera que lorsque nous disposerons d’appareils fiables afin de détecter une consommation récente».

Politique fédérale

La stratégie canadienne sur le logement sera dévoilée cette semaine

Ceux qui luttent pour avoir un toit au-dessus de leurs têtes sauront, plus tard cette semaine, comment le gouvernement canadien répondra à la demande grandissante pour des logements abordables.

Les détails entourant la stratégie canadienne sur le logement sont jalousement protégés, mais des sources au fait du plan indiquent que le gouvernement encouragera la construction de davantage d’unités de logements abordables, élaborera de nouveaux programmes de financement pour les fournisseurs de logements, et offrira un soutien pour ceux qui louent des logements sur le marché privé.

Alors que de plus en plus de Canadiens ont de la difficulté à payer leurs loyers, les fournisseurs de logements et les organismes espèrent que le plan gouvernemental fournira une réponse à cet enjeu.

De nouvelles données dévoilées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement indiquent que 1,7 million de ménages sont en « besoins impérieux en matière de logement », ce qui signifie qu’ils dépensent plus du tiers de leur revenu avant impôt pour un logement qui n’est pas conforme à au moins une des normes d’acceptabilité (qualité, taille et abordabilité).

Le gouvernement espère que la construction de 80 000 nouvelles unités de logement abordable, jumelée à des investissements de 25 milliards $ provenant du public et du privé au cours de la prochaine décennie, diminuera le fardeau pour 500 000 de ces familles et permettra à 500 000 autres ménages d’éviter de se retrouver en situation précaire.

« Il n’y a pas de solution miracle ici et il n’y a pas assez d’argent en jeu pour résoudre complètement la crise du logement, mais il devrait y avoir suffisamment d’argent pour faire une différence significative », a tranché Tim Richter, le pdg de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance.

« Il sera important de voir comment l’argent sera dépensé. »

Mercredi, une coalition pancanadienne de groupes de défense du droit au logement manifestera dans tout le pays.

Des militants du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) se rassembleront à Québec, à Rimouski, à Rouyn-Noranda, à Sherbrooke et à Montréal pour demander de nouveaux engagements financiers.

« Si la Stratégie ne va pas plus loin (que le dernier budget), d’ici les prochaines élections générales, le Québec ne recevra pas plus de 70 millions $ par année, ce qui est largement insuffisant et à peine plus que sous les conservateurs », explique la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

Le plan devrait inclure un supplément pour le logement que les locataires pourront utiliser sur le marché locatif privé, un changement radical pour un programme fédéral.

Des sources affirment que la stratégie s’assurera également que des milliers d’unités conservent leur subvention dans les prochaines années — une demande cruciale formulée par plusieurs municipalités, qui espèrent également que de l’argent frais sera consenti pour la rénovation d’unités d’habitation abordables déjà existantes.

Des responsables gouvernementaux ont, pour leur part, affirmé que le plan présentera le logement comme un droit humain.

Politique

La cyberguerre russe à surveiller

HALIFAX — Le secrétaire général de l’OTAN demande au gouvernement canadien de demeurer vigilant relativement à la cyberguerre russe qui se manifeste tant sur le champ de bataille qu’à l’intérieur de ses frontières.

Jens Stoltenberg affirme que les troupes canadiennes en Lettonie sont exposées à la propagande russe disséminée en ligne pour miner l’alliance atlantique. Il ajoute que ce type de tactique devrait bientôt faire leur apparition sur le territoire canadien.

Le Canada a envoyé des centaines de soldats en Lettonie pour mener un groupe tactique de l’OTAN dans une tentative pour bloquer «l’agression russe» dans les États baltiques. M. Stoltenberg soutient que la Russie semble riposter par l’entremise d’une campagne de désinformation numérique.

Selon l’OTAN, des comptes russes propagent, sur les médias sociaux, de fausses informations sur les soldats canadiens, notamment concernant de mauvais comportements qu’ils auraient eus ou encore, affirmant que la mission coûte cher aux Lettons.

Lors d’une entrevue samedi, Jens Stoltenberg a mentionné qu’il ne croit pas que le meilleur moyen de lutter contre la propagande soit par la propagande. «C’est plutôt en fournissant des faits, parce que nous croyons que la vérité va l’emporter.»

Le ministre canadien de la Défense Harjit Sajjan a rappelé, dimanche, que la bataille de l’information a depuis longtemps été un outil dans les conflits mondiaux, mais que l’Internet fournit aujourd’hui à ces tactiques une plus large portée.

«Ce sont des choses qui survenaient avant qu’apparaissent les médias sociaux, a-t-il dit aux journalistes lors du Forum sur la sécurité internationale à Halifax. Ce n’est pas nouveau.»

Le ministre Sajjan a précisé que les soldats canadiens présents en Lettonie tentent de contrer ces attaques en ligne en offrant un exemple positif sur le terrain.

«Le meilleur moyen de lutter contre les fausses nouvelles est de se rapprocher des communautés, a-t-il fait valoir. Les Canadiens vont toujours devoir faire ce qu’ils font le mieux : aller bâtir des liens.»

Soutien pour l’alliance

M. Stoltenberg a remarqué que les efforts attribués à la Russie pour faire naître un sentiment anti-OTAN en Lettonie ne semblent pas avoir été couronnés de succès, alors que des sondages laissent entrevoir un soutien important de la population envers l’alliance atlantique.

Mais dans le monde interconnecté qui est le nôtre, a ajouté M. Stoltenberg, les États doivent se défendre contre les tentatives étrangères de faire basculer l’opinion publique non seulement à l’étranger, mais également au sein de leur propre population.

Le secrétaire général de l’OTAN a insisté sur le fait que toutes les opérations militaires de nos jours ont une implication sur le Web.

Actualité régionale

Le Monument national de l’Holocauste à Ottawa sera ouvert toute l’année

Le Monument national de l’Holocauste récemment inauguré ne sera finalement pas fermé pour l’hiver.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a affirmé sur Twitter que la structure en béton à l’ouest de la colline du Parlement demeurera ouverte toute l’année.

Mme Joly n’explique pas comment la question du déneigement a été résolue.

La Commission de la capitale nationale a annoncé le mois dernier que le monument, qui avait ouvert ses portes un mois plus tôt, serait fermé pour l’hiver – comme c’est le cas pour la majorité des autres monuments de la CCN – afin d’éviter le risque de dommages pouvant résulter du déneigement.

Le monument, qui a pris dix ans à voir le jour, devait au départ inclure un toit et un système de fonte de la neige, mais cela a été abandonné pour réduire les coûts.

Des groupes juifs et des partis d’opposition avaient demandé pourquoi le gouvernement fédéral, qui a payé environ la moitié des coûts de 9 millions $ pour le monument, ne pouvait pas trouver une manière de maintenir l’établissement ouvert toute l’année après avoir mis tant de temps et d’argent dans sa création.

La question du déneigement constituait une deuxième source d’embarras pour le gouvernement concernant le Monument national de l’Holocauste. La plaque devant l’établissement ne faisait d’abord aucune mention du peuple juif dans sa description des atrocités commises par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale; elle a dû être refaite.

Politique fédérale

Le Canada aurait nui à ses chances pour un siège au Conseil de sécurité

Le nouvel engagement du Canada pour les opérations de maintien de la paix des Nations unies fait dire à certains observateurs internationaux que cela pourrait ne pas être suffisant pour accomplir un autre objectif majeur de la politique étrangère: décrocher éventuellement un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

Après avoir promis il y a un an de fournir aux opérations de paix de l’ONU jusqu’à 600 soldats et 150 policiers, le gouvernement Trudeau a annoncé cette semaine des plans pour une force rapide d’intervention de seulement 200 soldats, de même que pour les services de six hélicoptères et deux avions de transport, incluant le personnel nécessaire. On ignore encore où les Casques bleus canadiens seraient déployés.

Le rétablissement de la réputation du Canada comme un pays dévoué au maintien de la paix était un élément clé dans la plateforme libérale de politique étrangère durant la campagne électorale de 2015, dans le cadre d’un objectif plus large de se réengager auprès des institutions mondiales, particulièrement l’Organisation des Nations unies.

Le gouvernement compte aussi être candidat pour un siège temporaire de deux ans sur le puissant Conseil de sécurité à partir de 2021; pour ce faire, le pays se doit de gagner l’appui des deux tiers des 194 membres des Nations unies.

Toutefois, le grand nombre de votes en Afrique et en Asie – où il y a les besoins les plus pressants de Casques bleus – peut laisser croire que les libéraux ont nui à leurs chances.

Selon le décompte fait par John Trent, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa à la retraite et rédacteur d’une série en cours de rapports qui examinent les relations du Canada avec l’ONU, le Canada a rejeté quatre requêtes majeures de l’ONU pour contribuer aux opérations de maintien de la paix au cours des deux dernières années. Les lieux les plus névralgiques sont en Afrique – par exemple le Mali, où 80 Casques bleus ont été tués depuis 2013, l’année de l’établissement d’une force onusienne de 12 000 membres pour contrer les combattants islamistes.

Le Canada a décliné l’occasion de fournir le commandant pour la mission, un rôle qui était perçu comme à propos étant donné la large population de langue française en Afrique de l’Ouest.

«Vous vous forgez une image, une réputation dans les Nations unies au fil des années, et elle est très difficile à bâtir et peut s’évaporer rapidement», a fait valoir M. Trent.

En s’attardant à la prochaine campagne du Canada pour un siège au Conseil de sécurité, avec comme rivaux l’Irlande et la Norvège, Ian Smillie, dont la longue carrière en développement international inclut la rédaction d’un rapport sur les liens entre les armes et les diamants en Afrique, a dit croire que les chiffres ne présagent pas un dénouement positif pour le Canada. L’Irlande compte 540 membres du personnel militaire engagés dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU, comparativement à 68 pour le Canada.

L’autre rival du Canada pour un siège est la Norvège, qui ne compte que 69 Casques bleus.

Toutefois, la Norvège sort du lot sur un autre élément majeur pour les Nations unies: elle figure parmi une poignée de pays ayant respecté la cible de l’ONU pour les dépenses d’aide au développement – 0,7% du revenu national brut –, tandis que le Canada se situe en deçà de 0,3%.

Politique

Les libéraux fédéraux veulent (re)séduire les électeurs

OTTAWA — Alors que les députés libéraux fédéraux passent la prochaine semaine dans leur circonscription, le parti leur demande de rappeler aux Canadiens ce qu'ils ont accompli depuis les plus récentes élections afin de persuader les électeurs de la pertinence de leur accorder un autre mandat.

Le blitz coordonné comportera des visites dans des écoles et des entreprises locales, du porte-à-porte, un coup de main à servir les clients dans des cafés et, bien sûr, un mot-clic déterminé par le parti pour les réseaux sociaux.

Dimanche, 130 députés libéraux sur les 181 à la Chambre des communes avaient convenu de participer à ce qu'ils ont qualifié de semaine nationale d'action, présentée comme la plus grande mobilisation du caucus depuis les élections fédérales de 2015.

La députée libérale Ruby Sahota, présidente du caucus en Ontario, a fait valoir qu'il s'agit pour chaque député de s'assurer de se rendre dans sa circonscription avec un message concerté.

L'opération tentant de souligner les réussites des libéraux, au cours de laquelle on peut s'attendre à entendre beaucoup parler de l'Allocation canadienne pour enfants, vise à marquer l'étape de mi-mandat.

La campagne aura un haut taux de participation, mais plusieurs députés ont souligné que la semaine prochaine ne serait pas vraiment différente de toutes les autres qu'ils consacrent dans leur circonscription à passer du temps avec leurs électeurs.

«On n'a pas besoin de me dire d'inspirer et d'expirer», a laissé tomber le député de Saint-Léonard-Saint-Michel, Nicola Di Iorio.

Le député à Toronto Rob Oliphant a dit avoir l'impression que la direction du parti porte plus d'attention qu'à l'habitude à ce qui se déroule cette semaine.

«Ils semblent assurément, pour une raison ou une autre, plus nerveux cette semaine», a dit M. Oliphant - de Don Valley West -, ajoutant que certains membres du personnel estiment que les députés doivent être encouragés à faire leur travail.

«Je dis simplement que j'effectue mon travail dans ma circonscription comme je l'ai toujours fait», a-t-il affirmé.

Aussi simples que puissent paraître les actions comme le porte-à-porte et les assemblées populaires, le Parti libéral suit de près ce que ses députés font de retour dans leur circonscription - incluant sur les médias sociaux.

Et cela pourrait en venir à jouer un rôle dans le fait que ces députés se retrouvent ou non sur le bulletin de vote.

Durant la course à la direction du Parti libéral, le premier ministre Justin Trudeau avait promis des investitures pour les candidats dans les circonscriptions fédérales, signifiant que même les députés sortants auraient à se battre pour le droit de briguer un nouveau mandat en 2019.

Mais des doutes ont fait surface quant à la solidité de l'engagement de M. Trudeau, alors que certains candidats potentiels ont accusé la direction libérale de favoriser certaines personnes ou de les avoir exclus d'une course éventuelle.

Selon un député ayant parlé sous le couvert de l'anonymat, le Parti libéral pourrait déterminer si un député sortant mérite d'être protégé d'une course à l'investiture en fonction des constats d'une telle semaine d'action.

Politique

Justin Trudeau débarque aux Philippines

MANILLE — Le premier ministre Justin Trudeau est arrivé à Manille, aux Philippines, dimanche, avec l’objectif d’accroître le rôle du Canada dans la région Asie-Pacifique, particulièrement en ce qui a trait à la sécurité et au commerce.

Cette semaine, M. Trudeau deviendra le premier premier ministre canadien en exercice à participer au Sommet de l’Asie de l’Est, ayant en fait été le seul à y avoir été invité, a indiqué son bureau.

Aussi à Manille, la ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a affirmé dimanche que le Sommet de l’Asie de l’Est accorderait à M. Trudeau un siège à la principale table sur la sécurité dans la région.

M. Trudeau sera placé aux côtés du président chinois Xi Jinping et du président américain Donald Trump au cours de discussions sur la situation sécuritaire impliquant la Corée du Nord, a-t-elle souligné.

«Cela revêt une très grande importance. Le Canada n’y a jamais été présent», a dit Mme Freeland à propos de ce sommet, organisé de concert avec le Sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

Le sommet de l’ANASE en tant que tel accordera à M. Trudeau la chance de faire progresser son ordre du jour commercial avec le bloc émergent de 10 pays de l’Asie du Sud-Est, qui constitue déjà le sixième partenaire commercial en importance du Canada.

Ces pays représentent au total un marché de 640 millions de personnes et une classe moyenne en expansion. Ils ont engrangé une croissance économique significative.

Avec l’incertitude entourant les discussions sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), la région de l’Asie-Pacifique est devenue de plus en plus importante aux yeux des membres du gouvernement du Canada.