Pour assurer la sécurité dans les parcs aquatiques et tous les lieux publics de baignade, la Brigade Splash est de retour pour une 14e année.
Pour assurer la sécurité dans les parcs aquatiques et tous les lieux publics de baignade, la Brigade Splash est de retour pour une 14e année.

Plus de piscines... plus de surveillance 

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
De nombreux foyers sont nouvellement propriétaires d’une piscine dans leur cour arrière, une réponse au confinement. Avec le plaisir qu’elles apportent vient aussi un danger de noyade. La Société de sauvetage rappelle qu’il faut faire preuve de prudence. 

«Le fait qu’on annonce l’ouverture des piscines et des plages, même avec des contraintes telles que le nombre de baigneurs, fait en sorte que ce sont des gens qui n’iront pas fréquenter les plans d’eau ouverts comme les lacs et les rivières. C’est là qu’il y a le plus de noyades, 40 % dans les rivières, 30 % dans les lacs et 15 % dans les piscines résidentielles, et la plupart du temps dans les piscines résidentielles, c’est parce que la victime était seule, peu importe l’âge», indique Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage. 

Peu de noyades surviennent dans les lieux surveillés, il est donc très sécuritaire de choisir ces endroits pour la baignade.

«Il y en a de belles plages près des rivières au Québec, mais vous ne connaissez pas le fond de cette rivière-là, il suffit d’une averse pour changer le débit d’eau et créer de nouveaux vortex. On applaudit que l’industrie soit heureuse d’installer de nouvelles piscines dans les cours arrières. Maintenant, est-ce que tous les officiers municipaux ont eu le temps d’aller vérifier si c’est aménagé de façon sécuritaire? Est-ce que le nouveau propriétaire est conscient de l’encadrement qu’il devra donner? Ça pourra nous amener davantage de préoccupations... et on a déjà lancé nos signaux d’alerte par rapport au télétravail, le fait d’amener mon ordi sur le bord de la piscine en pensant que je peux surveiller, c’est non merci!» insiste M. Hawkins.

Pour assurer la sécurité dans les parcs aquatiques et tous les lieux publics de baignade, la Brigade Splash est de retour pour une 14e année. La Société de Sauvetage et la Régie du bâtiment allient de nouveau leurs forces pour assurer la sensibilisation des baigneurs, sauveteurs et gestionnaires de parcs. La brigade se promènera dans la province pour s’assurer que les règles de sécurité soient respectées, que les surveillants soient bien formés et que les baigneurs demeurent informés des bons comportements.  

Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage, espère que les Québécois choisiront les lieux de baignades surveillés cet été. 

Toujours un décès de trop

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, était présente lors du lancement de la Brigade Splash dimanche. Elle encourage d’ailleurs tous les parents à suivre la formation de réanimation. Les techniques lui ont été bien utiles il y a plusieurs années lorsque sa famille a évité un drame.

«J’ai dû réanimer un de mes quatre enfants, on a vécu un événement malheureux, mais on l’a sauvée. On pense que ça n’arrivera jamais chez nous... Ma fille avait cinq ans, elle était proche de moi et avait sa veste de flottaison. Un de mes enfants a sauté à l’eau et l’île gonflable est retombée sur la tête de ma fille, c’était trop lourd pour elle alors elle a calé. Le temps que je plonge pour aller la chercher, elle était inanimée et j’ai dû faire les manœuvres», raconte-t-elle. 

La noyade d’un enfant est silencieuse, seulement 15 à 20 secondes peuvent être fatales. 

L’année 2020 enregistre actuellement 31 noyades dans la province, ce nombre comprend les motoneigistes décédés dans le lac Saint-Jean cet hiver ainsi que les victimes de l’accident de motomarine de la semaine dernière à Nicolet. À pareille date l’an dernier, on avançait un nombre de 22 décès. 

Ces chiffres calculent tous les accidents qui surviennent sur l’eau, dans l’eau ou près de l’eau. Les suicides par noyade ne sont pas comptabilisés. 

«Si on regarde la tendance de trente ans, on est passé de 200 noyades à 80 noyades annuellement. Nécessairement, il y a un message qui commence à être intégré, on n’avait pas 600 000 propriétaires de piscines résidentielles il y a trente ans... Il reste qu’une noyade, c’est une de trop, parce qu’on sait qu’elle est évitable», termine le directeur général de la Société de sauvetage. 

Depuis les dix dernières années, le pire bilan est survenu en 2017, avec 110 décès liés à une noyade dans la province. 

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, était présente lors du lancement de la Brigade Splash.

COVID-19

La Brigade Splash et les sauveteurs ont adapté leurs mesures de sauvetage avec la situation actuelle de pandémie. L’utilisation de masque avec un filtre, le port de lunettes et une bouée de sauvetage en longueur seront utilisés pour toutes les interventions.

Lors des séances de présentation, les sauveteurs assureront la distanciation physique de deux mètres et porteront des masques. Les membres de la brigade visiteront notamment les camps de jour.