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Santé

Entente avec les spécialistes: Legault se défend de ne pas avoir récupéré 1 milliard $

QUÉBEC — Les Québécois ont mal compris s’ils croyaient qu’un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) allait récupérer 1 milliard $ des médecins spécialistes.

L’engagement de la CAQ en campagne électorale n’était pas 1 milliard $ — il « visait » 1 milliard $, s’est défendu mardi le président du Conseil du trésor, Christian Dubé. Il a rappelé que la CAQ n’avait jamais inscrit ce montant dans son cadre financier.

En campagne électorale, François Legault ne cessait de répéter que les médecins spécialistes étaient beaucoup trop payés. Il s’était engagé à récupérer 1 milliard $ de leur rémunération annuelle, qui avoisine les 5 milliards $.

Depuis, il ne mentionne plus ce chiffre, préférant dire que les médecins spécialistes du Québec devraient gagner neuf pour cent de moins que leurs confrères du reste du Canada, comme c’est le cas pour d’autres professionnels.

Le 3 mai dernier, la ministre de la Santé, Danielle McCann, avait toutefois répété « qu’il y a eu probablement 1 milliard $ de trop de donné aux médecins spécialistes ».

Plusieurs médias rapportent, depuis une semaine, que le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FSMQ) se sont finalement entendus sur une ponction de 500 millions $.

Les deux parties ont conclu, vendredi dernier, une entente de principe. Mais rien, officiellement, n’a filtré du résultat des négociations.

« J’honore à 100 pour cent ma promesse, c’est-à-dire que les médecins spécialistes vont avoir une rémunération de 9 pour cent sous la moyenne de leurs homologues canadiens », a assuré M. Legault mardi avant la période de questions.

En bout de ligne, le gouvernement n’a pas attendu les conclusions finales de l’étude commandée sur le sujet à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), se contentant des données brutes.

« On savait qu’on allait avoir des études qui allaient nous infirmer ou confirmer des montants, a affirmé M. Dubé. Aujourd’hui, on a de l’information qui est nouvelle, et cette information-là, on en a tenu compte. »

Le premier ministre Legault, ainsi que son trésorier, ont promptement subi les railleries du député Vincent Marissal, de Québec solidaire, qui les a accusés en Chambre de « s’écraser devant le lobby des médecins spécialistes ».

« Le premier ministre s’est décrit comme un deal maker, a-t-il lancé. Promettre 1 milliard $, livrer 500 millions $, c’est ça, un bon deal pour le premier ministre ? »

Sciences

L'astronaute David Saint-Jacques rencontre François Legault

Le premier ministre François Legault avait une grande question à poser à l’astronaute David Saint-Jacques mardi : «Comment on fait pour convaincre plus de jeunes de choisir les sciences pures?»

Le médecin de famille, ingénieur et astrophysicien a eu cette réponse: «Parce que c’est le fun! Il n’y a rien de plus le fun que de comprendre le monde autour de nous.»

Il était reçu avec son épouse par le premier ministre à son bureau, après un hommage officiel rendu par l’Assemblée nationale. M. Legault en a donc profité pour le questionner sur une de ses grandes préoccupations, c’est-à-dire comment inciter les jeunes à se lancer en sciences.

«M. Saint-Jacques peut inspirer beaucoup de jeunes, a-t-il dit au Salon bleu. Au Québec, on n’a pas assez de jeunes qui choisissent les sciences pures. On réussit parfois à aller en sciences humaines avec mathématiques, mais ingénieurs, médecins. (...) On a besoin de plus de jeunes qui choisissent les sciences. C’est là que ça se passe, l’innovation.»

Les réponses de David Saint-Jacques étaient de la musique aux oreilles du premier ministre. «Tout devient un peu notre ami quand on comprend comment ça marche, a-t-il justifié. L’exploration scientifique, la découverte, c’est une des plus belles choses pour un être humain. C’est un trésor. Ça rend tout moins apeurant, c’est comme ça qu’on a progressé. On est sorti des cavernes parce qu’on s’est creusé la tête.»

En mission dans la Station spatiale, le Québécois a passé 204 jours dans l’espace, du 2 décembre 2018 au 24 juin 2019, la plus longue mission à ce jour pour un astronaute canadien. Et il est le seul astronaute québécois à avoir effectué une sortie spatiale, a tenu à souligner M. Legault au cours de l’hommage en Chambre, après la période de questions.

Le premier ministre lui a remis une médaille «pour sa contribution exceptionnelle à la recherche scientifique, exploration spatiale et au rayonnement international du Québec». Pour sa part, l’astronaute a donné à M. Legault, à l’attention de ses fils, des badges officiels de son expédition spatiale, soit la 58/59.

Politique

Harcèlement: Legault n'a pas encore suivi la formation obligatoire

En 13 mois d'exercice du pouvoir, le premier ministre François Legault n'a pas trouvé le temps de suivre une formation de deux heures sur le harcèlement sexuel et psychologique.

Cette formation, créée dans la foulée du mouvement planétaire #moiaussi, est pourtant obligatoire pour les 125 élus de l'Assemblée nationale, incluant le premier ministre.

Politique

Singh veut tester l'ouverture de Trudeau

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, affirme qu'il observera surtout si Justin Trudeau va modifier sa manière de gouverner plutôt que l'identité de ceux qui vont accéder à son conseil des ministres.

Après sa rencontre avec le premier ministre la semaine dernière, Jagmeet Singh avait indiqué que M. Trudeau avait démontré un intérêt pour collaborer avec le NPD sur divers enjeux lorsque les députés reviendront aux Communes, le mois prochain, pour la première fois depuis les élections.

Politique

Les environnementalistes en colère de ne pas voir Steven Guilbeault à l'Environnement [VIDÉO]

OTTAWA — Coulée lundi soir, la nouvelle que Steven Guilbeault ne sera pas nommé ministre de l’Environnement par Justin Trudeau, mercredi, a été accueillie comme «une gifle» par plusieurs environnementalistes.

«C’est évident que c’est très très dur à accepter pour beaucoup de gens dans le mouvement», a rapporté Karel Mayrand de la Fondation David Suzuki.

Le choix de se priver de l’expertise de M. Guilbeault a pour but, de l’avis de M. Mayrand, d’«apaiser l’ouest du pays».

«Déjà, ce gouvernement-là l’a fait en achetant un pipeline. Et maintenant, on va cacher Steven Guilbeault à Patrimoine. [...] Si on n’est même pas capable de nommer un écologiste au ministère de l’Environnement, je me demande [...] quel courage ce gouvernement-là va avoir quand ça va être le temps de prendre des décisions difficiles pour les changements climatiques», a-t-il argué au cours d’une entrevue téléphonique.

Selon M. Mayrand, ce n’est même pas un «bon calcul» politique. «On a vu le traitement qui a été réservé à Catherine McKenna. Je ne vois pas en quoi ça aurait été pire avec Steven Guilbeault», a-t-il fait valoir.

Il croit que l’ouest du pays va, de toute manière, «continuer à s’opposer en bloc à la lutte aux changements climatiques».

Expérience mise de côté

Chez Greenpeace, on est tout aussi déçu.

«Le gouvernement s’est peinturé en vert avec Steven Guilbeault et là, malheureusement, il l’envoie dans une position où il ne pourra pas mettre à profit toute son expérience», a regretté Patrick Bonin, au bout du fil.

«La confiance était déjà très mince envers le gouvernement, a-t-il noté. Le fait qu’il envoie Steven Guilbeault dans les estrades nous laisse malheureusement croire qu’il risque de favoriser l’expansion de la production de pétrole des sables bitumineux et les pipelines.»

M. Bonin veut encore espérer que M. Guilbeault pourrait, mercredi, se faire offrir un mandat spécial pour mettre à profit son expertise.

Réactions politiques

À la porte de sa cérémonie d’assermentation, le seul élu néo-démocrate du Québec a été tranchant.

«Je pense qu’il y a beaucoup de gens du plateau Mont-Royal, de Laurier-Sainte-Marie qui vont être amèrement déçus parce que ce n’est pas exactement ça qu’on leur avait vendu. Donc, c’est un peu de la fausse représentation de la part du Parti libéral», a dit Alexandre Boulerice.

Le chef adjoint du Parti vert, Daniel Green, s’est montré tout aussi critique.

«On envoie un message clair aux pollueurs du pays : relaxez! Guilbeault n’est pas aux commandes», a-t-il lancé en entrevue téléphonique.

«Ça envoie un message clair aux pétrolières : relaxez! notre élu anti-pipeline ne va pas s’occuper de l’énergie ni de l’environnement», a-t-il renchéri.

M. Green a également tenu à partager son énorme étonnement pour le choix du portefeuille qui serait bientôt confié à M. Guilbeault.

«Je connais Steven depuis 30 ans et il ne m’a jamais fait part de ses intérêts dans la culture, la musique, le théâtre», a noté celui qui a partagé le militantisme écologiste de M. Guilbeault avant de se joindre, lui aussi, à un parti politique.

Critiques colorées

Sur les médias sociaux, on a multiplié les commentaires ironiques, d’un mème de Greta Thunberg qui répète «how dare you?!» en boucle, aux nombreux reproches faits avec ou sans humour. «Ne pas mettre Steven Guilbeault à l’environnement, c’est comme faire jouer Carey Price à l’aile droite», s’est plaint, par exemple, un abonné de Twitter.

C’est d’ailleurs sur Twitter que M. Mayrand a, d’abord, réagi, lundi soir. Lui aussi a utilisé la métaphore sportive. «Quelle déception pour un gouvernement qui dit prioriser l’urgence climatique. Nous sommes en tirs de barrage. Le meilleur marqueur reste sur le banc», a-t-il écrit.

Patrick Bonin aussi avait une figure de style dans les mêmes tons à offrir.

«[M. Trudeau] vient d’échouer son véritable premier test en environnement dès le début du nouveau mandat. Ça n’a aucun sens d’envoyer leur meilleur gardien dans les estrades alors que les pétrolières s’en donnent à cœur joie en ce moment sur la glace», a-t-il illustré.

Affaires

320 millions$ en subventions à Trans Mountain en six mois

VANCOUVER — Un institut canadien qui analyse l’industrie des hydrocarbures au Canada affirme dans un rapport publié mardi que durant la première moitié de 2019, Trans Mountain Corporation a reçu 320 millions $ en subventions directes et indirectes de la part des gouvernements du Canada et de l’Alberta.

Cette somme inclut 135,8 millions $ de subventions directes et 183,8 millions $ de subventions indirectes qui n’ont pas été clairement divulguées aux contribuables, indique le rapport de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis.

«Il s’agit de subventions très importantes. Elles nécessitent vraiment plus de discussions publiques et une divulgation publique», estime Tom Sanzillo, directeur des finances du groupe.

M. Sanzillo et l’analyste financière de l’institut et coautrice de l’étude Kathy Hipple ont analysé le rapport du deuxième trimestre de la Corporation de développement des investissements du Canada, une société d’État destinée à favoriser le développement économique du pays, qui compte parmi ses filiales Trans Mountain Corporation.

Le document est public, mais présente une image consolidée des finances de la société de développement, y compris les revenus de la Société de gestion Canada Hibernia, qui exploite la participation de la Couronne dans les réserves de pétrole situées au large de Terre-Neuve-et-Labrador.

Ce traitement comptable occulte la situation financière réelle de Trans Mountain, estime M. Sanzillo.

«C’est une bonne forme de comptabilité. Je ne la critique pas. Ce ne devrait tout simplement pas être le seul moyen de montrer au public combien d’argent est dépensé pour cela», a-t-il déclaré.

Le rapport indique que le gouvernement canadien a alloué un peu plus de 5 milliards $ à la société de développement pour financer l’acquisition de Trans Mountain. Trans Mountain Corporation — une société d’État fédérale selon le profil sur le site de l’organisation — doit verser des intérêts réguliers au gouvernement canadien à un taux de 4,7 %.

Le financement a été fourni à Trans Mountain en deux parties : un prêt de 2,8 milliards $ et un investissement en capitaux de 2,3 milliards $. L’intérêt sur le prêt doit être payé à partir de l’activité commerciale du pipeline, tandis que l’intérêt sur l’investissement en capitaux peut être payé à partir d’une subvention à une tierce partie, indique le rapport.

La Société de gestion Canada Hibernia a couvert les intérêts sur la participation au capital pour le premier semestre de 2019, ce qui représente une subvention directe de 46,3 millions $, indique le rapport.

Selon le rapport, Trans Mountain a enregistré une perte de 10,9 millions $ avant impôts au cours de la période.

Cette perte est toutefois comptabilisée dans les résultats consolidés d’Hibernia, ce qui équivaut à une subvention directe de 10,9 millions $, indique le rapport.

Moins d’impôts

Aussi, le gouvernement de l’Alberta a réduit les impôts des sociétés au moyen d’un crédit d’impôt à partir de janvier 2019. Cette mesure a permis à Trans Mountain d’économiser 54,1 millions $ en impôts, une autre subvention directe utilisée par la société de développement pour transformer la perte avant impôts de la société en un gain post-impôt, selon le rapport.

M. Sanzillo identifie également ce qu’il appelle une subvention indirecte; la différence entre l’intérêt qu’une entreprise privée aurait facturé à Trans Mountain et le taux imposé par le gouvernement canadien.

Le taux d’intérêt canadien de 4,7 % contraste avec le taux de rendement de 12 à 15 % utilisé par son ancien propriétaire, Kinder Morgan, indique le rapport.

M. Sanzillo a utilisé le chiffre le plus bas, 12 %, pour calculer qu’une société privée aurait facturé des intérêts de 302,1 millions $ à Trans Mountain dans la première moitié de 2019. Le gouvernement canadien lui a plutôt facturé 118,3 millions $.

Cela équivaut à une subvention indirecte de 183,8 millions $ pour les six premiers mois de l’année, selon le rapport.

Les auteurs du rapport reconnaissent que le gouvernement canadien n’a pas à se conformer aux normes commerciales.

«[Le rapport] concerne la transparence et ne vise pas à contester juridiquement le droit du gouvernement canadien de subventionner le projet de pipeline. Il est plutôt question de dollars que le contribuable canadien risque de devoir absorber», peut-on lire.

Lorsque les auteurs ont ajouté le paiement d’intérêts de 46,3 millions $ et la charge de 24,4 millions $ liée aux régimes de retraite aux états financiers de Trans Mountain, ils ont conclu que la société subissait une perte avant impôts de 67,1 millions $ et une perte après impôts de 12,9 millions $.

Le gouvernement canadien a l’intention de vendre le pipeline. S’il le fait pour un prix inférieur à celui qu’il a payé pour l’infrastructure, il peut légalement annuler toute dette restante, a ajouté M. Sanzillo.

La Presse canadienne n’a pas été en mesure de joindre le ministère des Finances et Trans Mountain Corporation pour obtenir leur réaction avant la publication du rapport du groupe mardi matin.

Politique

Loi sur la laïcité de l’État: un syndicat d’enseignants poursuit le gouvernement

MONTRÉAL — La Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente 45 000 enseignants québécois, poursuit le gouvernement pour sa Loi sur la laïcité de l’État, accusant la province de violer les droits fondamentaux des enseignants dans toute la province.

La plainte déposée le 6 novembre, rapportée pour la première fois par l’Associated Press, est la dernière contestation judiciaire de la loi controversée du gouvernement du Québec, qui interdit à certains travailleurs du secteur public de porter des symboles religieux au travail.

Il s’agit de la première action en justice contre la Loi 21 par un syndicat d’enseignants. La loi, adoptée en juin, fait déjà l’objet de contestations judiciaires de la part de la Commission scolaire English-Montréal et d’un groupe de défenseurs des droits civils et religieux.

Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, a déclaré que son organisation avait intenté une action en justice parce que le gouvernement du Québec «affaiblissait la règle de droit».

Cette loi, a-t-il déclaré à La Presse canadienne, «viole ... la liberté de religion et de conscience des enseignants des écoles publiques et menace leurs conditions de travail».

Selon lui, soixante-quinze pour cent des membres de sa fédération sont des femmes, un groupe touché de manière disproportionnée par la loi sur la laïcité, car les femmes musulmanes comptent parmi les membres les plus visibles de la société québécoise qui portent des symboles religieux.

Sa fédération, a-t-il dit, demande à la Cour supérieure du Québec de «déclarer plusieurs articles de cette loi inconstitutionnels, inapplicables et non valides». Parmi les articles visés par la fédération, il y en a un qui oblige les fonctionnaires, tels que les enseignants, les policiers et les juges, à retirer tous les symboles religieux lorsqu’ils sont au travail.

La poursuite de la fédération est une version modifiée d’une précédente contestation judiciaire déposée en mars. La poursuite initiale visait à ce que les tribunaux déclarent inconstitutionnelle toute tentative du gouvernement de compter le nombre d’enseignants dans les écoles publiques qui portent des symboles religieux.

La poursuite du 6 novembre inclut les demandes initiales, mais demande également l’annulation de la plupart des articles de la Loi sur la laïcité de l’État.

Cette loi invoque la disposition de dérogation de la Constitution canadienne, qui protège la législation de la plupart des problèmes soulevés par la Charte canadienne des droits et libertés.

L’argument principal dans la poursuite de la fédération est que la loi viole la liberté de conscience et de religion de ses membres et leur égalité. La contestation précise toutefois que même si la disposition de dérogation est invoquée, rien n’empêche un demandeur de chercher à obtenir de la part d’un juge une déclaration claire selon laquelle la loi enfreint les droits de la Charte.

De plus, la fédération soutient que la jurisprudence relative à l’utilisation de la clause dérogatoire «devrait être revue» compte tenu des engagements actuels du Québec et du Canada à l’égard de traités internationaux en matière de droits de la personne.

La poursuite indique également que le projet de loi 21 enfreint l’article 6 de la Charte, qui énonce les droits des Canadiens en matière de mobilité et n’est pas protégé par la clause de dérogation. Sans entrer dans les détails, la poursuite indique que le demandeur a l’intention de démontrer que le projet de loi 21 viole également des droits concernant la mobilité interprovinciale.

Politique

PEQ: des experts se prononcent pour le statu quo

Le gouvernement devrait annuler sa récente réforme de l’immigration, selon trois chercheurs de l’Université Laval, parce que le Programme d’expérience québécoise (PEQ) fonctionne déjà à merveille.

Le taux d’emploi et le revenu d’emploi moyen des premières cohortes d’immigrants participants au PEQ, de 2010 à 2012, étaient supérieurs à ceux de l’ensemble de la population québécoise âgée de 15 à 64 ans, d’après leur étude.

Leur taux d’emploi est supérieur à 90 %, tandis que la moyenne québécoise n’atteint pas 80 % sur les cinq années étudiées, soit du moment de leur arrivée à quatre ans plus tard. Les données s’arrêtent en 2015, dernière année complète incluse dans le dernier recensement de 2016.

Côté salaire, les travailleurs étrangers temporaires gagnaient en moyenne 57 300 $ dès leur année d’arrivée pour grimper à 67 600 $ à la quatrième année de leur séjour, alors les étudiants internationaux diplômés partent à 32 700 $ pour dépasser la moyenne québécoise au cours de leur quatrième année, à 46 400 $.

Le salaire moyen de l’ensemble de la population québécoise en emploi et âgée de 15 à 64 ans s’établissait à 44 200 $, en 2010, et 44 800 $, en 2015.

Dans un effort conjoint tout juste publié, Charles Fleury, Danièle Bélanger et Aline Lechaume, respectivement professeurs aux départements de sociologie, de géographie et des relations industrielles de l’UL, concluent donc que le statu quo s’avère la meilleure avenue à suivre pour le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Simon Jolin-Barrette.

«Le statu quo est la meilleure option pour le gouvernement. Notre étude montre bien que ce programme-là fonctionnait déjà très bien. Les immigrants participent très bien au marché du travail. Ce serait une erreur de restreindre l’admissibilité à certaines formations», résume M. Fleury, qui s’est penché sur la question avec ses collègues à la suite des récentes embrouilles gouvernementales ayant mené à la suspension temporaire de la réforme du PEQ.

Des performances économiques excellentes

L’étude s’attarde aux résultats des candidats au PEQ de 2010 à 2012, afin de pouvoir suivre tout leur parcours dans une étude longitudinale. On parle ici de 800 étudiants internationaux diplômés et de 1700 travailleurs étrangers temporaires. La grande majorité d’entre eux ont été admis comme résident permanent en 2012.

«On réalise que les performances économiques de ces gens-là sont excellentes, constate M. Fleury. Pour le taux d’emploi, c’est difficile de faire mieux. Car ceux qui ne sont pas en emploi sont souvent les conjoints ou conjointes des candidats principaux admis. L’arrivée d’un bébé après quelques années peut aussi venir influencer un peu à la baisse cette statistique.»

Quant aux résultats des cohortes plus récentes, le chercheur ne voit aucune raison pour que la situation se soit dégradée ces dernières années. «L’économie québécoise en générale s’est même améliorée au cours des dernières années, donc nous serions très étonnés que les cohortes plus récentes performent moins bien», atteste-t-il.

Prêchant pour sa paroisse, M. Fleury ajoute que le ministre Jolin-Barrette devrait guider ses réflexions à l’aide du travail de chercheurs en sciences sociales qui, on le sait, étaient les mal-aimées de cette fameuse liste de domaines d’études ensuite retirée. «Il a tout intérêt à s’inspirer de ces recherches», conclut-il.

Politique

Élection partielle à Chelsea

La Municipalité de Chelsea a annoncé la tenue d’une élection partielle dans le district 6 qui aura lieu le 15 décembre.

Trois candidats seront en lice pour siéger au conseil municipal. Il s’agit de Laurette Bédard, Kimberly Chan et Edmond Hétu.

Le scrutin aura lieu de 10 h à 20 h au centre communautaire Hollow Glen situé au 12, chemin du Parc.

Le vote par anticipation se fera le 8 décembre de 12 h à 20 h à la bibliothèque municipale située au 100, chemin d’Old Chelsea.

Politique

Trudeau pressé d'assouplir rapidement la loi sur l'aide médicale à mourir

OTTAWA — Avant même d'annoncer la composition de son nouveau cabinet, mercredi, Justin Trudeau est invité à demander au nouveau titulaire de la Justice d'assouplir rapidement, en priorité, la loi canadienne sur l'aide médicale à mourir.

Le premier ministre avait déclaré en campagne électorale, notamment lors des débats des chefs en français, qu'il se conformerait à la décision de la Cour supérieure du Québec de septembre dernier. Ce jugement invalidait notamment l'exigence fédérale selon laquelle seules les personnes proches d'une «mort naturelle raisonnablement prévisible» pouvaient obtenir l'aide médicale à mourir pour mettre fin à leurs souffrances.

Politique

Marwah Rizqy renonce à la course à la direction du PLQ

Après Gaétan Barrette la semaine dernière, au tour de la députée libérale Marwah Rizqy de renoncer à se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).

Elle se range plutôt en faveur du nouveau venu dans la course, Alexandre Cusson, maire de Drummondville et ex-président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Ce faisant, Mme Rizqy est la première du caucus libéral à lui apporter son appui et fait donc bande à part par rapport à plusieurs élus libéraux de la région métropolitaine qui soutiennent plutôt une autre prétendante, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Dominique Anglade.

Reconnue pour son franc-parler, Marwah Rizqy, élue il y a à peine un an députée de Saint-Laurent, était pressentie pour faire le grand saut et avait laissé entendre qu’elle était intéressée. Finalement, elle a fait savoir, lundi, que ce n’était pas à titre de chef qu’elle pourrait le mieux contribuer au renouveau de son parti, selon ses mots.

Dans une déclaration publiée dans sa page Facebook, la fiscaliste et juriste de formation a indiqué qu’elle était arrivée à cette conclusion après une réflexion sérieuse.

«Je désire m’investir sur le plan des idées et joindre une nouvelle génération de libéraux progressistes, écrit-elle. Je me réjouis de voir une personne comme Alexandre Cusson considérer se porter candidat à la chefferie. Je vois en lui un leader en mesure de rassembler notre formation politique et d’offrir aux Québécois une vision ambitieuse pour l’avenir de notre nation. M. Cusson pourra compter sur mon appui ainsi que celui de plusieurs membres de mon équipe s’il décide de se lancer dans la course.»

Rappelons que Dominique Anglade est officiellement dans la course, mais qu’Alexandre Cusson a manifesté son intention la semaine dernière, tandis que Gaétan Barrette a fait savoir vendredi, après avoir jaugé ses appuis potentiels, qu’il n’allait pas être en lice. Marie Montpetit avait aussi lancé la serviette un peu plus tôt cette année.

Mme Anglade a déjà recueilli l’appui de 11 élus du groupe parlementaire libéral, dont de nombreux membres influents, comme l’ancien ministre des Finances, Carlos Leitao, ainsi que les ex-ministres Hélène David, Kathleen Weil, Marie Montpetit, et la dernière en lice, Christine St-Pierre, qui a joint le clan officiellement samedi dernier.

La course sera lancée officiellement la fin de semaine prochaine, au Conseil général du PLQ à Sherbrooke.

Un enjeu de fond

M. Cusson a réagi sur Twitter à l’appui de Mme Rizqy. «J’en suis honoré. Je la remercie pour sa confiance. Je poursuis ma réflexion et ferai le point au Conseil général à Sherbrooke ce week-end», a-t-il écrit.

Aux élections générales d’octobre 2018, le PLQ a pratiquement été rayé de la carte hors de la région métropolitaine et de l’Outaouais. Son seul siège à l’Est, dans Jean-Talon à Québec, est actuellement en jeu dans une élection complémentaire, après la démission du député Sébastien Proulx.

Dans le duel qui semble se profiler entre Dominique Anglade et Alexandre Cusson ressort un des grands enjeux de fond du PLQ: le prochain chef pourra-t-il renouer avec les francophones et les régions du Québec? Depuis plusieurs mois, Dominique Anglade ratisse les régions pour y recueillir des appuis, tandis que M. Cusson pourrait compter sur son réseau issu de l’UMQ.

Politique

Dépité, le sénateur Dagenais quitte les conservateurs

OTTAWA — Le chef conservateur Andrew Scheer perd l’un de ses sénateurs québécois, déçu par le résultat des élections dans la province.

Jean-Guy Dagenais quitte le caucus conservateur pour siéger avec le Groupe des sénateurs canadiens (GSC), un nouveau groupe au Sénat formé au début du mois. Il en a fait l’annonce par voie de communiqué, lundi matin.

M. Dagenais était l’un des rares conservateurs à avoir critiqué le leadership de M. Scheer à visage découvert dans les médias dans les dernières semaines.

S’exprimer «plus librement»

En entrevue avec La Presse canadienne, M. Dagenais admet que ses prises de position publiques ont dérangé certains conservateurs, qui auraient mieux aimé qu’il se taise. En quittant le caucus conservateur, il pense qu’il pourra s’exprimer «plus librement».

Sa liberté de parole retrouvée, il ne mâche pas ses mots pour critiquer le choix du bureau de M. Scheer d’avoir nommé l’ancien ministre John Baird pour mener un travail d’analyse à la suite des résultats de l’élection. «Je ne suis pas certain que M. Baird comprend très bien les intérêts des Québécois», dit-il.

Les causes des difficultés au Québec sont claires, renchérit M. Dagenais. «Il me semble que ce n’est pas dur à comprendre, là. C’était le débat (de TVA) en français et les tergiversations sur l’avortement», poursuit-il.

Le sénateur, qui parrainait quatre candidates conservatrices pendant la campagne électorale, soutient que certaines d’entre elles se faisaient «claquer la porte» en plein visage par les électeurs après ce premier débat en français, où M. Scheer a eu du mal à expliquer sa position personnelle sur l’avortement.

Le chef conservateur a finalement admis qu’il était personnellement «pro-vie», mais qu’il voterait contre toute tentative de son parti de rouvrir le débat sur l’avortement.

Politique

Nomination des ministres: un possible effet domino sur le travail du Parlement

OTTAWA — Une majorité de députés libéraux élus le 21 octobre n’accéderont pas au Saint des Saints : le conseil des ministres. Toutefois, ils joueront un rôle essentiel pour éviter le renversement du gouvernement Trudeau et faire progresser son programme.

En situation minoritaire, les postes de leader parlementaire du gouvernement, de whip en chef et de président de comité seront bien plus importants qu’ils ne l’étaient lorsque les libéraux étaient majoritaires à la Chambre des communes.

Ces rôles sont souvent distribués après la formation du conseil des ministres, mais M. Trudeau doit choisir une autre voie, dit Kevin Bosch, vice-président de Hill+Knowlton, un expert sur le fonctionnement du Parlement.

«On doit avoir les compétences pour gérer le Parlement, souligne-t-il. Auparavant, on aurait peut-être porté plus attention à la représentation géographique et aux autres données démographiques. Là, il faut commencer par trouver les élus, qui, on le sait, peuvent faire le travail au sein d’un gouvernement minoritaire.»

En 2015, M. Trudeau avait nommé un vétéran député, Dominic LeBlanc, au poste névralgique de leader du gouvernement à la Chambre des communes, mais après neuf mois de relations tumultueuses avec les partis d’opposition, il l’avait remplacé par Bardish Chagger, une recrue de la promotion 2015, dont la maîtrise du français soulevait des doutes sur sa capacité à exercer ses fonctions.

Le bilinguisme et une grande habileté à mener des négociations sont des atouts essentiels pour un leader du gouvernement, soutient M. Bosch.

La tâche du leader du gouvernement est de négocier avec les autres partis politiques pour bien faire fonctionner la Chambre des communes. Bien maîtriser ces relations est primordial en situation minoritaire. Le moindre faux pas peut favoriser le renversement du gouvernement. De plus, ce leader devra être bilingue, puisque le Bloc québécois comptera 32 députés.

«Si on doit toujours passer par la traduction, il sera alors difficile d’établir une relation dont on peut avoir besoin pour faire avancer les dossiers», dit M. Bosch.

Le whip s’assure de la présence de tous les députés au moment des votes. «On a besoin de quelqu’un de compétent et de diligent. Il ne doit jamais jouer à la devinette. Il faut une personne qui est certaine des chiffres qu’elle a», mentionne M. Bosch.

Les comités

Les comités parlementaires joueront aussi un rôle important, puisque chaque projet y sera étudié à la loupe par l’opposition qui y formera la majorité.

Réélu dans la circonscription de Mont-Royal, le libéral Anthony Housefather, qui présidait le comité de la Justice et des Droits de la personne, souligne qu’en situation majoritaire, les élus gouvernementaux n’avaient pas vraiment besoin d’écouter les amendements présentés par leurs collègues de l’opposition.

Les choses sont différentes aujourd’hui, reconnaît-il. Les amendements pourront devenir une monnaie d’échange pour faire adopter un projet de loi du gouvernement. Le rôle des présidents changera en conséquence.

«Dans un parlement minoritaire, on aura besoin de plus de temps pour s’assurer de l’appui de certains des autres partis. Il y aura donc beaucoup plus de discussions afin de trouver un accord pour les projets de loi», fait-il valoir.

Nathan Cullen, un ancien député néo-démocrate qui a connu cette réalité dans les années 2000, dit avoir aimé le travail des comités à l’époque. Selon lui, ils étaient plus démocratiques, plus stimulants.

«Le pouvoir est plus partagé en soi. Ce sont ceux qui peuvent négocier le mieux qui auront une plus forte influence, pas seulement le parti comptant le plus d’élus au sein d’un comité, observe-t-il.

M. Cullen signale également qu’un gouvernement minoritaire n’est plus en mesure de bloquer les motions relatives aux violations des règles éthiques.

Le jeu conservateur

Ce nouvel élément est déjà au centre des préoccupations des conservateurs, qui eux aussi doivent songer à nommer les porte-parole du parti pour les divers dossiers.

Au cours de la dernière campagne électorale, le chef Andrew Scheer a déploré que les efforts des comités parlementaires pour tenter de creuser la question de SNC-Lavalin eussent été contrecarrés par la majorité libérale.

Au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne, peu de temps après le scrutin, M. Scheer a annoncé que son parti avait l’intention d’utiliser son pouvoir accru.

«Je crois au Parlement, je crois au travail des parlementaires, dit-il. Au cours des quatre dernières années, beaucoup de choses ont été approuvées par les comités. Nous allons nous assurer de respecter les résultats des élections tout en sachant bien que les comités peuvent jouer un rôle très important dans un gouvernement minoritaire.»

Politique

Deltell s’inquiète pour l’unité canadienne

Le député conservateur Gérard Deltell s’inquiète pour l’unité canadienne avec la montée du mouvement du «Wexit» en Alberta et il exhorte le premier ministre Trudeau à travailler à réparer les ponts.

«On constate après l’élection qu’il est rare qu’un premier ministre [canadien] fasse campagne en attaquant directement des premiers ministres provinciaux [Doug Ford et Jason Kenney]», a déclaré M. Deltell, qui craint que les critiques de Justin Trudeau amplifient la frustration de la population de l’Alberta. «J’ai rarement vu un Canada aussi désuni qu’il ne l’est maintenant», ajoute-t-il. 

Le député de Louis-Saint-Laurent croit qu’en respectant davantage les compétences individuelles de provinces, il sera possible de régler une partie de cette crise. 

La réunion des premiers ministres provinciaux qui se tiendra le 2 décembre pourrait s’avérer une belle occasion pour dénouer certaines tensions.

Déplorant le résultat de l’élection, M. Deltell croit que les conservateurs avaient des projets qui auraient pu favoriser une meilleure unité dans le pays.

«Nous avions deux grands projets. Le corridor énergétique aurait permis au Québec de vendre son énergie et du même coup de profiter des ressources de l’Ouest, plutôt que d’acheter à coup de centaines de millions de dollars du pétrole provenant d’ailleurs. Nous proposions aussi un accord de libre-échange interprovincial.»

M. Deltell a réitéré que les questions d’unité nationale seront les priorités des conservateurs d’ici le retour à la Chambre des communes.

Le Québec et l’Alberta: deux solitudes

De son côté l’ex-chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, n’a pas voulu se prononcer totalement sur le projet indépendantiste de l’Alberta. 

«Si l’Alberta pense être suffisamment différente pour avoir un pays, ça leur appartient. Ça demeure une vision complètement opposée à celle du Québec». Malgré tout, cette situation illustre bien, selon elle, l’opposition totale entre les visions du Québec et de l’Alberta. 

«Ils n’ont pas raison au sujet de la péréquation, car dans le passé, ils en ont bénéficié. Ça ne fait pas leur affaire quand ils n’en bénéficient pas, et ça fait leur affaire quand ils en bénéficient», a-t-elle déclaré en entrevue au Soleil.

Gérard Deltell et Martine Ouellet étaient tous les deux présents lors du lancement du deuxième tome de l’essai biographique de Guy Bertrand.

Politique

Guy Bertrand: avec les Nordiques, «le Oui aurait gagné»

«Si les Nordiques n’étaient pas partis en 1995, le Oui aurait gagné le référendum.» Me Guy Bertrand y est allé de cette déclaration surprenante lors du lancement du deuxième tome de son essai biographique.

L’avocat et militant pour l’indépendance est convaincu que si les Québécois avaient vu qu’il était possible de conserver les Nordiques à Québec, cela aurait eu un impact direct sur le nombre de votes pour le Oui.

Selon lui, le Parti québécois a commis une erreur de ne pas s’allier à Marcel Aubut et lui, en 1995, lorsqu’il était urgent d’intervenir pour garder l’équipe de hockey professionnelle de Québec.

Me Bertrand ne comprend toujours pas aujourd’hui que le Québec se soit permis de perdre une équipe comme les Nordiques, alors que le gouvernement avait pour objectif de faire un pays.

Il a déclaré au Soleil qu’il allait davantage donner d’informations sur cet évènement dans la troisième partie de son essai biographique. 

Les Nordiques pour représenter le Québec

Dans son deuxième tome biographique, «Pour l’indépendance du Québec, je misais sur le hockey et les Nordiques», MBertrand raconte les différentes interventions qu’il a faites pour que les Nordiques deviennent les représentants du Québec à travers l’Amérique. 

Par des gestes comme apposer la fleur de lys sur les chandails, autoriser l’hymne national exclusivement en français à Québec et mettre fin aux annonces bilingues à la suite d’un but, l’avocat voulait montrer la singularité du Québec à travers la Ligue nationale de hockey (LNH).

Il raconte également sa lutte pour que ces anciens clients comme Michel Goulet et Pierre Lacroix puissent signer des contrats uniquement en français, alors que la langue officielle de la LNH était, et est toujours l’anglais.

Me Bertrand est fier que ses efforts, et ceux de son partenaire Marcel Aubut, aient permis aux Américains de comprendre que le Québec avait une culture à part et qu’il était légitime de l’exprimer par l’entremise d’une équipe de hockey. 

«Notre travail a permis de faire germer cette réflexion chez les Américains comme quoi ils sont un gros éléphant, mais qu’ils peuvent permettre aux autres d’exister», explique-t-il. 

Loin d’épargner le Parti québécois dans ses propos, il critique vigoureusement le gouvernement Lévesque de ne pas avoir donné suite à ses tentatives de créer une équipe nationale du Québec.

«Je blâme beaucoup le Parti québécois de ne pas avoir fait le lobbying pour changer les règles des fédérations internationales de hockey. J’ai donné des exemples concrets avec le rugby et le cas des équipes du Royaume-Uni.»

Admiré dans plusieurs sphères

Politiciens, sportifs, gens d’affaires, des arts et des médias : des personnes de tous les horizons ont défilé devant Bertrand pour lui faire signer son nouveau livre, dimanche.

«Je connais Guy depuis 45 ans, il a été mon premier agent. Il a été très bon pour moi, comme un père», raconte l’ancien Nordique Réal Cloutier, qui n’était pas surpris de voir des gens de tous les milieux pour le lancement du livre. «Guy était partout, autant dans le public et le privé, en passant par le sport. Guy est un monument à Québec.»

Loin de partager les mêmes opinions politiques que Guy Bertrand, le député conservateur Gérard Deltell était tout de même présent au lancement. 

«J’ai couvert les activités de Bertrand pendant 20 ans quand j’étais journaliste. Mais surtout pour un gars de Québec comme moi, qui a idolâtré des joueurs comme Marc Tardif et Réal Cloutier, je suis curieux d’en apprendre plus sur des évènements auxquels Bertrand a participé, voire provoqués», a déclaré le député fédéral de Louis-Saint-Laurent.

Du côté des indépendantistes, l’ex-chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a salué le travail de longue date de Guy Bertrand à la cause de l’indépendance du Québec.

«Il a été mon avocat avant de devenir un ami. Il nous faut des hommes comme Guy Bertrand pour cesser d’être subordonné au Canada». 

Politique

Cinq choses à observer pour le prochain conseil des ministres

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau dévoilera mercredi la composition de son nouveau conseil des ministres.

Le nombre de ministres

Au moment de la dissolution de la Chambre des communes, le conseil des ministres comptait 34 membres. On dénombrait aussi des dizaines de secrétaires parlementaires. Cette fois-ci, M. Trudeau devra choisir parmi un nombre inférieur de députés. De nouveaux enjeux ont vu le jour. Si un plus grand conseil impose un plus grand nombre de secrétaires parlementaires, M. Trudeau doit aussi choisir des élus compétents pour les comités parlementaires et nommer un leader du gouvernement ainsi qu’un whip.

Politique

L’empreinte de Freeland sur la politique étrangère demeurera marquante

OTTAWA — Que le premier ministre Justin Trudeau choisisse de lui laisser son portefeuille ou de la muter, l’empreinte de Chrystia Freeland sur la politique étrangère canadienne demeurera visible pendant un certain temps, estiment des experts.

Elle a notamment joué un rôle fondamental dans les négociations menant à la conclusion d’un nouvel accord commercial nord-américain. La ratification du traité demeurera la propriété du gouvernement fédéral.

Politique

Sur le radar cette semaine

Que nous réserve l’actualité cette semaine? L’équipe de sur le radar se penche sur la question.

Conseil des ministres

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau présentera mercredi son nouveau conseil des ministres.

PLQ

Le Parti libéral du Québec profitera le week-end prochain de son conseil général à Sherbrooke pour lancer sa course à la direction visant à remplacer Philippe Couillard.

Langue française

La Fondation pour la langue française lancera lundi sa campagne de financement qui bénéficiera notamment de l’appui de Pauline Marois et de John Parisella.

Données personnelles

Le président du Mouvement Desjardins Guy Cormier témoignera jeudi devant la Commission des finances publiques de l’Assemblée nationale au sujet de la fuite de données personnelles chez Desjardins.

Profilage racial

La Commission de la sécurité publique de la Ville de Montréal tiendra vendredi une discussion publique relative aux interpellations policières à la lumière des identités racisées.

Panthéon du hockey

L’ancien capitaine des Canadiens de Montréal Guy Carbonneau sera officiellement intronisé lundi au Panthéon du hockey au cours d’un gala à Toronto.

Coupe Davis

Le Canada, mené par Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime, participe à la phase finale de la coupe Davis de tennis. Il affrontera lundi l’Italie, et, le lendemain les États-Unis.

Coupe Vanier

Les Carabins de l’Université de Montréal disputeront samedi après-midi la finale de la coupe Vanier au stade Telus de Québec. Ils y affronteront les Dinos de l’Université de Calgary.

Politique

Legault est un conservateur de la trempe de Harper, déclare Nadeau-Dubois

Les masques doivent tomber: le premier ministre François Legault est un conservateur de la trempe de Stephen Harper, a martelé dimanche Gabriel Nadeau-Dubois.

Le député de Gouin a été réélu comme co-porte-parole de Québec solidaire (QS), avec Manon Massé, en clôture du congrès qui a réuni 600 militants à Longueuil.

Dans un discours énergique, il a promis de «démasquer l’agenda caquiste», de «faire tomber les prétentions» de M. Legault et de le nommer pour ce qu’il est: un premier ministre conservateur.

M. Nadeau-Dubois a poursuivi en disant que les conservateurs étaient reconnaissables à leur «mépris de la jeunesse», leurs «puits de pétrole» et à leur «bâillonnement des institutions démocratiques».

Surtout, M. Legault serait l’héritier de la plus vieille des traditions conservatrices, celle du rejet de la science, dont s’inspirait l’ancien premier ministre du Canada, Stephen Harper, selon lui.

«On n’arrive pas à trouver un seul expert qui appuie le troisième lien? Pas grave, on va sortir la peinture verte», a-t-il ironisé devant une foule conquise. Il a aussi fait référence au projet de gazoduc GNL Québec et au problème d’arsenic à Rouyn-Noranda.

M. Nadeau-Dubois est également revenu sur le «cafouillage monumental» de la CAQ en immigration et a prédit que c’était le début de la fin de la lune de miel pour le parti de François Legault.

Il était accompagné pour l’occasion d’Olivier Bolduc, candidat de QS dans Jean-Talon, qui s’était déplacé dimanche jusqu’à Longueuil pour s’adresser à la presse nationale.

Le parti avait plus tôt justifié l’absence au congrès de sa députée Catherine Dorion par le fait qu’elle devait prêter main-forte à M. Bolduc à Québec, en vue de l’élection partielle du 2 décembre.

Massé veut revoir la Bourse du carbone

Par ailleurs, QS dit vouloir transformer de fond en comble la Bourse du carbone que le premier ministre Legault s’apprête à aller défendre en Californie.

Selon Mme Massé, le système actuel de plafonnement et d’échange de droits d’émissions permet à de grands pollueurs, comme la cimenterie McInnis, à Port-Daniel en Gaspésie, «de faire de l’argent».

Elle affirme que sur le plan de l’écofiscalité, QS «n’est pas fermé à cette idée» d’un système de plafonnement, pourvu qu’il soit érigé «de façon solidaire» et suive le principe du «pollueur-payeur».

«Actuellement, ce que le système de plafonnement permet, c’est à une usine comme Port-Daniel de faire de l’argent sur le dos des crédits du droit de polluer. Ça n’a pas de bon sens», a-t-elle déclaré en mêlée de presse.

Le premier ministre Legault se rendra en Californie du 8 au 11 décembre notamment pour discuter de la Bourse du carbone avec le gouverneur Gavin Newsom.

«S’il veut défendre la Bourse du carbone, qu’il crie haut et fort qu’il faut que le principe de pollueur-payeur soit là, a poursuivi Mme Massé. Pollueur-payeur ne veut pas dire donner des permis gratuits aux grands pollueurs comme McInnis.»

Le Québec a mis sur pied en 2013 un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, une mesure visant à pousser les entreprises et les citoyens à modifier leurs comportements afin de réduire leurs émissions.

L’année suivante, la province a lié son système à celui de la Californie, dans le cadre de la «Western Climate Initiative».

Or, le procureur général des États-Unis, Jeffrey Bossert Clark, fait valoir maintenant que la Californie «s’est écartée de sa voie constitutionnelle» lorsqu’elle a signé cet accord avec le Québec.

Le premier ministre Doug Ford a pour sa part retiré l’Ontario de ce régime au lendemain de son élection l’an dernier.

Politique

L'importance d’être sur le terrain, selon Catherine Dorion

Au quartier général de la circonscription de Jean-Talon, sur l'avenue Myrand, à Québec, Catherine Dorion se tient bien droite aux côtés du candidat Olivier Bolduc. Pourquoi être ici plutôt qu’au congrès de Québec solidaire à Longueuil? «Je suis ici pour lui, parce que je veux qu’on gagne», laisse tomber la députée de Taschereau.

Québec solidaire et Catherine Dorion ont convenu, d’un commun accord, qu’elle devait consacrer sa fin de semaine à la campagne dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, auprès du candidat Olivier Bolduc. Elle accompagnait le candidat dans une tournée de porte-à-porte, samedi.

Le statut de députée «vedette» de Catherine Dorion fait d’elle la candidate la mieux placée pour faire campagne dans la région de Québec, confiait vendredi, à La Presse canadienne, l’attachée de presse Stéphanie Guévremont. 

«Je suis vraiment engagée à faire de Québec une capitale solidaire, lance Mme Dorion. Les choses changent dans la ville. On a eu une grosse surprise aux dernières élections.»

Le 2 décembre, le parti tentera de remporter l’élection partielle dans Jean-Talon, un château fort libéral qui pourrait passer aux mains de la Coalition avenir Québec (CAQ), cette fois.

Mais les chances de victoire du Québec solidaire sont bonnes, selon Catherine Dorion, qui assure que des changements importants s’opèrent dans la Capitale-Nationale.

Et ce qu’elle entend sur le terrain est positif, assure-t-elle. 

«Les gens veulent que je m’assoie dans leur cuisine, qu’on jase. Ils me disent : vous être un parti sérieux, vous être le parti de l’avenir, et Catherine, ce qui vient de t’arriver [à l’Assemblée nationale] n’a pas de bon sens. Juste pour ça, j’ai envie de voter pour vous», illustre la députée.

En politique comme en journalisme

Mme Dorion estime qu’il est plutôt rare que le pouls soit pris sur le terrain, autant par les députés que les médias.

Début octobre, la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, et son collègue aux Finances, Eric Girard, annonçaient une série de mesures fiscales pour venir en aide aux médias écrits, dont un crédit d’impôt remboursable de 35 % pour chaque travailleur de l’information, pour un salaire maximum de 75 000 $.

Vendredi, à l’Assemblée nationale, Catherine Dorion a interpellé la ministre Nathalie Roy à ce sujet. «L’argent du programme d’aide aux médias du gouvernement Legault ne doit pas servir à payer le salaire des chroniqueurs», a rapporté l’Agence QMI.

«C’est important que les travailleurs de l’information aillent sur le terrain, qu’ils prennent le pouls de toutes sortes de milieux, de domaines, beaucoup plus qu’ils ne le font en ce moment. Mais ce n’est pas de leur faute, ils n’ont plus de ressources. Il y a moins de travailleurs, il y a moins d’argent», explique Mme Dorion.

Les chroniqueurs sont bien payés, et ils ne devraient pas être censurés, selon elle. Mais l’argent «public pour sauver les médias écrits ne doit pas aller ailleurs que dans l’information fiable, fouillée, de qualité et dans la recherche», précise la députée. 

Politique

Chefferie du PLQ: Christine St-Pierre s’ajoute aux appuis de Dominique Anglade

MONTRÉAL — La députée libérale Christine St-Pierre vient s’ajouter aux appuis de Dominique Anglade, pour l’instant la seule candidate officiellement en lice dans la course à la succession de l’ex-premier ministre Philippe Couillard.

En conférence de presse samedi matin, Christine St-Pierre a fait valoir que le bref saut en politique de Dominique Anglade sous la bannière de la Coalition avenir Québec ne jouera pas nécessairement en sa défaveur.

«C’est peut-être un bon message, c’est-à-dire que la CAQ n’était pas dans son ADN, a relevé Mme St-Pierre. Elle a découvert que ce parti-là ne lui ressemblait pas, ne ressemblait pas à ses valeurs.»

Dominique Anglade a présidé la CAQ de 2012 à 2013, en plus de défendre les couleurs du parti dans la circonscription de Fabre aux élections de 2012. Elle a finalement quitté la formation de François Legault pour un poste à la tête de Montréal International, un organisme voué à attirer des investisseurs étrangers.

Elle est passée dans le camp libéral en 2015, se faisant élire dans la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne et décrochant le portefeuille de l’Économie.

Sa campagne à la direction du parti bénéficie présentement du soutien d’une dizaine d’élus libéraux, dont Carlos Leitão, Hélène David, Kathleen Weil et Marie Montpetit.

Christine St-Pierre vient s’ajouter à ces grosses pointures, elle qui a occupé les fonctions de ministre des Relations internationales et de la Francophonie sous Philippe Couillard et de ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine sous Jean Charest.

Seule en lice... pour l’instant

Le Parti libéral du Québec n’a pas de chef depuis plus d’un an et Mme Anglade demeure à ce jour la seule personne à avoir confirmé son intérêt à diriger le navire, dans la foulée de la pire défaite électorale de son histoire.

Sa collègue de la circonscription de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, songe encore à se lancer dans la course.

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, est lui aussi en réflexion. Il a quitté plus tôt cette semaine ses fonctions de président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et a pris sa carte de membre du Parti libéral.

Gaétan Barrette a pour sa part annoncé vendredi qu’il se désistait, avoir laissé planer pendant quelques mois la possibilité de se porter candidat à la chefferie. L’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux aux réformes controversées a expliqué sur Twitter que sa décision est dans l’intérêt du parti.

La course sera officiellement lancée le 23 novembre, à l’occasion du conseil général du parti, et le chef sera élu en mai 2020.

Politique

Des groupes défendant le droit à l’avortement exhortent le fédéral à agir

OTTAWA — Les défenseurs de l’accès à l’avortement sont impatients de voir comment le prochain gouvernement fédéral de Justin Trudeau traduira en actes les promesses formulées par les libéraux à ce sujet.

«C’est bien d’avoir au moins obtenu le soutien du gouvernement fédéral en parole, mais celle-ci ne signifie pas grand-chose en ce qui concerne la vie des gens, constate Olivier Hébert, un militant des droits des LGBTQ fortement impliqué dans les efforts visant à sauver la clinique 554, un cabinet de médecine familiale de Fredericton qui risque de fermer ses portes, faute de financement provincial. La clinique offre des avortements parmi ses services.

La clinique a fait la manchette le mois dernier lorsque M. Trudeau a rappelé au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, que la province avait l’obligation de financer les avortements survenant à l’extérieur des hôpitaux en vertu de la Loi fédérale sur la santé.

La clinique, qui dessert également la communauté LGBTQ, est en vente en raison des difficultés financières découlant du refus du gouvernement provincial d’étendre le financement afin d’inclure les procédures d’avortement dans les centres médicaux privés. Cette position était défendue par l’actuel gouvernement progressiste-conservateur et le son prédécesseur libéral.

«Un gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes, même lorsqu’ils seront contestés par les premiers ministres conservateurs», avait tonné M. Trudeau, le 15 octobre à Fredericton.

La question de l’avortement a joué un rôle de premier plan au cours de la récente campagne électorale fédérale. Aujourd’hui, les militants pro-choix attendent de voir si les libéraux respecteront leur engagement.

Sarah Kennell, directrice des relations gouvernementales au sein du groupe Action Canada pour la santé et les droits sexuels, aurait souhaité que M. Trudeau soulève la question lors de ses rencontres individuelles avec les chefs des autres partis fédéraux, la semaine dernière.

Elle espère que la lettre de mandat du prochain ministre fédéral de la Santé comprendra un engagement clair pour résoudre rapidement le problème du manque d’accès à l’avortement. «La fermeture de la clinique est imminente. Une action rapide est maintenant nécessaire.»

«Situation urgente»

La chef démissionnaire du Parti vert, Elizabeth May, a évoqué vendredi la question au cours de sa rencontre avec M. Trudeau.

«L’accès à l’avortement est sur le point d’être fermé. Nous avons désespérément besoin d’une aide du gouvernement fédéral», a-t-elle dit à M. Trudeau avant le début de la rencontre.

Mme May se disait encouragée au terme de la rencontre.

«Je suis très heureux qu’il existe un terrain d’entente pour prévenir la perte des services d’avortement au Nouveau-Brunswick. La clinique 554 est sur le point de fermer ses portes. Je suis ravie que [M. Trudeau] soit aussi préoccupé par cette situation et souhaite prendre des mesures dans le cadre de la Loi fédérale sur la santé pour garantir l’accès à l’avortement au Nouveau-Brunswick. Je ne suis pas tout à fait certaine de ce qu’il va faire. Il s’agit d’une situation urgente.»

Un porte-parole de M. Trudeau, Matthew Pascuzzo, dit qu’il est encore trop tôt pour commenter le contenu des lettres de mandat qui seront remises aux futurs ministres ou le discours du Trône.

La question pourrait être à l’ordre du jour d’une éventuelle rencontre entre M. Trudeau et M. Higgs, laisse-t-il entendre.

«Comme l’a déclaré le premier ministre [Trudeau], nous veillerons à ce que le gouvernement du Nouveau-Brunswick autorise les cliniques offrant des services gratuits d’avortement en dehors des hôpitaux. Le premier ministre est impatient de rencontrer tous les premiers ministres provinciaux, y compris M. Higgs, afin qu’on puisse travailler ensemble à faire progresser le pays.»

Le cabinet de M. Higgs n’a pas répondu à La Presse canadienne. Le mois dernier, le premier ministre du Nouveau-Brunswick avait accusé M. Trudeau de faire de la politique sur la question de l’avortement. Il avait rappelé que la réglementation provinciale limitant le financement aux services d’avortement aux hôpitaux existait déjà sous le gouvernement libéral précédent de Brian Gallant.

Les défenseurs du droit à l’avortement ne sont pas les seuls à s’intéresser à la façon dont le gouvernement fédéral s’occupera de la question.

La Campaign Life Coalition, un groupe s’opposant à l’avortement, s’inquiétait au début du mois que le gouvernement fédéral cherche à élargir l’accès aux services d’avortement au Canada et même à l’extérieur du pays.

«Nous craignons que M. Trudeau coopère avec le NPD, les Verts et le Bloc québécois pour libéraliser davantage l’euthanasie, le régime légal de la drogue, et promouvoir l’avortement dans tout le pays et à l’étranger», pouvait-on lire dans son bulletin mensuel.

Le groupe n’a pas répondu à la demande d’entrevue formulée par La Presse canadienne.

Le cas albertain

M. Trudeau pourrait aussi être appelé à la rescousse du droit à l’avortement en Alberta.

Le député conservateur Dan Williams a présenté un projet de loi à l’Assemblée législative un projet de loi visant à réaffirmer la liberté de conscience et de religion des médecins et autres professionnels de la santé. Il défend sa mesure législative en mentionnant que la Cour d’appel de l’Ontario avait confirmé une décision d’un tribunal inférieur permettant aux médecins s’opposant à l’avortement ou à l’aide médicale à mourir de recommander leurs patients à un collègue.

Qu’en pense le gouvernement libéral?

«Notre gouvernement a clairement indiqué que les femmes ont le droit d’accéder aux services de procréation. Nous utiliserons toutes les options disponibles pour défendre le droit de choisir des femmes, y compris celles qui existent en vertu de la Loi canadienne sur la santé», a fait savoir M. Pascuzzo.

Politique

Il n’y a pas de fédéralistes à Québec solidaire, dit Nadeau-Dubois

LONGUEUIL — Québec solidaire (QS) rejette l'argument selon lequel il abrite des fédéralistes et a milité en faveur du Nouveau parti démocratique (NPD) aux dernières élections.

Jeudi dernier, le chef du Bloc québécois (BQ), Yves-François Blanchet, a reproché à QS de lui avoir possiblement coûté des sièges à cause de son «appui actif» au NPD.

QS est resté neutre, insiste son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois. «Certains [...] aiment bien agiter l'épouvantail des fédéralistes à Québec solidaire; moi je n'en ai jamais rencontré», a-t-il plaidé samedi au congrès de son parti à Longueuil.

Un militant de longue date l'a contredit: François Saillant maintient que les fédéralistes sont présents au sein de QS et ils ne sont pas «tout à fait à l'aise» avec le projet indépendantiste du parti.

Il n'empêche que les quelque 600 militants de QS réunis en congrès ce week-end ont mis l'accent sur l'indépendance et adopté plusieurs propositions pour faire des «gestes de rupture» avec Ottawa, et ce, dès l'arrivée au pouvoir de QS.

Cela ne signifie pas que les prochaines élections seront référendaires, a soutenu la chef parlementaire de QS, Manon Massé. «Moi, je vous dis que ce n'est pas ça», a-t-elle répondu à un journaliste qui lui demandait si QS allait déclarer unilatéralement l'indépendance du Québec.

Elle a affirmé qu'en cas de victoire de QS en 2022, le parti appellerait une assemblée constituante, rédigerait une nouvelle Constitution avec les Québécois et la soumettrait à un référendum dans un premier mandat.

Un Québec indépendant sous un gouvernement solidaire se doterait d'une armée, «une force d'autodéfense hybride, à composantes civile et militaire, dont le rôle sera axé sur la sécurité collective et la dissuasion».

En clair, cette armée défendrait les Québécois en cas d'agression et serait appelée en renfort en cas d'inondations ou autres désastres naturels. Elle ne pourrait pas, par exemple, aller attaquer un autre pays.

Gestes de rupture

En attendant que le Québec obtienne sa pleine indépendance, il y aura des «gestes de rupture», en commençant par l'abolition du poste de lieutenant-gouverneur et du serment d'allégeance au monarque du Canada.

Par ailleurs, tous les impôts, taxes et contributions fédéraux payés au Québec seraient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec. Il conserverait le code criminel et pénal canadien, le temps qu'il en adopte un nouveau.

Jamais un parti politique au Québec n'aura eu une démarche indépendantiste aussi claire, affirmée et décomplexée, a affirmé le député de Jean-Lesage, Sol Zanetti. Il a souligné l'appui massif des délégués, qui ont conclu le vote en scandant «Le Québec, un pays!»

À force de tergiverser, le Parti québécois (PQ) «a perdu de la crédibilité», selon lui. «Nous autres, ce qu'on pense, c'est qu'il faut s'assumer dans la vie.»

QS compte grossir ses rangs en parlant d'environnement. D'ailleurs, le congrès a adopté samedi des mesures concernant l'instauration d'un système d'écofiscalité pour faire payer les grands pollueurs.

Dimanche, les délégués voteront sur le leadership politique du parti. Le jeune Beauceron Étienne Gélinas veut remplacer M. Nadeau-Dubois à titre de porte-parole masculin de QS.

Politique

Catherine Dorion absente du congrès de Québec solidaire

LONGUEUIL — La députée de Québec solidaire (QS) Catherine Dorion ne participera pas au congrès de son parti qui s’ouvre vendredi soir, à Longueuil. Mais elle s’adressera aux militants par le biais d’une vidéo.

Mme Dorion et son parti ont convenu, d’un commun accord, qu’elle doit plutôt consacrer sa fin de semaine à faire campagne dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, auprès du candidat Olivier Bolduc.

QS essaie par tous les moyens de remporter l’élection partielle dans Jean-Talon, un château fort libéral qui pourrait cette fois passer aux mains de la Coalition avenir Québec (CAQ). Le vote se tiendra le 2 décembre.

Mme Dorion est la seule députée de son caucus à louper le congrès pour aller faire du porte-à-porte dans Jean-Talon, un choix «stratégique» dont le parti est «fier», affirme l’attachée de presse Stéphanie Guévremont.

Elle soutient que la députée de Taschereau est la mieux placée pour faire campagne à Québec, puisqu’elle est une députée «vedette» de la région. Les membres comprennent qu’»on a une partielle à gagner», insiste-t-elle.

Dans la vidéo qu’elle a préparée et qui sera présentée aux militants vendredi soir, Mme Dorion les remercie de participer à la démocratie interne du parti parce que c’est important.

Le comportement de Catherine Dorion a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Elle a provoqué une tempête le mois dernier en publiant une photo humoristique d’elle dans le Salon rouge, l’enceinte réservée aux cérémonies officielles au parlement.

Remarquée depuis son élection pour ses t-shirts et ses bottes Doc Martens, la députée y apparaît plutôt dans une tenue classique, en tailleur et talons hauts, assise sur le pupitre central, entre les drapeaux du Canada et du Québec, avec l’inscription «Joyeuse Halloween».

La députée avait aussi lancé une invitation pour une soirée d’Halloween dans son bureau de circonscription, avec le logo de l’Assemblée nationale et le titre suivant: «F CK LA NORME.»

La semaine dernière, des élus ont menacé d’en appeler au président en pleine séance pour rappeler à l’ordre la députée QS, qui portait un kangourou. Mme Dorion a alors préféré rebrousser chemin plutôt que de se pointer en Chambre.

Environnement et indépendance

Les délégués de QS réunis à Longueuil débattront toute la fin de semaine de propositions politiques autour des axes de l’indépendance et de la construction d’une économie verte.

L’objectif du congrès est de «préparer l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement solidaire en 2022», selon les documents de travail.

Parmi les propositions: assurer la sécurité nationale et la transition vers un Québec indépendant, désigner Télé-Québec comme diffuseur public national et instaurer un système d’écofiscalité pour faire payer les pollueurs.

Les délégués voteront aussi sur le leadership politique du parti: un jeune Beauceron veut remplacer Gabriel Nadeau-Dubois à titre de porte-parole masculin de QS.

Étienne Gélinas, un étudiant en génie électrique de 21 ans, propose de devenir un porte-parole extra-parlementaire, ce qui lui permettrait de parcourir la province plus efficacement.

M. Nadeau-Dubois et Manon Massé ont déjà annoncé qu’ils souhaitent être maintenus comme visages du parti de gauche. Ils se lancent d’ailleurs en duo dans la course au leadership, qui a lieu à QS tous les deux ans.

Politique

Sans un meilleur plan pour le climat, Trudeau n'aura pas l'appui des verts

OTTAWA — Le Parti vert du Canada n'a pas l'intention de donner son appui au gouvernement pour des votes de confiance tant qu'il n'aura pas annoncé des cibles environnementales plus ambitieuses.

Elizabeth May en a fait l'annonce à la sortie de sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau vendredi matin.

Elle dit que le gouvernement n'aura pas l'appui de son parti pour le discours du Trône ou ses budgets, entre autres, s'il continue d'adopter les cibles actuelles de diminution des gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030.

«C'est une question morale. Nous ne sommes pas prêts à donner notre appui à un gouvernement qui ne comprend pas l'urgence climatique», a-t-elle déclaré en point de presse.

Le gouvernement Trudeau a toujours les mêmes cibles que son prédécesseur Stephen Harper, soit de diminuer les GES de 30 pour cent en deçà du niveau de 2005 d'ici 2030.

Mme May dit que M. Trudeau devrait se fier sur le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui propose plutôt une diminution des émissions de CO2 de 45 pour cent d'ici 2030.

Le Parti vert du Canada a fait élire trois députés à la Chambre des communes, dont Mme May. Elle a cédé sa place comme chef, mais restera chef parlementaire jusqu'à l'élection de son successeur en octobre 2020.

Mme May dit que son caucus pourrait par contre appuyer des projets de loi ou motions du gouvernement libéral à la pièce.

À la sortie de sa rencontre, elle s'est réjouie du fait que les libéraux comptent aller de l'avant avec une assurance-médicaments universelle et l'adhésion à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Elle se dit satisfaite aussi d'entendre que M. Trudeau compte agir pour éviter la fermeture imminente de la seule clinique d'avortement privée au Nouveau-Brunswick.

Trudeau à la COP25?

Mme May a aussi interpellé M. Trudeau afin qu'il participe à la Conférence de Madrid sur les changements climatiques ou «COP25», qui se déroulera du 2 au 13 décembre, au même moment où la Chambre des communes va reprendre ses travaux.

Elle croit que la présence de M. Trudeau, même pour quelques jours, démontrerait qu'un pays qui produit du pétrole peut s'engager à lutter contre les changements climatiques.

Elle pense aussi que ce serait l'occasion idéale pour M. Trudeau d'annoncer des cibles de réduction de GES plus ambitieuses d'ici 2030. Il s'est déjà engagé, en campagne électorale, à rendre le Canada carboneutre d'ici 2050.

«On ne peut pas être carboneutre d'ici 2050 si nos cibles ne changent pas pour 2030», plaide Mme May.

Le premier ministre aurait dit qu'il était ouvert à discuter d'une nouvelle cible une fois que son ministre de l'Environnement serait nommé, selon le compte-rendu de Mme May.

Déjà, la chef parlementaire du Parti vert anticipe un changement de garde à l'Environnement. Catherine McKenna s'occupait de ce ministère ces quatre dernières années.

Mme May dit que c'est un secret de Polichinelle que Mme McKenna reluque d'autres ministères. Elle spécule que l'environnementaliste Steven Guilbeault, élu dans Laurier-Sainte-Marie, pourrait être nommé à ce poste.

Appelée à commenter, la ministre McKenna a déclaré qu'elle s'engagerait «toujours à lutter contre les changements climatiques et à promouvoir une économie propre» quel que soit son rôle. «Il s'agit d'une priorité pour notre gouvernement, pour les Canadiens et pour moi personnellement», a-t-elle ajouté.

Le nouveau conseil des ministres du gouvernement Trudeau sera connu mercredi prochain.

Politique

Gaétan Barrette renonce à la direction du PLQ

Gaétan Barrette annonce qu’il ne sera pas candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ).

Dans un bref message transmis vendredi sur Twitter, l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux explique que sa décision est dans l’intérêt du parti, même s’il précise qu’elle a été difficile à prendre.

Gaétan Barrette a laissé planer depuis quelques mois la possibilité qu’il soit candidat au leadership. D’ailleurs, dans son message, le député de La Pinière, en Montérégie, remercie tous ceux et celles qui l’ont appuyé pour qu’il se lance dans la course.

Il assure qu’il reste au Parti libéral, avec le même niveau d’énergie.

Jusqu’ici, seule Dominique Anglade, députée de Saint-Henri–Sainte-Anne, a confirmé qu’elle serait candidate à la succession de l’ex-premier ministre Philippe Couillard.

Sa collègue de la circonscription de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, songe à se lancer dans la course. Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui a démissionné mardi dernier de la présidence de l’Union des municipalités du Québec et qui a pris sa carte de membre du Parti libéral, est lui aussi en réflexion.

Politique

Les libéraux au Sénat deviennent le Groupe progressiste du Sénat

Le Parti libéral du Canada (PLC) n’est plus représenté au Sénat. Les neuf sénateurs qui, jusqu’à jeudi matin, s’affichaient comme «libéraux au Sénat» se sont transformés en «Groupe progressiste du Sénat».

Ils espèrent ainsi forcer la main de Justin Trudeau pour qu’il livre rapidement sa promesse électorale de changer la Loi sur le Parlement du Canada.

«Cette loi-là, puisqu’il n’y a plus personne qui s’appelle libéral, il va être obligé de la réviser parce qu’il faut qu’il donne un cadre législatif à sa volonté politique d’indépendance du Sénat», a fait valoir le sénateur Dennis Dawson, en entrevue téléphonique.

M. Dawson a expliqué que son groupe devait demeurer «libéral» jusqu’à ce que les résultats de l’élection d’octobre soient connus. Si les Canadiens avaient élu un gouvernement conservateur, les libéraux au Sénat seraient alors devenus l’opposition officielle dans la Chambre haute, la Loi sur le Parlement du Canada exigeant que ce rôle soit tenu par un parti politique reconnu.

Lorsqu’il est devenu chef du PLC, M. Trudeau a coupé les liens avec les sénateurs libéraux, leur refusant l’accès à son caucus, espérant ainsi faire du Sénat une chambre moins partisane. Depuis son élection de 2015, il a changé le processus de nomination au Sénat afin de ne nommer que des sénateurs indépendants.

Les progressistes, comme ils veulent se faire appeler, veulent le voir maintenant inscrire en loi ces changements.

«C’était évident qu’on ne peut pas continuer à fonctionner avec l’ancienne loi qui (?) prévoit le pouvoir et l’opposition, dans le sens traditionnel», a insisté le sénateur Dawson. «S’il veut que son désir de Sénat indépendant soit réalisé, il faut qu’il donne de nouveaux pouvoirs à ce nouveau Sénat, ce qu’il n’a pas fait», a-t-il poursuivi.

Le Groupe progressiste du Sénat espère recruter d’autres sénateurs, maintenant que l’étiquette libérale a été abandonnée.

«C’était évident qu’on s’est fait dire plus souvent qu’à notre tour par les autres indépendants progressistes qu’ils ne voulaient pas se joindre à un parti politique», a relaté M. Dawson.

Il estime que le Groupe des sénateurs canadiens (GSC), formé la semaine dernière, a précipité la décision des libéraux de se transformer en progressistes.

Le GSC a été créé par deux sénateurs conservateurs, huit sénateurs du Groupe des sénateurs indépendants (GSI) et un sénateur non affilié.

«Les membres du GSI, avaient beau être dans le même caucus, ils ne s’entendaient pas», croit savoir M. Dawson. «Tandis que là, au moins ils se sont débarrassés de leur aile droite. On pense qu’il y aurait de la place maintenant pour certaines personnes qui sont malheureuses dans le GSI de se joindre à nous», a-t-il espéré.

Le GSI continue d’être le groupe le plus important au Sénat. Il compte maintenant 51 membres. Le GSC en a 11, les progressistes 9, les sénateurs conservateurs sont au nombre de 25 et il y a quatre sénateurs non affiliés.

Dans un communiqué émis jeudi matin, les progressistes disent que leurs votes ne seront pas dictés par un whip, que chaque membre pourra voter librement, et que les sénateurs progressistes pourront également être membres d’un parti politique.

Ils insistent sur leur objectif de promouvoir des points de vue progressistes dans l’examen des projets de loi soumis par les élus. Ils veulent également marcher «main dans la main» avec les peuples autochtones pour favoriser la réconciliation.

C’est le Néo-Brunswickois Joseph Day qui est, pour le moment, leur leader. Parmi les neuf sénateurs, on retrouve deux Québécois: M. Dawson et Serge Joyal.

Politique

Le climat au parlement dégénère à trois semaines de la fin de la session

Le climat à l'Assemblée nationale a dégénéré, jeudi, lors d'une période de questions particulièrement houleuse où le président François Paradis a eu du mal à s'imposer.

Le leader parlementaire de l'opposition officielle, Marc Tanguay, a même laissé entendre que le président était en train de perdre le contrôle de la Chambre.

Les députés du Parti libéral du Québec (PLQ) ont d'ailleurs chahuté M. Paradis pendant de longues minutes, après qu'il eut refusé de demander au leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, de retirer ses propos selon lesquels les libéraux «bloquaient les choses».

Or, le verbe «bloquer» fait partie de la liste des termes jugés antiparlementaires par l'Assemblée nationale.

Le leader parlementaire de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, s'est aussi lancé dans la mêlée, en exhortant en vain le président Paradis à intervenir auprès de M. Jolin-Barrette.

«M. le Président, si on n'a plus de terme antiparlementaire, vous allez perdre le contrôle de la Chambre, ce n'est pas ça que vous voulez - il doit les retirer», a averti M. Tanguay.

À sa sortie de la période de questions jeudi, le premier ministre François Legault a accusé les libéraux de «s'énerver» inutilement.

Tandis que le PLQ et QS prenaient à partie le président Paradis, le Parti québécois (PQ), lui, a préféré braquer les projecteurs sur Simon Jolin-Barrette, qui est le chef d'orchestre des travaux à l'Assemblée nationale.

C'est le seul à pouvoir faire baisser la tension, en faisant preuve d'humilité et en résistant à la tentation «d'avoir le dernier mot», selon Martin Ouellet, leader parlementaire du PQ.

«C'est lui qui donne le tempo. C'est lui qui donne la marche à suivre. C'est lui qui donne l'intensité», a-t-il déclaré en point de presse.

«Il fait des effets de toge. Ce n'est pas nécessaire. Et ce que ça fait, (...) c'est que ça augmente la frustration des oppositions. Et, au final, on fait juste augmenter le nombre de décibels.»

Voyant le rififi qu'il causait, M. Jolin-Barrette a fini par retirer lui-même ses propos, sans que M. Paradis le lui demande.

Moins de questions

Par ailleurs jeudi, les libéraux ont déploré que pour la première fois depuis le début de la législature, les oppositions n'ont réussi à poser que sept questions en l'espace d'une heure, un triste record.

Ils ont fait part au président de leur immense insatisfaction quant à la gestion de la période de questions, qui n'a pas été «à la hauteur de (leurs) attentes».

Selon M. Tanguay, les partis d'opposition peuvent habituellement poser jusqu'à neuf ou dix questions en Chambre. Il n'est arrivé qu'une seule fois qu'ils en aient posé seulement huit.

«M. le Président, vous êtes chargé de faire en sorte de faire observer le règlement, de maintenir l'ordre et de faire en sorte que l'on puisse bien fonctionner», a déclaré M. Tanguay de son siège au Salon bleu.

«Force est de constater, M. le Président, que la période de questions aujourd'hui n'aura pas été à la hauteur de nos attentes.»

La présidence doit être l'arbitre impartiale des débats et doit à ce titre avoir la confiance de tous les groupes parlementaires. Elle est le gardien des droits de chaque député, mais doit aussi veiller particulièrement aux droits de la minorité parlementaire.

En 2011, le leader parlementaire péquiste Stéphane Bédard avait contesté une décision du président Yvon Vallières pour ensuite lui retirer sa confiance. Peu après, M. Vallières avait démissionné.

Politique

Le Bloc québécois ignoré par Jagmeet Singh et attaqué par Andrew Scheer

OTTAWA — L’apparente bonne entente entre le premier ministre Justin Trudeau et le chef bloquiste Yves-François Blanchet semble agacer le chef conservateur Andrew Scheer.

M. Scheer a tenté de dresser un parallèle entre les deux hommes, qui divisent le pays à son avis en s’opposant au secteur pétrolier de l’Ouest canadien.

«Le vrai problème est que Justin Trudeau tient une rhétorique mesquine comme celle de M. Blanchet depuis des années», a accusé le chef conservateur par le biais d’un communiqué de presse, jeudi.

Le chef bloquiste avait déclaré, la veille, que sa sympathie était limitée pour tous ceux qui chercheraient à prôner la séparation de l’Ouest canadien tout en faisant la promotion du secteur pétrolier.

«S’ils tentaient de créer un État vert dans l’Ouest canadien, je pourrais être tenté de les aider. S’ils tentent de créer un État pétrolier dans l’Ouest canadien, ils ne peuvent pas s’attendre à de l’aide de notre part», a-t-il déclaré, mercredi.

Ses propos lui ont valu une volée de bois vert du premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, sur les médias sociaux, qui a une fois de plus brandi l’argument de la péréquation.

M. Scheer a voulu s’ingérer dans le débat, jeudi, accusant le chef du Bloc d’avoir tenu des propos «insultants et fallacieux».

«Alors que MM. Trudeau et Blanchet continuent à diviser le pays, les conservateurs croient que le secteur énergétique a le pouvoir d’unir les Canadiens», a fait valoir le chef conservateur.

M. Blanchet a tourné au ridicule l’attaque à son endroit.

«Andrew Scheer n’a peut-être pas saisi de la campagne électorale qu’on doit débattre sans injures qui ne sont ni un argument ni une preuve de pertinence?» a-t-il réagi sur les réseaux sociaux.

Pendant ce temps, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a voulu faire croire que le Bloc, qui a maintenant plus de députés que le NPD, n’existe tout simplement pas.

À la sortie de sa rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, M. Singh a tenté de se présenter comme la seule option capable de faire avancer des idées progressistes au Parlement canadien.

M. Singh n’a pas mentionné le Bloc, qui a déjà confirmé sa collaboration pour toute mesure liée à la lutte aux changements climatiques, par exemple.

Questionné pour cet oubli par les journalistes, le chef du NPD a répondu que le chef bloquiste n’avait pas les mêmes priorités que son parti.

«M. Blanchet a indiqué clairement qu’il n’est pas intéressé à travailler sur des programmes nationaux qui bénéficient à tous les Canadiens. Ce n’est pas son but, ce n’est pas le but de son parti et, franchement, ce n’est pas son travail», a rétorqué M. Singh.

M. Trudeau rencontre tous les chefs des partis d’opposition cette semaine.

M. Blanchet est ressorti de sa rencontre avec le premier ministre, mercredi, confiant de pouvoir voter pour le discours du Trône du gouvernement libéral puisqu’il comportera des éléments «consensuels» entre leurs partis.

M. Singh, de son côté, attendra de voir si son parti donnera son appui ou non au gouvernement à la première occasion. L’appui du NPD serait conditionnel à un échéancier clair pour la mise en oeuvre d’un régime d’assurance-médicaments universel, a-t-il dit.

M. Trudeau doit tenir une dernière rencontre avec un chef de parti d’opposition vendredi. Il y rencontrera Elizabeth May, qui est restée chef parlementaire du Parti vert du Canada.

Politique

Vol de documents dans la voiture du ministre Jolin-Barrette

Le ministre Simon Jolin-Barrette s’est fait voler des documents et sa tablette électronique dans sa voiture de fonction, mercredi soir. Tous les effets ont vite été récupérés par la police et un suspect a été arrêté. Mais la question entourant la protection des informations sensibles du gouvernement demeure, puisqu’aucune règle précise ne semble exister.

Le véhicule était garé dans le stationnement public intérieur du complexe G, tour voisine du parlement où se situent les bureaux du ministère de l’Immigration que dirige M. Jolin-Barrette. Un ministre est toujours accompagné par un garde du corps-chauffeur embauché par le ministère de la Sécurité publique.

Les informations policières confirment que les portières de l’auto n’étaient pas verrouillées. Le ministre affirme que le véhicule a été laissé sans surveillance environ 45 minutes. Le premier ministre Legault ajoute de son côté que le suspect «cherchait de l’argent» et que d’autres voitures autour auraient été dévalisées.

Avant son entrée au Salon bleu de l’Assemblée nationale, M. Jolin-Barrette, qui s’était aussi fait voler ses clés de maison dans l’affaire, a insisté pour dire qu’il s’agissait de «documents de travail».

«Ce n’était pas des documents importants, plutôt des documents de travail du quotidien. La majorité des documents que nous avons sont sur support informatique, sur mon iPad. Et dès le moment où j’ai été informé du vol, on a pris les mesures pour désactiver tous mes codes. Aucun document n’a émané de ça, les accès ont été coupés», a-t-il insisté, précisant qu’il devait entrer deux mots de passe pour accéder au contenu de sa tablette électronique.

Situation normale?

Quant à la nature des documents en papier que l’individu a subtilisés, le ministre parle de «notes personnelles manuscrites, quand je rencontre des gens, des groupes. Vous savez, je vais faire des consultations bientôt et j’ai déjà fait des consultations. Alors ça m’arrive de prendre des notes manuscrites», a-t-il laissé tomber, répondant en même temps aux critiques selon lesquelles il n’a pas assez consulté dans la récente réforme avortée du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

«Très souvent, on doit voyager dans plusieurs endroits et on ne transporte pas tous nos documents chaque fois qu’on s’arrête. Des fois, je vais donner un discours quelque part et je n’apporte pas tous mes documents pour aller donner mon discours», a pour sa part illustré le premier ministre Legault, pour expliquer la présence de documents gouvernementaux dans un véhicule de fonction sans surveillance.

Vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault admet aussi que «ça m’arrive à l’occasion. J’utilise plutôt des versions électroniques, mais j’ai parfois quelques documents, parce que ça m’arrive couramment de travailler dans ma voiture, de lire des documents, de faire des appels. Comme c’est le cas de plusieurs ministres. Mais c’est rare, je privilégie de les avoir sur mon téléphone», dont l’accès nécessite aussi deux mots de passe.

Y a-t-il une règle, y aura-t-il une directive?

«Je ne sais pas s’il y a des règles, c’est une question de jugement», estime le premier ministre, qui ne croit pas que le chauffeur-garde du corps du ministre Jolin-Barrette doive être congédié.

«À ma connaissance, il n’existe pas de règle stricte sur le transport ou la détention de documents de travail à l’intérieur d’une voiture de fonction relevant du ministère de la Sécurité publique», a répondu la ministre Guilbault, ajoutant qu’une enquête est en cours. «Il y a surtout une règle de gros bon sens. Personnellement, je ne laisserais pas de documents extrêmement sensibles qui ont trait à mon ministère dans ma voiture.»

«Les erreurs s’accumulent»

Dans l’opposition, la critique la plus virulente est venue de la libérale Marwah Rizqy. «Ma mère m’a appris de ne pas laisser ma sacoche dans l’auto! Je pense qu’on ne laisse pas des documents de travail dans l’auto et pour un ministre qui est aussi avocat de formation, il sait très bien que tout document peut être important et par conséquent, c’est vraiment de l’imprudence. Les voitures de fonction sont des vans noires. Les gens sont capables d’identifier une voiture de fonction et qu’un ministre laisse des documents en pleine vue, il demande pratiquement à se faire voler. Dans son cas à lui, les erreurs s’accumulent», tranche Mme Rizqy.

Solidaires et péquistes ont été plus modérés envers le ministre Jolin-Barrette. Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, tient néanmoins à connaître la nature des documents dérobés. «Il pourrait y avoir des délits d’initié. On pourrait apprendre une nomination, apprendre des investissements gouvernementaux, il peut y avoir des répercussions importantes», suppose M. Bérubé.