Le mystère des poissons morts sur les berges de la rivière des Outaouais reste entier. L’enquête se poursuit.

Poissons morts au bord de la rivière des Outaouais: le mystère reste entier

Le mystère reste entier sur ce qui a pu entraîner la mort de centaines de poissons dans la rivière des Outaouais. Rien n’indique pour l’instant qu’un déversement est en cause, mais des ministères des deux côtés de la frontière interprovinciale continuent d’effectuer des vérifications.

Du côté québécois, le ministère de l’Environnement indique avoir été avisé par son pendant ontarien, mardi matin, de la présence de poissons morts dans les secteurs de Masson-Angers et de Cumberland. Le ministère n’a toutefois « reçu aucun signalement en lien avec un quelconque déversement dans la rivière des Outaouais », tandis que « les vérifications réalisées jusqu’à maintenant n’ont pas permis de constater de signes d’un déversement », a indiqué mercredi après-midi une porte-parole, Sophie Gauthier. Cette dernière a précisé que des vérifications se poursuivent tout de même dans le secteur.

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Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) a de son côté dépêché une équipe sur place pour une deuxième journée consécutive, mercredi. Deux biologistes et un technicien s’y rendaient cette fois en bateau « pour poursuivre l’évaluation de la situation, évaluer la traînée de poissons et voir s’il n’y aurait pas d’autres espèces touchées », a indiqué la porte-parole régionale du MFFP, Caroline Bujold.

Mardi, le MFFP rapportait que les espèces touchées étaient le malachigan, la barbue de rivière, la barbotte brune, le crapet-soleil, la perchaude, le maskinongé, le doré noir, le crapet de roche et le chevalier rouge. Le chevalier blanc, le grand brochet, le lépisosté osseux, l’esturgeon et l’anguille se sont ajoutés à la liste mercredi, portant le total à 14 espèces touchées.

Les prélèvements ont pris la route de Saint-Hyacinthe pour être analysés au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages. « Les autorités sont sensibles à cette situation-là, alors on espère avoir un retour rapidement », a mentionné Mme Bujold.

Le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs (MEPNP) de l’Ontario a aussi récolté des échantillons de poissons et d’eau afin de tenter de percer le mystère.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec a dépêché une équipe sur place pour une deuxième journée consécutive, mercredi.

Qualité de l’eau

Les autorités assurent par ailleurs que la qualité de l’eau potable n’est pas à risque.

La Ville de Gatineau note qu’il n’y a pas de réseau municipal dans le secteur concerné. « Nos usines puisent bien en amont de ce point-là », ont fait savoir les autorités municipales gatinoises.

De l’autre côté de la rivière des Outaouais, la Cité de Clarence-Rockland et l’Agence ontarienne des eaux (AOE) ont assuré mercredi que la qualité de l’eau potable municipale n’est pas affectée par la mort d’autant de poissons.

L’AOE gère l’usine municipale d’eau potable de la Cité et la surveille constamment dans le cadre de ses opérations quotidiennes. « L’AOE n’a pas décelé de différence dans la qualité de l’eau sauf pour sa température », ont déclaré les autorités municipales.

Le MEPNP informera la municipalité des résultats des analyses effectuées sur les prélèvements dès qu’ils seront disponibles.

Selon Garde-Rivière des Outaouais, cela pourrait prendre quelques jours avant de savoir ce qui a causé la mort de tous ces poissons.

La directrice scientifique et politique de Garde-Rivière des Outaouais, Larissa Holman, indiquait mardi que généralement, lorsqu’une grande quantité de poissons meurent dans une même région, « il est probable que ce soit quelque chose qui ait été introduit dans la rivière ».

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HEXO Corp soutient n’avoir aucun lien avec l’affaire

Questionné sur la mystérieuse situation, le producteur de cannabis HEXO Corp a indiqué mercredi, par le biais d’une réponse écrite envoyée au journal Le Droit, être « très préoccupée par la quantité de poissons morts retrouvés aux abords de la rivière des Outaouais et sur la rive de la rivière du Lièvre ». 

L’entreprise, dont les installations sont situées à deux pas de l’embouchure des deux affluents, est soumise à des normes environnementales « précises » auxquelles elle se conforme « rigoureusement », a déclaré Caroline Milliard, une porte-parole de la société, dans un courriel. 

« Nous ne déversons jamais d’eau ou de produits dans des cours d’eau. Nous sommes confiants que la situation dévastatrice n’est aucunement liée à nos opérations et nous sommes prêts à faire tout en notre pouvoir pour appuyer les autorités dans leur investigation », a-t-elle ajouté.