Le directeur parlementaire du budget évalue les coûts de trois scénarios de revenu de base garanti

Politique

Le directeur parlementaire du budget évalue les coûts de trois scénarios de revenu de base garanti

OTTAWA - Le directeur parlementaire du budget estime qu’il pourrait en coûter jusqu’à 98 milliards $ au gouvernement fédéral pour fournir à presque tous les Canadiens un revenu de base garanti pendant six mois, à compter de l’automne.

Ce chiffre se situe dans la plage supérieure des scénarios que le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, a été invité à évaluer. C’est le sénateur Yuen Pau Woo qui lui avait demandé d’estimer le coût d’un programme fédéral de revenu de base garanti (RBG), à l’aide des paramètres d’un projet pilote lancé en Ontario.

L’idée de fournir aux Canadiens un revenu de base garanti (RBG) est revenue dans l’actualité lorsque des millions de personnes ont vu leur emploi ou leurs revenus s’évaporer avec la pandémie de COVID-19. Le gouvernement fédéral a dépensé jusqu’ici environ 174 milliards $ pour aider les particuliers et les entreprises à surnager pendant la crise.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, et d’autres collègues du Cabinet ont été interrogés à plusieurs reprises par des sénateurs et des députés sur l’idée d’un revenu de base garanti. Les partisans du RBG soutiennent qu’il s’agirait d’une extension de la Prestation canadienne d’urgence, un programme de 80 milliards $, pour les travailleurs qui ont vu leurs revenus d’emploi s’effondrer. Cette PCU et un programme de subventions salariales de 45 milliards $ doivent prendre fin en octobre.

De 4500 $ à 4800 $ en moyenne

Le DPB a présenté mardi trois estimations, à partir de scénarios qui réduisent progressivement la prestation de 0,50 $, de 0,25 $ et de 0,15 $ pour chaque dollar de revenu d’emploi, pour les six derniers mois de l’exercice 2020-2021, à partir d’octobre. Selon le DPB, le coût d’un tel programme pourrait se situer entre 47,5 milliards $ et 98,1 milliards $, selon les trois scénarios de «taux de réduction progressive».

Yves Giroux indique que la prestation moyenne pour les Canadiens de 18 à 64 ans se situerait quelque part entre 4500 $ et 4800 $; par ailleurs, le nombre de bénéficiaires augmenterait si le «taux de réduction progressive» était plus bas.

Le sénateur Yuen Pau Woo soutient qu’un tel programme pourrait combler les lacunes qui existent dans la mosaïque de filets de sécurité sociale au pays, largement gérés par les provinces - des lacunes qui ont été exposées par la pandémie.

«Lancer un revenu de base pour l’ensemble du pays, sur une base permanente, constitue une énorme entreprise, a admis M. Woo en entrevue téléphonique. Les coûts sont énormes et la résistance politique pourrait bien être féroce, mais nous sommes aussi dans une période où l’on devrait dépenser énormément en soutien au revenu d’ici la fin de l’année et en 2021. La question est de savoir comment nous dépenserons ces sommes.»

Si tous ne s’entendent pas sur la définition exacte du «revenu de base garanti», il est généralement considéré comme une prestation sans condition que les gouvernements versent aux citoyens et qui remplace divers autres avantages sociaux ciblés. Également appelé «revenu minimum garanti», le RBG peut être offert sous la forme d’une prestation universelle ou d’une prestation sous conditions de ressources, qui diminue à mesure qu’augmentent les autres revenus du bénéficiaire - ce que le DPB appelle «taux de réduction progressive».

Le bureau de M. Giroux a aussi estimé par ailleurs les sources potentielles de recettes fédérales et provinciales qui financeraient le programme du revenu de base. Il évalue que 15 milliards $ en crédits d’impôt existants au pays pourraient être éliminés en créant un tel programme de revenu de base garanti.

L’après-pandémie

Le coût global du programme pourrait être supérieur aux prévisions, prévient le DPB: ses estimations reposent sur des données sur le revenu de Statistique Canada qui ne tiennent pas compte des territoires, des personnes qui vivent dans des réserves et des membres des Forces armées qui habitent dans des casernes.

Les chiffres ne peuvent pas non plus être simplement doublés pour déterminer le coût sur une année entière, car cela pourrait surestimer l’impact financier. L’économie semble en effet rebondir lentement après un creux en avril, et le coût du programme dépendra du nombre d’employés qui seront réembauchés ou qui se trouveront un nouvel emploi.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui représente les petites et moyennes entreprises, a déclaré mardi qu’environ un tiers de ses membres qui ont répondu à un sondage ont déclaré être de retour à plein régime, mais beaucoup de PME croient qu’il leur faudra six mois pour retrouver une rentabilité normale.

Statistique Canada doit publier vendredi les données de l’emploi pour le mois de juin. Selon les projections publiées mardi par l’Organisation de coopération et de développement économiques, le taux de chômage au Canada pourrait atteindre 11 % au deuxième trimestre de l’année. L’OCDE prédit que le taux de chômage national tombera à 7,7 % d’ici la fin de l’année - ou à 8,4 % si une deuxième vague du coronavirus force une autre «mise sur pause» de l’économie.

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LES PARTIS D'OPPOSITION ATTENDENT DE PIED FERME LE «PORTRAIT DE L'ÉCONOMIE»

Les partis d’opposition à Ottawa espèrent obtenir plus qu’un simple «portrait de l’économie» mercredi.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, doit présenter une première estimation de la situation économique et des finances publiques du pays depuis que la pandémie a commencé en mars et que des milliards ont été distribués en aide d’urgence par le gouvernement fédéral.

Ce «portrait» devrait donner une idée des prévisions pour le reste de l’année financière et du déficit à venir.

Mais les conservateurs, bloquistes et néo-démocrates ont indiqué cette semaine qu’ils ne se contenteront pas de belles paroles. Ils souhaitent de l’action, incluant des changements dans les programmes de soutien en temps de COVID-19 et plus de transparence et de reddition de comptes.

S’exprimant mardi, le porte-parole du NPD en matière de finances, Peter Julian, a dit qu’il souhaite avoir une idée de la «carte routière» du gouvernement Trudeau pour les prochains mois alors que le Canada anticipe une deuxième, voire une troisième ou une quatrième vague de cas de COVID-19.

«Alors on veut voir comment le gouvernement va naviguer à partir de la fin de l’été au niveau de la subvention salariale, au niveau de la PCU (Prestation canadienne d’urgence), au niveau de toutes ces prestations qui font en sorte que les gens puissent mettre de la nourriture sur la table et garder un toit sur leur tête et la tête de leur famille», a-t-il dit en point de presse.

Le gouvernement fédéral a dépensé jusqu’ici plus de 174 milliards $ en soutien direct pour aider les particuliers et les entreprises à affronter la crise, et s’est dit prêt à modifier certains programmes afin de permettre une reprise économique.

Les propriétaires d’entreprises canadiennes ont besoin d’avoir des réponses sur l’avenir de ces programmes d’aide afin de prendre les décisions qui s’imposent, a martelé James Cumming, porte-parole du Parti conservateur pour les petites entreprises.

«Il devrait y avoir un aperçu de ce à quoi les choses vont ressembler dans six mois. Le gouvernement dit que c’est difficile de le prévoir, mais je peux vous assurer que toutes les entreprises à qui j’ai parlé le font, même en ces temps volatiles», a fait valoir le député albertain lors d’une conférence de presse dimanche.

Son collègue Pierre Poilievre, qui a répété que le gouvernement avait «perdu le contrôle» des finances du pays avant même le début de la pandémie, n’a pas voulu dire si les libéraux de Justin Trudeau devraient ralentir le flot de dépenses et réduire le déficit ou injecter encore plus d’argent pour repartir l’économie.

«Si nous voulons favoriser la croissance, nous devons libérer le potentiel de l’entreprise privée», a-t-il dit, pointant du doigt les nombreux projets de ressources naturelles dans l’Ouest qui attendent une approbation fédérale pour démarrer.

Selon M. Julian, le gouvernement fédéral doit plutôt se tourner vers les revenus pour s’assurer de continuer à offrir de l’aide pendant la crise. Le NPD croit qu’en mettant fin aux paradis fiscaux et en imposant les «ultra riches», le Canada pourrait aller chercher 35 à 40 milliards $ par année et contrôler l’ampleur du déficit.

«Au lieu de couper des services, ce qui est préconisé par certains, on prévoit d’aller chercher ces ressources-là pour qu’on puisse mettre en place un cadre financier stable et faire en sorte qu’on puisse avoir des services et améliorer les services dans les années à venir. C’est cette vision-là qu’on espère voir demain», a-t-il dit.

Le Bloc québécois, de son côté, dit que le gouvernement fédéral doit prendre tous les moyens pour préserver la vitalité des régions du Québec, déjà durement touchées par les conséquences économiques de la pandémie.

«Le gouvernement doit s’assurer de prendre tous les moyens pour préserver leur vitalité, notamment en modulant la PCU pour y greffer des incitatifs à l’emploi, en concrétisant les assouplissements aux critères de la subvention salariale aux entreprises saisonnières et en donnant les outils appropriés aux régions pour assurer la survie de l’économie», a énuméré Gabriel Ste-Marie, porte-parole du Bloc québécois en matière de finances.

M. Ste-Marie demande également à ce que le gouvernement fédéral transfère les 14 milliards $ promis aux provinces et territoires sans conditions - quelque chose que le premier ministre Justin Trudeau s’est refusé à faire jusqu’à maintenant.  Catherine Lévesque, La Presse canadienne

La Chine appelle ses citoyens au Canada à la «prudence»

Monde

La Chine appelle ses citoyens au Canada à la «prudence»

PÉKIN — La Chine a mis en garde lundi ses ressortissants contre les «fréquents incidents violents» au Canada et appelé «à la prudence», dans un contexte de vives tensions entre les deux pays.

Les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées depuis l’arrestation fin 2018 à Vancouver d’une haute dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, suivie de l’arrestation en Chine de deux ressortissants canadiens.

«Récemment, le Canada a connu de fréquents incidents violents impliquant les forces de l’ordre, qui ont donné lieu à un certain nombre de manifestations», a indiqué dans un bref communiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

«Les citoyens chinois doivent être très attentifs à leur sécurité» et «faire preuve de prudence», a-t-il écrit.

Le communiqué ne précise pas quels sont ces «incidents violents».

Lundi déjà, la Chine a adressé une mise en garde au Canada contre une nouvelle dégradation des relations bilatérales, après les sanctions annoncées par Ottawa à la suite de la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong.

Le Canada avait annoncé vendredi suspendre son traité d’extradition avec l’ex-colonie britannique ainsi que ses exportations de matériel militaire «sensible».

«La Chine condamne fermement [les sanctions canadiennes] et se réserve le droit de prendre des mesures complémentaires», a déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

«Le Canada devra en assumer toutes les conséquences», a-t-il dit.

Pour M. Zhao, ces décisions constituent «une violation grave du droit international» ainsi qu’une «ingérence» dans les affaires chinoises.

«La Chine appelle le Canada à rectifier immédiatement ses erreurs […] afin d’éviter une nouvelle dégradation des relations» entre les deux pays, a-t-il averti.

Plusieurs pays ont appelé la Chine à revenir sur sa loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, qui fait craindre à l’opposition démocrate locale un grave recul des libertés en vigueur dans la Région administrative spéciale revenue à la Chine en 1997.

Bob Rae est nommé ambassadeur du Canada auprès de l'ONU

Politique

Bob Rae est nommé ambassadeur du Canada auprès de l'ONU

OTTAWA — Bob Rae devient le nouvel ambassadeur du Canada auprès des Nations unies. Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la nomination lundi matin. 

Il s'agit de la plus récente affectation de l'ancien premier ministre néo-démocrate de l'Ontario, qui a été envoyé spécial du Canada pour les enjeux humanitaires et relatifs aux réfugiés, et avant cela envoyé spécial du Canada au Myanmar, pour le drame des Rohingyas.

Âgé de 71 ans, M. Rae suit ainsi les traces de son père, Saul Rae, qui avait été ambassadeur auprès de l'ONU de 1972 à 1976. Il avait été nommé à ce poste par le père du premier ministre actuel, Pierre Elliott Trudeau.

Bob Rae a été premier ministre néo-démocrate de l'Ontario de 1990 à 1995, avant de se joindre éventuellement aux libéraux fédéraux. Il avait même tenté sa chance lors de la course à la direction du Parti libéral du Canada en 2006, et il est devenu plus tard, en 2010, chef intérimaire, lorsque Michael Ignatieff a annoncé sa démission. Il a tenu les rênes du parti jusqu'à ce que Justin Trudeau soit élu chef en 2013.

M. Rae succède à Marc-André Blanchard, en poste depuis quatre ans, qui aurait «informé le premier ministre de son intention de quitter son poste plus tôt cette année», indique le cabinet de M. Trudeau dans un communiqué. Cette nomination survient à la suite des efforts infructueux du Canada pour décrocher un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Canada a été battu au premier tour par la Norvège et l'Irlande, le mois dernier, lors d'un scrutin secret des membres.

«M. Rae apporte à ce poste de vastes connaissances, dont celles acquises récemment comme envoyé spécial du Canada, indique le communiqué. Tout au long de ses fonctions, il a travaillé en étroite collaboration avec les Nations unies et la communauté internationale pour aider à diriger les efforts déployés par le Canada pour régler des questions urgentes concernant l'aide humanitaire et les réfugiés dans le monde.»

Le communiqué indique que «M. Rae s'appuiera sur le travail de l'ambassadeur sortant pour aider à promouvoir les intérêts du Canada à l'étranger, notamment pour favoriser le développement durable et faire face aux conséquences des changements climatiques».

M. Trudeau a aussi tenu à remercier Marc-André Blanchard pour ses services pendant plus de quatre ans. «Grâce à son dévouement, il a grandement contribué à l'avancement de la coopération mondiale. Il a également aidé le Canada à renouer avec ses partenaires pour augmenter notre présence dans le monde et il nous a prêté main-forte alors que nous nous attaquons aux défis les plus importants de notre époque.»

Les députés jonglent avec différents scénarios de vote virtuel aux Communes

Politique

Les députés jonglent avec différents scénarios de vote virtuel aux Communes

OTTAWA - Alors que des millions de Canadiens planifient un télétravail prolongé afin de contrôler la propagation de la COVID-19, les députés fédéraux jonglent avec un problème très particulier : comment voter virtuellement de façon sécuritaire?

Différentes options sont maintenant sur la table, alors que les députés et des centaines de fonctionnaires, en coulisses, commencent à planifier à quoi pourraient ressembler les séances du Parlement à l'automne - dans la mesure du possible.

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Politique

Course au PQ: Guy Nantel est suspendu pour deux jours

Guy Nantel, l’un des candidats à la direction du Parti québécois (PQ), a été suspendu vendredi pour deux jours en raison du non-respect des règles.

Le parti reproche à l'équipe Nantel d'avoir envoyé directement un courriel à un grand nombre de membres pour solliciter du financement, a confirmé à La Presse canadienne une source interne proche du dossier.

Les candidats doivent obligatoirement passer par la formation politique s'ils souhaitent communiquer avec les membres afin d'éviter que ceux-ci soient inondés de courriels des candidats.

Il y a eu un rappel de la règle lors d'une téléconférence jeudi matin à laquelle ont pris part des représentants de toutes les équipes et la directrice générale du parti étant donné qu'il y avait déjà des contraventions, a appris La Presse canadienne.

Peu après, l'équipe de Guy Nantel a malgré tout contrevenu au règlement d'élection. Le parti a donc imposé une sanction symbolique, mais qui fait bien plus mal sur le plan des perceptions.

«Le candidat ne sera plus affiché sur le site web du Parti Québécois pour une durée de 48 heures», a indiqué la formation politique dans un message transmis aux autres candidats à la chefferie.

«Il est toujours candidat et participe toujours à la course», a insisté Lucas Medernach, un porte-parole du PQ, tout en refusant de confirmer les motifs de la décision.

«Farfelu», s'insurge l'équipe Nantel

L'équipe de Guy Nantel affirme ne pas remettre le règlement en cause, mais plutôt l'interprétation qui en est faite. Selon eux, rien ne les empêche de communiquer avec des partisans du candidat, y compris des membres.

«Si j'écris à mes anciens collègues d'université et que j'envoie 300 courriels et que là-dessus il y en a 25 qui sont des membres, ce n'est pas interdit et c'est ce qu'on fait présentement», a illustré Martin Beaudry, un porte-parole de l'équipe du candidat.

Ils ne comprennent pas pourquoi «cette fois-ci, ce n'est plus correct», alors qu'une situation identique s'est produite avant la pandémie et que la présidente d'élection de l'époque, Agnès Maltais, qui «n'est pas une débutante», leur avait donné raison.

L'équipe Nantel soutient que la liste des membres que fournit le PQ n'inclut pas les adresses courriel et que, par conséquent, ils sont incapables d'identifier les noms à retirer de leur propre liste.

Ils affirment avoir fait plusieurs démarches pour se conformer à l'interprétation des règles faite par le parti, notamment en proposant que le parti retire de leur liste de courriels les personnes qui sont membres et même d'embaucher aux frais de leur équipe une firme externe pour faire ce travail de façon neutre. «Ça aussi, ça ne les intéressait pas», a noté M. Beaudry.

La sanction «envoie un message sur l'intégrité de notre candidat alors qu'on n'a rien fait de répréhensible», a lancé M. Beaudry en entrevue avec La Presse canadienne. «C'est de dire au monde entier que Guy Nantel ne respecte pas les règles», a-t-il ajouté.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C'est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l'intérim.

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

Politique

Vols régionaux: Trudeau déçu de la décision d’Air Canada, Legault brandit une subvention [VIDÉO]

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau admet trois jours plus tard qu’il est déçu de la décision d’Air Canada d’abandonner une trentaine de dessertes au pays. En même temps, il s’en remet à la compagnie aérienne pour continuer de desservir les régions une fois que l’économie le permettra.

Son homologue québécois, lui, est un peu plus pressé.

De passage en Outaouais, vendredi après-midi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit que son ministre des Transports, François Bonnardel, est déjà en discussions avec Air Canada. M. Legault soumet aussi l’idée de placer en concurrence différentes compagnies aériennes et de leur demander une fréquence et un tarif raisonnables pour pallier aux services manquants dans certaines régions.

«On est ouverts à donner une subvention à une des compagnies aériennes parce que pour moi, c’est un service essentiel d’avoir du transport dans toutes les régions du Québec. Donc, on n’exclut rien», a déclaré M. Legault, flanqué de deux élus de la région, son ministre Mathieu Lacombe et le député Robert Bussière, lors d’une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec est cependant resté prudent sur cette idée évoquée par M. Bonnardel, dans plusieurs médias, de mettre sur pied une entreprise aérienne pour les régions du Québec délaissées par Air Canada.

Lors d’une autre conférence de presse dans la région, quelques heures plus tôt, M. Trudeau n’avait pas offert de pistes de solutions concrètes pour venir en aide aux régions mises à mal par la décision d’Air Canada de suspendre 30 dessertes régionales intérieures et de fermer huit escales à des aéroports régionaux canadiens, dont quatre au Québec.

Le transporteur avait notamment évoqué l’»impact dévastateur» de la crise sanitaire sur ses activités pour expliquer sa décision, mardi dernier.

«On sait qu’Air Canada profite des liens les plus profitables aux pays, mais on s’attend aussi à ce qu’ils desservent des personnes qui vivent dans des régions plus éloignées. C’est donc quelque chose qu’on espère qu’ils vont pouvoir (se) remettre à desservir ces secteurs-là, ces régions-là au fur et à mesure que l’économie commence à reprendre», a déclaré M. Trudeau en marge de sa visite à la banque alimentaire Moisson Outaouais, vendredi matin.

À LIRE AUSSI: Services aériens régionaux: l’occasion de briser le modèle

«Je pense que (...) nous allons devoir ajuster nos façons de faire à cause de la crise actuelle, mais aussi pour l’avenir. Il y a des choses qui vont changer et on va travailler avec les autres paliers de gouvernements, avec les industries, y compris l’industrie aérienne, pour voir comment on peut remplir les besoins immédiats, mais comment on va avoir un pays plus résilient, plus fort et plus juste dans les années à venir», a-t-il ajouté.

Cette décision d’Air Canada a été condamnée par des acteurs économiques et politiques, tous paliers confondus, et force les principaux concernés à se pencher sur l’avenir du transport aérien régional.

Une «cellule de crise» a notamment été mise sur pied jeudi par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec (AITQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), le Réseau québécois des aéroports (RQA) et l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Elle se réunira plusieurs fois au cours des prochaines semaines pour rencontrer les transporteurs aériens qui desservent déjà les régions et pour évaluer différents modèles d’affaires.

En entrevue avec La Presse canadienne, Isabelle Dostaler, doyenne de la faculté de gestion de l’Université Memorial à Terre-Neuve et spécialiste des questions de l’aéronautique et du transport aérien, a soumis l’idée, comme M. Legault l’a fait,que des petits transporteurs puissent prendre de l’expansion.

«Est-ce que c’est de s’en aller vers un modèle où Air Canada s’occupe du transport international? Pourquoi on ne créerait pas une entreprise d’État qui transporterait les passagers canadiens dans les régions où il y aurait un arrangement avec Air Canada pour que le prix total d’un voyage de Sept-Îles vers la Chine (avec escale via Montréal) soit le même qu’avant?» se questionne-t-elle.

Or, le maintien d’un service aérien convenable passera-t-il obligatoirement par la contribution financière des gouvernements?

«Est-ce qu’on veut uniquement des centres urbains ou on veut maintenir des régions, leur permettre de s’épanouir et d’exister? Est-ce qu’on veut occuper le territoire? Si on veut ça, c’est sûr qu’il y a une part de l’argent de l’État qui doit aller aider. Il ne faut pas oublier la notion de juste prix. C’est sûr que ça ne peut pas être gratuit. C’est sûr que l’éloignement a un coût et la question à se poser est: qui doit supporter ce coût? Ce ne peut pas seulement être les contribuables», fait valoir Mme Dostaler.

Le directeur du groupe d’études en management des entreprises en aéronautique à l’UQAM, Mehran Ebrahimi, est d’avis que l’argent public doit servir à maintenir l’infrastructure pour maintenir une activité économique, qui, elle, pourra rapporter aux régions. Il se demande qui, dans les faits, pourrait faire de l’argent là où la densité de population est faible.

«Il faut que l’argent public soit là de la même manière que l’argent public est là pour maintenir le métro de Montréal. Sinon il faut faire nos adieux et se dire que nous n’aurons pas de développement régional», explique M. Ebrahimi.

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Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

Politique

Le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong

OTTAWA - Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, dit que le Canada suspend son traité d’extradition avec Hong Kong. Il s’agit de l’une des mesures prises en réponse à la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin au territoire.

Dans une déclaration, M. Champagne dit que le Canada va aussi traiter les exportations de biens sensibles vers Hong Kong de la même façon que ceux destinés à la Chine.

Cela veut dire que le Canada n’autorisera pas l’exportation d’articles militaires sensibles là-bas.

La Chine a imposé de nouveaux contrôles stricts à Hong Kong cette semaine, dans ce que M. Champagne qualifie de violation du cadre d’»un pays, deux systèmes». Ce cadre devait être en place pendant 50 ans après que le Royaume-Uni eut redonné Hong Kong à la Chine en 1997.

Dans sa déclaration, M. Champagne dit que le rôle de Hong Kong en tant que «plaque tournante mondiale» s’est construit sur cette base et, qu’en son absence, le Canada est contraint de réévaluer les dispositions existantes.

Ces décisions du Canada surviennent après que les États-Unis eurent décidé de cesser les ventes d’équipement militaire à Hong Kong.

Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

Politique

Programme de bourses: le commissaire à l’éthique mènera une enquête

OTTAWA — Le commissariat aux conflits d’intérêts a annoncé vendredi qu’il enquêtera afin de déterminer si le premier ministre Justin Trudeau a contrevenu à la loi lorsque le gouvernement fédéral a choisi l’organisme UNIS (WE) pour gérer un programme fédéral de 900 millions $ visant à payer les étudiants et les nouveaux diplômés pour le bénévolat qu’ils feront cet été.

Plus tôt vendredi, le gouvernement et UNIS (WE) avaient indiqué qu’ils avaient mis fin à cette entente. Cette annonce est survenue quelques jours seulement après que le premier ministre lui-même eut déclaré que cette organisation était la seule option pour assurer la réussite du programme.

Ce seront plutôt des fonctionnaires qui administreront les bourses liées à la pandémie, a déclaré M. Trudeau.

Depuis que l’organisme de bienfaisance fondé par les frères Craig et Marc Kielburger a été désigné pour gérer le programme, la semaine dernière, l’entente a été critiquée en raison de la relation étroite de M. Trudeau avec le groupe. Sa femme, sa mère et lui ont tous été impliqués dans des événements et activités d’UNIS.

Cette décision avait incité le Parti conservateur et le Nouveau Parti démocratique à réclamer une enquête du commissaire Mario Dion.

Vendredi, M. Dion a avisé le député conservateur Michael Barrett et son collègue néo-démocrate Charlie Angus qu’il enquêtera sur ce dossier et qu’il a mis M. Trudeau au courant.

Dans la lettre transmise à M. Barrett, M. Dion indique qu’il tentera de déterminer si le premier ministre a contrevenu aux articles de la Loi sur les conflits d’intérêts interdisant notamment à «tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts (article 6 de la Loi).

Dans un micromessage diffusé sur Twitter, le commissariat indique aussi qu’il enquêtera sur de «possibles contraventions» aux articles 7 («il est interdit à tout titulaire de charge publique d’accorder, dans l’exercice de ses fonctions officielles, un traitement de faveur à une personne ou un organisme en fonction d’une autre personne ou d’un autre organisme retenu pour représenter l’un ou l’autre) et 21 («le titulaire de charge publique doit se récuser concernant une discussion, une décision, un débat ou un vote, à l’égard de toute question qui pourrait le placer en situation de conflit d’intérêts»).

Des experts caritatifs se sont également demandé si UNIS était prêt pour la gestion fine d’un programme aussi important financé par le gouvernement.

M. Trudeau a répété vendredi matin que ses relations étroites avec UNIS ont fait en sorte qu’il avait appartenu à la fonction publique de décider comment gérer le programme et de mettre en ?uvre ce qu’il a appelé un processus «transparent et ouvert», pour finalement opter pour UNIS.

S’adressant aux journalistes, M. Trudeau a déploré ce qu’il a appelé le «malheureux» déroulement des événements au cours des derniers jours. Il a déclaré que le gouvernement appuyait la décision de l’organisation.

Il a ajouté qu’il pourrait y avoir des choses que les fonctionnaires fédéraux ne seraient pas aussi bien placés pour faire, comme le recrutement actif d’étudiants - il y a déjà eu 35 000 candidats au programme selon le nombre révélé par UNIS, surpassant les attentes initiales de 20 000 -, ainsi que le soutien de petits groupes avec l’intégration et la formation de bénévoles.

«L’une des choses qui finit par se produire, c’est que les jeunes n’auront peut-être pas le même accès aux programmes (...) qu’ils auraient eu», a noté M. Trudeau.

«Nous continuerons à travailler très dur et nous devons réfléchir attentivement à ce qui s’est exactement passé et sur la façon dont nous pouvons nous assurer que nous ferons un meilleur travail pour soutenir les jeunes dans les mois et les années à venir.»

Le programme fédéral doit verser jusqu’à 5000 $ en bourses d’études aux jeunes qui feront jusqu’à 500 heures de bénévolat. Il s’adresse aux étudiants qui ne trouvent pas de travail cet été en raison de la pandémie de COVID-19.

Dans sa déclaration, la ministre Chagger indique que les bénévoles qui se sont déjà inscrits ne devraient pas être pénalisés. Elle assure aussi qu’UNIS remboursera les sommes déjà reçues du gouvernement fédéral pour ce contrat à fournisseur unique.

Les libéraux avaient réservé environ 19 millions $ à l’organisation pour administrer le programme, mais le montant final dépend du nombre de jeunes qui y ont adhéré.

L’organisme de bienfaisance n’a pas dit combien il avait reçu ou remboursé, référant plutôt à une déclaration qui «reflète tout ce que nous avons à dire à ce sujet».

Dans la déclaration, UNIS a indiqué la controverse en cours liée à son implication dans le programme pour expliquer sa décision, même si «le gouvernement a fourni des explications» à toutes les questions.

La déclaration ajoute que l’organisation craignait qu’une affiliation continue signifie que «le programme lui-même commencera à souffrir, et, par conséquent, les occasions pour les étudiants pourraient être négativement touchées».

Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

Politique

Racisme systémique: Boulerice ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh

OTTAWA — Le seul député québécois du Nouveau Parti démocratique ne va pas aussi loin que son chef Jagmeet Singh, qui a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique est «raciste».

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice, n’a pas voulu aller aussi loin que M. Singh dans cette accusation qui pourrait s’appliquer à de nombreux Québécois, le premier ministre François Legault en tête.

«Moi, je ne le dirais pas. Je dirais qu’il y a beaucoup d’éducation à faire avec le concept de racisme systémique et puis je crois qu’on doit avoir une discussion qui est franche et honnête là-dessus et ne pas mettre la tête dans le sable. Et surtout, éviter de dire que parce qu’on reconnaît le racisme systémique, ça veut dire qu’on accuse tous les Québécois d’être racistes», a dit M. Boulerice.

Or, c’est précisément l’équation qu’a faite M. Singh, le 17 juin dernier, quelques heures après avoir été expulsé de la Chambre des communes pour avoir traité le bloquiste Alain Therrien de «raciste». Lors d’un point de presse après coup, le chef néo-démocrate, visiblement émotif, a déclaré que quiconque ne reconnaît pas le racisme systémique méritait cette étiquette.

M. Boulerice n’endosse pas complètement l’interprétation de son chef, mais dit qu’il la comprend étant donné le l’histoire personnelle de M. Singh.

«Je suis un homme blanc qui est privilégié dans la société. Je n’ai pas eu à subir (du racisme). Donc je ne jette pas la pierre à Jagmeet s’il fait cette équation-là parce que je pense que pour lui, c’est quelque chose qui vient chercher des souvenirs, des blessures et c’est quelque chose pour lui qui n’est pas négociable. Donc, évidemment, je vais avoir une réaction qui n’est pas nécessairement identique à la sienne, puis c’est correct. Il le sait», affirme M. Boulerice.

M. Singh n’aura finalement pas à s’excuser à M. Therrien, comme le réclame le Bloc québécois. Heather Bradley, directrice des communications du bureau du président de la Chambre des communes, a indiqué que le chef du NPD pourra regagner son siège comme prévu lors de la prochaine séance régulière aux Communes, le 8 juillet, en vertu des procédures parlementaires.

Cette décision, dévoilée par Radio-Canada, a relancé les échanges déjà tendus entre bloquistes et néo-démocrates sur les réseaux sociaux. Mercredi, jour de la Fête du Canada, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a accusé M. Singh d’avoir «agressé un député dans une mise en scène orchestrée» appuyée ni plus ni moins par Justin Trudeau.

À la sortie d’une rencontre avec le premier ministre Legault, jeudi, M. Blanchet a poursuivi dans la même veine.

«Est-ce que le chef du NPD n’en est pas rendu à se regarder dans le miroir sérieusement et savoir s’il n’a pas créé une crise sociale grave, une division grave entre des gens qui (...) devront rester des amis, et pour l’instant, transigent la haine et les accusations non fondées à cause de lui, et de lui seul, et de lui personnellement?» a accusé le chef bloquiste.

M. Blanchet a ensuite refusé de prendre plus d’une question sur le sujet, comme il l’a fait lors de ses conférences de presse précédentes.

Selon M. Boulerice, l’insulte lancée par M. Singh à M. Therrien ne fait pas partie d’un plan machiavélique.

«Je peux vous assurer que ce n’était pas du tout planifié, il n’y avait rien d’organisé là-dedans, ça a été une réaction spontanée, très émotive de la part du chef du NPD, que je comprends totalement pourquoi il l’a eue, d’ailleurs, parce que la décision du Bloc était incompréhensible», accuse le député néo-démocrate.

Le Bloc avait refusé d’appuyer une motion qui reconnaît le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada envers les Autochtones, entre autres, sous prétexte qu’un comité parlementaire allait déjà se pencher sur le sujet. M. Blanchet a ensuite refusé de dire si son parti allait se ranger du côté des conclusions du comité en question.

Avec l’enflure verbale des derniers jours, M. Boulerice pense que «ça sent la panique du côté de M. Blanchet et de ses troupes».

«Il y a un malaise au sein du Bloc parce qu’ils jouent un peu sur les deux tableaux. Ils savent qu’il y a une partie de leur électorat qui est très sensible aux arguments un peu xénophobes, un peu sur le nationalisme identitaire, sur le populisme conservateur, donc M. Blanchet est coincé un peu. Certaines journées, il va être plus progressiste et politiquement correct et d’autres journées, il laisse la porte ouverte parce qu’il sent qu’il ne peut pas plaire à une partie ou l’autre de son électorat», dit-il.

Rapport de l’Ombudsman de l'Ontario: moins de plaintes sur les services en français

Francophonie

Rapport de l’Ombudsman de l'Ontario: moins de plaintes sur les services en français

Depuis que le Commissariat aux services en français a été transféré sous l’aile de l’Ombudsman de l’Ontario, la population a formulé une centaine de plaintes en moins à ce sujet que lorsque le commissariat aux services en français était indépendant. 

L’Ombudsman de l’Ontario Paul Dubé a reçu 321 plaintes sur les services en français au cours de la dernière année, apprend-on dans son rapport annuel, publié mardi.

L’ancien commissaire aux services en français, François Boileau, en avait reçu 435 au cours de l’année précédente. Il s’agissait alors d’une année record. 

M. Dubé a précisé, en conférence de presse, que le nombre de plaintes qu’il a reçues dépasse toutefois la moyenne de l’ex-commissaire Boileau, qui se situait à 311. 

Le plus récent rapport de M. Dubé ne compte que six pages sur 92 où les services en français sont mentionnés, et aucune recommandation n’est formulée à ce sujet.

Toutefois, on précise dans le document qu’un autre rapport concentré sur les services en français sera publié prochainement par le bureau de la commissaire aux services en français, Kelly Burke. 

Selon M. Dubé, le fait que la commissaire Burke aura son propre rapport distinct «démontre l’importance accordée aux services en français au sein du bureau de l’Ombudsman». 

En conférence de presse, il a renchéri en affirmant que la nouvelle commissaire Burke a les mêmes pouvoirs que l’ancien commissaire Boileau, et qu’elle est tout autant indépendante, «sauf que maintenant, elle travaille au sein d'un organisme avec une plus vaste juridiction». 

Ottawa critiqué pour son refus d'aider des citoyens détenus en Syrie

Actualités

Ottawa critiqué pour son refus d'aider des citoyens détenus en Syrie

OTTAWA — Le gouvernement canadien est accusé d'avoir violé ses obligations internationales en matière de droits de la personne en refusant d'aider des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants canadiens qui sont actuellement détenus dans des camps en Syrie en raison de leurs liens présumés avec Daech.

L'accusation de l'organisme Human Rights Watch, établi à New York, est contenue dans un rapport cinglant, publié lundi, qui appelle Ottawa à commencer immédiatement à rapatrier ces détenus — à commencer par les 26 enfants canadiens qui se trouvent dans ces camps. L'un de ces enfants est un orphelin de cinq ans, «Amira», qui a été retrouvé au bord d'une route l'année dernière après que ses parents et ses frères et soeurs ont été tués lors d'une frappe aérienne — et dont le cas a déjà été soulevé dans le passé auprès du gouvernement de Justin Trudeau.

«Le gouvernement du Canada bafoue ses obligations internationales en matière de droits de la personne envers les Canadiens qui sont détenus arbitrairement dans le nord-est de la Syrie», lit-on dans le rapport de 92 pages, qui contient des entrevues avec des détenus, des familles et des responsables canadiens et étrangers. Selon ce rapport, le Canada aurait violé notamment ses obligations à adopter des mesures «nécessaires et raisonnables pour aider les ressortissants étrangers à faire face à de graves abus, y compris des risques pour leur vie», mais aussi leur éviter «la torture et des traitements inhumains et dégradants».

Human Rights Watch brosse d'ailleurs un tableau inquiétant de la situation dans ces camps, qui offrent de la nourriture et de l'eau potable en quantité insuffisante et où la maladie et la violence font rage. Des enfants ont été vus en train de boire de l'eau infestée de vers tandis que la «police des moeurs» poursuivait les femmes qui critiquaient Daech.

Pas de diplomates en Syrie

Le rapport de Human Rights Watch est le plus récent à viser le gouvernement fédéral en ce qui a trait aux Canadiens détenus dans le nord-est de la Syrie depuis l'effondrement de Daech.

Le premier ministre Justin Trudeau a défendu lundi à plusieurs reprises l'approche de son gouvernement, soulignant que le Canada n'avait pas de diplomates sur le terrain en Syrie et rappelant les problèmes de sécurité liés à l'envoi de fonctionnaires dans la région.

«Nous avons la responsabilité, en tant que gouvernement, de veiller à ce que les citoyens canadiens, en particulier les employés, ne soient pas mis en danger, ne soient pas exposés à des situations graves», a soutenu M. Trudeau lors de sa conférence de presse quotidienne, devant son domicile d'Ottawa. «Par conséquent, nous travaillons via des intermédiaires pour essayer de fournir une assistance consulaire du mieux que nous le pouvons.»

Pourtant, Human Rights Watch rappelle que la Grande-Bretagne, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Norvège et les États-Unis avaient tous rapatrié des enfants, et dans certains cas leur mère, depuis octobre dernier — dont 10 orphelins et enfants français rapatriés en juin.

L'organisme rappelle aussi que le gouvernement fédéral a aidé récemment 40 000 Canadiens à rentrer chez eux en raison de la pandémie de COVID-19, dont 29 en provenance de Syrie. Des 47 Canadiens qui se trouvent dans les camps de détenus syriens, on compte huit hommes, 13 femmes et 26 enfants.

Accusés de rien en Syrie

Les détenus canadiens dans les camps administrés par une organisation dirigée par les Kurdes comptent parmi eux Mohammed Khalifa, qui a été décrit comme un propagandiste de Daech, et Jack Letts, un ressortissant canado-britannique surnommé «Jihadi Jack» par les médias britanniques. L'an dernier, le gouvernement britannique a révoqué la citoyenneté de Jack Letts. Ni le gouvernement libéral ni l'opposition conservatrice n'ont exprimé leur enthousiasme à le ramener au Canada, malgré les appels répétés de sa famille.

Pourtant, Human Rights Watch a plaidé pour le rapatriement comme étant le meilleur moyen — et peut-être le seul — de demander des comptes aux membres canadiens de Daech, car il n'y a aucun processus en Syrie pour enquêter et poursuivre les personnes soupçonnées de crimes. «Aucun des Canadiens n'a été accusé d'un crime, a-t-on ajouté. Les Canadiens n'ont pas non plus été traduits devant un juge pour examiner la légalité et la nécessité de leur détention, ce qui rend leur captivité continue arbitraire et illégale.»

L'organisme se demande par ailleurs si les autorités canadiennes refusent ou limitent l'assistance consulaire des personnes vivant dans les camps en raison de leurs liens présumés avec Daech, ce qui, selon Human Rights Watch, violerait également le droit international.

M. Trudeau a éludé à maintes reprises cette thèse, lundi, avant d'évoquer finalement les éventuelles enquêtes et poursuites. «Nous reconnaissons que nous devons essayer d'aider tous les Canadiens», a-t-il expliqué, avant d'ajouter: «C'est plus compliqué lorsque nous parlons du fait qu'un certain nombre de ces personnes pourraient faire face à des accusations à leur retour au Canada, pour leurs activités liées au terrorisme».

Un rapport fédéral annuel sur l'extrémisme indiquait l'an dernier que 190 personnes ayant des liens avec le Canada étaient soupçonnées d'activités terroristes à l'étranger et qu'en outre, environ 60 étaient rentrées au pays. Un petit nombre de ces rapatriés étaient revenus de Turquie, d'Irak ou de Syrie, mais plusieurs de ceux qui demeurent à l'étranger ne disposeraient pas de documents de voyage valides, se trouveraient sur une liste d'interdiction de vol ou craindraient d'être arrêtés en sol canadien.

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

Politique

Bourse pour le bénévolat étudiant: seul UNIS en avait la «capacité», dit Trudeau

OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a encore une fois défendu la décision de son gouvernement de confier à l'organisme de bienfaisance UNIS la gestion d'une bourse de 912 millions de dollars pour le bénévolat étudiant.

La conception même de ce programme, qui accordera jusqu'à 5000 $ à des étudiants en mal d'emploi cet été, a également fait l'objet de critiques. On lui reproche notamment de remplacer du travail rémunéré par du bénévolat, en échange d'une somme inférieure à ce qui serait gagné sous le salaire minimum. Ses règles pourraient faire en sorte que les montants plus importants ne soient accessibles qu'aux jeunes déjà suffisamment aisés pour donner beaucoup de leur de temps, craint-on aussi.

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Politique

Aide médicale à mourir: Ottawa obtient cinq mois de plus

Ottawa vient d’obtenir un délai supplémentaire de cinq mois pour rendre sa législation conforme au jugement québécois qui a élargi l’aide médicale à mourir en abolissant l’exigence de mort «raisonnablement prévisible».

Le gouvernement fédéral aura ainsi jusqu’au 18 décembre 2020 pour s’exécuter, a permis le juge Frédéric Bachand de la Cour supérieure du Québec dans sa décision rendue lundi après-midi. Un jugement rapide, considérant qu’Ottawa a plaidé sa demande vendredi dernier.

Il s’agit du second report obtenu par le gouvernement fédéral. Cette fois-ci, il a invoqué la COVID-19 pour expliquer pourquoi il n’a pas eu le temps de modifier sa législation.

Dans l’intervalle, ceux qui remplissent tous les critères, mais dont la mort n’est pas «raisonnablement prévisible», ne peuvent obtenir l’aide médicale à mourir - à moins de se présenter devant la Cour pour obtenir une autorisation judiciaire. Le juge Bachand a renouvelé cette possibilité.

En septembre dernier, la juge Christine Baudouin de la Cour supérieure avait invalidé le critère de «mort raisonnablement prévisible» écrit dans le Code criminel, le déclarant inconstitutionnel, tout comme celui de la loi québécoise qui prévoyait que l’aide médicale à mourir n’est accessible qu’à ceux «qui sont en fin de vie».

Ce faisant, la juge avait ouvert l’aide médicale à mourir à un plus grand nombre de personnes, comme Jean Truchon et Nicole Gladu, deux Québécois qui ont mené cette bataille juridique au cours des dernières années. Atteints de graves maladies dégénératives incurables, leur mort n’était toutefois pas raisonnablement prévisible.

La juge Baudouin avait cependant suspendu la déclaration d’invalidité de ces deux critères pendant une période de six mois, afin de donner le temps aux gouvernements fédéral et provincial de modifier leurs lois de façon à les rendre conformes à son jugement.

Le gouvernement du Québec s’est conformé au jugement. Il a choisi de ne pas toucher à sa «Loi concernant les soins de fin de vie», déclarant plutôt que le critère de «fin de vie» est désormais inopérant.

Ottawa a décidé de procéder différemment : il a déposé en février un projet de loi pour modifier le Code criminel.

Sauf qu’il n’a pas réussi à faire adopter son projet de loi en dedans de six mois.

Le contexte de pandémie

D’abord, il a invoqué les élections fédérales, qui ont suspendu le Parlement et donc le temps disponible pour les travaux parlementaires. Il avait alors obtenu un délai de quatre mois, jusqu’au 11 juillet.

Et vendredi dernier, il a plaidé que la pandémie de COVID-19 a aussi interrompu les travaux à Ottawa, ne laissant pas assez de temps aux députés pour étudier et faire adopter le projet de loi. Il a demandé cinq mois de plus, ce qu’il vient d’obtenir.

L’avocat de M. Truchon et de Mme Gladu, Me Jean-Pierre Ménard, n’avait pas contesté la demande de délai supplémentaire, vu le contexte de pandémie, «une situation imprévisible». Il trouvait toutefois le délai trop long pour les personnes souffrantes qui attendaient le 11 juillet avec impatience.

Bien qu’il reconnaisse la possibilité pour ces personnes d’obtenir une autorisation judiciaire, Me Ménard avait noté qu’en raison des coûts que cela entraîne, certains ne pourraient peut-être pas s’en prévaloir.

«La pandémie de la COVID-19, qui bouleverse nos vies depuis la mi-mars, constitue sans aucun doute un changement de circonstance qui milite en faveur de la prorogation recherchée par le Procureur général du Canada, est-il écrit dans le jugement. Les répercussions sur le Parlement fédéral ont été majeures, ses membres ayant choisi d’en limiter les activités afin qu’il puisse se consacrer presqu’exclusivement à l’adoption de mesures législatives liées à la pandémie.»

Le juge Bachand note toutefois qu’il n’y a aucune garantie que le projet de loi fédéral soit adopté d’ici le 18 décembre.

La juge Baudouin avait accordé à M. Truchon et à Mme Gladu une exemption constitutionnelle, qui faisait en sorte qu’ils pouvaient obtenir l’aide d’un médecin pour mettre fin à leurs jours, malgré la suspension d’invalidité des critères.

M. Truchon s’en est prévalu en avril. Le Juge Bachand a renouvelé l’exemption pour Mme Gladu.

Le Parlement canadien reprendra ses activités le 21 septembre.

L’Ontario veut lutter contre le crime organisé chez les remorqueurs

Politique

L’Ontario veut lutter contre le crime organisé chez les remorqueurs

« La partie est terminée. Nous allons vous chercher, nous allons vous attraper, et nous allons vous enfermer. » 

Le premier ministre ontarien Doug Ford s’est adressé aux opérateurs de dépanneuses qui flirtent avec le crime organisé, lundi, en leur promettant que la province se lancera à leurs trousses s’ils ne cessent pas leurs activités illicites. 

Le gouvernement de l’Ontario s’est engagé à augmenter la surveillance dans le secteur du remorquage. 

Depuis les années 90, cette industrie est la scène de nombreux incidents liés au crime organisé en Ontario, impliquant entre autres des véhicules incendiés, des fenêtres fracassées, des armes à feu illégales et de la drogue. 

Au cours des derniers mois, un policier de Toronto qui dirigeait une agence de location de véhicules ainsi qu’une entreprise de remorquage a été arrêté dans le cadre d’une opération policière menée dans l’industrie du remorquage, appelée Projet Platinum. 

L’agent aurait fourni un émetteur-radio policier à des chauffeurs de dépanneuses pour les aider à avoir un meilleur contrôle du cercle criminel. 

Dix autre personnes, dont sept chauffeurs de dépanneuses, font aussi face à des accusations similaires. 

Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

Politique

Les conservateurs demandent une enquête sur le programme d'aide aux étudiants

OTTAWA - Les conservateurs fédéraux demandent une enquête sur la décision du gouvernement libéral de confier à un organisme de bienfaisance international la gestion d'un programme de 900 millions $ destiné à aider les étudiants pendant la pandémie de COVID-19.

Dans une lettre adressée dimanche à la vérificatrice générale, Karen Hogan, les conservateurs affirment que la décision de «sous-traiter» la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant à WE Charity mine la capacité du Parlement à surveiller le programme.

Éducation supérieure, santé et culture: l’Outaouais mérite sa « juste part », croit Sylvain Gaudreault

Politique

Éducation supérieure, santé et culture: l’Outaouais mérite sa « juste part », croit Sylvain Gaudreault

Le prochain chef du Parti québécois n’a pas encore été élu, mais s’il s’agit de Sylvain Gaudreault, le député de Jonquière compte faire du développement des régions son « cheval de bataille ». « Je ne peux pas accepter qu’une région aussi importante et métropolitaine que l’Outaouais n’ait pas sa juste part en matière de santé, en matière culturelle et en matière d’enseignement supérieur ».

C’est vendredi à Gatineau que le député de Jonquière a fait le premier arrêt d’une tournée pour rencontrer les militants de la province. Une quinzaine de personnes étaient présentes au rendez-vous donné au parc Jacques-Cartier, en début de soirée, au premier jour de la course à la chefferie du Parti québécois. Celle-ci prendra fin le 9 octobre.

Estimant que son parti doit « regagner la confiance des Québécois » en intervenant dans des dossiers régionaux, le candidat a insisté sur l’importance de mettre fin au « phénomène historique » qui défavorise l’Outaouais en matière de santé, d’éducation supérieure et de culture. L’Université du Québec en Outaouais (UQO), notamment, devrait « avoir autant de programmes qu’à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), estime-t-il. C’est le même réseau, mais l’UQO a une trentaine de programmes de moins qu’à l’UQAC. (…) Si on veut s’assurer qu’il n’y ait pas de fuite de cerveaux ni de capitaux, il faut qu’on soit capables de garder notre monde ici. »

En culture, « la région de Gatineau est la troisième au Québec en termes d’accueil des immigrants, a-t-il continué. Il faut être capables d’offrir des activités d’immersion et des activités culturelles en français. »

En après-midi, le député de Jonquière a rencontré le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin. Celui-ci aurait insisté sur son impatience par rapport à la lenteur du gouvernement fédéral à réagir au sujet du financement du projet du tramway dans l’ouest de la ville.

À ce sujet, M. Gaudreault joint sa voix à celle du premier ministre François Legault. « Je pense que le fédéral doit enfin entendre les besoins et la demande de Gatineau, a-t-il affirmé. Dès l’automne, il va falloir qu’on mette de la pression. »

« J’étais ministre des transports quand le pont Champlain tombait en morceaux, a-t-il ajouté. Des rencontres avec le fédéral, on en a fait plusieurs. On a fini par signer une entente, mais c’était parce que le pont nous tombait dessus. Il ne faut pas attendre qu’il y ait des problèmes. On a un beau projet devant nous et les gens à Gatineau sont prêts à le faire. »

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

Politique

Quatre candidats dans la course à la direction du PQ

MONTRÉAL — Ce sont finalement quatre candidats qui se feront la course pour devenir chef du Parti québécois, en octobre.

Frédéric Bastien, Sylvain Gaudreault, Guy Nantel et Paul St-Pierre Plamondon avaient déposé leur bulletin conforme au règlement du parti, vendredi, à la fin de la période de mise en candidature.

«Quatre candidats se distinguant par leurs idées et leurs propositions, mais unis par une même conviction : la nécessité de faire du Québec un pays libre», a indiqué Dieudonné Ella Oyono, président du PQ et président d’élection.

La course à la chefferie, interrompue par la pandémie jusqu’au 5 juin, s’ouvre donc officiellement. Des débats virtuels auront lieu entre le 15 août et le 2 octobre, et le scrutin par téléphone et par internet se tiendra du 5 au 9 octobre. Le prochain chef sera connu le 9 octobre, deux ans après la « défaite historique » du PQ aux dernières élections générales.

Ceux qui souhaitent avoir le droit de vote ont jusqu’au 9 septembre pour devenir membres ou sympathisants, ou jusqu’au 18 septembre pour renouveler leur carte de membre.

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, continuera d’assurer l’intérim en tant que chef parlementaire du PQ jusqu’à l’élection du nouveau chef. Le chef précédent, Jean-François Lisée, avait démissionné le soir même de la défaite électorale cuisante du PQ le 1er octobre 2018.

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

Politique

Geneviève Guilbault: allier pouvoir et prudence

«On s’en est quand même bien sortis, dans les circonstances. Mais tous ces décès-là qu’il y a eu... Si on pouvait éviter des décès dans une deuxième vague, ce serait un gros gain.»

Son débit ralentit. Geneviève Guilbault pèse ses mots. L’émotion fait surface. Durant l’heure d’entrevue, c’est à peu près le seul moment où son air s’assombrit, où elle se fait plus hésitante.

La vice-première ministre du Québec a rencontré Le Soleil au domaine Cataraqui, cette semaine, chic propriété gouvernementale de Sillery en rénovation jusqu’en octobre. Ils en sont à la toiture. Ça donne quand même de plus belles photos que le décor beige du ministère de la Sécurité publique, logé pas loin en face de Place Sainte-Foy.

L’animatrice Julie Snyder l’a proclamée «la femme la plus puissante du Québec», il y a quelques mois.

Mais en plus d’être vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, la députée et résidente de Louis-Hébert, circonscription de l’ouest de Québec, est ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale. A sous sa gouverne la Commission de la capitale nationale, organisme qu’elle a redynamisé depuis l’accession de la Coalition avenir Québec (CAQ) au pouvoir et qui gère entre autres le domaine Cataraqui.

Pas si à l’aise avec l’idée de poser, elle demande au photographe si elle peut s’asseoir «comme j’ai tendance à me placer pour vrai». Mais les questions la replongent vite dans son élément.

Longueur de retard

«Pour l’heure, je pense que le plan de déconfinement s’est bien opéré et les conséquences semblent être assez bien contrôlées. Mais il faut rester prudent. Est-ce qu’il y aura une deuxième vague? Et il y a tout l’effet combiné avec l’été, la saturation des gens qui entendent parler de la COVID et d’avoir peut-être l’impression que le risque a été surestimé», énumère-t-elle, parmi les raisons pour ne pas crier victoire trop vite sur ce coronavirus.

La région de Québec «a été relativement épargnée comparativement à d’autres régions», avec un peu plus de 3 % des décès et des cas dans la province pour près de 9 % de la population. «Mais on a tous appris, comme dans toutes les régions», dit Mme Guilbault.

L’ancienne porte-parole du Bureau du coroner constate que «l’angle mort des résidences pour personnes âgées» a ici aussi fait très mal.

À commencer par le Jeffery Hale, premier foyer d’éclosion à Québec, jusqu’aux Jardins du Haut-Saint-Laurent, qui comptent encore leurs morts, à côté de chez elle, à Saint-Augustin.

«On avait déjà des enjeux de main-d’œuvre dans la Capitale-Nationale avant la COVID. On partait avec une longueur de retard, si on veut. Ce n’était pas évident pour le CIUSSS de réussir à couvrir tous les besoins», fait-elle valoir.

Le président-directeur général du centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale, Michel Delamarre, a encore toute sa confiance.

Le mot dit maudit

Geneviève Guilbault a remplacé à quelques reprises le premier ministre Legault lors de ses fameux points de presse de 13h, durant la crise.

«C’était des grands souliers à chausser. En particulier la première fois. Tu arrives et tu espères que les citoyens vont te trouver aussi utile, aussi instructive et aussi pertinente que notre premier ministre», explique celle qui participait déjà aux réunions tenues chaque matin au bureau de M. Legault.

«Ça se décidait à court terme, les choses changeaient vite, fallait être prêt. Souvent, les décisions des annonces se prenaient le matin même. L’idée, c’était vraiment d’être utile pour le monde et d’arriver avec un message clair, parce que les gens suivaient ça religieusement.

«Les gens nous ont écoutés! poursuit-elle. C’est quand même impressionnant de repenser à ça! Du jour au lendemain, il a fallu fermer le Québec, que les gens arrêtent de vivre ou presque. Et ç’a très, très bien fonctionné! C’est impressionnant de regarder un tel mouvement social qui a pu se faire aussi rapidement et aussi, somme toute, aussi harmonieusement. Les gens ont été tellement… Je vais faire attention à mon mot...»

Elle s’interrompt. Le mot bloque dans sa gorge, refuse de sortir. Elle cherche un synonyme. Sourit.

Le mot qu’elle ne dit pas, c’est dociles. Elle l’a prononcé lors du point de presse du 29 avril. D’aucuns s’en sont sentis offusqués.

«Je ne savais pas que ce mot-là avait une connotation négative!» se défend-elle aujourd’hui, assurant y avoir vu «un pur synonyme de “respectueux des consignes”».

«Dans un point de presse que j’avais fait avant, je l’avais déjà employé, mais personne n’avait semblé remarquer. Alors je l’ai redit. Mais là, quand je suis sortie, on marchait la passerelle [vers le bureau du premier ministre] et les gens de l’équipe me disait : “Twitter... Dociles...” J’étais très surprise! Il n’y avait aucune malice derrière ça. 

«Je suis tout de suite allée googler le mot docile et effectivement, ça peut avoir une mauvaise connotation. Alors j’ai fait mon petit tweet pour dire que j’avais mal choisi mon terme. Mais en fin de compte, c’est cocasse», estime celle qui a ainsi ajouté à son capital d’autorité.

Maman multitâche

À 37 ans et mère de deux jeunes enfants — elle a accouché le 4 janvier et est revenue au travail une semaine avant le confinement —, Mme Guilbault a connu un printemps multitâche.

Mi-avril, elle a publié une photo sur ses réseaux sociaux où on la voit installée dans son fauteuil voisin de ce qu’on devine être une couchette, téléphone dans la main droite, dans la gauche un stylo planté sur des dossiers en équilibre sur ses cuisses, avec entre les bras le petit Christophe emmailloté dans le porte-bébé.

«Ç’a l’air mis en scène, mais non! C’était ma vraie vie, pas maquillée, pas rien, avec le bébé et je parlais au téléphone. Et s’il faisait trop de bruit, je le donnais à l’homme!» lance-t-elle en rigolant, rendant hommage à son conjoint.

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Politique

Transports en commun: il faut obliger le port du masque, martèle Anglade

Québec doit arrêter de «tergiverser» et rendre le port du masque obligatoire dans les transports en commun, tranche la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

En entrevue, elle dit ne pas comprendre pourquoi le Québec n’a pas encore emboîté le pas à Toronto qui, le 11 juin, décrétait l’obligation de porter le masque dans les transports collectifs dès le 2 juillet.

Cela est d’autant plus incompréhensible que le directeur de santé publique du Québec, Horacio Arruda, s’est récemment dit «préoccupé» par le relâchement des Québécois qui se déconfinent, dit-elle.

Même s’il s’inquiète du relâchement, le Dr Arruda n’a toujours pas imposé le masque dans les transports en commun. Il a toutefois affirmé, jeudi, étudier cette possibilité de «très très près».

«Je ne veux pas faire d’annonce aujourd’hui par rapport à ça. Mais disons que, dans nos intentions, c’est quelque chose qu’on regarde beaucoup», a-t-il déclaré en point de presse.

«Il nous le dit, il nous dit: «Je suis très préoccupé par le relâchement des mesures». Bien si vous êtes très préoccupé, posez le geste qui s’impose», a réagi Mme Anglade, incrédule.

Être mieux préparés

L’idée, selon Mme Anglade, est d’être mieux préparés dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19.

«Là-dessus, la science a démontré qu’on était mieux protégés dans des endroits où on n’est pas capable de maintenir une distance avec un port du masque», insiste-t-elle, accentuant la pression sur les autorités.

Québec doit «minimalement» obliger le port du masque dans les transports collectifs, tels que les trains de banlieue, le métro et les autobus, croit-elle.

Ensuite, la cheffe libérale ne s’oppose pas à ce que, suivant une analyse de la santé publique, l’obligation de porter un masque soit élargie à d’autres secteurs.

Dans tous les cas, la question du port du masque obligatoire dans les transports en commun aurait déjà dû être réglée au Québec, estime Dominique Anglade.

«Je ne comprends pas qu’on soit encore en train de tergiverser sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun. Je ne comprends pas!» a-t-elle lancé.

«On a déjà eu des résultats assez catastrophiques. L’idée maintenant, c’est qu’on soit capable d’être mieux préparés.

«S’il y a une raison pour laquelle on se retrouve dans cette situation-là aujourd’hui, c’est justement parce qu’on n’a pas été assez bien préparés», a-t-elle ajouté.

Proposition du PQ

Le Parti québécois (PQ) avait proposé, le 13 mai dernier, le port du masque obligatoire dans les transports collectifs et lieux publics de Montréal.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, avait alors demandé au gouvernement de faire preuve de «leadership» et de protéger les citoyens de Montréal et des banlieues, plus touchés par la pandémie.

«Moi, je vais vous en donner une position claire du Parti québécois: à partir de maintenant, que le port du masque soit obligatoire dans tous les services de transport en commun et dans les lieux publics à Montréal», avait déclaré M. Bérubé en point de presse à l’Assemblée nationale.

«C’est la position du Parti québécois. Alors, rien n’empêche le gouvernement du Québec de décréter ça dans les prochains jours ou les prochaines heures, et on va l’appuyer fortement», avait-il ajouté.

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne publié vendredi, le port du masque semble être la mesure préventive la moins suivie, en particulier par les jeunes.

Seulement 42 % des Québécois interrogés ont affirmé porter le masque de façon régulière dans les lieux publics depuis le début de la crise, dont à peine 27 % des personnes âgées de 18 à 34 ans.

D’autre part, 74 % des Québécois anticipent une seconde vague de COVID-19 au cours des prochains mois.

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’historien Frédéric Bastien se proclame candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - L’historien Frédéric Bastien affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Sur le site web dédié à sa campagne au leadership, il est écrit qu’il a obtenu plus que les 2000 signatures exigées pour demeurer dans la course à la chefferie du PQ.

Plus tôt cette semaine, l’humoriste Guy Nantel a lui aussi annoncé qu’il avait recueilli le nombre requis de signatures.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, de même qu’un ancien candidat à la direction, Paul Saint-Pierre-Plamondon, avaient déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

Le Règlement d’élection à la chefferie du Parti québécois prévoit que la date limite de la période de signature du bulletin est ce vendredi, le 26 juin, la date qui correspond avec le début officiel de la course.

Le Règlement stipule que les 2000 signatures doivent provenir d’au moins 9 régions administratives ainsi que d’au moins 50 associations locales différentes, le tout avec un minimum de 10 signatures dans chacune de ces 9 régions et chacune de 50 associations locales. Le bulletin doit également comporter la signature de 10 présidences locales.

La présidence d’élection peut confirmer à une personne candidate la validité de sa candidature dès la vérification terminée.

Au maximum cinq jours après le 26 juin, la présidence d’élection enverra aux électeurs la liste officielle des candidatures. L’identité de la personne qui dirigera le PQ devrait être connue le 9 octobre prochain.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

Politique

«Défaite et victoire du Québec», une déclaration de Legault qui ne passe pas

L’opposition veut que François Legault cesse de dire que le Québec a connu une défaite dans les CHSLD et une victoire dans la communauté.

Encore mercredi, le premier ministre déclarait dans une vidéo pour la Fête nationale: «On a connu une défaite dans nos centres de soins de longue durée (...) mais on ne doit pas oublier que dans le reste de la société, les Québécois ont gagné».

Cette métaphore sportive ne devrait plus jamais être utilisée, selon les trois partis d’opposition, qui accusent le gouvernement de relativiser les pertes de vie dans le but de faire passer un message positif et d’améliorer son image.

Le gouvernement Legault serait même à la limite de l’âgisme, soutient-on.

Par exemple, jamais M. Legault ne se serait permis de dire une chose pareille si la mort avait frappé des enfants, a illustré Québec solidaire (QS).

«Imaginez si M. Legault avait dit: «Mis à part dans les pouponnières, on a bien géré ça». Ça aurait été un scandale total, il ne se serait jamais permis de dire ça», a déclaré en entrevue le député Sol Zanetti.

Selon lui, il est «très problématique» que le premier ministre fasse le bilan de la première vague de la pandémie «en excluant les aînés».

«C’est comme si en ce moment il disait: «Écoutez, la situation des feux de forêt au Québec, si on exclut le Lac-Saint-Jean, ça va très bien, c’est sous contrôle». Dire ça, c’est dire: «Le Lac-Saint-Jean, ça ne compte pas tant que ça».

«Quand on dit: “À part les CHSLD au Québec, on gère bien la crise et on peut se féliciter”, bien on est en train de dire: “Les aînés, c’est moins grave”. C’est ça que ça sous-entend», a martelé M. Zanetti.

Réécrire l’histoire

Le Québec affiche l’un des pires bilans au monde avec ses 5448 décès liés à la COVID-19.

Dans ce contexte, la métaphore de M. Legault est «totalement inadmissible», malaisante et irrespectueuse envers les victimes et leurs familles, estime également le Parti québécois (PQ).

«On tente de faire disparaître le bilan négatif particulièrement chez les personnes aînées en institution, a déclaré son porte-parole en santé, Joël Arseneau. On dit: “Oubliez les CHSLD, ça n’existe pas, c’est une quantité négligeable, c’est un bilan positif”.»

Parler de victoire dans ces conditions, c’est faire fi de la réalité et tenter de «réécrire l’histoire», a renchéri la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.

«C’est d’essayer de dépeindre une histoire qui n’est pas exacte, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. Je pense que quand on fait ça, on essaie de ne pas voir la réalité en face.»

Selon la cheffe libérale, les Québécois ensemble n’ont mené qu’une seule bataille, et ils doivent «prendre acte» du résultat: «On a perdu cette bataille-là.»

Mme Anglade soutient qu’il faut admettre les ratés si on veut pouvoir les corriger avant une deuxième vague.

Elle se demande si le gouvernement a vraiment tiré des leçons de la première vague, dans la mesure où l’on tergiverse encore sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun.

«Est-ce qu’on a tiré des leçons quand on rend les informations moins disponibles, qu’on est moins transparent et qu’on ne prend pas des décisions de précautions de base?»

Manque de transparence

Jeudi, l’opposition a déploré la décision de Québec de ne plus offrir de mise à jour du nombre de cas ou de décès qu’une fois par semaine.

Cette décision vise également à «masquer» une partie de la réalité, selon le PQ.

«On ne révélera pas les chiffres, donc on va continuer à pouvoir dire à peu près ce qu’on veut sur la situation, sans nécessairement que ce soit appuyé par des données réelles», prévient M. Arseneau.

En conférence de presse jeudi à Montréal, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est défendu de vouloir cacher de l’information. Il a expliqué que la décision n’était pas politique, et qu’elle avait été prise parce que la situation épidémiologique au Québec s’était stabilisée.

D’Ottawa, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est quand même montré critique: «Je pense qu’au Québec, on continue de voir de nouveaux cas à tous les jours. Et c’est important de voir comment cette situation est en train d’évoluer. J’espère que le premier ministre Legault va continuer d’être ouvert et transparent avec les citoyens comme il l’est depuis le début», a-t-il déclaré.

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

Politique

L’humoriste Guy Nantel candidat officiel à la direction du PQ

MONTRÉAL - Guy Nantel affirme qu’il est maintenant officiellement candidat à la course à la direction du Parti Québécois (PQ).

Dans une note transmise sur sa page Facebook cette semaine, l’humoriste âgé de 51 ans signale qu’il a recueilli 2500 signatures de bulletin de candidature; il remercie les signataires.

L’humour de Guy Nantel fait dans le sociopolitique depuis longtemps et il ne s’est jamais caché d’être souverainiste.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, un ancien candidat à la direction, et Paul Saint-Pierre-Plamondon ont déjà fait savoir que leur candidature était officielle.

La course à la direction du Parti québécois a été lancée à la fin de l’an dernier, mais elle a été suspendue pendant la crise du coronavirus puisque les rassemblements étaient proscrits.

Le PQ est sans chef depuis la démission de Jean-François Lisée le soir des élections générales du 1er octobre 2018, lorsque la formation a encaissé une défaite historique. C’est le député de Matane, Pascal Bérubé, qui assume l’intérim.

Projet de loi 161: le gouvernement Ford refuse les amendements proposés par les libéraux

Politique

Projet de loi 161: le gouvernement Ford refuse les amendements proposés par les libéraux

TORONTO - Un projet de loi déposé à Queen’s Park par le gouvernement Ford en décembre dernier servant à mettre au goût du jour certains aspects du monde juridique en Ontario fait l’objet de frustrations chez le Parti libéral de l’Ontario.

Le procureur général de l’Ontario Doug Downey a ouvert un débat public sur la réforme du système juridique de l’Ontario, en décembre dernier. La législation de la province sur l’aide juridique et sur les recours collectifs n’avaient pas été modifiés depuis plus de 20 ans. 

Le texte omnibus modifie des lois liées aux recours civils et aux tribunaux de justice, entre autres, et vise à simplifier les procédures judiciaires pour un meilleur accès à la justice. 

La députée libérale Lucille Collard, porte-parole du dossier du Procureur général, a proposé une série de 23 amendements au projet de loi 161 du gouvernement ontarien, la semaine dernière. 

Selon elle, tous les changements que le gouvernement apporte dans cette loi «semblent réduire la responsabilisation du gouvernement, en plus de pourvoir moins de droits aux communautés et aux individus», entre autres pour les Franco-Ontariens. 

L’une des modifications à la Loi sur les recours collectifs inclut notamment la rédaction des avis dans les deux langues officielles. 

La nouvelle loi proposée par le gouvernement vise aussi à tenir compte des besoins «en matière d’aide juridique des particuliers et des collectivités en Ontario, y compris les particuliers et les collectivités autochtones et francophones». 

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

Politique

Le Canada souligne le 70e anniversaire de la Guerre de Corée malgré la pandémie

OTTAWA - Des couronnes de fleurs ont été déposées et le chant d'un seul clairon a résonné près du Parlement dimanche matin, lors d'une modeste cérémonie soulignant le 70e anniversaire du début de la Guerre de Corée.

Un petit groupe de dignitaires canadiens et coréens ont assisté à la cérémonie, en compagnie d'une poignée d'anciens combattants qui ont participé au conflit.

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Politique

Harcèlement psychologique au parlement: un député visé par une plainte

Malgré les beaux discours qui en émanent et son aura de respectabilité, l’Assemblée nationale du Québec n’est pas un lieu de travail à l’abri du harcèlement, tant psychologique que sexuel.

La dernière année a donné lieu à une nouvelle série de signalements et de plaintes sur ce qui se trame parfois derrière les portes closes des bureaux parlementaires. Au total : 11 plaintes formelles de harcèlement psychologique ont dû être examinées. Un cas de harcèlement sexuel a aussi été signalé.

Les représentants du peuple ne donnent pas toujours l’exemple : un élu de l’Assemblée nationale, député ou ministre, a fait l’objet d’une plainte formelle de harcèlement psychologique, dans le cadre de ses fonctions, au cours des derniers mois.

L’élu mis en cause est-il un homme? Une femme? Simple député d’arrière-ban ou ministre en vue? Membre de l’équipe gouvernementale ou de l’opposition? Impossible de le savoir. Et quels faits lui reproche-t-on? On n’en saura pas davantage. Et la victime alléguée, quel était son lien d’emploi avec le présumé harceleur? Pas de réponse.

Le rapport annuel 2020 du harcèlement au travail produit par l’Assemblée nationale et rendu public récemment se contente de fournir le strict minimum d’informations sur les faits rapportés, sous prétexte de garantir la confidentialité absolue aux personnes impliquées.

Ce rapport, qui s’appuie sur la politique de prévention du harcèlement à l’Assemblée nationale, est d’une opacité totale. Une firme a d’ailleurs reçu récemment le mandat de revoir les fondements de cette politique, adoptée en 2015, et de formuler des recommandations à l’Assemblée, d’ici décembre.

En attendant, qu’on se le tienne pour dit, «toute autre information au sujet de la nature des plaintes, des personnes plaignantes ou des personnes mises en cause sont des renseignements personnels de nature confidentielle et l’Assemblée ne peut donc y répondre», a commenté la porte-parole de l’Assemblée nationale, Julie Champagne, en réponse à une demande de précisions formulée par La Presse canadienne cette semaine.

Cette année, l’Assemble nationale a dû aussi traiter un signalement de harcèlement sexuel, dossier qui n’a cependant pas donné lieu au dépôt d’une plainte en bonne et due forme. Comme il se doit, le rapport ne dit rien de la nature des gestes reprochés et ne fournit aucune indication sur la personne visée par cette allégation.

Les signalements et les plaintes peuvent provenir d’un employé de cabinet (de ministre ou de député) ou d’un membre du personnel de l’Assemblée nationale.

S’il y a plainte, le processus d’examen est assumé par une firme externe, qui doit évaluer si elle est recevable. Au besoin, une enquête sera instituée.

Au total, durant l’année, 10 personnes reliées à l’Assemblée nationale ont affirmé avoir fait l’objet d’une forme ou d’une autre de harcèlement, possiblement de la part d’un élu. De ce nombre, la plupart du temps (7 cas sur 10) il s’agissait de dénoncer le fait d’avoir subi du harcèlement psychologique. On a relevé un seul cas de dénonciation de harcèlement sexuel. Les deux autres portaient sur d’autres types de comportements.

Au total, par la suite, 11 plaintes formelles ont été déposées, toutes ayant trait à du harcèlement psychologique. Deux de ces dossiers sont toujours sous enquête.

Formation: des députés fautifs

Pendant ce temps, plusieurs élus se font tirer l’oreille, remettant sans cesse à plus tard la formation offerte, pourtant obligatoire, visant à prévenir toute forme de harcèlement au parlement.

En tant qu’employeurs, les députés doivent suivre une formation sur la prévention du harcèlement en milieu de travail, tant psychologique que sexuel. Cette formation ne dure que deux heures.

Or, il s’est écoulé 20 mois depuis l’élection d’octobre 2018 et près de 14 % des députés (soit 17 sur 125) ne l’ont toujours pas suivie, la plupart appartenant au groupe parlementaire formé par la Coalition avenir Québec (CAQ). En novembre, le gouvernement s’était pourtant engagé à ce que tous les députés caquistes aient reçu la formation au plus tard en février dernier.

Une nouvelle session de formation, qui comporte un volet théorique et des mises en situation, est prévue à l’automne pour accommoder les retardataires.

Au cours de l’année, deux ministres ont défrayé la manchette en raison de relations difficiles avec leurs employés.

Du côté de la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, Québecor a rapporté que 14 employés de son cabinet avaient démissionné en un an, en dénonçant un climat de travail toxique.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dû présenter des excuses publiques après avoir annoncé qu’elle avait congédié certains de ses employés pour incompétence. Blessées, les personnes en cause avaient réagi en réclamant des excuses.

Par ailleurs, Québecor a rapporté cette année que l’ancien député et ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon a été visé par des allégations d’attouchements sexuels, qui se seraient produits en 2011 au parlement. Comme il n’y a pas eu de plainte déposée par la députée belge à l’origine de l’histoire, l’Assemblée nationale n’a pas ouvert d’enquête. M. Chagnon a nié catégoriquement les allégations.

Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

Politique

Travail-famille: un sceau pour les meilleurs employeurs

EXCLUSIF / Le ministère de la Famille veut reconnaître les entreprises qui mettent en place de bonnes mesures pour la conciliation famille-travail. Un sceau distinctif sera décerné aux employeurs pour souligner leurs pratiques organisationnelles, a appris Le Soleil.

Le ministre Mathieu Lacombe en fera l’annonce lundi, à Montréal. La pandémie aura accentué le besoin d’innover en terme de conciliation travail-famille-études. Beaucoup de Québécois ont été forcés de travailler à la maison, et avec les écoles fermées, les enfants agissaient comme de nouveaux collègues. 

Le gouvernement accordera 900 000 $ à deux organismes pour revoir l’organisation du travail en ce sens. Le Réseau pour un Québec Famille (RPQF) bénéficiera de cette aide, il chapeaute le Programme de reconnaissance conciliation famille-travail et collabore avec le gouvernement depuis un bon moment déjà.

D’ailleurs, l’annonce de ce sceau distinctif devait avoir lieu au mois de mars, au moment où la crise sanitaire a éclaté. Le nouveau programme destiné aux employeurs est devenu encore plus pertinent pendant la pandémie.

Le RPQF décernera donc le sceau aux entreprises qui se démarquent, plusieurs critères devront être respectés.

Pour les parents

En plus d’offrir de l’encadrement aux employeurs pour les aider à appliquer des mesures acceptables pour la conciliation travail-famille, le gouvernement espère offrir des outils aux parents. Selon un sondage Léger réalisé en 2018, 49 % des parents se disent réticents à utiliser les mesures en place par leurs employeurs.

Le deuxième organisme qui touchera une partie du montant investi, la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF), essaiera de faire diminuer ce pourcentage. Leur tout nouveau projet permettra de joindre, d’accompagner et d’outiller les parents afin qu’ils utilisent davantage les mesures de conciliation famille-travail-études offertes par leur employeur ou leur établissement d’enseignement.

L’objectif du gouvernement est de faciliter en partie la vie des parents et employeurs, surtout en période de reprise économique. L’annonce de lundi couvre plusieurs aspects de la conciliation famille-travail.

Décision de la Cour suprême: Lucille Collard déçue de la réaction «tiède» de la ministre Mulroney

Politique

Décision de la Cour suprême: Lucille Collard déçue de la réaction «tiède» de la ministre Mulroney

TORONTO — La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, a envoyé au Droit une réaction «tiède» à la décision historique de la Cour suprême du Canada, la semaine dernière, juge la députée libérale ontarienne Lucille Collard.

La Cour suprême du Canada a tranché en faveur de parents de la Colombie-Britannique qui demandaient une éducation en français équivalente pour leurs enfants à celle offerte en anglais, la semaine dernière. 

La décision a suscité une vague de commentaires positifs et de réactions élogieuses de la part de politiciens et d’acteurs de la francophonie canadienne. 

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

Politique

Erin O’Toole porte plainte à la police contre l’équipe de Peter Mackay

OTTAWA — L’équipe de campagne du candidat à la direction du Parti conservateur du Canada Erin O’Toole déclare avoir déposé une plainte officielle auprès de la police et demande que les autorités enquêtent sur l’organisation de son rival Peter MacKay.

La campagne d’Erin O’Toole indique que la plainte implique le vol de données confidentielles de campagne et de stratégies, ce que nie la campagne de Peter Mackay.

«Notamment le vol de vidéoconférences Zoom, comprenant les vidéoconférences de stratégies de campagne confidentielle ainsi que des vidéoconférences avec des membres du Parti conservateur à travers le Canada», peut-on lire dans le communiqué émis par l’équipe d’Erin O’Toole.

Selon une enquête interne de l’équipe d’Erin O’Toole, «l’organisateur principal de la campagne Mackay, Jamie Lall, a obtenu des informations de connexions confidentielles de la campagne O’Toole le 5 juin».

Toujours selon l’équipe d’Erin O’Toole, les téléchargements volés ont eu lieu les 5, 7, 8, 9 et 11 juin, en provenance de Calgary et Toronto.

La campagne d’Erin O’Toole a précisé que les informations détaillées ont été partagées avec la Gendarmerie royale du Canada et la Police provinciale de l’Ontario ainsi que le Service de police de Toronto.

En début de nuit, la directrice de campagne de Peter Mackay pour le Québec a réagit aux accusations dans message envoyé à La Presse canadienne.

«Il est assez amusant de recevoir cette accusation tard un vendredi après une mauvaise semaine pour la campagne O’Toole. Si quelqu’un de la campagne O’Toole a divulgué des informations, la campagne O’Toole devrait parler à ses bénévoles», a écrit Catherine Major.

La directrice de campagne de Peter Mackay a également laissé entendre que ces accusations pourraient être «une tactique de leur campagne pour faire oublier les mauvaises performances de Erin O’Toole dans les débats.»

François Legault: orchestrer le chaos

Politique

François Legault: orchestrer le chaos

«La nuit, je me levais pour prendre des notes et j’arrivais à la réunion du matin avec deux pages de questions. Je leur ai fait construire beaucoup de tableaux qui n’existaient pas. Je disais : “On va prendre les CHSLD un par un. Combien de cas? Combien de décès? Classez-moi ça, vert, jaune, rouge.”»

François Legault est visuel. Le comptable de formation a toujours aimé comprendre ou expliquer à l’aide de tableaux, de graphiques, de schémas. Illustrer les chiffres.

Le long pupitre où il travaille chaque jour était rempli de dossiers, quand le premier ministre a reçu Le Soleil dans son bureau de la colline parlementaire à Québec, cette semaine. L’hôte a pris la peine de tasser une pile pour être en mesure de bien voir ses interlocuteurs, en face de lui, le temps de l’entrevue.

Le meuble en bois blond derrière lequel il s’assoit est un cadeau de fête offert par l’Union nationale à Maurice Duplessis, en 1958. Dix-sept premiers ministres s’y sont installés avant M. Legault. Aucun autre n’a eu à gérer une pandémie qui a fauché la vie à plus de 5000 Québécois.

Samedi, cela fait 100 jours que le Québec vit sous l’état d’urgence sanitaire déclarée par le gouvernement Legault pour combattre le virus de la COVID-19.

M. Legault revient sur ses fameux points de presse menés chaque début d’après-midi depuis le 12 mars, flanqué du directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, et de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. 

«Ç’a été improvisé», assure-t-il. «On ne s’est pas dit : “On va faire ça à 13h!” On a commencé à faire ça à 13h la première journée et on a continué les journées suivantes.»

Routine qui a maintenant pris fin de façon non officielle, «à moins qu’il arrive quelque chose de spécial», précise-t-il.

Faire peur au monde

Cette apparition quotidienne d’une heure à l’écran, souvent plus regardée que District 31 ou La Voix, nécessitait des heures de préparation pour aboutir à une courte adresse sentie à la nation avant de répondre aux questions des journalistes. Celui qui a été ministre de la Santé il y a 17 ans, pendant 15 mois, a surtout eu besoin d’approfondir ses connaissances en santé publique.

«Une part du succès [du confinement], c’est parce que les gens écoutaient à 13h et ont suivi les consignes. C’est au Québec que les directives ont été le plus suivies et il y a un lien à faire avec l’émission de 13h. Les gens me voyaient un peu comme le père de famille», analyse M. Legault.

Arme qu’il a plus tard réalisé être à double tranchant, au moment du déconfinement. 

«Les Québécois avaient déjà peur. On a peut-être trop bien réussi notre opération de 13h», réfléchit tout haut le premier ministre.

Mais il a encore sur le cœur les commentaires de certains qui ramaient à contresens, de son point de vue. Comme la députée de l’opposition péquiste Véronique Hivon au moment de rouvrir les écoles, début mai.

«Véronique Hivon est sortie pour dire : “Ça n’a pas de bon sens qu’on pense rouvrir les écoles et mettre à risque nos enfants!”» rappelle-t-il, appuyant sur le mot enfants pour en accentuer la gravité.

«Comme si on les retournait à la guerre, presque... Mais il faut expliquer l’envers de la médaille! Que si un enfant ne retourne pas à l’école avant septembre et qu’il a des difficultés d’apprentissage, ne pas aller à l’école pendant six mois, c’est très grave pour cet enfant-là! Et je savais par la Santé publique que les risques pour les jeunes étaient très limités. Mais faire peur au monde, c’est facile.»

En plus des critiques de l’opposition, les doutes fusaient dans ses propres rangs. «Des gens en communications me disaient aussi : “Si jamais la réouverture des écoles primaires en régions ne va pas bien, votre vie politique est finie, M. Legault! Pensez-y deux fois!” Mais il faut penser au bien des enfants aussi. Et ç’a bien été», se félicite-t-il aujourd’hui.

Il manquait d’information

Comme un écho de lui-même. «Ça va bien aller!» Le Québec a entendu son premier ministre répéter le slogan à compter du 24 mars. «Ç’a bien été, sauf dans les CHSLD», admet-il maintenant avec humilité.

«Je pense qu’on a été transparents», affirme-t-il, avec un peu de recul. «Des gens ont essayé à un moment donné de dire qu’on ne l’était pas, mais c’est tout simplement parce que je n’avais pas les informations, moi le premier! Parce qu’on a un système d’information qui est archaïque à la Santé, en fait dans beaucoup de ministères au gouvernement du Québec», déplore-t-il. On pense entre autres aux déclarations de décès par fax.

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

Politique

Les députés bloquistes claquent la porte de la Chambre parce que Singh y parle

OTTAWA — Les bloquistes n’ont pas réussi à empêcher Jagmeet Singh de prendre la parole aux Communes, jeudi, au lendemain de l’insulte lancée par le chef néo-démocrate à un député bloquiste. Ils ont donc décidé de quitter les lieux et de ne pas y être chaque fois que M. Singh y parlera.

Dès que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) s’est levé pour poser une question, comme il est d’usage de le faire quatre jours par semaine, en comité plénier pour parler de la COVID-19, la whip bloquiste Claude DeBellefeuille a bondi pour faire un appel au règlement.

«Il a insulté le député de La Prairie, Alain Therrien (...). Il l’a traité à quatre reprises de «raciste»», a rappelé la députée.

«Il a aussi contesté votre autorité quand vous lui avez demandé de s’excuser, il a refusé. Vous l’avez expulsé de la Chambre. Je vous redemande à nouveau, M. le président, de ne pas le reconnaître aujourd’hui», a-t-elle plaidé à l’arbitre des Communes.

Le président Anthony Rota a alors invoqué les règles parlementaires précises pour expliquer pourquoi M. Singh pouvait être dans le même décor que la veille et prendre parole.

M. Singh a été expulsé pendant une séance normale de la Chambre, mercredi. Jeudi, on était en comité plénier.

«J’ai passé un règlement... à la Chambre», a répondu le président Anthony Rota à Mme DeBellefeuille, lui promettant une décision pour l’avenir de M. Singh en Chambre lorsque celle-ci sera convoquée à nouveau, soit le 8 juillet, pour une journée.

«Je vais prendre le temps d’y réfléchir et avoir une réponse (...) avant la prochaine session (de la Chambre). Pour aujourd’hui, dans le comité, nous allons continuer comme normal. Alors, je reconnais M. Singh», a-t-il tranché.

«Si on permet à un député, à un chef de parti, d’insulter un autre député, qu’est-ce qui va nous arriver tous ici? Vous avez le droit d’insulter un collègue et vous avez une journée d’expulsion seulement. Ça fait pas sérieux, M. le président», a protesté la whip bloquiste.

Le président ayant tranché, M. Singh a pu enchaîner en posant des questions au premier ministre sur ses intentions de s’attaquer concrètement au racisme systémique.

Les trois députés bloquistes sur place, Mme DeBellefeuille, M. Therrien et Marilène Gill, se sont levés et sont sortis.

«Tant et aussi longtemps que le chef du NPD ne s’excusera pas, les députées et députés du Bloc québécois ne siégeront pas en présence de Jagmeet Singh», a écrit à La Presse canadienne une porte-parole de la formation politique, en spécifiant que le boycott ne s’exercerait que pendant les temps de parole de M. Singh.

Le matin, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, avait indiqué qu’il ne passerait pas l’éponge tant que M. Singh ne présentait pas d’excuses.

Chez les néo-démocrates, on estime que la punition imposée par le président de la Chambre, l’expulsion de M. Singh, est terminée. Et toujours pas question d’excuses.

M. Singh a traité de «raciste» le député Alain Therrien, leader parlementaire bloquiste, parce que le Bloc a refusé l’unanimité de la Chambre pour l’adoption d’une motion qui affirme qu’il y a du racisme systémique à la GRC.

Le Bloc a expliqué que comme il venait d’appuyer une demande néo-démocrate d’une étude, en comité parlementaire, du racisme systémique dans les corps de police, y compris la GRC, la motion était prématurée.

Selon M. Blanchet, depuis mercredi après-midi, les médias sociaux de sa formation politique sont assaillis par des accusations de racisme.

«C’est déplorable pour tous les élus et pour tous les gens qui travaillent au Bloc québécois. On se fait tous traiter de racistes en même temps, en tas», a-t-il rapporté, lors d’un point de presse jeudi matin.

Le Bloc québécois a refusé de dire s’il contemplait la possibilité de recours légaux, M. Singh ayant répété l’insulte hors de la Chambre, mercredi en fin de journée, sans la protection du privilège parlementaire.

«J’ai un immense malaise avec cette histoire-là. J’ai un immense malaise avec l’idée que ça s’étire et que ça perdure. (...) J’aimerais ça que ça finisse», a simplement répondu M. Blanchet.

Au parti, on indique qu’Alain Therrien «réfléchit à ses diverses options» et que la décision d’aller plus loin ou pas sera la sienne.