Politique

Laïcité: la ministre Charest bâillonnée, selon la FFQ

La ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, est bâillonnée par son propre gouvernement dans le dossier de la laïcité, estime la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

Mme Charest avait déclaré en février dernier que le voile est un symbole d’oppression de la femme, puis avait nuancé ses propos. Elle est depuis muette sur cet enjeu.

Le travail de la ministre, qui est une ex-athlète olympique, est remis en question, alors que le gouvernement refuse d’effectuer une analyse différenciée selon les sexes (ADS) et maintient que le projet de loi 21 n’affectera pas plus les femmes que les hommes.

La pièce législative vise à interdire le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, dont les enseignants. Une clause de droits acquis permettrait aux personnes déjà à l’emploi du gouvernement de continuer à porter leurs signes religieux, tant qu’elles demeurent dans le même poste. Au moins 80 % des enseignants au Québec sont des femmes.

Lors de l’étude des crédits budgétaires, volet condition féminine, le 15 avril dernier, la ministre Charest avait lu les lignes préparées pour elle par le gouvernement selon lesquelles le projet de loi touche de façon égale toutes les religions, tant les hommes que les femmes, et qu’il est un pas de plus vers l’égalité des sexes.

Elle a transmis toute question sur la laïcité à son collègue et ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette.

«Pas grand pouvoir»

La présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, qui s’oppose au projet de loi, a dit constater que la ministre Charest ne fait simplement pas le poids dans le cabinet Legault. «Elle n’a pas grand pouvoir», s’est-elle désolée en entrevue.

«Celle qui est là pour représenter nos droits à toutes n’a pas le droit ni l’espace pour être capable de parler et d’intervenir, a-t-elle ajouté. Je trouve ça extrêmement décevant de la part du gouvernement.»

Or, il est possible de s’approprier le dossier de la condition féminine au Québec et de montrer de l’empathie pour toutes les femmes, selon la prédécesseure de Mme Charest, la libérale Hélène David, qui reconnaît toutefois que les jeux de coulisse sont parfois difficiles.

«C’est une responsabilité avec une signature, dit-elle. Ou tu signes ou tu ne signes pas. [...] Moi, j’avais décidé de signer. Mais qu’est-ce que vous voulez, on ne se fait pas toujours des amis à l’intérieur de notre conseil des ministres. Il faut pousser [...].»

«Je ne suis pas sûre que Mme Charest l’exerce en tapant du pied très fort», a-t-elle ajouté.

Avortement

Par ailleurs, les trois partis d’opposition disent qu’ils auraient souhaité que Mme Charest dénonce fortement les propos du chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, concernant l’avortement.

De passage à Québec mardi dernier, le Beauceron a évoqué la possibilité de débattre d’une loi qui viendrait restreindre le droit des femmes à l’avortement. «Où est-elle là-dessus?» a demandé Hélène David.

«La ministre ne commente pas les propos de M. Bernier», a écrit l’attaché de presse de Mme Charest, Alex Poulin, en réponse à une demande d’entrevue de La Presse canadienne.

Il a tout de même relayé par courriel un tweet de la ministre : «Le droit à l’avortement est un acquis important pour les femmes. Les Québécoises pourront toujours compter sur notre gouvernement pour défendre ce droit.»

La veille à Washington, le premier ministre François Legault avait déclaré que pour lui, «c’est une question qui est réglée depuis longtemps au Québec. Les Québécois sont ailleurs.»

Politique

Le plan canadien de rapatriement des ordures ne satisfait pas les Philippines

OTTAWA — Les Philippines rejettent l'échéancier de la fin juin fixé par le Canada pour le rapatriement de ses ordures et se préparent à les renvoyer au Canada.

Le porte-parole du président, Salvador Panelo, a déclaré lors d'une conférence de presse à Manille jeudi que l'échéancier du Canada est insuffisant et que le gouvernement des Philippines expédierait les 69 conteneurs d'ordures canadiennes mal étiquetées au plus tard la semaine prochaine.

Plus tôt cette semaine, M. Panelo a déclaré que le président Rodrigo Duterte avait ordonné le déchargement des conteneurs dans les eaux canadiennes étant donné que le Canada a échoué à agir avant la date limite du 15 mai fixée par M. Duterte pour régler le différend vieux de six ans.

«Les ordures seront renvoyées le plus tôt possible, a indiqué M. Panelo en tagalog. Cette semaine ou la semaine suivante. Certainement pas à la fin du mois de juin. Nous ne sommes pas un dépotoir.»

La ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, a indiqué mercredi qu'Ottawa a mandaté la division canadienne du géant français des transports, Bollore Logistics, pour le traitement des déchets et leur rapatriement au Canada avant la fin du mois de juin. Les responsables de l'environnement affirment que les conteneurs doivent être fumigés aux Philippines avant d'être chargés sur un navire.

L'attachée de presse de la ministre McKenna, Sabrina Kim, a déclaré que le Canada était «pleinement engagé» avec les Philippines pour «rapatrier rapidement les déchets vers Vancouver».

Le contrat avec Bollore Logistics s'élève à 1,14 million $, mais les Philippines affirment qu'elles paieront pour expédier les ordures hors du pays.

Les conteneurs sont ceux qui restent des 103 expédiés aux Philippines par une entreprise canadienne en 2013 et 2014, faussement étiquetés comme du plastique à recycler. Les autorités philippines ont été alarmées par le fait que la quantité de matières était supérieure à ce que l'importateur philippin pouvait traiter et ont ordonné une inspection. Les conteneurs étaient principalement remplis d'ordures ménagères plutôt que de matières pouvant être recyclées.

Le Canada et les Philippines discutent depuis 2014 quant à savoir ce qu'il adviendra du contenu des conteneurs. Manille a récemment rappelé son ambassadeur et ses consuls généraux jusqu'à ce que le Canada prenne en charge les ordures.

Plusieurs groupes environnementaux au Canada et aux Philippines soutiennent que le Canada a violé la Convention de Bâle, un traité international visant à empêcher les pays plus riches d'utiliser les pays en développement comme des dépotoirs.

Avant 2016, les règles canadiennes en vertu de la Convention de Bâle stipulaient seulement que la convention s'appliquait aux envois considérés comme dangereux par le Canada. À l'époque, le Canada considérait que les déchets ne sont pas dangereux, contrairement aux Philippines.

Le Canada a modifié sa réglementation pour éviter ce genre de situation et maintenant, les exportateurs doivent obtenir un permis auprès d'Environnement et Changement climatique Canada pour expédier des déchets si le Canada ou le pays importateur estiment que le contenu est dangereux.

Les conteneurs remplis d'ordures ne sont pas si rares, les Philippines ayant géré cette semaine un autre envoi de ce type en provenance de l'Australie. Des informations provenant de Manille indiquent que sept conteneurs d'ordures ont été rejetés par les Philippines. Aux Philippines, ces déchets devaient être brûlés pour produire de l'énergie, mais le pays dit que cela contrevient à ses lois sur la qualité de l'air.

L'an dernier, la Corée du Sud a rapatrié des conteneurs d'ordures qui se sont retrouvés aux Philippines en quelques mois seulement, ce qui a fourni un comparable peu flatteur pour le Canada, qui a traînaillé pendant presque six ans.

Le président Duterte a également laissé entendre que son pays ferait comme la Chine et bannirait l'importation de plastiques destinés au recyclage. La Chine était autrefois le principal importateur de plastiques recyclables, mais en 2018, elle a banni la plupart des envois, car trop d'entre eux étaient contaminés par des matières non recyclables.

Politique

Peine minimale de 5 ans aux agresseurs d’enfants, promet Scheer

DELSON — Le chef conservateur Andrew Scheer reprend là où avait laissé son prédécesseur Stephen Harper en matière de justice et annonce qu'il imposera une peine minimale de cinq ans d'emprisonnement à tout individu coupable «de grave agression sexuelle contre un enfant».

De passage à Delson, en Montérégie, jeudi, M. Scheer a présenté le tout comme une mesure pour combattre la violence contre les enfants, bien qu'il s'agisse d'une disposition qui surviendrait après que de tels gestes de violence eurent été posés.

«Il y a des monstres qui s'en prennent aux enfants vulnérables», a dit le chef conservateur avant de faire référence à la fillette de 7 ans de Granby, décédée récemment des suites de mauvais traitement subis aux mains de ses parents.

«Le Canada devrait être un pays qui traite les victimes en priorité et qui chasse les prédateurs de nos rues.»

Le chef conservateur affirme que cette volonté de durcir les peines est une manière d'assurer que les victimes soient entendues.

«Nous allons toujours mettre les droits des victimes avant ceux des criminels et quiconque violente ou exploite sexuellement un enfant ira derrière les barreaux très, très longtemps», a-t-il martelé.

Bien que cette intention ne soit pas accompagnée de mesures de soutien aux victimes, le chef conservateur a promis que des annonces à ce sujet viendraient également.

M. Scheer a dénoncé le fait que des personnes puissent recevoir des peines de seulement quelques mois, faisant référence à des cas où des agresseurs sexuels d'enfant ont écopé de peines de 25 mois ou de 30 mois d'emprisonnement et aient été admissibles à une libération conditionnelle après seulement 8 ou 10 mois selon les cas.

«Aucune victime ne devrait entendre que son agresseur ne fera que deux ans de prison alors que l'abus a duré 8 ans.»

M. Scheer a toutefois reconnu qu'un contrevenant condamné à une peine minimale de 5 ans, soit 60 mois, serait tout de même admissible à une libération conditionnelle après 20 mois.

Les peines minimales ont cependant été contestées avec succès à quelques reprises devant les tribunaux; la Cour d'appel du Québec et même la Cour suprême ont jugé inconstitutionnelle l'imposition d'une peine minimale dans certains dossiers.

Politique

L’ONU exprime sa préoccupation à l’égard du projet de loi sur la laïcité

QUÉBEC — Trois experts nommés par le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies expriment leur «préoccupation» à l’égard du projet de loi sur la laïcité du gouvernement du Québec.

Dans une lettre transmise à la Mission permanente du Canada auprès de l’ONU, ces rapporteurs spéciaux soutiennent que des dispositions sont «susceptibles de porter atteinte à la liberté de conscience et de religion et aux principes d’égalité».

Les trois experts s’inquiètent de l’absence de définition des symboles religieux pouvant «conduire à une interprétation discrétionnaire et potentiellement discriminatoire».

Radio-Canada avait en premier fait état, mercredi, de cette lettre transmise à la Mission permanente du Canada.

La lettre longue de cinq pages est datée du 17 mai et rédigée en français.

Les signataires s’inquiètent notamment de certains impacts qui violeraient la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, que le Canada a ratifiée le 14 octobre 1970.

«Étant donné que la religion s’entremêle souvent avec les appartenances raciales et ethniques, ces dispositions légales peuvent avoir un impact discriminatoire et disproportionné sur les groupes raciaux et ethniques et conduire ainsi à une discrimination raciale en violation de la Convention», peut-on lire dans cette lettre.

Les trois rapporteurs spéciaux se disent particulièrement préoccupés en ce qui concerne les conséquences pour les personnes susceptibles «de se trouver désavantagées ou exclues d’un emploi ou d’occuper un poste public en raison des effets potentiels du projet de loi proposé».

Ils en ont aussi contre la disposition relative à la prestation et réception de certains services avec le visage découvert, craignant que cela touche «en réalité principalement certaines minorités religieuses».

Dans une brève déclaration transmise à Radio-Canada, le cabinet du leader parlementaire du gouvernement et ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, prend acte de la lettre et promet de bien l’analyser.

«Le gouvernement du Québec est fier du projet de loi 21; il est pragmatique, applicable et modéré. Il reflète le consensus du plus grand nombre de Québécois sur cet enjeu. Ce projet de loi est la suite logique et légitime d’un parcours historique propre au Québec. Il vise à assurer un meilleur vivre ensemble en établissant un modèle typiquement québécois de la laïcité», indique l’attaché de presse du ministre, Marc-André Gosselin.

Politique

Pour des seuils d’immigration flexibles

Faute d’avoir trouvé une «formule magique» permettant de fixer le nombre idéal d’immigrants que devrait accueillir le Québec, l’Institut du Québec (IDQ) recommande que les seuils d’immigration soient flexibles au Québec et révisés chaque année, afin de réagir plus rapidement au marché du travail changeant. Plus le Québec réussira à intégrer et à faire travailler ses immigrants, plus il devrait leur ouvrir la porte.

«C’est pas un drame d’avoir baissé à 40 000 le nombre d’immigrants cette année. L’important, c’est que le gouvernement ait l’ouverture d’augmenter ce seuil-là dans le futur», commente Mia Homsy, directrice générale de l’IDQ, en entrevue au Soleil.

Dans un rapport dévoilé jeudi et intitulé Seuils d’immigration au Québec : analyse des incidences démographiques et économiques, l’IDQ conclut que l’immigration à elle seule ne réussira pas à freiner le vieillissement de la population au Québec. Même si le Québec accueillait 103 000 immigrants en 2040, une proportion équivalente à son poids démographique au Canada, ce ne serait pas suffisant pour inverser la tendance. Les immigrants peuvent toutefois contribuer à rajeunir le Québec et à empêcher que sa population ne décroisse, ce qui arriverait en 2028 si le Québec n’accueillait plus du tout d’immigrants. 

L’IDQ a étudié quatre scénarios. Le premier est une fermeture complète de l’immigration, «pour se donner un ordre de grandeur», indique Mme Homsy. Arrivent ensuite trois scénarios plus plausibles : que le Québec accueille 12 % de l’immigration canadienne, ce qui correspond au seuil actuel de 40 000 immigrants fixé par la Coalition avenir Québec; que le Québec accueille 16 % de l’immigration canadienne, soit la moyenne reçue au cours des dernières années, et que le Québec accueille 23 % de l’immigration canadienne, afin de conserver son poids démographique au sein du pays. 

«On espérait trouver un seuil optimal, mais ce n’est pas possible. Les données démographiques sont unanimes : plus il y a d’immigrants, mieux c’est. Mais quand on ajoute l’effet de l’immigration sur les dépenses en santé et sur le PIB (produit intérieur brut) par habitant, c’est moins clair, il faut mettre un bémol», explique Mme Homsy. 

Bons salaires

La clé, selon elle, est de choisir des immigrants qui vont réellement contribuer à l’économie, en gagnant de bons salaires. «Si on veut juste qu’ils fassent des jobs pas payantes, ça ne nous aidera pas collectivement», commente-t-elle. Les entreprises québécoises devraient aller vers l’automatisation et l’informatisation des tâches répétitives, tout en accueillant des immigrants pour leurs postes à valeur ajoutée. «Plus les nouveaux arrivants font des bons salaires, plus ils contribuent à payer des impôts et des taxes», indique Mme Homsy. 

Le rapport propose que les seuils annuels d’immigration soient «fortement liés à la capacité d’intégration des nouveaux arrivants au marché du travail québécois et être plus fréquemment ajustés.»

À la fin de l’été, le gouvernement entamera une consultation sur les seuils d’immigration que le Québec devrait se fixer pour les trois prochaines années. «Prendre un chiffre et le couler dans le béton, c’est pas adapté à la réalité», croit Mme Homsy, qui propose que le Québec s’ajuste à chaque année, tout dépendant de la vigueur du marché de l’emploi, tout comme le fait le gouvernement fédéral à l’heure actuelle. 

Et comme la situation des immigrants au Québec s’améliore, Mme Homsy s’attend à ce que le seuil québécois augmente au-dessus de 40 000 en 2020. «Il ne faut pas que le gouvernement soit dogmatique. Si l’intégration va bien, mais qu’on n’augmente pas leur nombre, ça n’aurait pas de sens.»

Politique

Le ministre Bill Blair s’oppose à une enquête nationale sur le blanchiment d’argent

VICTORIA - Le ministre fédéral responsable de la lutte contre le blanchiment d’argent au Canada appuie l’initiative de mener une enquête publique sur le sujet en Colombie-Britannique, mais il ne croit pas qu’une enquête à l’échelle nationale soit nécessaire.

Le ministre de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a reconnu mardi qu’il y avait du blanchiment d’argent partout au Canada et dans le monde, mais il a rappelé que le gouvernement fédéral était déjà passé à l’action pour lutter contre ce fléau.

Ces mesures démontrent que le Canada s’attaque au problème, selon lui.

M. Blair a indiqué que le dernier budget fédéral prévoyait des dépenses supplémentaires en matière de lutte contre le blanchiment d’argent pour la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada - l’unité du renseignement financier du Canada.

Un groupe de travail a aussi été formé pour déterminer les menaces et les failles.

L’Agence du revenu du Canada a également reçu des fonds pour créer quatre nouvelles équipes immobilières résidentielles et commerciales afin de s’attaquer au problème dans le secteur de l’immobilier, a-t-il déclaré. Par ailleurs, le gouvernement modifie les lois actuelles pour mieux déterminer qui est propriétaire des propriétés et contrôler les ventes de propriétés.

«Nous devons mieux comprendre qui est propriétaire de quelles entreprises et qui a de l’argent là-dedans, a-t-il expliqué. Si quelqu’un arrive avec un sac de hockey rempli d’argent, vous ne pouvez pas simplement prétendre que vous êtes indifférent et que vous ne connaissez pas ses origines. Vous avez une responsabilité de diligence raisonnable. Pour ceux qui sont téméraires, cela pourrait avoir des conséquences pénales.»

Le Canada serait en retard

Mais l’auteur d’un récent rapport présenté par l’Institut C.D. Howe affirme que le Canada est en retard dans la lutte contre le crime.

Kevin Comeau estime que les politiques canadiennes de lutte contre le blanchiment d’argent sont parmi les plus faibles des démocraties occidentales. Selon lui, des milliards de dollars sont blanchis chaque année au Canada.

«C’est une solution du 20e siècle à un problème du 21e siècle», a-t-il soutenu en entrevue téléphonique depuis Oakville, en Ontario.

L’avocat d’affaires à la retraite croit que les modifications législatives du gouvernement visant à suivre la propriété sont trop faibles, car les informations précieuses pour empêcher le flux d’argent sale ne sont pas suffisamment disponibles.

«L’idée de la lutte contre le blanchiment d’argent est d’éclairer le plus possible la question afin que d’autres personnes puissent dire: «Ah, ah, c’est le méchant»», a illustré M. Comeau, qui propose d’établir un registre public.

Politique

L’Assemblée nationale prête à prendre un virage vert

Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, acquiesce à une demande du Parti libéral du Québec (PLQ) et jette les bases pour effectuer un virage vert.

M. Paradis a créé un comité transpartisan de députés qui contribuera entre autres à l’élaboration d’une nouvelle politique de développement durable. La politique de l’Assemblée nationale est âgée de 10 ans.

Ce comité permanent tiendra une première rencontre dès la semaine prochaine, s’est réjouie en entrevue la porte-parole libérale en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques, Marie Montpetit.

«Je suis vraiment heureuse. [...] Je sens une grande écoute, a-t-elle affirmé. Ce qui était important pour moi, c’était que l’Assemblée nationale joue son rôle d’exemplarité. On ne peut pas demander aux citoyens de faire des efforts sans que l’Assemblée soit exemplaire.»

Mme Montpetit avait écrit à M. Paradis le 30 avril dernier pour lui demander d’assurer la mise en place de pratiques écoresponsables sur la colline.

Elle l’invitait entre autres à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités de l’Assemblée, à diminuer la production et le gaspillage inutile de millions de feuilles de papier, et à interdire notamment les gobelets de café à usage unique.

Elle estimait que ce faisant, l’Assemblée nationale enverrait un message à l’ensemble des organisations et des citoyens du Québec de revoir leurs propres pratiques.

Pas irréversible

Mardi, celle qui a fait sa maîtrise en sciences de l’environnement a rappelé que les chercheurs estiment que la situation n’est pas irréversible.

«Chaque chose va faire une différence, qu’elle soit petite, moyenne ou grande», a-t-elle déclaré, en soulignant l’ironie de certains gestes posés par l’Assemblée nationale.

«Jeudi dernier, c’était le dépôt du rapport du commissaire au développement durable qui nous dit : “Il y a plus d’efforts qui peuvent être faits en développement durable”. Il vient faire un rapport là-dessus, on nous remet le rapport papier sur nos bureaux alors qu’il est en ligne», a-t-elle déploré.

«Moins de feuilles, oui, ça peut avoir l’air d’une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est des milliers d’arbres à la solde.

«Le budget, c’était pareil, on a reçu des copies à nos bureaux de comté, des copies à nos bureaux de député, des copies dans la Chambre quand ça a été déposé, mais ça pourrait être à la demande», a poursuivi l’élue de la circonscription de Maurice-Richard.

Le Comité parlementaire sur le développement durable sera composé d’un représentant de chaque parti : Agnès Grondin (Coalition avenir Québec), Marie Montpetit (PLQ), Ruba Ghazal (Québec solidaire) et Sylvain Gaudreault (Parti québécois).

L’Assemblée nationale compte 700 employés administratifs, ainsi que 125 députés et environ 500 employés politiques.

Politique

L’écologiste Dominic Champagne s’adressera aux militants caquistes

QUÉBEC — Le metteur en scène et écologiste Dominic Champagne s’adressera aux militants caquistes réunis en conseil général à Montréal la fin de semaine prochaine, pour les convaincre de «l’urgence d’agir».

La présence de M. Champagne a été confirmée mardi au moment où une vidéo était diffusée pour lancer une nouvelle campagne de promotion du Pacte pour la transition. M. Champagne est le porte-parole du Pacte. À ce titre, il a déjà rencontré le premier ministre François Legault.

Le conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ) doit porter précisément sur l’environnement - le talon d’Achille de la formation de M. Legault, selon les partis d’opposition. Selon le communiqué diffusé par l’équipe de Pacte, M. Champagne «tentera de convaincre de l’urgence d’agir» devant les bouleversements climatiques.

Plus de 276 000 personnes ont signé jusqu’à maintenant le Pacte: elles s’engagent ainsi à réduire par certains gestes leur empreinte écologique, comme par exemple en diminuant leur consommation de pétrole, en réduisant leur consommation de viande d’élevage, en limitant leur production de déchets, etc.

Plusieurs personnalités du monde artistique participent à cette vidéo pour inviter les citoyens à signer le Pacte. Mentionnons les apparitions de l’animateur et comédien Christian Bégin, de la chanteuse Charlotte Cardin, du comédien Emmanuel Bilodeau, de l’humoriste Julien Corriveau, du groupe Les Cowboys fringants, du peintre Marc Séguin, de la comédienne Debbie Lynch-White, ainsi que de la réalisatrice et romancière Anaïs Barbeau-Lavalette.

Scepticisme

L’opposition officielle se réjouit de la tribune obtenue par M. Champagne, mais doute des intentions réelles de la CAQ. La porte-parole libérale en matière d’environnement, la députée Marie Montpetit, a affirmé que les efforts des promoteurs du Pacte visant le gouvernement n’ont pas porté fruit.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, elle a rappelé que les instigateurs du Pacte avaient remis au gouvernement en décembre un projet de loi déjà confectionné qui visait à faire respecter les cibles de réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) établies par le Québec pour 2020, mais que le gouvernement ne l’a pas déposé en Chambre.

«Le ministre de l’Environnement (Benoit Charette) a fermé la porte (au dépôt du projet de loi)», a dit Mme Montpetit. Elle se demande «quelle est l’intention de la CAQ», sinon que de «faire du marketing vert».

Elle espère que les militants et les élus caquistes finiront par être convaincus par le discours de M. Champagne, tout en attendant de constater les effets concrets de cette prise de conscience dans les gestes du gouvernement.

«Je souhaite que ce soit l’étincelle qui crée l’épiphanie. Ce sera dans les semaines et les mois qui vont suivre qu’on va être à même de constater ça, pas à la sortie des discours qui seront faits cette journée-là.»

Politique

Une seule femme candidate pour le parti de Maxime Bernier dans la région de Québec [VIDÉO]

La parité homme-femme, dans la liste de ses candidats et dans la formation de son gouvernement, ne sera en aucun cas une priorité pour le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier. Parmi les neuf candidats de la région de Québec aux élections fédérales de cet automne présentés mardi matin, une seule femme a été choisie par le PPC.

«On ne fixera pas de quotas pour la parité. On prend les candidats qui sont intéressés par les valeurs du parti, peu importe leur sexe et leur origine. […] On va juger les personnes sur leurs compétences. Certaines femmes ont d’autres priorités. Venir en politique, c’est quand même tout un sacrifice», a affirmé Maxime Bernier, qui n’a pas souhaité préciser ce qu’il entendait par «les autres priorités des femmes».

«Avoir un gouvernement équilibré avec des ministres hommes et femmes comme le fait M. Trudeau, ça ne sera pas prioritaire», a-t-il poursuivi.

À LIRE AUSSI: Ken Pereira compare la lutte aux changements climatiques à l'État islamique

La candidate dans Beauport-Limoilou Alicia Bédard ne se sent pas isolée parmi tous ces hommes. «Ça ne me dérange pas. Au contraire, je suis flattée de ça. Je pense qu’on a une belle diversité», a-t-elle confié. «L’important, ce sont les compétences», a-t-elle poursuivi.

Mme Bédard a toujours été passionnée par la politique. Bachelière en relations industrielles, elle a grandi à Beauport. Elle fera face entre autres au député sortant, le conservateur Alupa Clarke.

Candidat vedette

Parmi les candidats de la région, on trouve deux figures connues : l’ancien syndicaliste Ken Peirera, parachuté dans Portneuf–Jacques-Cartier, et Daniel Brisson, ancien candidat à la mairie de Québec, qui se présente dans la circonscription Louis-Hébert. 

Pour M. Bernier, envoyer son candidat vedette dans Portneuf même s’il ne vient pas de là est une bonne chose parce que la circonscription est «fertile» pour son parti. «L’idée d’avoir un candidat qui est proche des gens, qui va dire les vraies choses, je pense que les gens de Portneuf vont l’apprécier.»

De son côté, M. Pereira a choisi le Parti populaire du Canada pour promouvoir la famille. «Les gens m’associent au mouvement syndical. La base du mouvement syndical, c’est la famille. À Portneuf, il y a beaucoup de familles. […] Il n’y a pas d’autre option en ce moment au Québec et au Canada pour faire avancer la famille. Les conservateurs ne sont pas là pour pousser le système au maximum. Maxime [Bernier] est comme moi. Il a pris un risque alors qu’il avait une stabilité et qu’il aurait pu devenir l’homme de confiance des conservateurs au Québec.»

Politique

Ken Pereira compare la lutte aux changements climatiques à l'État islamique

Ken Pereira, qui sera candidat aux élections fédérales pour le Parti populaire du Canada (PPC), la nouvelle formation politique dirigée par Maxime Bernier, compare la lutte aux changements climatiques à «l'état radical islamique». Il semble aussi croire que le vaccin contre la rougeole cause l'autisme et publie fréquemment des liens provenant de sites internet reconnus pour répandre des fausses nouvelles. La Presse canadienne a examiné le fil Twitter de l'ex-syndicaliste.

Une dent contre les écologistes