Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, qualifie l'entreprise Énergie Brookfield de «bon citoyen corporatif» malgré les événements.

Poissons morts: Lacombe rassuré par la collaboration des entreprises visées

Au lendemain de l’annonce de la cause exacte de la mort de milliers de poissons dans les rivières des Outaouais et du Lièvre cet été, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, se dit rassuré par la bonne collaboration de l’entreprise Énergie Brookfield, qu’il qualifie de «bon citoyen corporatif».

«Ils n’ont pas nié les résultats de notre enquête, ils sont prêts à collaborer et moi je suis heureux d’entendre ça. Je suis heureux aussi de pouvoir confirmer encore une fois, parce que je l’avais déjà fait, qu’il n’y a jamais eu de risque pour la santé humaine et que c’est vraiment un surplus d’oxygène dans l’eau qui a causé la mort des poissons. J’ai confiance que l’entreprise va se soumettre à ce qu’on lui a demandé, qu’elle prendra des mesures pour s’assurer que l’on puisse bien surveiller la situation pour éviter que ça se reproduise», dit-il.

M. Lacombe se porte à la défense du ministère de l’Environnement lorsqu’on lui demande s’il est raisonnable qu’il se soit écoulé plus d’un mois entre la première vague de poissons morts et l’élucidation du mystère.

«Il faut vraiment voir ça de l’intérieur pour constater à quel point, dans des cas comme ça, les équipes travaillent fort. C’est un cas qui n’était pas évident parce qu’on a dû y aller par élimination, donc il a fallu éliminer la thèse du déversement toxique par exemple, ensuite on a éliminé la thèse d’un manque d’oxygène dans l’eau. Rapidement, on a quand même été capable de dire qu’il n’y avait pas de problème pour la santé humaine, donc on apportait des bouts de solution petit peu par petit peu et il faut dire que la cause de la mort des poissons, c’est une cause exceptionnelle. Ça n’arrive que très rarement. Les équipes ont vraiment fait du brainstorming pour voir de quoi il pouvait s’agir. [...] Je suis satisfait du travail qui a été fait», lance le ministre.

Rappelons que jeudi, le ministère de l’Environnement a résolu le mystère en annonçant que c’est «un phénomène de sursaturation en gaz dissous » causé par les opérations de la centrale hydroélectrique Masson qui est à l’origine de la mort des poissons ces dernières semaines, un dossier qui pourrait mener au dépôt d’une poursuite pénale.

Au sujet d’une possible poursuite, M. Lacombe n’a pas voulu trop s’avancer, mais a indiqué que l’entreprise n’avait, à son sens, aucune mauvaise intention.

«Il faudra voir quel sera le résultat de cette enquête-là en bonne et due forme, en fait il faudra voir si le gouvernement décidera de déposer quelque chose de cette nature-là. En même temps, Brookfield est un bon citoyen corporatif et ils offrent une bonne collaboration. C’est une réaction qui s’est produite notamment en raison des inondations, en raison du débit de production, je dirais. Je pense qu’eux-mêmes ont été surpris de ça», ajoute-t-il.

Réaction d’Énergie Brookfield

Ne souhaitant pas accorder d’entrevue sur le sujet pour l’instant, la filiale canadienne d’Énergie Brookfield, Evolugen, indique dans un communiqué que ses vérifications se poursuivent et qu’elle continue de collaborer avec les autorités gouvernementales.

«Tel que mentionné par le sous-ministre adjoint [Michel Rousseau], les inondations exceptionnelles de ce printemps ainsi que les forts débits d’eau ont causé des niveaux inhabituellement élevés de débris dans la rivière du Lièvre ce qui a résulté à un nettoyage plus fréquent qu’à l’habitude de nos installations. [...] Nous opérons avec les plus hauts standards à travers le monde et en conformité avec les lois de chacune des juridictions où se trouvent nos installations», indique-t-on.

L’entreprise précise ne jamais avoir vécu un tel événement durant ses décennies d’opération et affirme demeurer engagée àfaire de la protection de l’environnement une priorité.