Les heures supplémentaire font en sorte qu'un grand nombre de pompiers, de policiers et de paramédics d'Ottawa se retrouvent sur la liste dorée de l'Ontario en 2018.

Plus de 3800 employés de la Ville d'Ottawa sur la «liste dorée»

La Ville d’Ottawa compte plus de 3800 employés dans la liste dorée de 2018, qui rassemble tous les salariés des secteurs public et parapublic de l’Ontario ayant touché un salaire de 100 000$ ou plus. Du lot, 58% sont des policiers, des pompiers ou des paramédics.

Le gouvernement ontarien a procédé mercredi à la divulgation de cette traditionnelle liste dorée pour l’année 2018, qui contient plus de 151 000 noms. Il s’agit d’une hausse de 14,5% par rapport à l’année précédente, ce qui constitue «une tendance non viable» aux yeux du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford.

À la Ville d’Ottawa, on recense 3831 employés ayant reçu une rémunération dépassant les 100 000$ l’an dernier. Dans une note acheminée aux élus, la directrice des ressources humaines de la Ville, Elizabeth Marland, précise que de nombreux employés municipaux «ont un traitement de base inférieur à 100 000$», mais qu’ils se retrouvent sur la liste pour différentes raisons, par exemple un paiement rétroactif ou le paiement d’heures supplémentaires.

Le plus haut salarié de la Ville d’Ottawa l’an dernier a été le directeur municipal Steve Kanellakos, qui a touché 353 444$. C’est un pompier, Jason Burd, qui arrive au second rang avec une rémunération s’élevant à 317 409$.

«Le défi, c’est que la liste ne prend pas en considération les heures supplémentaires», a réagi le maire de la capitale, Jim Watson, dont la rémunération de 188 605$ le place au 24e rang des salaires les plus élevés versés l’an dernier par la ville qu’il dirige.

«Je pense qu’il serait plus juste que le gouvernement provincial modifie la loi pour qu’on voie les gens qui ont un salaire de base de plus de 100 000$ et qu’il y ait une deuxième colonne indiquant les montants reçus pour les heures supplémentaires, a mentionné le maire Watson. Ce n’est pas juste de dire que [le pompier Jason Burd] a fait 300 000$, quand dans les faits il a de toute évidence travaillé beaucoup d’heures supplémentaires pour en arriver à ce montant.»

À l’échelle provinciale, le premier rang appartient encore une fois au président-directeur général de l’Ontario Power Generation, Jeffrey Lyash, dont le salaire s’est élevé à 1 746 825$ en 2018. Cela représente une hausse de 12,4% par rapport à ses revenus d’emploi de l’année précédente.

Le podium est complété par le président et directeur des investissements de l’University of Toronto Asset Management Corporation, Daren Smith, qui a touché 989 000$ l’an dernier, et par le patron de la branche nucléaire de l’Ontario Power Generation, Glenn Jager, qui a reçu 963 000$.

Le plus haut salarié de la région de la capitale fédérale est le Dr Jack Kitts, qui dirige l’Hôpital d’Ottawa. Il a touché 621 000$ l’an dernier, ce qui le place au 24e rang de la liste dorée.

À l’Université d’Ottawa, le plus haut salaire de l’an dernier s’est élevé à 430 000$ et a été versé au Dr Jacques Bradwejn, qui a été doyen de la faculté de médecine pendant la majeure partie de l’année 2018. Le recteur, Jacques Frémont, a touché le troisième plus haut salaire de l’organisation, qui s’est établi à 400 000$.

À l’Hôpital Montfort, le plus haut salarié demeure le président-directeur général, le Dr Bernard Leduc, qui a touché 423 000$ l’an dernier.

Du côté du collège La Cité, la présidente Lise Bourgeois a reçu une rémunération de 290 000$ au cours de la dernière année.

Le gouvernement veut agir

En procédant à la divulgation des données, le gouvernement ontarien fait remarquer qu’«entre 2003 et 2018, la rémunération moyenne de tous les employés du secteur public, y compris ceux dont le traitement est de moins de 100 000$, a augmenté de 48,1%». 

«Il s’agit de l’argent des contribuables et nous tenons à ce que les dépenses du gouvernement soient axées principalement sur les services et les programmes de première ligne - tels que les soins de santé et l’éducation», a mentionné par voie de communiqué le président du Conseil du Trésor, Peter Bethlenfalvy.

Le gouvernement souligne avoir «suspendu tous les rajustements de rémunération en attente pour les cadres du secteur public et toutes les augmentations de rémunération en attente des cadres du secteur parapublic, pendant qu’un examen complet est en cours».

«Plus de la moitié des dépenses du gouvernement sert à payer les traitements des employés, a indiqué M. Bethlenfalvy. Nous continuerons donc à examiner les coûts de traitements dans une optique de viabilité, explique Peter Bethlenfalvy. Pour pouvoir protéger les services publics, nous devons adopter de nouvelles approches en matière de traitements et réformer les services publics en plaçant la fiabilité et les contribuables au cœur de toutes nos activités.»

Avec Sylvie Branch, Le Droit