Le ministre Benoit Charette avançait plutôt que les installations de la centrale hydro-électrique Brookfield sur la rivière du Lièvre étaient liées à ces mortalités d’animaux aquatiques.

Poissons morts en Outaouais: « Il manque des morceaux à ce casse-tête-là »

La cause exacte entourant les quatre épisodes de poissons morts aux abords de la rivière des Outaouais depuis le début du mois de juillet demeure toujours inconnue à ce jour.

Jeudi dernier, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques affirmait exclure totalement la thèse d’un déversement chimique. Le ministre Benoit Charette avançait plutôt que les installations de la centrale hydro-électrique Brookfield sur la rivière du Lièvre étaient liées à ces mortalités d’animaux aquatiques.

Chez Garde-Rivière des Outaouais « on essaie toujours de comprendre sur quelles bases ils ont été en mesure d’exclure la thèse d’un déversement chimique ».

« Après le troisième et le quatrième incident, des échantillons ont été faits sur l’eau ainsi que sur les poissons, indique Patrick Nadeau, directeur général de Garde-Rivière des Outaouais. À notre connaissance, les résultats de laboratoire ne sont même pas encore rentrés donc il manque des morceaux à ce casse-tête-là. Après la toute première fois que le ministère de la Faune a testé les poissons au laboratoire, les analyses disaient que la cause la plus probable était une intoxication. C’est assez pour qu’on se pose des questions. On se demande quelle information le ministère peut bien avoir entre les mains pour pouvoir dire de façon catégorique que ce n’est pas un déversement chimique. »

Selon M. Nadeau, lorsqu’on nomme une entreprise comme Brookfield publiquement, le gouvernement « a le devoir » d’informer l’entreprise sur la cause probable qui aurait causé ces mortalités.

« Brookfield s’est vue nommée sur la place publique et quatre jours après cette annonce-là [lundi], les gens chez Brookfield ne savent toujours pas précisément ce qui leur est reproché, déplore-t-il. Ça veut dire que si c’est réellement Brookfield le problème, au moment où on se parle, ils n’ont pas les informations nécessaires pour prévenir un autre incident, car ils ne savent pas où regarder. »

« On ose croire que le ministère, pour nommer une entreprise comme ça publiquement, a de très bons motifs, ajoute M. Nadeau. Mais nous, à partir des informations qu’on dispose en ce moment, on ne voit pas ce serait quoi le mécanisme défectueux. »

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’a pas répondu aux questions du Droit lundi.