Politique

Uber et taxis: le ministre Bonnardel sonne la fin des projets pilotes

Pour que les taxis et Uber puissent jouer à armes égales au Québec, le ministre des Transports François Bonnardel sonne la fin des projets pilotes à la pièce et propose une réforme pour moderniser de façon durable l’industrie.

M. Bonnardel a l’intention de déposer un projet de loi au cours des prochaines semaines et espère pouvoir le faire adopter d’ici la fin de la session, en juin. 

Il proposera une vaste réforme de l’industrie du transport de personnes. Sans donner les détails de cette réforme, il a indiqué qu’elle serait guidée par quatre principes: «mettre fin aux projets pilotes et à l’incertitude, rendre l’industrie équitable, alléger les fardeaux administratif, réglementaire et financier des entrepreneurs, et faciliter l’émergence des innovations». 

M. Bonnardel a critiqué le précédent gouvernement pour ne pas avoir eu le «courage» de régler la question d’équité entre les taxis et les nouvelles entreprises de transport de personnes comme Uber, préférant plutôt mettre en place des projets pilotes. 

Le député libéral Gaétan Barrette a répliqué de façon virulente en soutenant que la CAQ, notamment en santé, fonctionnait aussi à l’aide de projets pilotes. 

Le Parti québécois et Québec solidaire se sont quant à eux montrés ouverts à une modernisation de l’industrie du transport de personnes, tout en demandant au gouvernement de compenser les chauffeurs de taxi qui perdront au change. 

Plus de détails à venir…

Politique

Un homme de C.-B. soutient qu’il détient déjà le nom «Parti populaire du Canada»

VANCOUVER - Maxime Bernier devra peut-être trouver un autre nom pour son nouveau Parti populaire du Canada: un homme d’affaires de la Colombie-Britannique prétend détenir le droit d’auteur et la marque déposée sur ce nom décidément populaire, et il demande à la Cour fédérale de rappeler à l’ordre le député beauceron.

Les documents d’Élections Canada indiquent que le Parti populaire du Canada a été officiellement enregistré le 17 janvier et que M. Bernier en est le chef. Mais Satinder Singh Dhillon, d’Abbotsford, souhaite que M. Bernier cesse d’utiliser immédiatement «son» nom - même pour l’élection partielle dans Burnaby-Sud, lundi prochain.

Dans un communiqué, M. Dhillon déclare qu’il a déposé sa candidature à Élections Canada plusieurs semaines avant M. Bernier, et un reportage dans les médias confirme qu’il parlait déjà de son «People’s Party of Canada» dès 2015.

M. Dhillon demande à la Cour fédérale une injonction qui empêcherait M. Bernier d’utiliser ce nom, et demande aussi une révision du mécanisme qui a permis à Élections Canada d’accorder ce droit au député de Beauce. M. Dhillon a également intenté une poursuite au civil contre M. Bernier et l’»autre parti populaire du Canada» pour atteinte au droit d’auteur et à une marque de commerce.

L’agent officiel du Parti populaire de M. Dhillon aurait envoyé une «ordonnance de cessation et d’abstention» au parti de M. Bernier, mais cette lettre aurait été ignorée.

M. Dhillon soutient qu’il a déposé le nom du parti auprès d’Élections Canada le 25 septembre 2018, plusieurs semaines avant que M. Bernier ne dépose la même demande. M. Dhillon a toutefois précisé que les pièces justificatives devaient être transmises par courrier et qu’une grève des postes avait retardé le processus.

M. Bernier a annoncé la création de son Parti populaire le 14 septembre 2018; il a déposé aux bureaux d’Élections Canada à Gatineau les documents requis pour obtenir l’enregistrement officiel du parti le 10 octobre suivant. Christian Roy, agent officiel du Parti populaire de M. Bernier, a déclaré qu’un avocat s’occupait de l’affaire, mais qu’Élections Canada avait assuré que le parti pouvait utiliser ce nom.

Les deux requêtes de M. Dhillon en Cour fédérale ont été déposées séparément à Vancouver il y a moins d’une semaine; aucune date n’a encore été fixée pour les audiences.

Des élections complémentaires auront lieu lundi prochain dans les circonscriptions d’Outremont, au Québec, de York-Simcoe, en Ontario, et de Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique.

Politique

Les garderies privées subiront les contrecoups des maternelles 4 ans

Les Centres de la petite enfance (CPE) et les garderies subventionnées ne souffriront pas de l’ouverture massive des classes de maternelle 4 ans, assure le ministre de la Famille Mathieu Lacombe. Ce sont plutôt les garderies privées et les milieux familiaux qui en subiront les contrecoups.

«Selon l’analyse qu’on a faite, les garderies privées non subventionnées et les milieux familiaux seront les deux types de services de garde qui subiront la baisse la plus marquée d’achalandage», a soutenu le ministre en mêlée de presse mardi.

L’objectif du ministre Lacombe était de rassurer les éducatrices en CPE qui critiquent haut et fort le déploiement mur à mur des classes de maternelle 4 ans depuis plusieurs jours. Selon lui, elles n’ont rien à craindre, car son gouvernement a l’intention de continuer à injecter des fonds dans le réseau public des services de garde. Une annonce à ce sujet est d’ailleurs prévue mercredi. 

«On va investir plus que jamais, je dirais plus que n’importe quel gouvernement depuis 15 ans en services éducatifs à la petite enfance et ça, ça parle», a-t-il soutenu. 

Le ministre de la Famille dit avoir des «discussions très constructives» avec le réseau des CPE, même si «ça peut donner l’impression en ce moment que le feu est pris dans le réseau, parce qu’on entend beaucoup de réactions» contre les classes de maternelle 4 ans. 

À la période des questions, le premier ministre François Legault a fait valoir qu’à l’heure actuelle, 6 % des enfants de 4 ans fréquentent la maternelle, alors que 30 % d’entre eux fréquentent un CPE. Il souhaite rejoindre les 62 % qui ne fréquentent ni l’un ni l’autre des services en créant davantage de places. 

Cet ajout de services publics en petite enfance aura un «impact» sur les garderies privées, convient M. Lacombe, qui se questionne sur des mesures que «le gouvernement pourrait mettre en place pour atténuer cet impact-là». 

Changement de cap

Cette position de la Coalition avenir Québec (CAQ) en faveur du réseau des CPE tranche avec le discours que le parti a tenu au cours de la dernière année. Lorsque le parti était dans l’opposition, la députée Geneviève Guilbault a maintes fois défendu le modèle d’affaires des garderies privées, le trouvant «intéressant». 

La députée péquiste Véronique Hivon, qui défend depuis très longtemps le modèle des CPE, espère que la CAQ opérera un réel changement de cap en faveur des CPE, alors que ce sont les garderies privées qui ont proliféré ces dernières années. «On demande au gouvernement donc de mettre de côté la position qui était la sienne avant.»

Mme Hivon espère que le ministre Lacombe donnera «un coup de barre» en faveur des CPE.

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SNC-Lavalin: Jody Wilson-Raybould invitée à témoigner en comité

OTTAWA — L’ex-ministre Jody Wilson-Raybould, qui est au coeur de la tempête SNC-Lavalin dans laquelle est empêtré le gouvernement Trudeau, a été invitée à témoigner au comité qui se penche sur les allégations d’ingérence politique du bureau du premier ministre.

«Nous aimerions entendre clairement Mme Wilson-Raybould. Sa participation est très importante», a déclaré le député libéral Randy Boissonnault à l’issue d’une réunion qui s’est déroulée à huis clos, mardi.

L’élu n’a pas précisé s’il voudrait que la comparution ait lieu une fois que l’enjeu du secret avocat-client sera réglé. «Nous avons fait ce qui était possible pour le comité. Nous savons que le premier ministre a demandé au procureur général de regarder cette question», a-t-il offert.

Car c’est bien ce qui inquiète l’opposition - dans son rôle de procureure générale, Jody Wilson-Raybould était l’avocate du gouvernement, et compte tenu du secret professionnel, elle est limitée dans les propos qu’elle peut exprimer publiquement.

«On veut avoir une discussion qui va plus loin que «Je ne peux répondre à cela, je ne peux répondre à cela, je suis liée par le secret avocat-client»», a plaidé la députée conservatrice Lisa Raitt en sortant de la salle de comité.

Le nouveau ministre de la Justice et procureur général, David Lametti, a indiqué pendant la période des questions que le premier ministre lui avait demandé un avis juridique sur la question. «Je donnerai un avis juridique au moment opportun», s’est-il contenté d’offrir.

Le conservateur Pierre Paul-Hus l’a enjoint à traiter la chose urgemment : «Dépêche-toi! Trouve la réponse au plus sacrant (...) On doit avoir Mme Wilson-Raybould au comité en mesure de parler», a-t-il lâché au sortir de la rencontre du comité.

La députée de Vancouver-Granville a dit au réseau CBC qu’elle accepterait l’invitation du comité. «J’y serai», a-t-elle assuré, précisant que ses interventions seraient guidées par les conseils de celui qu’elle a retenu à cette fin - l’ex-juge de la Cour suprême Thomas Cromwell.

La semaine dernière, les libéraux du comité avaient manoeuvré pour bloquer l’adoption d’une motion des députés de l’opposition qui demandait la comparution de neuf personnes, dont l’ex-ministre Wilson-Raybould, ainsi que celle d’autres employés de Justin Trudeau.

Ils ont jeté du lest, mardi. Mais ils ne sont pas allés jusqu’à inclure dans la liste les proches collaborateurs de Justin Trudeau, dont sa chef de cabinet Katie Telford, son conseiller Mathieu Bouchard, ou encore son ex-secrétaire principal Gerald Butts, au grand dam de l’opposition.

Apparition surprise

Ce nouveau développement dans l’affaire SNC-Lavalin est survenu quelques heures après que Mme Wilson-Raybould eut causé la surprise en émergeant de la section de l’édifice de l’Ouest où Justin Trudeau et ses ministres se réunissent hebdomadairement.

À sa sortie, elle s’est brièvement adressée aux médias - chose qu’elle ne faisait que très rarement à l’époque où elle était ministre.

«Je consulte toujours mon conseiller juridique, ce que je pense que les gens comprennent, ou devraient comprendre, sur les règles et les lois sur le privilège, sur la confidentialité, sur ma responsabilité en tant que membre du Parlement», a-t-elle déclaré.

«Mes responsabilités éthiques et professionnelles en tant qu’avocate sont multiples et incroyablement compliquées, alors je travaille toujours avec mon avocat», a ajouté l’ex-ministre de la Justice et procureure générale avant de s’engouffrer dans un ascenseur.

Une fois à l’intérieur, elle a pris la peine de mentionner qu’elle était toujours membre du caucus libéral quand la question lui a été posée.

Le premier ministre Trudeau a expliqué l’étonnante présence de son ancienne ministre - qui a claqué la porte du cabinet la semaine dernière dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin - à cette réunion qui s’est étirée sur environ quatre heures.

«Mme Wilson-Raybould a demandé de venir parler au cabinet, et on l’a invitée (à) venir. Mais évidemment, ce qui est discuté au cabinet demeure une confidence du cabinet», a-t-il spécifié avant de s’engouffrer dans la Chambre des communes pour la période des questions.

Dans les banquettes conservatrices, on a consacré une bonne partie de cette séance à accuser les libéraux de museler l’élue de la Colombie-Britannique, en la dépeignant comme une victime dans toute cette histoire.

Selon son ami et collègue député britanno-colombien, Jonathan Wilkinson, rien n’est plus éloigné de la réalité.

«Je pense que Jody ne se poserait jamais en victime. C’est quelqu’un qui dit ce qu’elle pense, et qui est très à l’aise de le faire - et c’est l’une des choses que nous aimons tous chez elle», a assuré le ministre des Pêches en mêlée de presse.

Politique

Ottawa: les ministres encensent Gerald Butts pendant que l’opposition attaque

OTTAWA - Tous les ministres prêts à commenter la démission du secrétaire principal de Justin Trudeau n’avaient que de bons mots pour Gerald Butts, mardi matin. Du côté de l’opposition, pendant ce temps, en Chambre, on faisait front commun pour réclamer une enquête publique sur l’affaire SNC-Lavalin, à l’origine de la démission du bras droit du premier ministre.

Plusieurs membres du cabinet Trudeau ont cependant préféré passer tout droit devant le barrage de journalistes à la porte de la réunion du conseil des ministres. M. Trudeau faisait partie du groupe qui a gardé le silence.

«Gerry est un ami. Il a fait beaucoup, beaucoup, pour le Canada, pour notre gouvernement», a insisté la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

«On est (...) surtout reconnaissant du travail qu’il a fait», a renchéri Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Et comme la question revenait souvent - pourquoi a-t-il démissionné s’il n’a rien fait? - le ministre des Finances a tenté une réponse. «Il a décidé que c’est important de protéger sa réputation et à mon avis, c’est une bonne décision», a dit Bill Morneau.

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Bibeau nie que les élections seraient devancées

Pendant ce temps, à la Chambre des communes, l’opposition affûtait ses couteaux.

Comme les néo-démocrates avaient le contrôle du sujet du débat, mardi, ils ont déposé une motion demandant au premier ministre de lever le secret pour l’ancienne procureure générale et exhortant le gouvernement à lancer une enquête publique sur l’affaire SNC-Lavalin.

«Les Canadiens méritent des réponses crédibles», a lancé le député néo-démocrate Charlie Angus dès l’ouverture du débat.

Et leur démarche sera appuyée par les conservateurs, a confirmé mardi matin le chef Andrew Scheer. Lorsqu’il s’est levé en Chambre, il a annoncé que l’opposition officielle votera unanimement en faveur de la motion.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, assurait un peu plus tôt que tous veulent «faire la lumière sur les derniers événements».

Mais M. Champagne a plutôt fait référence à un examen par le commissaire à l’éthique, insistant sur la nécessité que son gouvernement continue «de focaliser sur ce qui compte pour les Canadiens».

Lundi après-midi, M. Butts a annoncé qu’il quittait ses fonctions tout en niant avoir exercé des pressions sur l’ex-ministre Jody Wilson-Raybould pour qu’elle évite un procès pour fraude et corruption à SNC-Lavalin.

Mme Wilson-Raybould a démissionné la semaine dernière, après avoir été rétrogradée, à la mi-janvier, du poste de ministre de la Justice à celui de ministre des Anciens combattants.

Les pressions que Justin Trudeau nie également lui avoir fait subir auraient visé à accorder un accord de poursuite suspendue (APS) à SNC-Lavalin.

Cette manoeuvre permet de suspendre des poursuites pénales contre des entreprises. En échange, celles-ci admettent les faits, puis acceptent de payer une pénalité financière salée et de coopérer avec les autorités. Elles évitent ainsi d’être interdites des contrats gouvernementaux futurs.

Politique

Agronome congédié: la pétition dépasse 20000 noms

MONTRÉAL — La pétition en faveur de l’agronome Louis Robert dépasse maintenant les 20 000 noms. Et le syndicat qui le représente va solliciter l’appui des syndiqués du reste du Canada cette semaine, a appris La Presse canadienne.

Louis Robert est cet agronome à l’emploi du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, qui a été congédié après 32 années de service parce qu’il avait coulé de l’information à Radio-Canada pour dénoncer l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides.

La pétition pour réclamer sa réintégration dans son emploi avait été lancée le 14 février par le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, qui représente notamment les agronomes. Lundi après-midi, elle dépassait les 20 000 noms.

Au cours d’une entrevue, le président du SPGQ, Richard Perron, a précisé qu’il doit bientôt rencontrer des collègues de syndicats de professionnels qui travaillent pour le gouvernement provincial de l’Ontario, celui de la Colombie-Britannique et pour le gouvernement fédéral.

«On a une grande rencontre de syndicats, jeudi et vendredi. Ça adonne comme ça. On va faire une déclaration commune. Et eux vont transmettre la version anglaise de la pétition dans le Canada anglais. Donc, on va aller chercher encore d’autres appuis», s’est réjoui M. Perron.

«On va étendre le réseau d’appuis dans tout le reste du Canada et à l’international aussi, si on peut, parce qu’on fait partie de l’Internationale des services publics, qui représente 20 millions de membres, des syndiqués des services publics dans le monde», a ajouté M. Perron.

La pétition est adressée au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne. Elle lui demande de réintégrer immédiatement M. Robert dans ses fonctions et de lui présenter des excuses publiques. Elle demande également de compenser toute perte que M. Robert aurait subie en raison de son congédiement le 24 janvier dernier.

De façon plus générale, elle demande aussi de «s’assurer de respecter l’esprit de la loi sur la protection des lanceurs d’alerte» au ministère de l’Agriculture. Il s’agit en fait de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics, qui est entrée en vigueur le 1er mai 2017.

Le SPGQ ne compte pas s’arrêter là. Il prévoit également, la semaine prochaine, une manifestation à Québec en appui à Louis Robert.

M. Perron insiste également sur la question de fond que M. Robert avait voulu soulever en coulant le document, à savoir la gestion des pesticides. «Il faut vraiment lever le voile sur toute cette opacité de la gestion des pesticides au Québec.»

Politique

Contrôle des armes: Audette se confie sur sa tentative de suicide

OTTAWA — La disponibilité des armes à feu contribue au fléau du suicide dans les communautés autochtones, a témoigné Michèle Audette en comité sénatorial, lundi. Et elle a dit aux sénateurs qu'elle était bien placée pour le savoir, étant passée à un cheveu d'en retourner une contre elle.

La commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a offert à titre personnel un touchant témoignage devant le comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, qui étudie le projet de loi C-71.

Politique

Démission du principal conseiller de Justin Trudeau, Gerald Butts

OTTAWA — L’affaire SNC-Lavalin a fait rouler une tête au bureau du premier ministre, et pas n’importe laquelle : le principal conseiller et ami de longue date de Justin Trudeau, Gerald Butts, a annoncé sa démission, lundi.

Il tire sa révérence en niant «catégoriquement» les allégations voulant que lui ou quelqu’un d’autre au bureau du premier ministre ait fait pression sur l’ancienne ministre de la Justice et procureure générale Jody Wilson-Raybould, afin d’éviter un procès à SNC-Lavalin.

«J’ai servi l’intérêt public, et non celui d’individus. Je n’ai jamais servi les intérêts des sociétés privées. La vie est remplie d’incertitudes, mais de cela, j’en suis certain», a indiqué le bras droit de Justin Trudeau dans une déclaration écrite.

«Toutes allégations selon lesquelles moi ou un membre de notre personnel aurait fait pression sur la procureure générale sont simplement fausses», a ajouté Gerald Butts, disant qu’il est «dans les meilleurs intérêts du cabinet et de son important travail que je démissionne».

Car «la réalité, c’est que ces allégations existent», et «elles ne peuvent pas et elles ne doivent pas en aucun cas faire obstacle au travail essentiel qu’effectue le premier ministre et son bureau au nom de tous les Canadiens», a-t-il fait valoir.

Il a par ailleurs assuré avoir toujours entretenu de bonnes relations avec l’ancienne ministre Wilson-Raybould, qu’il dit avoir encouragée à se présenter aux élections sous la bannière libérale en Colombie-Britannique aux élections de 2015.

«J’ai travaillé d’arrache-pied pour l’appuyer en tant que candidate et en tant que membre du conseil des ministres. De mon point de vue, notre relation a toujours été définie par le respect mutuel, la franchise et un véritable désir de travailler ensemble», a relaté M. Butts.

L’ex-conseiller a reconnu que Mme Wilson-Raybould avait brièvement abordé le dossier de SNC-Lavalin lors d’un entretien avec lui en décembre. Il dit lui avoir conseillé de s’adresser au greffier du Conseil privé.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui se fait mitrailler de questions depuis que cette affaire a éclaté, il y a maintenant plus d’une semaine, s’est tourné vers Twitter pour rendre hommage à son fidèle conseiller.

«Gerald Butts a servi notre gouvernement - et notre pays - avec intégrité, sagesse et dévouement. Je tiens à le remercier pour son service et son amitié indéfectible», a-t-il écrit en réaction au départ de celui qu’il connaît depuis ses années d’études à l’Université McGill.

Selon une source gouvernementale, le motif derrière la démission de celui qui aura été un architecte majeur de la victoire libérale était le fait qu’«il ne voulait plus être une distraction», et qu’il pourrait désormais «se défendre de façon indépendante» d’allégations le visant.

«Oui, on a nommé plusieurs personnes, mais on l’a aussi nommé, et l’opposition n’arrête pas de le nommer et n’arrête pas de dire que c’est sa faute», a avancé cette source, assurant qu’il y avait «très peu à lire entre les lignes» de la déclaration publiée par Gerald Butts.

Politique

Vers une commission parlementaire sur le Ritalin

La surconsommation de médicaments pour traiter l’hyperactivité chez les enfants inquiète les politiciens du Québec. Tellement que tous les partis se sont montrés ouverts lundi à faire un examen de conscience sur le sujet en commission parlementaire.

C’est le député péquiste Sylvain Gaudreault qui a tendu la main à ses collègues afin d’envoyer «un puissant message» à la société. Selon lui, cette commission non partisane pourrait être à l’image de la commission spéciale sur le droit de mourir dans la dignité, tenue il y a quelques années.

Rapidement, le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux Lionel Carmant s’est montré intéressé. «Nous sommes très ouverts à l’idée qu’une commission parlementaire soit organisée. On a de l’intérêt, c’est certain», a soutenu son attachée de presse Maude Méthot-Faniel. 

Si le Parti libéral du Québec réclame plutôt une commission parlementaire sur la santé mentale, le député André Fortin «ne voit pas de raison de s’opposer» à la demande de M. Gaudreault. Le député solidaire Sol Zanetti croit aussi que c’est «quelque chose qu’il faut investiguer». 

Le député péquiste de Jonquière s’inquiète du fait que c’est dans sa région, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, que les prescriptions de psychostimulants (comme le Ritalin) sont les plus nombreuses. Environ 30 % des jeunes de 10 à 17 ans du Saguenay-Lac-Saint-Jean en consomment, alors qu’à l’échelle du Québec, la proportion est d’environ 15 %. La prévalence du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) se situe toutefois entre 5 % et 10 %. 

M. Gaudreault s’est fait le porte-voix du message porté par un groupe de 65 pédiatres, qui ont signé une lettre ouverte lundi proposant des pistes de solution à cette problématique toute québécoise. Le pédiatre Pierre Claude Poulin explique que cette fois-ci, il ne voulait pas que «ça reste un buzz médiatique» qui ne dure que 24 heures. Il croit qu’une commission parlementaire permettra d’aller plus loin. 

Rien réglé en 1999

Un comité d’étude sur la surconsommation de psychostimulants avait été créé il y a 20 ans, mais ses recommandations sont restées lettre morte, déplore M. Poulin. «Je pense qu’on n’a rien réglé en 1999 puis on est devant le même problème.»

Selon ce groupe de pédiatres, le problème est même amplifié en raison du manque d’activité physique chez les jeunes et du temps trop important passé devant les écrans. 

M. Poulin croit que les médecins doivent se remettre en question, mais qu’il y a aussi une partie de la solution «qui appartient au milieu scolaire». «Les enfants qui sont référés pour des TDAH envahissent littéralement nos bureaux de consultation», constate-t-il. 

Son collègue Jean-Benoît Bouchard raconte qu’il refuse parfois de prescrire des psychostimulants, mais que les parents pleurent ou repartent fâchés du bureau «parce que soit la garderie, soit l’école vont capoter». 

Le pédiatre Guy Falardeau propose que le Québec se dote d’une méthode uniforme et valable pour évaluer le TDAH, mais qui ne coûte pas 2000 $ comme ce qui se fait au privé. Car selon lui, des faux diagnostics sont posés parce que des médecins utilisent des questionnaires «poches» pour évaluer le TDAH. 

Même si tous les partis de l’Assemblée nationale ont dit vouloir que cette commission parlementaire ait lieu, précisons qu’officiellement, il faut que la Commission de la santé et des services sociaux accepte de se saisir d’un mandat d’initiative lors d’une séance de travail, ce qui n’est pas encore fait. 

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Bianca Boutin candidate du PCC dans la circonscription de Québec [VIDÉO]

Le parti conservateur du Canada a désigné Bianca Boutin pour déloger le député libéral de Québec et ministre de la Famille, Jean-Yves Duclos.

Âgée de 30 ans, la candidate conservatrice détient un baccalauréat en communication publique et une maîtrise en journalisme international. Originaire de Québec, Mme Boutin habite dans la circonscription de Québec depuis une dizaine d’années.

«La circonscription de Québec est particulière. On a beaucoup d’extrême. Je trouve ça intéressant parce qu’il faut concilier toutes ces réalités-là», a-t-elle mentionné.

Elle travaille depuis plusieurs années dans le domaine des communications au sein des différents gouvernements. Elle a été entre autres, l’attachée de presse de l’ancienne ministre du gouvernement libéral du Québec, Lucie Charlebois. Elle a choisi le parti conservateur et le fédéral pour rapprocher le politique des gens, la saine gestion des finances publiques et l’autonomie des provinces. 

«J’avais envie de montrer en étant mère de famille que c’est possible de faire de la politique. J’ai le goût d’intéresser et de rapprocher les gens de la politique», a-t-elle expliqué. «Je crois beaucoup à l’autonomie des provinces. Ce n’est pas vrai que Québec va se faire dire quoi faire par Ottawa», a-t-elle ajouté.

En 2009, elle a été déployée pendant six mois en Afghanistan à titre d’employée civile avec l’Agence de soutien du personnel des Forces canadiennes en support aux militaires.