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Politique

Le Parti québécois suspend temporairement sa course à la direction

Le Parti québécois (PQ) suspend sa course à la direction.

Dans un communiqué transmis samedi après-midi, la formation politique a fait savoir qu’il devait montrer l’exemple dans le contexte actuel et interrompre les activités essentielles.

La période des débats entre les candidats devait être entreprise sous peu mais ils n’auraient pu se dérouler devant public, en raison de l’interdiction des rassemblements.

Parmi les candidats en lice, il y a le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre-Plamondon, l’historien Frédéric Bastien, l’humoriste Guy Nantel et l’homme d’affaires Laurent Vézina.

COVID-19

COVID-19: l’Ontario enverra d’autres alertes médias

TORONTO — À 14 h vendredi, les Ontariens ont reçu une alerte sur leur téléphone cellulaire avisant les voyageurs qu’ils ont l’obligation de s’isoler pendant 14 jours pour éviter la propagation de la COVID-19. Ce ne sera sûrement la dernière alerte de ce genre, a déclaré le premier ministre Doug Ford lors de son point de presse quotidien.

«Voyageurs de retour en Ontario, vous présentez un risque élevé de propagation de la COVID-19. La loi vous oblige à vous isoler pendant 14 jours. N’allez pas dans les magasins et ne rendez pas visite à votre famille ou vos amis. Tout le monde doit rester chez soi pour mettre fin à la propagation.»

Comme il le fait déjà avec les alertes Amber, le gouvernement ontarien a envoyé une alerte via les télévisions, radios et téléphones cellulaires de toute la population de la province, vendredi. 

«C’est la première fois que nous envoyons une telle alerte dans le cadre de cette crise, et ce ne sera probablement pas la dernière», a souligné le premier ministre ontarien Doug Ford en conférence de presse. 

Par ailleurs, M. Ford a demandé à ceux qui ont un chalet de ne pas y aller. Ces résidences secondaires sont souvent situées en milieux ruraux. Plusieurs maires auraient demandé au premier ministre de faire une telle déclaration pour informer la population que les hôpitaux et les commerces de leurs régions n’ont pas les ressources nécessaires pour tous ces visiteurs.

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Actualités

COVID-19: les salaires des employés de PME subventionnés à 75 pour cent

Ottawa offre de subventionner à 75 pour cent les salaires des employés des PME.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé, vendredi matin, cette nouvelle mesure d’aide financière pour faire face à la pandémie. La semaine dernière, son gouvernement avait prévu une subvention de 10 pour cent pour ces salaires.

COVID-19

Le gouvernement fédéral ferme les bureaux de Service Canada

Le gouvernement fédéral ferme le réseau des centres Service Canada en raison des préoccupations liées à la COVID-19.

Certains bureaux avaient déjà commencé à fermer à travers le pays alors que le nombre de cas augmentait et que des employés étaient demandés ailleurs au gouvernement ou se sentaient mal à l’aise à se présenter au travail en raison de la pandémie.

Les libéraux estiment que cette décision, annoncée tard jeudi soir, touchera une minorité de chômeurs étant donné que la majorité des demandes de prestations d’assurance-emploi sont faites sur Internet.

Le ministre responsable de Service Canada a affirmé que les fonctionnaires prendront d’autres dispositions pour ceux qui ont besoin de services en personne.

Dans un communiqué, le ministre du Développement social, Ahmed Hussen, a déclaré que la prestation de services du gouvernement devrait refléter le fait que les Canadiens doivent rester chez eux pour des raisons de santé publique.

Les syndicats représentant les employés de ces centres, qui avaient exhorté le gouvernement à mieux protéger le personnel de première ligne, n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Politique

Le Parti conservateur suspend sa course à la chefferie 

OTTAWA — Le Parti conservateur suspend sa course à la direction en raison de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19, a annoncé tard jeudi la formation politique.

Le parti affirme qu’il n’est plus possible de respecter les délais pour traiter les adhésions et les dons, et gérer les bulletins de vote à temps pour l’élection prévue le 27 juin.

Aucune nouvelle date n’a été fixée. Le parti a indiqué qu’il réévaluera la situation le 1er mai.

La pression est forte depuis plusieurs jours sur les organisateurs pour que la course soit suspendue.

Les demandes de retarder la course provenaient de deux candidats - Erin O’Toole et Derek Sloan - ainsi que de dizaines de conservateurs de haut rang et de membres de la base.

Le candidat Peter MacKay avait plutôt insisté pour que la date limite soit avancée, tandis que Leslyn Lewis, le quatrième candidat sur le bulletin de vote, a fait valoir que les délais fixés devaient être respectés.

COVID-19

COVID-19: Doug Ford en a ras-le-bol des entreprises malicieuses

TORONTO — Le premier ministre ontarien Doug Ford en a eu assez d’entendre dire que des entreprises augmentent le prix de certains produits désinfectant durant la crise de la COVID-19. Jeudi, il a exposé le nom d’un épicier torontois, Pusateri, qui avait affiché au coût de 30$ une boîte de lingettes Lysol.

Le premier ministre de l’Ontario le répétait déjà depuis quelques jours: « Je n’hésiterai pas à nommer les entreprises qui profitent des gens ».

C’est en plein ce qu’il a fait durant sa conférence de presse quotidienne, jeudi. « C’est dégueulasse, absolument dégueulasse », a-t-il pesté, furieux, en parlant de l’augmentation exorbitante du prix à l’unité des boîtes de lingettes désinfectantes Lysol chez l’épicier Pusateri, qui compte une dizaine de succursales dans la région du Grand Toronto.

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> Le bilan s’alourdit, encore des décès à prévoir à Ottawa

Le président-directeur général de l’entreprise familiale, Frank Luchetta, a indiqué dans une déclaration envoyée aux médias qu’il s’agissait en fait d’une erreur, s’excusant à ses clients. 

M. Luchetta a promis un remboursement à toutes les personnes qui ont acheté ce produit. 

Le premier ministre a conclu en affirmant que son cabinet imposera des mesures afin de rendre illégal ce genre d’augmentation des prix.  

Politique

COVID-19: Les députés travaillent d’arrache-pied pour répondre aux besoins

«Il n’y a plus d’histoires de partis, de partisanerie, ça n’existe plus.» C’est dans ces termes que le député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, décrit l’expérience vécue par les élus, qui sont de plus en plus appelés à se serrer les coudes et faire preuve de débrouillardise pour aider la population en temps de pandémie. Ils rassurent, trouvent des solutions, réunissent des familles, et ce, aux quatre coins du Québec. Tour d’horizon.

Joël Arseneau, Parti québécois, Îles-de-la-Madeleine

Le député commence sa journée à 6h et ne sait jamais quand elle se terminera. C’est que les enjeux aux Îles-de-la-Madeleine - qui comptent désormais trois cas confirmés de coronavirus - sont énormes. Comment assurer la livraison de médicaments quand Air Canada a suspendu ses vols? Comment respecter les distances dans un bateau de pêche? Y aura-t-il une saison touristique? Comment rapatrier des Madelinots coincés au Maroc, aux Philippines, au Salvador? Et se coordonner avec l’Île-du-Prince-Édouard pour assurer leur droit de passage?

«On a tous les enjeux gouvernementaux concentrés dans un microcosme social insulaire», déclare en entrevue M. Arseneau, qui est porte-parole du PQ en matière de santé, de transports, des pêcheries et des affaires internationales.

Il raconte avoir développé des liens presque familiaux avec les gens de son comté. «La personne qui était prise au Maroc voulait partir de Marrakech, on voulait qu’elle se rende à Casablanca. Quand tout ça a été réglé, elle me dit: «Je suis pognée à Montréal. Il n’y a plus de vols pour les Îles!» Il y a ce double rapatriement. J’ai joué le rôle d’agent de voyages», a-t-il relaté, le sourire dans la voix.

Ian Lafrenière, Coalition avenir Québec, Vachon

Père de deux filles âgées de 10 et 12 ans, Ian Lafrenière s’est placé en isolement volontaire début mars après un voyage à New York. «Tout le monde est en santé, on a pris ça très au sérieux», dit-il au bout du fil. Dans son comté de la Rive-Sud de Montréal, les entreprises se demandent si elles sont un service essentiel, les restaurants se réinventent et des personnes vulnérables tiennent à être rassurées quant au va-et-vient dans leur habitation à loyer modique (HLM). «On devient des facilitateurs pour eux, dit-il. C’est juste devenu exposant 100, parce que ça n’a pas d’allure la quantité de demandes qu’on reçoit et il faut les traiter vite.»

Ses 26 ans comme policier lui ont appris à rester calme. Des gens écrivent pour dire: «Mon entreprise a une perte, c’est l’État qui a fait fermer ça, ça n’a pas d’allure!» S’il s’assure de répondre personnellement à chaque citoyen, il dit aussi apprécier l’«auto-régulation» sur les réseaux sociaux. «D’autres citoyens embarquent pour dire: «Attends un peu, là»». Sans encourager la dénonciation citoyenne, cet ancien policier croit néanmoins à la «pression sociale», qu’il définit comme le fait de «poser beaucoup de questions», ce qui est positif, d’après lui. «C’est ensemble qu’on réfléchit, qu’on se creuse la tête.»

Marwah Rizqy, Parti libéral du Québec, Saint-Laurent

Se décrivant comme «hyperactive», la députée libérale semble gérer tout à la fois. «Les demandes entrent de partout: téléphone, courriel, Messenger, ma page officielle, ma page perso, même Instagram.» Cas consulaires, commandes pour les aînés, appels aux lieux de culte, jamais n’a-t-elle eu autant de dossiers à coordonner avec les autres élus du municipal et du fédéral. Le travail de député, selon elle, s’est intensifié. «Dans Saint-Laurent, on reçoit énormément de nouveaux arrivants. On a besoin de bénévoles, parce que ceux qui ont besoin d’une allocation pour enfants, bien ça va prendre quand même une déclaration de revenus, au moins une pour y avoir droit. Je suis fiscaliste, j’en fais quelques-unes!»

«On n’a pas le choix d’opérer, on est en mode urgence, poursuit-elle. Si on ne répond pas rapidement, il peut y avoir de l’incertitude. Le niveau de stress des gens est à son maximum, alors c’est à nous de vraiment tout faire pour qu’ils comprennent qu’ils sont pris en charge.»

Ruba Ghazal, Québec solidaire, Mercier

Pour Mme Ghazal également, il est clair que le député a un rôle important à jouer en temps de crise. «Le citoyen ne peut pas prendre le téléphone et appeler le ministre; moi, je peux le faire», a-t-elle déclaré de son domicile où elle prend en note les questions de plusieurs travailleurs autonomes, tels que les artistes et les chauffeurs de taxi. «Ce qui est drôle, maintenant que j’y réfléchis, c’est qu’il y a des gens qui ont l’impression qu’on fait partie du gouvernement, même si on est dans l’opposition, parce que ce n’est plus les lignes de partis, on n’est plus en train de dire: «Mon dieu, le gouvernement a pris telle ou telle décision». On n’est plus là-dedans.» La crise du coronavirus pourrait contribuer à changer des comportements à l’avenir, selon elle.

COVID-19

Trois nouveaux décès au Québec: «La plus grande bataille de notre vie», dit Legault

Trois autres personnes âgées sont mortes du coronavirus au Québec. Cela fait sept décès depuis le début de l’épidémie. Et 1339 cas officiels, six fois plus qu’il y a trois jours. «Ça risque d’être la plus grande bataille de notre vie», clame le premier ministre François Legault.

Malgré les critères moins stricts pour catégoriser les cas et une capacité de tests accrue, reste que la hausse vertigineuse depuis trois jours des cas avérés d’individus infectés à la COVID-19 au Québec s’avère impressionnante.

Le décompte officiel du gouvernement du Québec est dévoilé chaque jour, à 13h. En ligne sur quebec.ca et au point de presse journalier tenu par M. Legault, le directeur national de la Santé publique, Horacio Arruda, et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

Mercredi, avec 326 cas de plus, il s’agissait d’une troisième augmentation significative de suite, mais aussi la plus faible des trois. Lundi, c’était 409 nouveaux cas et mardi, 385.

«On a beaucoup augmenté les tests puis les analyses de tests, on a maintenant 26 600 cas négatifs, 3000 en attente de résultat. Donc, quand vous analysez les chiffres, quand vous tenez compte de la grande augmentation du nombre de tests, ce sont quand même des résultats qui sont encourageants. Mais la partie n’est pas gagnée et il faut garder nos bonnes habitudes», a affirmé le premier ministre du Québec.

Du même souffle, il a tenté de convaincre de ne pas comparer notre nombre de cas avec ceux des autres provinces, beaucoup plus bas. Par exemple, l’Ontario affiche environ la moitié moins de cas pour une population de 14,7 millions d’individus, contre 8,5 millions au Québec. La stratégie de tests n’étant pas la même partout, toute comparaison est futile, dit-il.

Ne pas mourir isolé

Le Québec compte 78 malades de la COVID-19 hospitalisés, près de 6 % des cas, dont 35 aux soins intensifs.

Trois décès se sont ajoutés à ceux des quatre résidents d’un centre d’hébergement de Lavaltrie, dans Lanaudière, la semaine passée.

Il s’agit encore de deux personnes «d’un âge avancé», a d’abord dévoilé le Dr Arruda. Sauf qu’elles n’habitaient pas en résidence ni en région métropolitaine, a-t-il ajouté.

«Ça veut dire que même une personne âgée qui vit chez elle, qui a des maladies chroniques, parce que ce n’est pas tous les Québécois qui sont en résidence pour personnes âgées, il y a plein de gens qui vivent dans leur maison. Ça veut dire qu’eux aussi peuvent être à risque», a indiqué le directeur de la Santé publique.

En plus de la résidence de Lavaltrie, où «les mesures nécessaires ont été mises en place», insiste le premier ministre, deux autres résidences de personnes âgées de Montréal et de Sherbrooke sont aux prises avec le coronavirus.

À moins que le décès survienne subitement, les gens qui décèdent du coronavirus ne mourront pas isolés de leurs proches, assurent MM. Legault et Arruda.

«Quand on sait que la personne, que ça soit de la COVID-19 ou d’autres causes, est sur le point de mourir, on ne va pas interdire à la famille de venir voir pour une dernière fois ses parents. On va prendre les mesures, des masques pour tout le monde, etc.» a rassuré M. Legault.

Ce qui ne veut pas dire que les gens âgés peuvent recevoir de la visite.

«Il y a beaucoup de monde qui m’écrit parce qu’ils veulent aller visiter leur mère ou leur père dans les résidences de personnes âgées. Ce n’est vraiment pas une bonne idée! La pire affaire qu’on souhaite… Là, on a trois résidences de personnes âgées qui sont infectées, c’est là qu’ils sont, nos trois plus grands risques. Et il faut arrêter ça, il faut limiter le nombre de résidences de personnes âgées infectées», martèle-t-il.

Pas de marche pour les snowbirds

Une autre tranche des personnes âgées inquiète, les snowbirds. Les Québécois retraités qui s’apprêtent à rentrer de régions situées plus au sud, comme la Floride, où ils passent l’hiver.

«Non! Les snowbirds ne peuvent pas aller prendre une marche dehors!» a rétorqué avec force le premier ministre à une question posée sur le sujet en anglais, en fin de point de presse.

Cela démontre toute la crainte qu’éprouve la Santé publique à voir ces aînés, des personnes déjà à risque, rapporter le virus des États-Unis, pays fortement touché par l’épidémie. Et pas juste l’État de New York, où l’on affiche beaucoup de cas.

«Vous êtes à risque, donc vous restez à la maison pour deux semaines, tous ceux qui reviennent de la Floride ou d’autres endroits comme ça», implore le premier ministre.

«Quand on regarde les résultats pour l’État de New York, il faut tenir compte aussi que c’est un État qui teste beaucoup plus que la moyenne des États aux États-Unis. Donc, on peut se demander si on avait testé autant dans les autres États qu’on a testé dans New York, est-ce qu’on aurait la situation qui serait la même finalement dans plusieurs États aux États-Unis?

«C’est pour ça que c’est très, très important, tous les Québécois qui reviennent au Québec des États-Unis, peu importe où, il faut s’isoler. Il faut rester à la maison. Il ne faut pas sortir pendant deux semaines, parce qu’il y a quand même une étendue qui est assez grande aux États-Unis. C’est sûr que dans l’ensemble des États-Unis, on a beaucoup moins testé, toute proportion gardée, qu’ici, au Québec, donc on ne sait pas vraiment quel est l’état de la situation dans tous les États aux États-Unis.»

«Comme une grosse anecdote»

Pour les plus récalcitrants, le gouvernement canadien a mis en action la Loi sur la quarantaine, mercredi. Un voyageur qui refuserait de se plier à l'isolement obligatoire s’exposerait à une amende maximale de 750 000 $ et à purger jusqu’à six mois de prison.

Des pouvoirs que le premier ministre Legault n’est pas encore prêt à utiliser. Les corps policiers du Québec poursuivent donc leur travail d’information.

«Nous ne sommes pas rendus, je crois, à imposer des amendes. Mais, nous avons les pouvoirs de le faire. Mais, en ce moment, nous voulons seulement informer la population», assure-t-il.

Côté personnel, M. Legault dit bien tenir le coup. Il se prévoit un premier congé depuis le début de la crise, samedi. La vice-première ministre Geneviève Guilbault prendra la relève pour 24 heures.

«La vie continue. Il y a des bonnes nouvelles. J’en ai eu moi aussi, des nouvelles de naissance dans ma famille. Il faut essayer de voir après la crise. Notre défi, c’est de dire : on racontera ça un peu comme une grosse anecdote qui est arrivée pendant une période de notre vie, mais on est capable de passer au travers», souhaite-t-il de tout cœur.

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FAITS SAILLANTS DU POINT DE PRESSE DE FRANÇOIS LEGAULT DU 25 MARS

Voici les principaux points de la conférence de presse du 25 mars du premier ministre François Legault la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann et du directeur national de la santé publique Horacio Arruda sur l’épidémie de COVID-19.

- Trois nouveaux décès au Québec pour un total de sept

- 1339 personnes sont maintenant infectées par la COVID-19 au Québec, 78 hospitalisées dont 35 aux soins intensifs. 

- «On a beaucoup augmenté les analyses de textes 26 600 cas négatifs. Des résultats encourageants» a dit le premier ministre François Legault

- Trois résidences pour personnes âgées sont infectées. Les probabilités sont plus élevées chez les personnes âgées d’avoir des «conséquences graves», rappelle le premier ministre François Legault.

Il souligne de nouveau les consignes : pas de sortie pour les aînés en résidence.

- «De plus en plus de Québécois suivent les consignes et je suis très fier de la réaction des Québécois. Il ne faut pas arrêter.», a dit le premier ministre François Legault.

- Très important pour les snowbirds qui reviennent de voyage de rester à la maison.

Politique

Énoncé économique: l’opposition officielle de l’Ontario appuie, mais reste sur sa faim

En réaction à l’énoncé économique du gouvernement Ford, dévoilé mercredi, la cheffe néo-démocrate ontarienne Andrea Horwath a voté en faveur de l’adoption du budget, mais elle a tout de même noté qu’elle était déçue de constater certains bémols.

Celle qui est à la tête du Nouveau parti démocratique (NPD) de l’Ontario s’est dite déçue que le ministre des Finances Rod Phillips n’ait pas décidé d’offrir un soutien direct aux personnes affectées par la COVID-19 et aux petites et moyennes entreprises.

La semaine dernière, le NPD avait notamment demandé au gouvernement progressiste-conservateur d’inclure dans son énoncé économique un revenu d’urgence de 2000$ pour tous les Ontariens qui ont subi une perte de revenu ou la perte d’emploi liée à la COVID-19. 

Le gouvernement Ford n’offrira pas de soutien direct aux entreprises, mais il s’est engagé à offrir une période de grâce de cinq mois pour permettre aux entreprises de ne pas être dans l’obligation de payer les intérêts et les pénalités reliées à leurs déclarations d’impôts.

Plusieurs mesures temporaires seront aussi mises en place pour soutenir les étudiants, les familles et les aînés, entre autres, mais l’Ontario n’octroiera pas de chèque à chaque personne affectée par la COVID-19. 

« C’est choquant et décevant de ne pas voir le gouvernement se lever debout et donner à la population un sens de sécurité et une aide financière directe », a-t-elle déploré en conférence de presse, mercredi.

COVID-19

Trudeau assure que l’aide fédérale aux particuliers «s'en vient» [VIDÉO]

OTTAWA - «L’aide s’en vient», a promis Justin Trudeau mercredi matin, mais il faudra l’attendre encore quelques semaines.

Le premier ministre a annoncé que la «prestation canadienne d’urgence» distribuera 2000 $ par mois pendant quatre mois à tout Canadien qui en a besoin.

Pour avoir accès à cet argent, il faudra faire une demande à Ottawa, or, la fonction publique fédérale a déjà de la difficulté à gérer les centaines de milliers de demandes d’assurance-emploi qui lui sont acheminées.

Un portail en ligne sera mis en place d’ici le 6 avril pour cette nouvelle aide fédérale. Les demandes qu’il faudra y remplir seront «très simplifiées», selon une source qui s’affaire à préparer cet outil.

«Les gens commenceront à recevoir de l’argent dans les 10 jours après avoir présenté leur demande» à l’aide de ce portail, a promis le premier ministre Trudeau.

«C’est énormément de gens qu’il faut aider dans un très court délai et on a besoin de développer des systèmes rapides mais fiables pour pouvoir le faire», a-t-il plaidé.

Cette nouvelle prestation canadienne d’urgence (PCU) est l’amalgame des allocations de soins d’urgence et de soutien d’urgence qui avaient été créées il y a quelques jours mais n’avaient pas encore pris forme.

La PCU vise, essentiellement, tous les Canadiens qui ne reçoivent plus de salaire. Ceux qui ont perdu leur emploi, qui tombent malades, qui sont mis en quarantaine, qui prennent soin d’une personne atteinte de la COVID-19, qui s’occupent de leurs enfants privés d’école et de garderie. Elle s’applique aussi aux travailleurs qui ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi et à ceux qui ont toujours un emploi, mais qui ne reçoivent plus de salaire à cause des interruptions de travail ordonnées par les autorités ou imposées par la force des choses.

«C’est une subvention aux salaires livrée directement aux travailleurs», a offert le ministre des Finances, Bill Morneau, en conférence de presse, mercredi après-midi.

«Ce que ceci signifie pour les employeurs, c’est qu’ils n’auront pas à briser les liens d’emploi avec leurs employés. (...) Tout simplement, l’employé qui ne recevra plus de salaire aura accès à 2000 $ par mois pendant quatre mois (payés par Ottawa)», a argué le ministre Morneau.

Il calcule ainsi que les mises à pied ne seront pas nécessaires.

Pour ce qui est du délai de trois semaines prévues avant de voir la couleur de tout cet argent, le ministre des Finances n’a, pour le moment, rien de plus à offrir que sa promesse de faire des efforts pour accélérer le processus.

«C’est clair que nos systèmes n’étaient pas (à la hauteur) du défi de ce moment», s’est-il désolé.

Tous les voyageurs en quarantaine, pas seulement en isolement volontaire

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, ordonne dorénavant à toutes les personnes entrant au Canada de se mettre en isolement pour 14 jours. Cet ordre, appuyé sur la loi fédérale sur la mise en quarantaine, est entré en vigueur à la première heure, mercredi.

Sa collègue Chrystia Freeland, à la conférence de presse quotidienne des ministres fédéraux, n’a pas pu spécifier quels mécanismes sont dorénavant utilisés par Ottawa pour obliger tout voyageur en déplacement non essentiel d’obéir à cet ordre.

«On aura les mécanismes pour (imposer) la quarantaine», s’est contentée de dire la vice-première ministre Freeland, sans rien spécifier.

Des pénalités, amendes et peines d’emprisonnement sont déjà prévues par la loi.

Ainsi, l’article 58 de cette loi donne le droit au gouvernement d’assujettir l’entrée au Canada à des conditions, par décret, et quiconque contrevient aux conditions peut se voir imposer une amende maximale de 750 000 $ et/ou un emprisonnement de six mois.

À noter, cette loi sur la mise en quarantaine ne s’applique évidemment pas aux Canadiens qui ne rentrent pas de l’étranger ou qui en sont rentrés avant mercredi.

Cet ordre de mise en quarantaine ne s’applique donc pas aux camionneurs qui transportent des marchandises en provenance des États-Unis.

Le gouvernement Trudeau n’a pas, pour l’instant, l’intention de contrôler davantage le passage de ces camions.

«Nous devons y penser à deux fois lorsqu’il s’agit de la façon de traiter des gens qui fournissent des services essentiels», a insisté Mme Freeland.

«Nous comprenons, bien sûr, que la situation dans le monde et sur notre continent évolue. (...) Nous révisons constamment, et je veux dire par là chaque heure, le besoin d’ajouter des mesures, incluant des mesures à la frontière», a-t-elle cependant ajouté.

Des mesures de plus en plus strictes à travers le pays

Le Nouveau-Brunswick décide, à son tour, de se protéger de ses voisins. Dorénavant, toute personne entrant dans la province devra s’isoler pendant 14 jours, même si elle n’a voyagé qu’à l’intérieur du Canada.

Toutes les provinces atlantiques imposent maintenant cette même restriction.

«En mettant en place des mesures de contrôle aux frontières inter-provinciales, nous espérons réduire davantage les voyages non nécessaires», a expliqué le premier ministre néo-brunswickois Blaine Higgs, mercredi.

La Saskatchewan interdit les rassemblements privés ou publics de plus de 10 personnes. La limite avait été jusque-là de 25 dans cette province des Prairies.

La capitale du pays a déclaré, à son tour, l’état d’urgence mercredi matin. La Ville d’Ottawa s’inquiète des cas confirmés de transmission communautaire. «De nouveaux cas sont apparus chez les travailleurs de la santé qui ont contracté la maladie sans avoir voyagé ni avoir été en contact direct avec un cas confirmé», a fait savoir la Ville par voie de communiqué.

Rapatriements

Le gouvernement fédéral poursuivait, mercredi, ses efforts de rapatriement des Canadiens coincés à l’étranger.

«Aujourd’hui, avec Air Canada, nous avons facilité trois vols en provenance du Maroc, de l’Espagne et de l’Équateur, qui ont ramené plus de 800 Canadiens au pays», a fait savoir Affaires mondiales Canada, en fin de journée mercredi, par voie de communiqué.

Pour ce qui est des Canadiens qui naviguent encore dans des bateaux de croisière, le gouvernement fédéral leur conseille prudence et patience.

«Nous recommandons aux Canadiens qui se trouvent actuellement sur un navire de croisière de continuer à rester en contact avec les responsables des compagnies de croisière pour être au courant des dernières informations concernant l’accostage et le départ. Une fois que la compagnie de croisière aura pris ces dispositions, les passagers pourront alors explorer les possibilités pour rentrer au pays», peut-on lire dans le communiqué d’Affaires mondiales Canada.

Ottawa a mis à la disposition des Canadiens coincés à l’étranger et au bout de leurs ressources financières des prêts pouvant aller jusqu’à 5000 $. Environ 400 demandes sont traitées en ce moment; 108 ont été approuvées.

Nombre de cas

Le dernier bilan canadien est de 3409 cas confirmés ou soupçonnés. On a également compté 35 décès liés à la maladie à COVID-19.

Certaines provinces continuent de n’annoncer que le nombre de cas confirmés.

Distribution des cas au pays, selon les derniers bilans provinciaux: 1339 au Québec, dont sept décès; 688 en Ontario, dont treize décès; 659 en Colombie-Britannique, dont 14 décès; 419 en Alberta, dont deux décès; 86 en Saskatchewan; 68 en Nouvelle-Écosse; 67 à Terre-Neuve-et-Labrador; 35 au Manitoba; 26 au Nouveau-Brunswick; cinq à l’Île-du-Prince-Édouard; quatre dans deux des trois territoires. On n’a rapporté aucun cas au Nunavut.

On a dépisté 13 cas chez les 228 passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess et tenus en quarantaine sur la base militaire de Trenton du 10 au 24 mars. Il ne reste que huit personnes malades, en isolement à Trenton. Les autres passagers guéris ou qui n’ont pas été malades sont rentrés chez eux mardi.

Jusqu’à ce jour, plus de 142 000 Canadiens se sont soumis à un test de COVID-19.

Actualités

COVID-19: le plan d’urgence fédéral de 107 milliards$ maintenant loi

OTTAWA - Le plan économique d’urgence fédéral de plus de 100 milliards $ pour aider les citoyens et les entreprises du Canada affectés par l’éclosion de la COVID-19 est maintenant loi.

Le plan a reçu l’aval du Sénat mercredi matin et a reçu la sanction royale mercredi après-midi, comme prévu.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a indiqué au Sénat que les mesures d’urgence pour les travailleurs devraient être en place dès la semaine du 6 avril et l’élargissement de l’Allocation canadienne pour enfants et des crédits de TPS devraient être disponibles en mai.

«Il n’y a pas de façons plus rapides de mettre l’argent dans les mains des Canadiens», a-t-il dit.

Le premier ministre Justin Trudeau a précisé que les Canadiens devraient avoir reçu leurs prestations 10 jours après en avoir fait la demande.

Le plan d’urgence a été débattu à la Chambre des communes jusqu’au petit matin, après des négociations intenses avec les partis d’opposition toute la journée mardi au sujet des pouvoirs de taxation additionnels que les libéraux voulaient s’attribuer.

Les conservateurs ont vivement dénoncé mardi ce qu’ils estimaient être un «chèque en blanc» donné au gouvernement Trudeau pour dépenser, emprunter et imposer les Canadiens sans demander l’approbation du Parlement pour les 21 prochains mois.

Le gouvernement a finalement reculé sur ces mesures, ce qui a permis de dénouer l’impasse mercredi.

Le projet de loi permettra au gouvernement de dépenser finalement 107 milliards $ pour aider les Canadiens pendant la crise de la COVID-19.

Cette somme comprend maintenant 52 milliards $ en aide pour les travailleurs, les étudiants qui doivent rembourser leurs prêts, en plus de fonds pour le système de santé, les sans-abri, les refuges pour femmes et les communautés autochtones.

S’ajoute à cela une nouvelle «prestation canadienne d’urgence» qui distribuera 2000 $ par mois pendant quatre mois à tout Canadien qui en a besoin, une proposition saluée par les néo-démocrates qui réclamaient de l’aide directe.

Un autre 55 milliards $ est distribué sous la forme d’impôts différés pour les entreprises et les particuliers.

M. Morneau a dit à quelques reprises que ce plan n’est qu’une première étape pour aider les Canadiens et que d’autres mesures sont à venir bientôt, notamment pour aider l’industrie gazière et pétrolière au pays.

La Chambre des communes est officiellement ajournée jusqu’au 20 avril - et le demeurera probablement encore plus longtemps. Mais elle a été rappelée mardi avec un nombre réduit de députés pour adopter les mesures d’urgence.

Mercredi matin, le chef conservateur Andrew Scheer a envoyé une déclaration dans laquelle il se targue d’avoir été une «opposition efficace (qui) a obligé le gouvernement à faire marche arrière».

Le libellé final vient en effet écourter la période lors de laquelle le cabinet fédéral aurait eu des pouvoirs spéciaux pour dépenser pendant cette crise nationale. Il requiert également que le gouvernement fasse rapport régulièrement de ses activités à des comités de la Chambre des communes.

La position conservatrice a été quelque peu compliquée par un de ses députés, Scott Reid, qui s’est présenté aux Communes mardi sans y avoir été invité pour bloquer le consentement unanime requis afin de faire passer le projet de loi de façon expéditive.

Sur son blogue personnel, il a précisé qu’il n’avait aucune objection face aux mesures d’urgence du fédéral, mais voulait s’assurer que les députés avaient assez de temps pour lire et pour comprendre le projet de loi.

Politique

Les provinces pas toutes d’accord pour céder leurs pouvoirs à Ottawa

OTTAWA - La plupart des provinces ne veulent pas céder leurs pouvoirs à Ottawa, du moins pour le moment. Pas question, donc, d’invoquer la loi fédérale sur les mesures d’urgence pour poursuivre la lutte contre la pandémie, pas encore.

C’est ce qu’a indiqué Justin Trudeau, lorsqu’il a rencontré la presse devant chez lui, mardi en avant-midi. De son côté, François Legault a dit très clairement n’avoir aucun appétit pour cette loi fédérale.

«Ce n’est pas quelque chose que les premiers ministres des provinces, pour la plupart, estiment nécessaire à ce moment-ci. La majorité d’entre eux ont indiqué que si cela devenait nécessaire, ils seraient d’accord, bien sûr. Mais ils ne croient pas qu’on en est là», a déclaré le premier ministre Trudeau.

Il a semblé d’accord avec cette évaluation de la situation, partagée lors d’un appel entre les premiers ministres du pays lundi soir. Toutefois, il a servi un avertissement, une fois de plus.

«Il n’y a probablement pas encore un besoin pour la Loi sur les mesures d’urgence, mais comme nous le savons tous, les choses changent rapidement», a-t-il dit.

Le premier ministre du Québec, qui se range dans le camp de ceux qui ne veulent pas de cette loi, n’est particulièrement pas prêt à céder ses pouvoirs au gouvernement fédéral.

«J’ai dit à M. Trudeau que selon moi, c’est prématuré d’adopter cette loi-là. Et j’ai dit à M. Trudeau que dans tous les cas, c’est important que le Québec garde toute la flexibilité, puisse choisir rapidement toutes les mesures qui sont appropriées à la situation du Québec», a-t-il rapporté à sa conférence de presse quotidienne, mardi après-midi.

«Je comprends que dans une situation idéale on pourrait prendre le temps de tout uniformiser dans toutes les provinces. Mais la situation est différente d’une province à l’autre. Je pense que c’est important que le Québec garde toute la marge de manoeuvre, toute la flexibilité pour mettre en place des mesures rapidement», a insisté M. Legault.

Le danger au sud de la frontière

Alors que Donald Trump laisse entendre qu’il pourrait lever bientôt les mesures qui restreignent les déplacements pour ne pas nuire à l’économie américaine, Justin Trudeau a dit qu’il continuerait à assurer la protection des Canadiens de ce côté-ci de la frontière.

«J’aimerais que le pays soit ouvert à nouveau et plein d’énergie d’ici Pâques», a offert le président américain à Fox News, mardi, après avoir supposé sur son fil Twitter que les Américains peuvent aller travailler tout en respectant les règles de distanciation sociale.

«Nos gens veulent retourner au travail. Ils vont respecter la Distanciation Sociale et le reste, et nous surveillerons les personnes âgées d’un oeil protecteur et avec affection. Nous pouvons faire deux choses en même temps. LE REMÈDE NE PEUT PAS ÊTRE (bien) PIRE QUE LE PROBLÈME!» avait-il écrit mardi matin.

Depuis le 21 mars, la frontière canado-américaine ne laisse passer que les marchandises et ceux qui voyagent pour des raisons essentielles. On en est arrivé là d’un commun accord entre Ottawa et Washington.

«Nous allons continuer, au Canada, de baser nos décisions (...) sur la science», a promis le premier ministre. «Notre priorité est de garder les Canadiens en vie et en santé», a-t-il ajouté.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prédit que l’épicentre de la pandémie pourrait bientôt se retrouver aux États-Unis. Il y a plus de 50 000 cas de la COVID-19 chez les Américains en ce moment.

«Nous réagirons quand il le faudra en posant les gestes nécessaires», a promis M. Trudeau. «Nous serons prêts à nous ajuster à mesure que la situation évoluera», a-t-il assuré.

Transmissions communautaires

C’était prévu, les transmissions de la COVID-19 se font de plus en plus dans la communauté canadienne et pas seulement lors d’un voyage.

Mardi, l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada estimait que la moitié des cas confirmés sont des transmissions communautaires. Dre Theresa Tam explique que ces données épidémiologiques sont une image des contagions survenues il y a environ deux semaines.

«(Dans) les rapports qu’on a reçus à l’agence dans la semaine passée, 90 pour cent des cas sont liés à la transmission communautaire», a précisé son adjoint, Dr Howard Njoo.

Les rapatriements se poursuivent

Le premier ministre a annoncé qu’un autre vol pourra bientôt ramener des Canadiens du Maroc. Un premier vol devait partir du Pérou, mardi. Ottawa tente d’organiser des vols pour des Canadiens coincés en Tunisie, au Panama et en Ukraine.

Mercredi, 250 Canadiens pourront rentrer de cette manière d’Ukraine.

Des vols ont déjà été assurés pour des ressortissants canadiens en Espagne, au Honduras, au Guatemala, au Salvador et en Équateur.

Depuis une semaine, presque un million de Canadiens sont rentrés au pays, par leurs propres moyens ou avec l’aide du gouvernement fédéral.

Nombre de cas

En combinant les bilans de chacune des provinces tels que disponibles en soirée mardi, le Canada en était à 2780 cas confirmés ou soupçonnés. Et on déplore maintenant 26 décès au pays.

Au Québec, on a dénombré 1013 cas, plus que partout ailleurs au pays.

En Ontario, mardi, il y avait 588 cas confirmés, dont sept décès.

En Colombie-Britannique, le bilan affiche maintenant 617 cas confirmés, dont 13 décès.

En Alberta, on affiche 358 cas, dont un décès.

Ailleurs au pays, on a relevé jusqu’à maintenant 72 cas en Saskatchewan, 51 en Nouvelle-Écosse, 35 à Terre-Neuve-et-Labrador, 21 au Manitoba, 18 au Nouveau-Brunswick, trois à l’Île-du-Prince-Édouard, deux au Yukon et un dans les Territoires du Nord-Ouest.

Les passagers du Grand Princess qui étaient en isolement sur la base militaire de Trenton ont pu rentrer chez eux, pour la plupart. Huit de ces personnes qui présentent encore des symptômes poursuivent leur quarantaine. On avait détecté 13 cas de la COVID-19 chez ces 228 passagers canadiens du bateau de croisière, une fois qu’ils ont été rapatriés.

L’Assemblée des Premières Nations a déclaré, de son côté, l’état d’urgence. On s’inquiète en particulier pour les 96 communautés éloignées qu’on ne peut joindre que par avion.

Un appel conjoint

Les maires des villes voisines d’Ottawa et Gatineau, Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin, ont lancé un appel pour demander à leurs citoyens de rester chacun de son côté de rivière.

«L’évolution de la situation en ce qui a trait à la COVID-19 ne sera pas la même sur les deux rives, et tout le monde doit suivre à la lettre les recommandations des autorités de santé publique pour limiter la propagation du virus», écrit-on dans le communiqué relayant l’appel des maires.

«Ce n’est pas le temps de faire des allers-retours entre la maison et le chalet, ce n’est pas le temps de magasiner loin de chez soi, ce n’est pas le temps d’aller dans des parcs autres que les parcs de proximité. Chaque déplacement implique des arrêts à divers endroits comme des stations d’essence, des épiceries, et j’en passe, ce qui multiplie d’autant les risques de contagion», a prévenu M. Pedneaud-Jobin.

«Nous vous prions de rester à la maison, mais si vous devez traverser la rivière pour aller aider des proches ou des amis, prenez toutes les précautions nécessaires», a demandé le maire Watson.

Le message du jour

Non, le premier ministre Trudeau ne sait pas combien de temps il faudra garder en place toutes ces mesures qui restreignent les déplacements. «La durée de cette crise dépendra des choix que nous faisons maintenant. (...) Alors, si vous voulez que les choses reviennent à la normale, faites votre part, restez chez vous», a-t-il dit.

Politique

Liste des entreprises essentielles: des questions persistent

TORONTO - En parlant de son plan de fermer les entreprises non essentielles, le premier ministre ontarien Doug Ford a admis, mardi, que beaucoup de questions persistent sur ce qui peut ou ne peut pas rester ouvert à partir de mercredi.

Il a assuré que son gouvernement travaille actuellement avec les entreprises à ce sujet.

Politique

COVID-19: le débat aux Communes retardé pour adopter le plan d’urgence fédéral

OTTAWA - Le bras de fer législatif se poursuit toujours à Ottawa. Les parlementaires ont été brièvement rappelés à la Chambre des communes mardi en soirée afin de prolonger les heures de débat.

Le débat devait commencer à midi. Il pourrait finalement commencer en soirée et se poursuivre jusqu’à cette nuit.

Un groupe restreint de députés doit adopter des mesures économiques d’urgence totalisant 82 milliards $ pour aider les Canadiens affectés par la COVID-19 et déterminer si le gouvernement Trudeau aura des pouvoirs supplémentaires en temps de crise.

Trente-deux députés - 14 libéraux, 11 conservateurs, trois bloquistes, trois néo-démocrates et une députée verte - sont sur place.

Après plusieurs heures de négociations, le Bloc québécois a été le premier à briser le silence, mardi en fin d’après-midi. Le parti disait avoir réussi à diminuer considérablement les pouvoirs de taxation demandés par le gouvernement Trudeau.

Le chef Yves-François Blanchet a expliqué qu’au terme d’une «négociation tardive et intense», lundi soir, son parti avait réussi à faire en sorte que les changements aux lois fiscales par règlement ne pourraient servir qu’à des baisses d’impôts.

Le pouvoir du fédéral de dépenser pour soutenir les industries d’intérêt national et les provinces, ainsi que les pouvoirs d’exception à la ministre fédérale de la Santé auraient été limités au 30 septembre 2020. La proposition initiale prévoyait que ce soit jusqu’au 31 décembre 2021.

Les conservateurs auraient «tout envoyé en l’air», a laissé tomber M. Blanchet, qui a refusé de s’étendre sur le sujet.

«On ne peut plus attendre. (...) On est rendus, votons, appliquons les règles qu’il faudra, allons-y à la majorité si on n’est pas capables d’avoir l’unanimité. Mais faisons-le», a martelé le chef bloquiste.

Les députés doivent aussi se pencher sur le plan d’aide de 82 milliards $, annoncé la semaine dernière, qui comprend l’élargissement de l’Allocation canadienne pour enfants et des crédits de TPS, l’assouplissement des règles de l’assurance-emploi ainsi que 55 milliards $ d’impôts différés.

Là-dessus, tous les partis sont d’accord.

«Perdu patience»

M. Blanchet admet avoir «perdu patience» dans les dernières heures devant la lenteur des négociations. À son avis, les députés ne peuvent pas quitter Ottawa sans avoir adopté un projet de loi.

«Les finesses politiques n’ont plus leur place. Il y a 36 millions de personnes au Canada, huit millions de personnes au Québec. Chacune d’entre elles a besoin d’un déblocage pas rapide... immédiat!»

Le Sénat devrait en principe siéger mercredi et le projet de loi devrait obtenir la sanction royale le jour même.

Les libéraux font marche arrière

Lors de sa conférence de presse quotidienne, le premier ministre Justin Trudeau a tenté de souffler le chaud et le froid pour défendre les mesures supplémentaires exigées par son gouvernement.

«La rapidité avec laquelle les circonstances évoluent exige des réponses beaucoup plus flexibles et beaucoup plus fluides du gouvernement. Mais nous comprenons aussi que le Parlement et les partis d’opposition ont un rôle essentiel à faire pour surveiller et être au courant des mesures qu’on est en train de faire», a offert M. Trudeau.

COVID-19

Les premiers ministres canadiens discutent de la loi fédérale sur les mesures d’urgence

OTTAWA - Les premiers ministres du pays ont encore une fois discuté de la possibilité d’invoquer la loi fédérale sur les mesures d’urgence, lundi soir, à l’occasion d’une conférence téléphonique entre Justin Trudeau et ses homologues provinciaux et territoriaux.

Selon une source fédérale qui s’est exprimée sous le couvert de l’anonymat, une longue discussion a eu lieu sur cette loi, qui accorderait au gouvernement fédéral des pouvoirs extraordinaires afin de faire face à la crise sanitaire.

Le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, s’est joint à l’appel pour expliquer ce que la loi permettrait de faire et quel en serait l’impact sur les mesures provinciales visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Tandis que certains premiers ministres provinciaux souhaitent que la loi soit invoquée, d’autres craignent que cela ne nuise à leurs propres efforts.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs souhaite qu’elle soit invoquée afin d’»unifier notre approche en tant que nation».

Son confrère de l’Ontario, Doug Ford, a objecté que les provinces doivent pouvoir agir unilatéralement.

Le gouvernement fédéral continue pour sa part de considérer la Loi sur les mesures d’urgence comme un «dernier recours».

À sa sortie publique quotidienne, en avant-midi, Justin Trudeau avait réitéré qu’aucune mesure supplémentaire n’est exclue si les citoyens ne respectent pas les conseils de distanciation sociale. Il avait dit ne pas voir la nécessité d’invoquer la loi fédérale sur les mesures d’urgence, tant que les autorités provinciales ont les choses en main.

«Nous devons continuer d’être coordonnés, pas juste dans nos approches, mais (aussi) dans nos communications», a également dit le premier ministre, au micro installé devant sa résidence où il poursuit son isolement volontaire.

Lundi soir, les premiers ministres ont aussi abordé la potentielle pénurie de fournitures médicales essentielles, comme les jaquettes, les masques, les respirateurs et les écouvillons - «la priorité des priorités» aux yeux du premier ministre du Québec, François Legault.

«On a (des écouvillons) pour les quelques prochaines semaines, mais évidemment ça va s’accélérer. Donc, on a besoin d’Ottawa pour faire des efforts, entre autres, pour avoir le matériel de tests», a-t-il plaidé lundi après-midi.

«Tout le monde est préoccupé du nombre d’écouvillons, à moyen terme», a-t-il insisté, en soulignant que le Québec possède suffisamment de masques et de ventilateurs.

Brian Pallister, du Manitoba, s’en est fait l’écho.

«Nous devons être conscients que ça nous concerne tous et que des fournitures non disponibles dans n’importe quelle partie du pays représentent une mauvaise nouvelle pour nous tous», a-t-il lancé.

Les premiers ministres ont également discuté des mesures adoptées par les divers ordres de gouvernement pour offrir un soutien financier aux particuliers et aux entreprises.

La Chambre des communes sera rappelée mardi pour se pencher sur l’aide promise par le gouvernement de Justin Trudeau, un processus qui devrait prendre deux jours au total.

Nombre de cas

Une campagne publicitaire nationale est en préparation alors que le nombre de cas confirmés et probables au pays dépasse 2000, celui au Québec ayant fait un bond jusqu’à 628 cas.

La campagne multimédia d’Ottawa coûtera 50 millions $. Québec, pour sa part, a déjà une campagne publicitaire qui roule pour insister sur la nécessité de la distanciation sociale. La campagne fédérale portera, évidemment, le même message.

Le dernier bilan disponible de cas confirmés de la maladie à COVID-19 en dehors du Québec: 503 en Ontario, 472 en Colombie-Britannique, 301 en Alberta, 65 en Saskatchewan, 41 en Nouvelle-Écosse, 14 au Manitoba, huit au Nouveau-Brunswick. Terre-Neuve-et-Labrador a confirmé quatre cas mais en soupçonne 20 autres. L’Île-du-Prince-Édouard en est toujours à trois cas.

On a compté également deux cas au Yukon et un dans les Territoires du Nord-Ouest. Les TNO, inquiets de l’accessibilité à des ressources en soins de santé, ont d’ailleurs fermé leurs frontières depuis samedi à tous les voyageurs, y compris les Canadiens. Le seul cas qui y a été diagnostiqué, une personne qui est maintenant guérie, rentrait d’un séjour en Alberta et en Colombie-Britannique.

Le Nunavut n’a pas attendu de déclarer un cas pour fermer ses portes à tout voyageur qui se déplace pour une raison non essentielle. À partir de mardi soir minuit, ceux qui seront autorisés à entrer sur le territoire devront s’isoler pendant 14 jours.

Et puis, sur la base militaire de Trenton où sont mis en quarantaine depuis le 10 mars les 228 voyageurs du Grand Princess, on en est toujours à 13 cas confirmés. Ces personnes malades et celles qui ont été en contact direct avec elles ne pourront donc pas sortir de leur quarantaine mardi. Ils seront encore 21 à être isolés sur la base militaire tandis que les 207 autres pourront rentrer chez eux.

Au total, au pays, il y a eu 24 décès.

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Politique

COVID-19: Appel entre premiers ministres et besoins d’écouvillons

OTTAWA - Les premiers ministres du pays discuteront lundi soir de la possibilité de fermer les frontières entre provinces et, encore une fois, du besoin d’invoquer la loi fédérale sur les mesures d’urgence.

«Je parlerai avec les premiers ministres des provinces ce soir des mesures que nous pouvons prendre en tant que pays», a déclaré Justin Trudeau lorsque ces éventualités lui ont été soumises, lundi matin, à sa sortie publique quotidienne.

«Nous devons continuer d’être coordonnés, pas juste dans nos approches, mais (aussi) dans nos communications», a également dit le premier ministre, au micro installé devant sa résidence où il poursuit son isolement volontaire.

Encore une fois, il a assuré qu’aucune mesure supplémentaire n’est exclue si les citoyens ne respectent pas les conseils de distanciation sociale. Il a rappelé que la loi fédérale sur les mesures d’urgence sert à ce qu’Ottawa prenne en main certains pouvoirs provinciaux. Il n’en voit pas la nécessité, tant que les autorités provinciales ont les choses en main.

C’est ce qui doit être évalué dans l’appel entre premiers ministres prévu lundi soir.

«C’est un moment pour le premier ministre de demander aux provinces ce qu’elles font et de quoi elles ont besoin», a précisé la vice-première ministre Chrystia Freeland, lors de la conférence de presse qui a suivi la sortie de M. Trudeau.

Et, comme la semaine passée, «on va parler de la possibilité d’utiliser les mesures d’urgence et on va demander aux provinces ce qu’elles pensent de ça. Ont-elles besoin d’un rôle plus fort du fédéral?», a ajouté Mme Freeland.

Pour sa part, François Legault ne tient pas à discuter de fermetures entre provinces avec ses homologues, lundi soir. «Pas idéal» qu’il y ait des gens qui viennent au Québec d’autres provinces alors qu’il conseille de ne pas se déplacer d’une région du Québec à une autre. Il a cependant, une fois de plus, souligné la complexité d’une décision qui séparerait Ottawa de Gatineau.

Ce que le premier ministre Legault veut surtout demander, c’est du matériel médical.

«La priorité des priorités, c’est d’avoir les écouvillons, donc le matériel pour les tests. On en a pour les quelques prochaines semaines, mais évidemment ça va s’accélérer. Donc, on a besoin d’Ottawa pour faire des efforts, entre autres, pour avoir le matériel de tests», a plaidé M. Legault.

«Tout le monde est préoccupé du nombre d’écouvillons, à moyen terme», a-t-il insisté, en soulignant que le Québec possède suffisamment de masques et de ventilateurs.

Aide fédérale pour la recherche, les agriculteurs et la santé mentale

Ottawa annonce que l’entreprise de Québec Medicago, déjà retenue pour un financement provincial, recevra de l’aide fédérale aussi, à même un fonds de 192 millions $ créé pour les nouveaux projets prometteurs de recherche.

L’entreprise mène des essais pré-cliniques sur un «vaccin viable à base de plantes».

Le gouvernement fédéral annonce aussi deux nouvelles mesures pour les agriculteurs. Financement agricole Canada pourra offrir 5 milliards $ de prêts supplémentaires et tout prêt qui vient à échéance le 30 avril pourra être payé six mois plus tard.

«S’il y a un secteur qui doit demeurer en activité, c’est certainement le secteur alimentaire, en ce moment», a insisté, une fois de plus, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau.

La ministre Bibeau croit que la seconde aide sera plus utilisée que la première, dans l’immédiat. «C’est (...) une gestion de fonds de roulement qu’on nous demande en ce moment plutôt que de nouveaux investissements et des prêts substantiels à long terme», a-t-elle indiqué.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a révélé que son ministère prépare une application que les Canadiens pourront utiliser partout au pays pour obtenir de l’aide pour leur santé mentale. C’est pour bientôt et ce sera un outil «gratuit et accessible à tous les Canadiens».

Nombre de cas

Une campagne publicitaire nationale est en préparation alors que le nombre de cas confirmés et probables au pays dépasse 2000, celui au Québec ayant fait un bond jusqu’à 628 cas.

La campagne multimédia d’Ottawa coûtera 50 millions $. Québec, pour sa part, a déjà une campagne publicitaire qui roule pour insister sur la nécessité de la distanciation sociale. La campagne fédérale portera, évidemment, le même message.

Le dernier bilan disponible de cas confirmés de la maladie à COVID-19 en dehors du Québec: 503 en Ontario, 472 en Colombie-Britannique, 301 en Alberta, 65 en Saskatchewan, 41 en Nouvelle-Écosse, 14 au Manitoba, huit au Nouveau-Brunswick. Terre-Neuve-et-Labrador a confirmé quatre cas mais en soupçonne 20 autres. L’Île-du-Prince-Édouard en est toujours à trois cas.

On a compté également deux cas au Yukon et un dans les Territoires du Nord-Ouest. Les TNO, inquiets de l’accessibilité à des ressources en soins de santé, ont d’ailleurs fermé leurs frontières depuis samedi à tous les voyageurs, y compris les Canadiens. Le seul cas qui y a été diagnostiqué, une personne qui est maintenant guérie, rentrait d’un séjour en Alberta et en Colombie-Britannique.

Le Nunavut n’a pas attendu de déclarer un cas pour fermer ses portes à tout voyageur qui se déplace pour une raison non essentielle. À partir de mardi soir minuit, ceux qui seront autorisés à entrer sur le territoire devront s’isoler pendant 14 jours.

Et puis, sur la base militaire de Trenton où sont mis en quarantaine depuis le 10 mars les 228 voyageurs du Grand Princess, on en est toujours à 13 cas confirmés. Ces personnes malades et celles qui ont été en contact direct avec elles ne pourront donc pas sortir de leur quarantaine mardi. Ils seront encore 21 à être isolés sur la base militaire tandis que les 207 autres pourront rentrer chez eux.

Au total, au pays, il y a eu 24 décès.

Le message du jour

«Malheureusement, il y a des gens qui se pensent invincibles», a déploré le premier ministre Trudeau alors qu’on constate encore des attroupements dans des parcs et des plages de Colombie-Britannique.

«Vous n’êtes pas invincibles. Ça suffit! Rentrez chez vous et restez là», a-t-il tonné.

Le premier ministre a rappelé qu’il existe une Loi fédérale sur la mise en quarantaine qu’Ottawa peut déjà utiliser. Cette loi permet au gouvernement fédéral d’imposer des amendes et même des peines criminelles. Cependant, elle ne s’applique qu’à ceux qui entrent au pays et non pas à ceux qui se déplacent à l’intérieur des frontières canadiennes.

«Même pendant que nous faisons tout ça, avec tous les leviers des gouvernements et des règlements et des pouvoirs, fondamentalement, cela revient aux citoyens de faire des choix plus intelligents», a-t-il expliqué, refusant de dire quelles mesures coercitives particulières son gouvernement pourrait prendre s’il se prévalait de la Loi sur les mesures d’urgence.

Politique

Conservateurs: Erin O'Toole souhaite le report du vote pour élire un chef

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Erin O’Toole, ajoute sa voix à celles qui demandent le report du vote prévu le 27 juin.

M. O’Toole, un ancien ministre de Stephen Harper, estime que tous les Canadiens doivent se concentrer sur la lutte contre la COVID-19, y compris sa propre équipe de campagne, les députés du parti et les membres de la base.

Dans une vidéo diffusée dimanche, il a appelé ses partisans à consacrer leurs ressources aux besoins de la collectivité.

«Je ne quitte pas la course, en fait je pense que nous allons la gagner, mais je propose que nous mettions les besoins de nos concitoyens au premier plan», a-t-il déclaré.

M. O’Toole est le plus deuxième des quatre candidats encore en lice à réclamer que la course à la direction conservatrice soit suspendue.

À la fin de la semaine dernière, le député ontarien Derek Sloan avait plaidé pour un report de toutes les dates limites, y compris celle du 17 avril pour recruter de nouveaux membres, et celle du 25 mars pour répondre aux exigences d’admissibilité.

D’ici le 25 mars, les candidats doivent payer 300 000 $ et soumettre 3000 signatures pour être inscrits sur le bulletin de vote.

M. O’Toole, M. Sloan, une avocate de Toronto, Leslyn Lewis, et l’ancien ministre conservateur Peter MacKay ont déjà satisfait à ces exigences.

L’organisation de M. MacKay a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle avait été la première à suspendre les rencontres de campagne. Elle dit continuer de faire la cour aux membres en utilisant des moyens techniques. Selon elle, la décision de suspendre la course appartient au parti.

Besoin d’un chef

Mme Lewis a affirmé dimanche qu’elle ne pensait pas que la course devait être annulée jusqu’à ce que le comité organisateur décide que c’était logistiquement impossible. Selon elle, le parti a besoin d’un chef qui sera mis à l’épreuve.

«Le prochain chef de notre parti devra faire preuve de leadership, à un moment où le Canada est toujours dans une vallée de larmes créée par cette pandémie, a-t-elle exprimé dans une déclaration. La façon dont vous dirigez et gérez une campagne en temps de crise est très révélatrice de la façon dont vous pouvez diriger le parti, et plus important encore, notre pays en temps de crise.»

La députée Marilyn Gladu poursuit ses efforts afin de respecter la date limite du 25 mars, même si elle avait demandé un report du vote, il y a deux semaines.

Un autre autre candidat, Rick Peterson, a abandonné la semaine dernière la course, citant l’impossibilité d’obtenir des fonds et le soutien des membres du parti, à un moment où les gens sont plus préoccupés par des questions pratiques, pas par la politique.

Rudy Husny, dont le nom demeure encore sur la liste des candidats, a cessé sa campagne, défiant même le parti de le disqualifier.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne à la fin de la semaine dernière, le chef actuel du parti, Andrew Scheer, a refusé de commenter lorsqu’on lui a demandé si le scrutin devait se dérouler à la date prévue.

Selon lui, le conseil national du parti et le comité organisateur de l’élection sont conscients des défis posés par la pandémie.

«Comme vous pouvez l’imaginer dans une course au leadership, la modification des règles, des délais ou des dates peut avoir des ramifications majeures, a t-il déclaré. On accorde une haute importance à la mise en place de règles équitables pour tous.»

Le comité organisateur a apporté quelques modifications mineures à la course à la direction: les débats prévus pour avril se tiendront à huis clos, et des portails en ligne ont été mis en place pour faciliter les demandes d’adhésion.

Politique

Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux»

OTTAWA — Malgré le beau temps, Justin Trudeau demande aux Canadiens de «rester chez eux». Et s’ils décident d’aller dehors, ils devraient respecter la distance sociale recommandée de deux mètres.

Si les Canadiens n’adhèrent pas à ces consignes qui visent à freiner la propagation de la COVID-19, le gouvernement fédéral pourrait intervenir pour serrer la vis.

Les provinces ont annoncé, tour à tour, des mesures plus strictes sur leur territoire, allant de la fermeture de lieux publics à des amendes salées ou des arrestations en cas de rassemblements.

Malgré tout, des publications sur les réseaux sociaux montrent des personnes qui sortent dehors, en groupe, défiant ainsi ces interdictions.

«On a tous et chacun la capacité d’aplatir cette propagation, de protéger nos communautés et il faut absolument le faire», a déclaré M. Trudeau, en point de presse quotidien devant sa résidence.

«Je comprends que les gens apprécient la fin de l’hiver et le beau temps qui s’en vient, mais les gens peuvent aller dehors en se gardant une distance les uns des autres, en évitant les rassemblements», a-t-il ajouté.

Pour l’instant, il n’est pas question d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence. M. Trudeau a dit qu’elle sera nécessaire seulement s’il estime avoir épuisé tous les autres recours sur le plan provincial et territorial.

«On n’est pas rendus à ce point-là, mais on est en train de veiller attentivement pour voir si on va y arriver», a-t-il dit.

La réponse de sa ministre de la Santé, Patty Hajdu, laissait moins place à l’interprétation : «Laissez-moi être parfaitement claire : nous allons utiliser tous les outils dans notre boîte à outils, au niveau fédéral, pour assurer le respect [ des indications]», a-t-elle martelé.

Snowbirds

Puis, s’adressant aux snowbirds («retraités migrateurs») et autres voyageurs qui reviennent de l’étranger, elle a lancé un appel sans équivoque. «Quand on dit que vous devez rester à la maison pour 14 jours, vous restez à la maison pour 14 jours. Vous n’allez pas acheter des courses, vous n’allez pas visiter vos voisins ou vos amis. Vous vous reposez chez vous pendant 14 jours, sans exception», a-t-elle dit.

Mme Hajdu n’est pas allée aussi loin que le directeur national de la santé publique du Québec, Horacio Arruda qui, sept jours plus tôt, ordonnait aux Québécois de respecter les consignes pour freiner la propagation du virus.

«J’espère qu’on n’aura pas à leur ordonner [de le faire]», a laissé tomber la ministre.

Plus d’uniformité?

Alors que les Territoires du Nord-Ouest ferment leur frontière, que la Nouvelle-Écosse interdit les rassemblements de plus de cinq personnes et que le Québec ordonne même la fermeture des centres commerciaux, Ottawa devrait-il mettre des balises claires pour s’y retrouver?

Mme Hajdu dit que des «standards uniformes» sont peut-être à prévoir à travers le pays, pas seulement pour les tests médicaux, mais également pour la surveillance et la collecte des données. Ça inclut aussi les avis de santé publique et la communauté, ajoute-t-elle.

«Nous n’allons pas hésiter à intervenir, si nous le devons, pour fournir une orientation plus solide et des mesures plus robustes pour assurer de l’uniformité à travers le pays», a-t-elle indiqué.

«Nous savons que diverses provinces ont des problèmes et des défis qui varient, mais aussi des atouts et des forces. Ce que nous essayons de faire est de nous assurer d’avoir une approche unifiée à travers le pays au moment où nous amorçons une nouvelle semaine», a précisé la ministre.

Rapatriements en cours

Des milliers de Canadiens à l’étranger sont revenus ou sont sur le chemin du retour.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a confirmé dimanche qu’il travaille avec des compagnies aériennes pour sécuriser des vols commerciaux au Pérou, en Espagne, au Maroc, en Équateur, au Salvador, au Guatemala et au Honduras.

En fin d’après-midi, M. Champagne a annoncé qu’il s’est assuré de la collaboration de Cuba, de l’Équateur et de l’Uruguay pour les Canadiens qui souhaitent rentrer au pays.

La compagnie Sunwing a annoncé 30 vols de rapatriement dans la journée de dimanche seulement, ramenant ainsi 5000 Canadiens chez eux.

De lundi à mercredi, la compagnie WestJet prévoit 34 vols de rapatriement pour aider les Canadiens à rentrer chez eux de destinations internationales.

Air Transat, de son côté, travaille avec Affaires mondiales Canada pour obtenir des permissions spéciales pour voler là où l’espace aérien est fermé, a confirmé M. Trudeau.

Samedi, tard en soirée, 444 Canadiens qui étaient au Maroc sont arrivés à Montréal à bord d’un vol commercial d’Air Canada. La société a confirmé dimanche après-midi que deux autres vols de Casablanca sont prévus les 23 et 25 mars.

Nouveaux cas

Au Canada, il y avait plus de 1400 cas confirmés de personnes atteintes de la COVID-19 et 20 personnes en sont décédées, selon les données offertes dimanche midi par le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada Howard Njoo (voir tableau).

Le Québec compte maintenant 219 cas, une augmentation de 38 nouveaux cas depuis samedi. Le premier ministre François Legault attribue cette hausse à une accélération des tests pour détecter la COVID-19.

L’Ontario compte 48 nouveaux cas dans la province. Elle en recense désormais 425. Les autorités ont mentionné que deux femmes âgées de la vingtaine figuraient parmi ceux qui étaient atteints de la maladie. En fin de journée, les autorités ont annoncé un cinquième décès dans la province.

Politique

PLQ et PQ suspendent leur course à la direction jusqu’à nouvel ordre

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a annoncé vendredi qu'il suspend sa course à la direction jusqu'à nouvel ordre en raison de la pandémie de COVID-19.

Cette décision a été prise d'un commun accord avec les deux candidats en lice, Alexandre Cusson et Dominique Anglade, a précisé le parti dans un communiqué.

Le PLQ se trouve ainsi à répondre positivement à la demande de M. Cusson, qui jeudi avait mis de la pression sur l'exécutif pour qu'il suspende la course.

Selon l'ancien maire de Drummondville, il était «irresponsable» de poursuivre comme si tout était normal, alors que les Québécois sont mobilisés à combattre le coronavirus.

Sa rivale, Mme Anglade, une ex-ministre libérale, avait plutôt plaidé pour que la course, qui tire à sa fin, se poursuive de façon virtuelle.

Le vote pour élire le nouveau chef du PLQ devait se tenir le 31 mai. D'ici là, cinq débats allaient être diffusés sur le web. Le parti avait annulé toutes ses activités publiques, dans le respect des directives de santé publique.

Vendredi, la présidente du PLQ, Linda Caron, a déclaré que vu le contexte «exceptionnel», l'exécutif avait décidé de suspendre la course jusqu'à nouvel ordre et de fixer un nouveau calendrier dans les meilleurs délais.

«Notre priorité est d'être solidaires avec toute la population du Québec», a-t-elle affirmé.

Alexandre Cusson a aussitôt salué la décision du PLQ.

«Cette décision permettra à tous (...) de se concentrer sur ce qui est essentiel, soit de tout mettre en ?uvre pour combattre la pandémie que nous vivons présentement», a-t-il déclaré par voie de communiqué.

De son côté, Mme Anglade, qui n'avait pas réclamé la suspension de la course, a dit bien accueillir la décision. Elle a assuré le parti de son entière collaboration.

Elle affirme que le Québec vit actuellement une crise «d'une ampleur inédite» et que la priorité doit être de contribuer à l'effort collectif pour limiter la propagation de la COVID-19.

La décision du parti lui permettra de mettre toutes ses énergies «au bon endroit», a-t-elle laissé savoir.

«Je continuerai donc de veiller au bien-être des citoyens de mon comté et de jouer mon rôle comme porte-parole de l'opposition officielle en matière d'économie», a-t-elle ajouté.

Le Parti québécois, qui tient également une course à la direction, a annoncé en soirée qu'il reportera lui aussi le vote pour élire un nouveau chef. Le scrutin, qui était initialement prévu en juin, se tiendra finalement le 28 août.

La course n'est pas suspendue, mais plutôt «prolongée», a indiqué un porte-parole. La période de mise en candidature a été repoussée de trois semaines et de nouvelles dates pour les débats seront fixées.

Les candidats qui s'affrontent dans cette course sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l'avocat Paul St-Pierre Plamondon, l'humoriste Guy Nantel et l'historien Frédéric Bastien.

Politique

Cusson demande la suspension de la course à la direction du PLQ

Les courses à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ) se poursuivent jusqu’à nouvel ordre, même si un premier candidat a dit souhaiter jeudi que la course libérale soit suspendue.

L’ex-maire de Drummondville et candidat à la chefferie du PLQ, Alexandre Cusson, a diffusé un communiqué dans lequel il invite le parti à remettre le vote prévu pour le 31 mai en raison de la pandémie de COVID-19.

Il a dit constater que tous les Québécois sont présentement mobilisés à combattre la propagation du virus. Sa rivale, l’ex-ministre libérale Dominique Anglade, n’a pas formulé la même demande de suspension, jeudi.

De son côté, la directrice générale et organisatrice en chef du PLQ, Véronyque Tremblay, a déclaré sur Twitter que son équipe se pencherait sur la question.

«Dans le contexte exceptionnel auquel le Québec fait face et qui évolue constamment, l’exécutif du PLQ se réunira à nouveau très rapidement pour discuter de la course à la chefferie», a-t-elle écrit.

Le coronavirus a déjà passablement bousculé la course à la direction du PLQ. Le parti avait décidé la semaine dernière de tenir cinq débats virtuels ainsi qu’un congrès et un scrutin virtuel.

Il n’empêche qu’il serait «irresponsable» pour les candidats dans le contexte actuel de poursuivre leur campagne comme si tout était normal, argue désormais M. Cusson.

«Les militants s’attendent à ce qu’une réelle course à la direction du parti ait lieu et il est présentement impossible, dans un avenir prévisible, de leur en offrir une», a-t-il déclaré.

M. Cusson affirme par ailleurs qu’il serait «tout à fait contre-productif» de changer de chef de l’opposition officielle en temps de pandémie.

Le chef intérimaire Pierre Arcand fait présentement «un travail extraordinaire d’arrimage avec le gouvernement», a-t-il écrit, en ajoutant qu’il ne fallait pas briser ce lien pour des raisons purement partisanes.

Dans ce contexte, le parti n’a d’autre choix que de remettre l’élection du nouveau chef à une date ultérieure, selon Alexandre Cusson.

«Il en va de la légitimité du prochain chef du parti et de sa capacité de bien représenter l’ensemble des membres», a-t-il indiqué.

Anglade travaillera avec le parti

Pour sa part, Dominique Anglade se dit «pleinement consciente» des impacts du coronavirus. C’est pourquoi elle a décidé la semaine dernière de suspendre l’ensemble de ses activités publiques.

Soulignant que la course à la direction a débuté le 23 novembre dernier et qu’elle tire à sa fin, Mme Anglade a félicité le PLQ d’avoir su s’adapter à la situation et demandé à tous de faire preuve de «résilience».

«Nous devons (...) rappeler que dans la crise, nous demeurons au service des Québécois», a-t-elle déclaré.

«En tant qu’aspirante cheffe du PLQ, c’est dans mon devoir de travailler en concertation avec les instances du parti pour prendre la meilleure des décisions dans le contexte que nous connaissons», a-t-elle ajouté.

Le PQ fera le point vendredi

Par ailleurs, le Parti québécois (PQ), qui tient également une course à la direction, a indiqué jeudi que la conférence de coordination allait se réunir vendredi soir pour discuter de la suite des choses.

Le parti avait déjà décidé que les deux débats, qui devaient se tenir à Montréal et à Drummondville, auront lieu sans public et seront webdiffusés sur les médias sociaux et le site Internet du PQ.

Le vote pour élire le prochain chef du PQ est pour l’instant maintenu aux mêmes dates et selon les mêmes modalités, soit du 15 au 19 juin, par internet ou par téléphone.

Les principaux candidats qui s’affrontent sont le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon, l’humoriste Guy Nantel et l’historien Frédéric Bastien.

COVID-19

Plusieurs nouvelles mesures importantes en Ontario

Le gouvernement Ford a convoqué une session d’urgence à l’Assemblée législative pour adopter de nouvelles mesures, jeudi.

L’une d’entre elles permet de protéger l’emploi des travailleurs qui doivent prendre congé « en cas d’urgence de maladie infectieuse ». Quiconque se retrouvant sous enquête médicale, en quarantaine ou en isolement volontaire, qui prodigue des soins ou du soutien à une autre personne, ou qui est affecté par les restrictions de voyage, est éligible à cette nouvelle protection légale. 

Cette décision empêche aussi les patrons d’exiger une note du médecin pour justifier l’absence de l’employé. 

Le gouvernement ontarien a aussi annulé temporairement les règlements locaux de restriction du bruit, rendant maintenant possible la livraison des vivres essentiels aux épiceries et aux pharmacies, entre autres, à toute heure du jour et de la nuit. « Faites votre part pour soulager la pression des chaînes d’approvisionnement, a imploré le premier ministre ontarien Doug Ford durant sa mise à jour quotidienne à Queen’s Park, jeudi. S’il-vous-plaît, n’achetez pas en grandes quantités. »

Tous les avis d’expulsion pour les locataires sont aussi suspendus jusqu’à nouvel ordre, a annoncé le premier ministre durant cette mise à jour.

Toutes les obligations de renouvellement des cartes santé, des permis de conduire et des autocollants pour les plaques d’immatriculation sont également suspendues. 

Par ailleurs, un nouvel amendement de la Loi sur l’Urgence municipale permet maintenant aux municipalités de tenir leurs réunions de conseils et de comités de façon électronique.

Actualités

Ottawa tentera de rapatrier tous les Canadiens, sans les juger

OTTAWA — Le gouvernement canadien tente de rapatrier tous ses ressortissants, même ceux qui ont décidé de voyager après avoir reçu la recommandation de rester au pays, en temps de pandémie.

«Ce qu’on est en train de faire maintenant, c’est essayer d’aider tous les Canadiens. On ne va pas porter de jugement sur les gens. On va essayer tout simplement de les aider», a assuré le premier ministre Justin Trudeau, jeudi matin.

«Ce qu’on est en train de faire maintenant, c’est essayer d’aider tous les Canadiens. On ne va pas porter de jugement sur les gens. On va essayer tout simplement de les aider», a assuré le premier ministre Justin Trudeau, jeudi matin.

Un des ministres responsables de ce lourd fardeau a annoncé qu’il était, à son tour, en isolement, en attente d’un résultat de test de COVID-19. Ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne a ressenti des symptômes de rhume en rentrant de voyage.

Le gouvernement canadien multiplie les contacts avec les compagnies aériennes pour tenter d’organiser des vols de rapatriement.

«J’ai parlé aux dirigeants d’Air Canada et de WestJet hier soir. [...] On va travailler ensemble pour essayer de rapatrier d’urgence le plus grand nombre de Canadiens possible», a indiqué le premier ministre qui, encore une fois, rencontrait la presse devant sa résidence où se poursuit son isolement volontaire.

Le plus récent groupe de touristes rapatriés se composait de Canadiens coincés sur un autre bateau de croisière, accosté à Marseille, celui-là.

Une passagère canadienne a publié sur une page Facebook qu’elle et ses compatriotes seraient ramenés au pays par un avion affrété par Ottawa. Elle se trouvait à ce moment-là dans un autobus qui amenait son groupe vers un aéroport.

En fin de journée, le gouvernement canadien n’avait pas encore confirmé l’information.

Plus tôt dans la journée, cette même dame, sur cette même page Facebook, faisait des reproches aux services consulaires canadiens.

De chez lui, à Shawinigan, le ministre Champagne devait faire rapport sur tous les efforts consulaires à ses collègues du comité du cabinet sur la COVID-19, réunis à Ottawa jeudi après-midi.

«Pour les Canadiens qui se trouvent dans les pays qui ont complètement fermé la frontière, c’est spécialement difficile; mais on est en train aussi d’essayer de régler la situation pour ces personnes», a déclaré sa collègue Chrystia Freeland, quelques minutes avant cette réunion.

Migrants du Chemin Roxham

M. Trudeau a pu préciser que la frontière canado-américaine dont la fermeture a été annoncée mercredi sera effectivement interdite à tout passage de touristes «probablement dans la nuit de vendredi à samedi». Les marchandises et les travailleurs essentiels pourront continuer de traverser cette frontière. Et, bien sûr, les Canadiens en séjour aux États-Unis pourront rentrer chez eux, mais devront s’imposer un isolement volontaire de 14 jours.

Le premier ministre ne peut prédire combien de temps cette pandémie limitera les allées et venues des Canadiens. Les experts ont offert différents scénarios «allant de quelques semaines à quelques mois», a-t-il indiqué.

Après quelques cafouillages, Ottawa et Québec se sont entendus sur la gestion des migrants qui traversent au Chemin Roxham. C’est à partir de vendredi que ceux-ci seront logés, par le gouvernement fédéral, pendant 14 jours d’isolement obligatoire. L’hébergement, en temps normal, relève des autorités provinciales.

«Nous sommes dans une période de crise, une période d’urgence. [...] Il faut éviter absolument que toute l’efficacité du gouvernement soit minée par des discussions de compétence. Et c’est pour ça qu’à partir de maintenant, c’est le gouvernement fédéral qui va prendre en charge l’isolement de tous les migrants», a offert le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos.

Matériel médical

«Les besoins pour [les] tests augmentent», a souligné M. Trudeau, en affirmant que son gouvernement continue de s’assurer que les provinces obtiennent les fournitures médicales dont elles ont besoin.

Jeudi, l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada avait compté 55 000 tests effectués depuis le début de la crise.

Aucune province n’a encore demandé l’aide d’Ottawa pour se procurer plus d’appareils respiratoires.

Dorénavant, le gouvernement fédéral considère l’option de demander aux forces armées de mettre la main à la pâte pour fabriquer du matériel médical. Déjà, Ottawa a approché des manufacturiers qui pourraient détourner leur production vers du matériel sanitaire.

«Nous regardons toutes les différentes mesures nécessaires et possibles pour s’assurer que tout l’équipement dont les gens ont besoin est disponible», a insisté M. Trudeau.

Particulièrement inquiet pour les communautés autochtones, le gouvernement fédéral a réservé des mesures et de l’argent afin de mieux les protéger. «Aucune communauté ne sera laissée pour compte», a promis le ministre des Services aux autochtones, Marc Miller.

Nombre de cas

Jeudi soir, l’Agence de la santé publique du Canada dénombrait 837 cas confirmés de la COVID-19 au pays. Ce bilan tient compte des 40 nouveaux cas recensés en Colombie-Britannique, portant le total dans la province à 271, et des 27 en Alberta, qui compte désormais 146 cas confirmés.

Un premier décès lié à la propagation est survenu en Alberta. Il s’agit d’un sexagénaire d’Edmonton qui souffrait de problèmes sous-jacents.

Un huitième décès a été rapporté en Colombie-Britannique. Le ministre de la Santé de la province, Adrian Dix, a dit qu’il s’agissait d’un résident du même centre pour personnes âgées où six décès ont déjà été enregistrés.

L’Ontario a rapporté jeudi un deuxième décès et 257 cas de maladie à COVID-19.

Le Québec rapporte maintenant 122 cas, dont un décès annoncé mercredi.

Un dixième passager du bateau de croisière Grand Princess, retenu en quarantaine à Trenton en Ontario, a développé la maladie. Ils sont 228 isolés à la base militaire de Trenton depuis leur rapatriement en avion, il y a maintenant neuf jours.

Le Nouveau-Brunswick a, à son tour, déclaré l’état d’urgence. Sa voisine, la Nouvelle-Écosse, compte maintenant cinq cas confirmés.

Le message du jour

«L’argent ne sera pas un obstacle», a garanti la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu. Mais voilà, si ce problème «pouvait se résoudre seulement avec de l’argent, je pense que nous l’aurions déjà réglé».

COVID-19

Ottawa explore la possibilité d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence

Ottawa fait ses derniers calculs avant d’annoncer des mesures d’aide financière en réponse à la pandémie de coronavirus, et explore la possibilité d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence.

Les ministres du gouvernement de Justin Trudeau assurent que ces mesures d’urgence seraient «un dernier recours».

M. Trudeau, lui, dit qu’il examine cette option «très soigneusement». Ottawa annoncera mercredi son plan d’aide financière pour les entreprises et les citoyens et fera savoir d’ici vendredi de quelle manière on assouplira les dates d’échéance pour les paiements d’impôts.

«Nous considérons la Loi sur les mesures d’urgence», a fait savoir le président du Conseil du Trésor, Jean-Yves Duclos, lors d’une conférence de presse qui a suivi la sortie de M. Trudeau. Il a dit qu’Ottawa consulte en ce moment les provinces sur cette perspective. Sa collègue à la Santé, Patty Hajdu, est convaincue qu’on n’aura pas à en arriver là.

Trois millions à l’extérieur

M. Trudeau a rappelé qu’en temps normal, quelque trois millions de Canadiens sont à l’extérieur du pays. Lundi soir, Ottawa a annoncé des prêts allant jusqu’à 5000 $ pour les citoyens qui cherchent à rentrer au pays et qui éprouvent des difficultés à trouver un billet d’avion à un prix raisonnable.

Dès mercredi, seuls les Canadiens et les Américains qui ne présentent aucun symptôme de la maladie pourront embarquer dans des vols à destination du Canada. Quatre aéroports — Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary — accepteront ces vols internationaux. Ces mesures ne s’appliquent pas aux vols en provenance des États-Unis. La frontière canado-américaine demeure ouverte à tous.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a indiqué que les migrants qui traversent la frontière irrégulièrement, comme au chemin Roxham, sont déjà examinés pour détecter des symptômes possibles. Mais au lieu de les laisser continuer jusqu’à Montréal, le fédéral va dorénavant les installer dans des refuges pour les 14 jours d’isolement recommandés à tous les voyageurs.

Québec débloque 500 millions pour des mesures d’urgence

Le gouvernement Legault débloque 500 millions pour financer des mesures d’urgence pour faire face à la pandémie de COVID-19 au Québec.

Dans un point de presse hors du commun, mardi, les leaders parlementaires des quatre formations politiques ont annoncé la suspension des travaux de l’Assemblée nationale jusqu’au 21 avril. Une dernière séance spéciale à quorum réduit se tiendra en matinée.

Les parlementaires adopteront pendant cette séance des crédits supplémentaires de 2,6 milliards pour financer d’abord des mesures fiscales qui avaient été annoncées par Québec à l’automne dernier. 500 millions de cette enveloppe serviront d’urgence aux mesures pour freiner la propagation du coronavirus.

Cette enveloppe servira notamment à financer un plan que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, doit annoncer cette semaine. Le gouvernement veut mettre en place un système de prêts pour les entreprises en difficulté. « Ce qu'on va faire, dans un premier temps, c'est d'aider avec des prêts aux entreprises rapidement, et par la suite, il y a une partie de ces prêts qui vont être convertis en aide directe, après analyse des dossiers puis des perspectives pour chacune des entreprises. Mais pour être capable d'aider les entreprises rapidement, on va commencer par des prêts rapides à ces entreprises », disait le premier ministre François Legault lundi.

Lire la suite sur lapresse.ca

Politique

L'Assemblée nationale s'apprête à suspendre ses travaux jusqu'au 21 avril

L’Assemblée nationale suspendra ses travaux jusqu’au 21 avril en raison de la pandémie de COVID-19, ont confirmé des sources à La Presse canadienne.

Une motion d’ajournement des travaux devrait être déposée mardi, comme ce fut le cas à la Chambre des communes, vendredi dernier.

«Ce qu’on souhaite, c’est adopter les crédits budgétaires nécessaires (...) rapidement et ensuite de fermer l’Assemblée nationale», a déclaré le premier ministre François Legault, lundi, lors de son point de presse quotidien.

La semaine dernière, l’Assemblée nationale avait fermé ses portes aux visiteurs, sans toutefois interrompre les travaux parlementaires.

Mais la situation a évolué et «les circonstances actuelles justifient pleinement cet ajournement», a souligné le premier ministre dans un communiqué. «Il est important pour tous les députés de concentrer leurs efforts à aider les collectivités dans leurs comtés.»

On s’attend à ce qu’un petit nombre de députés se présentent en Chambre mardi, dès 9h, pour adopter les crédits budgétaires suffisants pour faire fonctionner l’appareil gouvernemental.

Pouvoirs aux superinfirmières

Le gouvernement souhaite en outre adopter à toute vapeur quatre projets de loi qui sont somme toute consensuels, notamment celui accordant plus de pouvoirs aux superinfirmières.

Le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a affirmé lundi sur les réseaux sociaux tenir des «discussions positives» avec les leaders parlementaires des oppositions quant à l’organisation des travaux parlementaires à l’Assemblée.

Ils les a remerciés pour leur collaboration, qualifiée également d’»exemplaire» par le premier ministre.

«C’est dans un esprit d’unité et en mettant la santé publique au-dessus toute autre préoccupation que je participe depuis ce matin à ces discussions au nom de Québec solidaire», a répondu sur Twitter Gabriel Nadeau-Dubois.

«Nous convenons ensemble de procédures d’exception pour une situation exceptionnelle», a ensuite gazouillé le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

Deux députés en isolement

Le PQ a indiqué que son porte-parole en matière d’agriculture, le député de Bonaventure, Sylvain Roy, s’était placé en isolement.

«Par souci de prévention, je fais un confinement volontaire, car comme vous le savez, il y un peu plus d’un an, j’ai eu des traitements médicaux liés à un cancer. J’ai actuellement certains symptômes qui s’apparentent à la grippe et qui m’obligent à être prudent», a écrit M. Roy.

Il emboîte ainsi le pas au député caquiste de Vachon, Ian Lafrenière, qui vendredi dernier s’est placé en isolement volontaire à la suite d’un voyage aux États-Unis.

«À la suite d’un court séjour aux États-Unis, je me place en quarantaine volontaire jusqu’au 23 mars. Je m’isole par respect pour mes collègues et mes concitoyens, et ce, même sans aucun symptôme», a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux.

Évitez les bureaux de comté, demande l’Assemblée

Par ailleurs, l’Assemblée nationale a publié un communiqué lundi, dans lequel elle demande aux citoyens d’éviter de se rendre dans les bureaux de circonscription «dans le contexte du coronavirus».

«Les moyens tels que le téléphone ou le courriel sont privilégiés pour toute personne qui souhaite entrer en communication avec son député. Cette demande a pour but de réduire les déplacements de la population et ce, conformément aux recommandations émises par les autorités publiques.»

COVID-19

COVID-19: l’Ontario fait volte-face en moins de 4h

TORONTO — En l’espace de deux conférences de presse, lundi, le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario a créé une certaine confusion en faisant volte-face sur la fermeture des bars et des restaurants ainsi que sur la propagation du coronavirus au sein de la population. 

Lors d’une conférence de presse tenue lundi à 11h, le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, affirmait qu’il était encore trop tôt pour imposer des mesures plus drastiques, telles que la fermeture des bars et des cinémas, comme l’a fait le gouvernement du Québec au cours de la fin de semaine. 

Il déclarait aussi que rien n’indiquait pour l’instant que le virus se propage au sein de la population. «La plupart des cas sont reliés à des voyages récents», notait-il. 

Pourtant, Santé publique Ottawa avait pour sa part déclaré dimanche que la COVID-19 circulait désormais parmi la population et qu’elle n’était plus entièrement limitée aux personnes qui avaient récemment voyagé. 

Or, le Dr Williams répondait lundi matin que pour faire une telle affirmation, il faut des preuves, et que pour l’instant, les enquêtes des différents cas de Santé publique Ottawa ne démontraient pas une propagation communautaire où il est impossible de repérer l’endroit où le patient a pu contracter le virus.  

Mais quatre heures plus tard, lors d’une conférence de presse tenue à 15h, il a changé son fusil d’épaule en recommandant fortement la fermeture des bars et des restaurants, sauf ceux qui peuvent faire la livraison. 

Il a aussi souligné qu’il ne pouvait maintenant plus exclure la possibilité que le virus se propage au sein de la population. 

Il a recommandé de réduire de 250 à 50 le nombre maximal de personnes présentes à un rassemblement. Cela signifie qu’il propose aussi la fermeture des cinémas, des théâtres, des écoles privées et des garderies.

C’est l’augmentation «très rapide» du nombre de cas qui a fait changer les recommandations du médecin hygiéniste, souligne-t-il. 

Rappelons que toutes les déclarations du Dr Williams ne sont que des recommandations, puisqu’il n’a pas le pouvoir de forcer la mise en place de mesures plus imposantes. Pour ce faire, il faudrait que le gouvernement Ford déclare l’état d’urgence sanitaire dans la province. 

Il n’a pas été mention de ce type de décret lors des différentes conférences de presse tenues lundi. 

La ministre de la Santé Christine Elliott n’a pas offert de réponse claire à savoir pourquoi elle ne met pas en place ces mesures.

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LES TRAVAILLEURS EN ISOLEMENT NE PERDRONT PAS LEUR EMPLOI

Le gouvernement Ford mettra en place une loi pour protéger l’emploi des travailleurs affectés par le coronavirus qui doivent s’absenter du boulot. 

«La réalité est que nous faisons face à des eaux troubles», a soutenu le premier ministre ontarien Doug Ford en conférence de presse, lundi. 

Les élus ontariens, qui sont en congé cette semaine, devraient être de retour en Chambre très bientôt afin de passer rapidement au vote. 

Le projet de loi indique qu’un employé ne sera pas obligé de fournir une note du médecin s’il s’absente du travail. Les mesures seront rétroactives au 25 janvier 2020, date à laquelle le premier cas présumé du virus a été confirmé en Ontario. 

Le gouvernement Ford revoit actuellement l’accès à l’aide d’urgence offerte par le programme «Ontario au travail» pour soutenir financièrement les personnes touchées par la COVID-19. La province compte 32 nouveaux patients sur la liste de cas de la COVID-19, portant le nombre de cas total de l’Ontario à 177. 

Tous les nouveaux patients sont en isolement volontaire à domicile. 

COVID-19

COVID-19: les conservateurs critiquent le «manque de leadership» de Trudeau [VIDÉO]

Les conservateurs reprochent à Justin Trudeau un «manque de leadership». Selon eux, les mesures mises en place afin de limiter la propagation de la COVID-19 ne sont pas suffisantes, et surtout pas assez strictes.

«Quand il y a une crise, on s’attend d’un chef d’État de démontrer un leadership fort. M. Legault le fait de façon exemplaire et Justin Trudeau, je crois qu’il est complètement déstabilisé par la situation. Il se fie à ses ministres qui eux ont besoin d’avoir des directives», a martelé le député fédéral conservateur de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus, lors d'un point de presse lundi. 

Les conservateurs demandent des mesures plus strictes concernant l’isolement des Canadiens qui reviennent de voyage. La période de quarantaine devrait être «imposée» et non volontaire.

Selon le parti, des mesures de dépistage améliorées devraient aussi s’appliquer aux aéroports, ports et aux postes frontaliers terrestres. Les vols entrants et sortants provenant de tous les pays jugés très à risque (tels que la Chine, l’Espagne ou l’Italie) devraient être entièrement suspendus.

Puis, de l’information claire sur des protocoles devrait être transmise aux Canadiens afin qu’ils se sentent en sécurité. Pierre Paul-Hus juge aussi crucial d’obliger l’isolement pour tous les immigrants illégaux.

Au début du mois de février, les conservateurs avaient demandé à connaître les mesures de prévention prises dans les aéroports par l’équipe de Justin Trudeau, pour se préparer à l’arrivée du coronavirus au pays.

«C’est pour se rendre compte plus tard que les mesures sont inefficaces, voire inexistantes, à certains moments. Chaque fois que nous posions la question, il répondait que tout était parfait», dénonce Pierre Paul-Hus.

COVID-19

Justin Trudeau ferme les frontières du Canada, mais pas aux Américains

OTTAWA - Après avoir essuyé des critiques à répétition, le gouvernement Trudeau décide de fermer les frontières du Canada, mais pas aux Américains.

«Les vols en provenance des États-Unis, du Mexique, des Caraïbes et de Saint-Pierre-et-Miquelon ne seront pas touchés par cette mesure», a précisé le premier ministre Justin Trudeau lorsqu’il a fait son annonce, lundi après-midi, devant la porte de sa résidence où se poursuit l’isolement volontaire entamé depuis que sa conjointe a contracté la COVID-19.

Dès mercredi à 0h01, seuls les citoyens canadiens et les résidents permanents du pays pourront monter à bord d’avions en direction du Canada, et ce, à condition qu’ils ne présentent aucun symptôme de la maladie.

Les vols internationaux qui atterriront au pays pourront le faire seulement dans les aéroports de Toronto, Montréal, Calgary et Vancouver. Le but de cette restriction est de concentrer dans quelques lieux le personnel de l’Agence des services frontaliers qui pourra, lui aussi, détecter les voyageurs malades.

Depuis lundi matin, l’agence a modifié les questionnaires sur les écrans tactiles qui accueillent les voyageurs dans les aéroports canadiens. On doit maintenant indiquer si on tousse, si on a de la difficulté à respirer et si on se sent fiévreux. Les voyageurs entrant au Canada doivent également confirmer qu’ils comprennent qu’ils doivent s’isoler volontairement pour 14 jours.

Ceci s’applique donc aussi aux voyageurs américains.

Invité à expliquer pourquoi il ne ferme pas la frontière canado-américaine aux voyageurs, M. Trudeau a évoqué la nécessité d’un «niveau de coordination spéciale» avec le voisin américain.

«Le niveau d’intégration entre nos deux économies et la coordination que nous avons eue ces derniers temps met les États-Unis dans une catégorie à part», a-t-il ajouté, sans rejeter totalement l’éventualité d’interdire l’entrée aux Américains.

«Comme j’ai dit à chaque étape, nous ne fermons la porte à aucune mesure qui pourrait garder les Canadiens en sécurité», a-t-il offert.

Ses ministres, dans une conférence de presse qui a suivi son annonce, ont eu, eux aussi, à justifier l’exception américaine.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a insisté sur les chaînes d’approvisionnement, le transport de marchandises. Mais pourquoi ne pas interdire le passage seulement aux touristes? La décision du gouvernement canadien est-elle guidée par la réaction américaine à pareille éventualité?

«Non. Absolument pas», a assuré Mme Freeland. «Nous sommes un pays souverain», a-t-elle cru bon de rappeler.

La décision est applaudie à Québec

«À partir du moment où on se limite aux États-Unis, mais qu’on dit 14 jours d’isolement suggérés aux Américains qui rentrent ici, moi, je pense qu’on a pris des bonnes précautions. Et d’avoir éliminé tous les autres pays que les États-Unis, ça, je pense que c’est un geste important qui va dans la bonne direction», a déclaré le premier ministre François Legault à sa conférence de presse quotidienne.

En Colombie-Britannique où le voisin, l’État de Washington, voit le nombre de cas exploser, le gouvernement provincial réclame depuis vendredi des mesures plus strictes pour les voyageurs américains.

Dre Theresa Tam, administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, compte sur le conseil donné depuis dimanche aux Américains de ne pas voyager et sur la perspective d’un isolement volontaire de 14 jours à l’arrivée au Canada pour convaincre plus d’Américains de rester chez eux.

Dre Tam avait une nouvelle directive aux Canadiens, lund i: éviter tout rassemblement de plus de 50 personnes. Ce conseil ne s’appliquera pas pour les vols en avion où les contacts directs entre voyageurs sont faibles, de l’avis de son adjoint DHoward Njoo.

Par ailleurs, les Canadiens qui seront coincés à l’extérieur du pays recevront de l’aide consulaire et de l’aide financière, y compris pour d’éventuels soins médicaux, s’ils sont malades.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’a pas pu spécifier les sommes disponibles. «On n’a pas établi de plafond, mais on a identifié un fonds», a-t-il fait savoir, promettant plus de détails dans les jours à venir.

Et puis, le ministre Garneau a confié qu’il discute avec les compagnies aériennes pour un éventuel rapatriement des Canadiens coincés à l’étranger, un projet encore embryonnaire.

«On commence à parler avec les lignes aériennes pour voir s’il y aurait possiblement un plan pour rapatrier certains Canadiens (...) qui ne peuvent pas revenir, en raison des changements ou parce qu’ils doivent ajouter un délai parce qu’ils ont des symptômes», a dit le ministre.

Nombre de cas

Lundi après-midi, l’Agence de la santé publique rapportait 407 cas de la maladie COVID-19 qui a maintenant fait quatre morts, tous en Colombie-Britannique, dans le même établissement de soins pour personnes âgées.

Au Québec, on en était à 50 cas confirmés.

Le nombre de Canadiens, rapatriés d’une croisière interrompue, à avoir développé la maladie alors qu’ils sont en quarantaine, a quadruplé depuis vendredi, passant de deux à huit. Ils sont 228 personnes isolées sur la base militaire de Trenton, en Ontario, depuis leur rapatriement mardi dernier de Californie. Ils avaient voyagé à bord du Grand Princess.

Selon les calculs épidémiologiques, 87 % des cas canadiens sont le résultat de voyages et 13 % seraient des cas de contagion dans la communauté.

«Nous sommes au tout début de l’augmentation du nombre de malades», de l’avis de Dre Tam. «Et ils sont surtout liés à des voyages. Ce que je surveille, c’est les signes de plus de transmissions dans la communauté. Et nous n’en voyons pas encore beaucoup en ce moment. C’est donc maintenant le temps de vraiment interrompre ce genre de transmissions», a-t-elle averti.

Prenant l’avertissement au mot, le premier ministre Trudeau y est allé de ce conseil : «Tous les Canadiens devraient rester chez eux».

Politique

COVID-19: le PQ n’écarte pas la possibilité de reporter l’élection de son chef

Le Parti Québécois (PQ), contrairement au Parti libéral du Québec, n’écarte pas la possibilité de remettre à plus tard l’élection de son prochain chef.

La présidente d’élection du parti, Agnès Maltais, a annoncé dimanche sur les réseaux sociaux que la conférence de coordination se réunira vendredi soir pour « réévaluer le calendrier et certaines règles de la course à la chefferie » en raison de la crise du coronavirus.

Le responsable des communications du parti, Lucas Medernach, a précisé à La Presse canadienne qu’une proposition de modifier le calendrier et certaines règles potentielles sera alors examinée.

« Il faut prendre le temps d’en discuter, actuellement, le gouvernement annonce des nouvelles mesures chaque jour, alors, on va attendre de voir qu’elles sont les prochaines mesures avant de prendre une décision », a ajouté M. Medernach.

La conférence de coordination est composée de l’ensemble de l’exécutif national, des présidents régionaux et de l’exécutif du comité national des jeunes

Dimanche matin, le candidat Frédérick Bastien a indiqué qu’il cessait ses « annonces liées à la course » et qu’il était d’avis que la date du scrutin et les mises en candidature doivent être reportées.

« En pareilles circonstances, il faut agir comme une nation qui fait bloc devant le danger. Il importe donc de mettre de côté les différences partisanes qui nous animent normalement et de se rallier derrière notre premier ministre », a ajouté le candidat.

Pour sa part, le Parti libéral, qui doit également se choisir un nouveau chef, a indiqué que toutes les « activités publiques sont annulées jusqu’à nouvel ordre ».

Toutefois, le Parti libéral a toujours l’intention d’élire un nouveau chef le 31 mai.

« Cette situation n’affecte pas la période de vote des membres pour le choix du nouveau ou de la nouvelle chef(fe) puisqu’elle était déjà prévue par téléphone et Internet, du 24 au 31 mai 2020 inclusivement » a indiqué le Parti sur son site Internet.

Le directeur des communications du parti, Maxime Roy, a indiqué par courriel à La Presse canadienne que les mesures déjà annoncées sont toujours d’actualité.

Politique

Tous les syndicats du secteur public acceptent de suspendre les négociations

Les organisations syndicales ont répondu positivement à la demande du gouvernement québécois de suspendre les négociations en vue du renouvellement des conventions des employés du secteur public jusqu’au 5 avril, en raison de la crise de la COVID-19.

Cinq syndicats présents dans la fonction publique — Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIS), Confédération des syndicats nationaux (CSN), Fédération des travailleuses et travailleurs du Québec (FTQ) et Centrale des syndicats du Québec (CSQ) — ont rédigé un commun de presse commun pour dire qu’ils avaient convenu, avec le Conseil du trésor, «de suspendre les négociations pour l’instant, tout en maintenant les canaux de communication bien ouverts».

Au cours d’une rencontre qui s’est déroulée dimanche après-midi, ces cinq syndicats disent avoir confirmé leur «engagement à tout mettre en œuvre pour que la population du Québec obtienne tous les services nécessaires et que ces services se donnent dans les conditions les plus sécuritaires possible». Ils disent toutefois s’attendre «à ce que le gouvernement soutienne l’ensemble des travailleuses et des travailleurs dans leurs efforts». Ils ont aussi demandé l’élimination de «toutes les contraintes qui pourraient nuire à la mobilisation de celles et ceux qui seront sur le terrain, 24h sur 24, 7 jours sur 7, pour rendre les services aux Québécoises et aux Québécois».

La CSQ avait déjà fait savoir la veille qu’elle ne s’opposait pas à la demande «compte tenu de l’importante crise actuelle».

Deux autres organisations syndicales avaient déjà accepté la demande du gouvernement dès samedi : le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

«Il est plus important présentement de s’assurer que la multiplication du virus ne se fasse pas», avait résumé la présidente du SGPQ Line Lamarre en entrevue à La Presse canadienne. «On ne va pas mettre de pression sur un gouvernement qui, je pense, essaie présentement lui aussi de faire de son mieux de jour en jour. C’est quand même une situation exceptionnelle.»

Dans une déclaration transmise samedi à La Presse canadienne, le président du Conseil du trésor Christian Dubé avait expliqué avoir fait cette demande «afin de permettre de nous concentrer sur l’atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie».