Politique

Promesses électorales: « Il faut que je livre les résultats », dit Lacombe

Fraîchement nommé ministre de la Famille et responsable de l’Outaouais au sein du gouvernement caquiste de François Legault, Mathieu Lacombe se dit bien conscient des défis qui découlent des engagements pris par son parti en campagne électorale, que ce soit pour la construction d’un nouvel hôpital ou pour l’élargissement de l’autoroute 50. « Il faut que je livre les résultats », dit-il en assurant avoir « l’intention » d’y arriver.

Au lendemain de son assermentation, le député de Papineau âgé de 30 ans a confié vendredi qu’il ne s’attendait pas à atterrir dans le cabinet des ministres. « Ceci dit, c’est un bel honneur, c’est un privilège immense que je prends avec beaucoup d’humilité », a-t-il mentionné en marge de la visite du premier ministre à Gatineau.

Tout en étant ministre de la Famille, Mathieu Lacombe devra lui-même jongler avec ses responsabilités familiales, puisqu’il est père de deux jeunes garçons qui ont attiré bien des regards lors de son assermentation. Un « défi » qu’il entend bien relever avec le soutien de sa conjointe. « Ce n’est pas impossible, il y en a d’autres qui l’ont fait avant », a-t-il mentionné.

Pour l’Outaouais, M. Lacombe estime que « la priorité, dans la région, c’est la santé ». « Il y a des besoins, ça ne se dément pas et ça transcende la politique », a-t-il mentionné.

La Coalition avenir Québec (CAQ) a promis, en campagne électorale, de construire un nouvel hôpital d’au moins 170 lits dans la région d’ici cinq ans, un échéancier nécessitant de « sauter des étapes », avait précisé François Legault.

« On sera prêt à soigner des gens dans cet hôpital-là dans cinq ans, assure encore Mathieu Lacombe. […] Je sais que ça vous surprend, parce qu’on n’est pas habitué à ça et tout le monde est surpris qu’on répète la même chose au lendemain de l’élection, mais on a l’intention de les tenir, nos engagements. »

La CAQ a aussi promis que l’élargissement à quatre voies de l’autoroute 50 se ferait selon « l’échéancier le plus rapide » que pourra déterminer le ministère des Transports, et d’installer entretemps des mesures pour « sécuriser » les portions à deux voies.

« J’ai dit que je voulais être le champion de l’autoroute 50. Là, il faut que je vive avec, a lancé le ministre Lacombe. Il faut que je livre les résultats, donc on a l’intention de les livrer. […] J’ai déjà glissé un mot au ministre des Transports, je lui ai dit que c’était mon nouveau meilleur ami. »

Disponibilité médiatique

L’ex-chef d’antenne de TVA Gatineau-Ottawa et ancien président de la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec a fait patienter les médias locaux jusqu’au lendemain de son assermentation pour leur accorder des entrevues. 

Il assure toutefois avoir « un préjugé très favorable envers l’information ». « L’information régionale aussi c’est important pour moi, a-t-il précisé. Mais en même temps, il faut être à Québec pour comprendre comment ça se passe. [Jeudi], c’était assez exceptionnel comme journée. […] C’est difficile de répondre à tout le monde quand il y a plusieurs canaux de communications, mais moi, je suis un ami des médias, je suis un ami des médias régionaux. »

Politique

Cannabis: les règles doivent être respectées par tous, selon Anne McLellan

FREDERICTON — L’ex-dirigeante du groupe de travail fédéral sur le cannabis s’attendait à ce que les premiers jours de la légalisation de la marijuana à des fins récréatives soient consacrés à la célébration, mais elle incite maintenant tous les acteurs de cette industrie à respecter les règles.

Anne McLellan dit que sa mise en garde concerne les producteurs, le gouvernement, les détaillants privés, ainsi que tous les clients canadiens.

Mme McLellan anticipait que pour cette première semaine, certains joueurs de l’industrie allaient pousser les limites, et que les Canadiens allaient consommer la substance dans des endroits interdits. Mais il faut maintenant respecter les règles, signale-t-elle.

« Je pense que nous savions probablement que cela se produirait, parce que c’est l’exubérance d’entrer dans la nouvelle époque légalisée. Espérons que ces personnes auront eu leur joyeux moment de changement et qu’elles commenceront à se conformer à la loi », a-t-elle déclaré.

La police de la Colombie-Britannique a saisi cette semaine des milliers de dollars de cannabis dans deux dispensaires privés et a accusé les deux magasins d’être ouverts sans permis provinciaux.

De son côté, Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Halifax a déclaré avoir imposé une amende de 295 $ à un chauffeur, après que des policiers eurent découvert un sac de cannabis fourni par le gouvernement qui était à sa portée. L’individu avait été arrêté parce que ses plaques d’immatriculation étaient expirées.

Le site internet de la société de la Couronne du Nouveau-Brunswick, Cannabis NB, a notamment été critiqué pour sa description des produits et ses photos montrant des gens, souriants, en train de prendre des égoportraits et de faire du yoga. Cela pourrait violer la loi fédérale.

« Santé Canada étudie la question », s’est contenté de dire Thierry Bélair, attaché de presse de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.

La société Cannabis NB dit être ouverte aux commentaires et assure qu’elle modifiera le site si besoin.

« Nos événements “Découvrir, rafraîchir et se connecter” sont des outils pédagogiques conçus comme un point de départ de discussion entre nos guides et les clients pour les aider à choisir le produit qui leur conviendrait le mieux. Naturellement, nous nous attendons à ce que Santé Canada soit intéressé par ce que tous les gouvernements font, et nous sommes impatients de poursuivre les discussions avec (le ministère) », a déclaré Marie-Andrée Bolduc, porte-parole de Cannabis NB.

Politique

Les parlementaires seront rappelés le 27 novembre pour une mini-session

QUÉBEC — Les députés élus ou réélus le 1er octobre seront appelés à se présenter au parlement le mardi 27 novembre pour une mini-session qui ne durera que deux courtes semaines.

L’annonce a été faite par le premier ministre François Legault, qui tenait vendredi matin sa première conférence de presse depuis qu’il occupe officiellement ses nouvelles fonctions, dans ses bureaux de l’édifice Honoré-Mercier, voisin du parlement.

Cette session-éclair permettra au gouvernement de démarrer le travail parlementaire et de déposer quelques projets de loi qui lui tiennent particulièrement à coeur.

Mais bien peu de travail législatif peut être accompli en si peu de temps.

Loi sur les signes religieux

Il faut quand même s’attendre, notamment, à voir le leader parlementaire et ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, déposer rapidement un projet de loi visant à interdire le port de signes religieux aux enseignants du primaire et du secondaire, de même qu’aux employés de l’État exerçant une autorité contraignante (policiers, juges et gardiens de prison).

«Le dossier de la laïcité, on veut le régler rapidement», a convenu le premier ministre, qui s’est dit «pressé de se mettre au travail, incluant pour les travaux législatifs».

Sur cette question délicate de signes religieux, il s’est dit ouvert une fois de plus à en discuter avec les partis d’opposition. Il est difficile de dire cependant si le gouvernement pourrait, par exemple, renoncer à imposer l’interdiction aux enseignants, pour faire adopter une loi plus consensuelle.

Pour l’instant, sur ce point précis du port de signes religieux chez les enseignants, une idée qui ne fait pas l’unanimité dans la classe politique, «notre position n’a pas changé», a-t-il assuré.

Ce sera aussi l’occasion pour les parlementaires de nommer le prochain président de l’Assemblée nationale, durant la mini-session de l’automne. À ce jour, il n’y a qu’un seul candidat sur les rangs, le député de Lévis, François Paradis.

La première vraie session parlementaire complète du gouvernement Legault débutera en février, jusqu’à la mi-juin.

Cannabis et immigration

Il n’est pas clair par ailleurs à savoir quand le gouvernement entend déposer son projet de loi visant à faire passer de 18 à 21 ans l’âge minimal pour consommer du cannabis. Le premier ministre ne semblait pas animé d’un sentiment d’urgence sur cette question controversée, vendredi. Le responsable du dossier n’est même pas encore connu: ce pourrait être la ministre de la Justice, Sonia LeBel, ou le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant.

M. Legault a rappelé aussi son objectif de réduire le seuil d’immigration de 20 pour cent, pour le faire passer de plus de 50 000 actuellement à un maximum de 40 000 nouveaux arrivants par année, dès 2019.

Un cadeau de Noël?

Les contribuables peuvent aussi espérer recevoir un cadeau de Noël du ministre des Finances, Éric Girard, qui devrait annoncer une baisse du fardeau fiscal, à l’occasion d’une mise à jour économique.

«Je suis confiant qu’on va être capable de faire des annonces avant Noël», a dit M. Legault à ce propos.

Le premier budget du gouvernement devrait suivre en mars.

Dans les semaines qui viennent, avant la rentrée du 27 novembre, les nouveaux ministres devront s’installer dans leurs bureaux, former leur cabinet, rencontrer les sous-ministres et lire des tonnes de documents pour se familiariser avec leurs dossiers.

Politique

Lisée refuse de prendre position sur l'avenir du PQ

QUÉBEC - L’ancien chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, défait le 1er octobre, refuse de prendre position sur l’avenir de sa formation politique.

Présent à l’assermentation des 10 députés du PQ élus ou réélus lors des dernières élections générales, vendredi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale, M. Lisée s’est arrêté brièvement devant les journalistes, mais a refusé de tracer un bilan de la cuisante défaite de son parti, ou d’indiquer la voie à suivre pour reconstruire le parti fondé par René Lévesque en 1968.

Le 23 août, au moment du déclenchement des élections, le PQ formait l’opposition officielle avec 28 députés, et a dû se contenter de 10 sièges au lendemain de l’élection.

«Il y a un post mortem qui se fait à l’intérieur du Parti québécois», a dit M. Lisée, ajoutant qu’il y avait des «lieux» et des «moments» appropriés pour ce genre d’exercice.

Il dit être venu assister à l’assermentation des élus péquistes «pour souligner la qualité du caucus du Parti québécois, leur souhaiter bonne chance et leur dire qu’on est avec eux pour la suite des choses».

Depuis sa défaite dans Rosemont, le 1er octobre, aux mains du candidat de Québec solidaire (QS) Vincent Marissal, et sa décision de quitter la direction du parti, M. Lisée a choisi de ne pas commenter la situation.

Questionné à savoir s’il favorisait dans les circonstances une forme d’alliance avec QS, M. Lisée a dit qu’il ne lui appartenait plus de répondre à ce genre de questions.

«Je pense que c’est aux gens qui dirigent le Parti québécois et au futur chef d’en discuter et aux membres du caucus», selon lui.

«Je vais les laisser discuter de ça entre eux et s’ils veulent avoir mon opinion, ils ont mon numéro», a conclu l’ancien chef, avant de tourner les talons.

Un autre ancien chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, prédécesseur de M. Lisée, était aussi présent sur les lieux, mais il a refusé de répondre aux questions des journalistes.

Politique

Deux millions de plus pour les sinistrés de la tornade

Peu importe la nature du sinistre qui les touche, les Québécois doivent pouvoir savoir « rapidement » à quels montants ils auront droit de la part du gouvernement, estime le premier ministre François Legault, qui a annoncé vendredi une éventuelle refonte du programme d’indemnisation et une aide additionnelle de 2 millions $ pour les sinistrés de la tornade de Gatineau.

Au lendemain de son assermentation au poste de premier ministre, M. Legault s’est pointé à Gatineau, où il a notamment parcouru une partie de la zone ayant été le plus durement touchée par la tornade du 21 septembre dernier, dans le quartier Mont-Bleu. Il a ainsi pu constater l’évolution des travaux depuis sa visite au lendemain de la tornade, lors de la campagne électorale.

Son prédécesseur, Philippe Couillard, avait octroyé une aide gouvernementale d’un million de dollars à la Croix-Rouge, au lendemain de la tragédie. Des dons totalisant 1,6 million $ ont aussi été amassés au cours des dernières semaines.

« Par contre, [la Croix-Rouge s’attend] à ce que les coûts soient entre 4,5 millions $ et 5 millions $ », a mentionné M. Legault avant d’annoncer que son gouvernement alloue un montant additionnel de 2 millions $ à la Croix-Rouge pour son aide aux sinistrés de la tornade.

Sur un total de 2112 personnes s’étant inscrites auprès de l’organisme depuis la tragédie, de 115 à 125 personnes demeurent hébergées à l’hôtel.

L’argent supplémentaire servira à « l’aide de base », a fait savoir le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en donnant l’exemple de l’achat de meubles ou des frais liés à l’hébergement temporaire. Un programme à revoir

Tel qu’il l’avait annoncé plus tôt dans la journée à Québec, le premier ministre Legault a souligné avoir demandé à sa ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, d’élaborer un programme « moins bureaucratique » pouvant être utilisé « rapidement dans tous les sinistres au Québec » afin que les citoyens touchés ne demeurent pas dans « l’incertitude » trop longtemps sur la nature de l’aide à laquelle ils ont droit.

« Dans le fond, il faudrait être capable, dans les jours qui suivent une catastrophe, de dire aux gens ‘voici ce à quoi vous pouvez vous attendre’, a expliqué M. Legault. Ça ne veut pas dire que le chèque va être donné le lendemain, mais au moins, ils vont se faire rassurer sur le pourcentage de leurs pertes qui seront couvertes. »

Le premier ministre a fait savoir qu’il « faudra probablement légiférer » pour que de tels changements au programme d’indemnisation entrent en vigueur. « Le gouvernement va commencer à siéger le 27 novembre, donc on va tout faire pour que ce soit réglé avant Noël », a-t-il dit.

François Legault n’écarte par ailleurs pas la possibilité que les municipalités soient mises à contribution pour la gestion du programme auprès de leurs citoyens lorsqu’une catastrophe survient sur leur territoire. « La municipalité, c’est le gouvernement de proximité qui devrait s’occuper de gérer ce programme-là, mais ce doit être avec des fonds qui viennent de Québec », a-t-il précisé.

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« DES EFFORTS PARTICULIERS » EN OUTAOUAIS

« Il va falloir faire des efforts particuliers » pour l’Outaouais, estime François Legault, qui a choisi Gatineau pour sa toute première visite officielle en région, au lendemain de son assermentation au poste de premier ministre du Québec.

Interrogé vendredi à savoir s’il souhaitait passer un message à la population de l’Outaouais — où trois députés caquistes ont été élus — avec sa visite en sol gatinois, M. Legault a tout de suite évoqué différents enjeux sur lesquels son gouvernement devra se pencher.

« Ici, les gens ne sont pas satisfaits des délais d’attente en santé, a-t-il mentionné. En Outaouais, les gens paient les mêmes niveaux d’impôts et de taxes qu’ailleurs, mais n’ont pas autant de médecins par 1000 habitants que dans le reste du Québec, donc il y a une question d’équité. » La proximité avec l’Ontario nécessitera aussi de « regarder les primes aux infirmières » afin d’offrir « des services comparables en Outaouais à ce qui est offert ailleurs au Québec ». En citant l’élargissement de l’autoroute 50 et le taux de diplomation, M. Legault affirme donc qu’« il va falloir faire des efforts particuliers » dans la région. Il compte notamment sur le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour « que l’Outaouais ne soit pas oubliée par le gouvernement ». Il a aussi assuré avoir « l’intention de respecter tous [les] engagements » de son parti, « incluant un nouvel hôpital ». « Je prends ça comme un signal très clair, a-t-il ajouté. Les gens ont voté pour la CAQ en Outaouais entre autres parce qu’ils n’étaient pas satisfaits de la situation du réseau de la santé, donc ça va être une priorité. »

Politique

Assemblée nationale: le crucifix restera là où il est

Le premier ministre François Legault a mis un stop aux spéculations : le crucifix trônant au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale ne sera pas décroché.

«On garde le crucifix», a déclaré vendredi M. Legault en notant qu’il s’agit d’«un objet patrimonial important».

Le nouveau premier ministre a expliqué vouloir être «ouvert» à la discussion en général, mais pas à propos de tout. «Je veux être ouvert en général, mais, en même temps, je veux que vous compreniez que j’ai été élu avec un certain programme et dans mon programme, on garde le crucifix», a-t-il fait valoir.

François Legault se dit toutefois ouvert aux discussions avec les partis d’opposition à propos de l’interdiction du port de signes religieux par les enseignants des niveaux primaire et secondaire du réseau public.

Il est «trop tôt» pour dire hors de tout doute si la loi à venir s’appliquera ou pas à eux, mais, a-t-il ajouté dans le même élan, lui et son gouvernement n’ont «pas changé d’idée» sur le fond. Ils continuent d’estimer que les enseignants oeuvrant auprès des plus jeunes — pas ceux des cégeps et des universités — «sont en position d’autorité».

Et qu’ils ne devraient donc pas porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions, tout comme les juges, les policiers, les procureurs et les gardiens de prison ne devraient pas pouvoir le faire.

La position de son équipe n’a pas changé, mais «on va consulter; on va voir s’il y a des consensus qu’on est capable de dégager» sur les enseignants avec les partis d’opposition à l’Assemblée nationale.

La position est ferme sur le crucifix, mais la porte semble entrouverte pour ce qui est des enseignants, peut-on résumer.

Dans ce premier point de presse qu’il a tenu à titre de premier ministre, M. Legault a réitéré que son gouvernement entend réduire dès l’an prochain de quelque 50 000 à 40 000 le nombre d’immigrants accueillis par le Québec.

Le 27 novembre

Le premier ministre avait convoqué ce point de presse avant de partir pour Gatineau afin d’annoncer qu’il voulait réformer le programme d’aide aux victimes de catastrophes naturelles. Il a déploré la lenteur des réponses fournies par l’État aux sinistrés de la tornade ayant récemment ravagé un quartier de la ville.

François Legault a par ailleurs fait savoir que les parlementaires siégeront à l’Assemblée nationale à partir du 27 novembre, et ce, pour une période de deux semaines avant la relâche de Noël. Un exercice de mise à jour économique et financière sera présenté. Il devrait contenir des mesures pour «retourner de l’argent dans le portefeuille des contribuables».

Politique

Legault promet un nouveau programme d'aide pour les sinistrés de la tornade

Le premier ministre François Legault a demandé à sa nouvelle ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault de préparer un nouveau programme d'aide pour les sinistrés.

Lors de son tout premier point de presse depuis la formation de son cabinet, M. Legault a expliqué avoir rencontré les fonctionnaires du ministère de la Sécurité publique pour discuter de l'aide accordée aux sinistrés de la tornade survenue en Outaouais le mois dernier, et a indiqué qu'il n'était «pas satisfait de la façon dont on a travaillé jusqu'à présent».

Selon M. Legault, les gens qui ont tout perdu dans la tornade veulent savoir à quel moment ils se feront rembourser une partie des pertes subies. Ses discussions avec le ministère ne lui ont pas permis d'obtenir de réponse.

Il a donc demandé à Mme Guilbault de mettre en place un nouveau programme, qui sera annoncé «dans les prochaines semaines». Il vise à diminuer la bureaucratie afin de pouvoir raccourcir les délais avant que la population sinistrée puisse obtenir de l'information.

M. Legault se rendra à Gatineau, vendredi après-midi, afin de faire le point sur le programme d'aide aux sinistrés de la tornade.

M. Legault a par ailleurs annoncé que la chambre commencera à siéger le 27 novembre et que des projets de loi seront déposés dès cette session.

Il n'a pas voulu préciser quels projets de loi seront mis de l'avant dès cet automne.

Politique

Simon Jolin-Barrette: «Un jeune homme brillant qui gagne à être connu...» [ANALYSE]

ANALYSE / François Legault a depuis longtemps Simon Jolin-Barrette en très haute estime.

C’est «un jeune homme brillant qui gagne à être connu», avait confié le chef de la Coalition avenir Québec en mars 2015. «Il fait partie des vedettes de la CAQ», avait-il ajouté. Plus de trois ans et demi plus tard, le nouveau premier ministre le prouve en lui octroyant des missions délicates.

Il en a cependant beaucoup mis sur les épaules du député de Borduas.

Ce qui fait le plus tiquer est le message plus ou moins habile envoyé par le fait qu’on ait confié au ministre de l’Immigration plutôt qu’à la titulaire de la Justice, Sonia LeBel, le dossier de la laïcité. On laisse entendre que la laïcité concerne les personnes immigrantes et non pas tous les Québécois dans leur ensemble.

«Ce sont des dossiers distincts», a heureusement insisté Simon Jolin-Barrette en livrant la seule réponse possible.

M. Jolin-Barrette devra — de l’avis même de caquistes — clarifier certaines positions sur les signes religieux. Droit acquis ou pas pour les enseignants? Et pourquoi les enseignants des niveaux primaires et secondaires du réseau public seraient-ils concernés par la loi à venir et pas ceux des écoles privées?

Et quelle logique de répéter, comme l’a fait Sonia LeBel mardi, que les signes religieux doivent être proscrits chez les figures d’autorité, mais que le crucifix au Salon bleu de l’Assemblée nationale doit rester là où il est? S’il n’est qu’un «objet patrimonial», il pourrait très bien être exposé dans une autre salle du Parlement. Idem pour ceux accrochés dans des tribunaux.

La connaissance pointue qu’a Simon Jolin-Barrette des dossiers d’immigration ne rendra pas la baisse de 20% du nombre d’immigrants moins sensible politiquement, non plus que l’administration d’un «test des valeurs». Mais en lui confiant ces dossiers, François Legault les place dans les mains d’un expert, si l’on peut dire.

Il les connaît en tout cas beaucoup mieux que lui. En 2015, c’est d’ailleurs lui qui en avait présenté les tenants et aboutissants sans trébucher sur les aspects techniques, comme l’a fait le chef de la CAQ en campagne électorale.

Dans l’équipe économique du gouvernement Legault, cela étant, il y en a probablement certains qui n’accepteront pas que le niveau d’immigration soit abaissé bien longtemps. Ils plaideront pour qu’il soit rapidement rehaussé.

Le trio économique formé des Éric Girard, Pierre Fitzgibbon et Christian Dubé n’a pas les mêmes défis à relever que celui constitué par le gouvernement Couillard à son arrivée au pouvoir. Les finances publiques sont en bon ordre. Le dernier rapport mensuel du ministère des Finances établit que le solde budgétaire des quatre premiers mois de l’année financière est près de trois fois plus élevé que lors de la même période l’an dernier.

François Legault n’aura pas à déclarer dans quelques jours, comme Philippe Couillard après son élection, que «le moment des décisions difficiles» est venu. Son gouvernement démarre dans une meilleure situation que celui de son prédécesseur.

De la profondeur

François Legault a récolté jeudi les fruits d’une longue et efficace opération de recrutement de candidats, comme il ne s’en était pas connu depuis longtemps au Québec. Le premier conseil des ministres qu’il a formé avec sa garde rapprochée a de la profondeur — même s’il est composé de recrues. Et c’est tant mieux!

Il y a des expériences de vie et des CV solides dans ce groupe.

Le premier ministre aura de plus de quoi suppléer aux carences qui apparaîtront inévitablement dans ses rangs au cours des prochains mois. Des élus demeurés simples députés pourront prendre la relève lorsqu’il le faudra.

En matière de «parité», le progrès est indéniable avec 13 femmes dans un conseil des ministres comptant 26 membres. En avril 2014, le gouvernement de Philippe Couillard avait nommé huit femmes, le même nombre que celui de Pauline Marois en septembre 2012.

Encore là, François Legault a récolté les fruits d’une vraie campagne de recrutement de candidats et candidates.

Geneviève Guilbault a reçu les honneurs attendus en étant nommée vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique — les mêmes rôles que Philippe Couillard avait attribués à Lise Thériault en 2014, soit dit en passant.

La députée de Louis-Hébert coiffe toutefois un autre gros chapeau avec sa responsabilité à l’égard de la Capitale-Nationale — un poste considéré comme secondaire dans la hiérarchie gouvernementale, mais qui ne l’est pas du tout. Et qui ne le sera vraiment pas au cours des prochains mois.

Mais puisque la politique, c’est l’art du dialogue, souhaitons-en entre le gouvernement caquiste et l’administration Labeaume. Il en faudra, comme du côté de Montréal.

Sur le plan du fonctionnement du Parlement, la nomination de Simon Jolin-Barrette à titre de leader parlementaire du gouvernement est la bienvenue. Malgré ses nombreuses responsabilités, le jeune homme de 31 ans a ce qu’il faut pour assumer cette fonction à très haute visibilité.

Politique

Legault fait plusieurs déçus dans son équipe

Le premier ministre François Legault a déçu plusieurs membres de son équipe, jeudi, en formant son conseil des ministres.

Nombreux sont ceux parmi les 74 élus caquistes du 1er octobre — députés ayant tenu le fort dans l’opposition et recrues «vedettes» — qui espéraient faire partie du cabinet Legault et qui se sont retrouvés bredouilles. Certains ne cachaient pas leur amertume.

Politique

L’ascension fulgurante de Guilbault

L’ascension est fulgurante. Geneviève Guilbault, 35 ans, a répondu à l’appel de la politique il y a tout juste un an, et la voilà devenue numéro deux du gouvernement du Québec, à titre de vice-première ministre.

«On reçoit cet honneur avec beaucoup d’humilité et on promet de faire de notre mieux. C’est ce que je compte faire», a commenté la nouvelle ministre, tout sourire.