Plus de 100 collectivités de l'Outaouais décodées

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Qu'il s'agisse de l'espérance de vie, du prix des logements, des revenus, de la place des immigrants ou encore de la scolarité, le plus récent Portrait des communautés de l'Outaouais lève le voile sur les spécificités d'une centaine de collectivités de la région. Un outil qui était fort attendu par les décideurs.

Vaste projet mené par l'Observatoire du développement de l'Outaouais (ODO), la deuxième version du portrait régional des communautés permet de suivre l'évolution des particularités de 109 petits territoires au cours de la dernière décennie.

Dévoilée en grande pompe mardi à l'UQO, la nouvelle édition peut se targuer d'avoir été grandement attendue par les décideurs locaux, entre autres par les municipalités et les gestionnaires du réseau de la santé.

La directeur de l'ODO, Mario Gauthier, affirme qu'avec les données du Portrait des communautés de l'Outaouais, les décideurs peuvent établir «des stratégies de développement qui s'appuient sur une bonne connaissance» des enjeux de chaque territoire.

«Grâce au portrait, on peut aller où il y a un vrai besoin, où sont les citoyens qui ont le plus besoin d'aide, où il y a de la solitude, où il y a de la pauvreté, où il y a des problèmes en transports, a pour sa part souligné dans une vidéo promotionnelle le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Ça fait que pour moi, ce que ça fait, c'est qu'on prend carrément des meilleures décisions.»

La présidente-directrice générale du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, Josée Filion, a de son côté donné l'exemple des services de soutien à domicile, qui peuvent être ajustés en fonction du vieillissement de la population pour un territoire donné. «Ça nous permet justement d'adapter nos soins et services, a-t-elle mentionné. […] Pour moi, l'offre de services n'est pas statique. Elle doit évoluer en fonction des besoins de la population.»

Pour chacune des 109 communautés, on compte entre 2000 et 6000 habitants. Coordonnatrice à l'ODO, Chantale Doucet a fait valoir que contrairement à bien des régions de la province, «l'Outaouais est vraiment marquée par des grandes différences entre ses communautés locales».

Cette réalité fait en sorte qu'en analysant les données seulement à l'échelle régionale, par Municipalité régionale de comté (MRC) ou par municipalité, de nombreux éléments propres à de plus petites communautés sont invisibles, a fait remarquer Mme Doucet.

Les données sont notamment évocatrices sur la croissance démographique dans certaines communautés. «Il y a des quartiers […] qui ont explosé démographiquement, a indiqué Mme Doucet. On parle par exemple des secteurs d'Aylmer ou des secteurs du Plateau, où on voit des augmentations de 800%, donc des constructions massives depuis 2006. Mais ça vient changer aussi toute la dynamique, tout le profil social. […] Il y a des quartiers qui sont en complète transformation, beaucoup plus en urbain qu'en rural.»

L'évolution de l'immigration fait aussi partie des nombreux indicateurs présentés. Dans la communauté de la Cité-des-Jeunes Sud, par exemple, la proportion d'immigrants est passée de 17,7%, en 2006, à 27,1% en 2016. Pour l'ensemble de la Ville de Gatineau, cette proportion est passée de 8,7% à 12,5% pendant la même période, tandis qu'à l'échelle régionale, la hausse est moins marquée (de 7% à 9,8%).

L'ODO souhaite «maintenir l'expertise» acquise avec les deux premières versions du Portrait des communautés, sans attendre dix ans pour une nouvelle mise à jour. «Notre intention, c'est de maintenir notre capacité à s'actualiser au fur et à mesure», a indiqué Mario Gauthier.