Des centaines de poissons morts ont été retrouvés lors de trois événements distincts sur les berges des rivières du Lièvre et des Outaouais.

Poissons morts: 12 jours avant le premier test d’eau

Le ministère québécois de l’Environnement a attendu 12 jours avant d’analyser l’eau de la rivière des Outaouais dans laquelle sont morts plusieurs centaines de poissons.

Au moment du premier échantillonnage de l’eau effectué par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, le 21 juillet, le deuxième épisode de poissons morts avait déjà été signalé, la veille.

Le ministère a inspecté les lieux les 9, 19, 21, 25 et 29 juillet derniers. Lors de ses deux premières visites, « le ministère n’a pas procédé à l’échantillonnage considérant qu’aucun indice visuel ou olfactif de contamination n’a été observé », a expliqué dans un courriel envoyé au Droit la responsable des communications, Sophie Gauthier.

Cette dernière assure toutefois que des tests d’eau ont été effectués lors des trois dernières visites.

Le ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs a fait des prélèvements sur les poissons, mais n’a pas, lui non plus, analysé l’eau. « L’expertise pour la qualité de l’eau, elle est au ministère de l’Environnement », a fait savoir le coordonnateur des relations avec les médias, Nicolas Bégin.

La directrice des sciences et des politiques de Garde-Rivière des Outaouais, Larissa Holman, s’est dite surprise que des tests d’eau n’aient pas été faits plus tôt par le ministère de l’Environnement du Québec, « considérant toutes les informations qui avaient été rendues disponibles ».

Bien que Mme Holman affirme « respecter le fait que le ministère a son propre protocole », elle espère qu’il « utilise tous les outils mis à sa disposition pour mieux comprendre les raisons qui ont causé la mort de tous ces poissons ».

Puisque la rivière des Outaouais concerne autant le côté québécois que le côté ontarien, et qu’elle est aussi régie par le gouvernement fédéral, Mme Holman rappelle l’importance d’une bonne collaboration entre les différents ministères.

Le Comité du bassin versant de la rivière du Lièvre (COBALI) s’est dit « très préoccupé par les épisodes de poissons morts retrouvés à l’embouchure de la rivière à Gatineau, ainsi qu’aux abords de la rivière des Outaouais ».

L’organisme souligne qu’à la hauteur du pont de la rue Maclaren Ouest à Buckingham, non loin de là où les poissons ont été retrouvés, l’eau de la rivière du Lièvre est considérée « bonne », selon les données de Réseau-rivières du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

« Des échantillons pris tous les mois, depuis le début des années 2000, permettent d’obtenir un Indice bactériologique et physicochimique (IQBP) au-delà de 80, ce qui signifie que l’eau est généralement baignable. Toutefois, les épisodes d’intoxication des poissons survenus au cours des dernières semaines nous rappellent que la ressource hydrique est fragile et qu’une dégradation de sa qualité peut avoir des répercussions importantes. »