Le maire de Gatineau est satisfait de l’ouverture de la CCN pour l’élaboration d’un appel d’offres préparé en partenariat avec les villes d’Ottawa et Gatineau.

Plan de transport à long terme entre Gatineau et Ottawa: la CCN lance son nouvel appel d’offres

Alors qu’il occupait une place centrale dans la vision à long terme en matière de transport de la Commission de la capitale nationale (CCN) cet automne, l’éventuel sixième pont à l’est de Gatineau a pratiquement été évacué dans la rédaction du deuxième appel d’offres pour l’élaboration d’un plan intégré des liaisons interprovinciales et de transport dans la région.

La CCN a publié, vendredi, son nouvel appel d’offres pour l’élaboration d’un plan intégré à long terme des liaisons interprovinciales et de transport dans la région. Le premier avait fait grand bruit, à la toute fin de la campagne électorale fédérale, lorsque Le Droit avait révélé, à la mi-octobre, que les villes de Gatineau et d’Ottawa avaient fait des pressions politiques auprès du bureau du premier dirigeant de la CCN pour faire retirer, à la toute dernière minute, le premier appel d’offres. Selon les maires Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson, l’encadrement proposé aux soumissionnaires était trop éloigné de la vision en transport partagée par les deux municipalités. L’empreinte des deux villes est maintenant très perceptible dans la nouvelle mouture qui vient d’être publiée. 

Le premier appel d’offres de la CCN devant mener à la rédaction d’un vaste plan qui doit redéfinir l’utilisation des liaisons interprovinciales et la façon de se déplacer dans la région de la capitale fédérale intégrait le sixième pont comme faisant carrément partie de la planification des dix prochaines années. La place prépondérante qu’il occupait était telle que la firme qui allait être retenue devait soumettre une proposition de tracé dès le printemps prochain. 

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Il était demandé au sous-traitant de développer une planification qui allait permettre d’« assurer la mise en œuvre d’une nouvelle sixième liaison interprovinciale dans le secteur est de la région ». Des mécanismes de financement devaient aussi être précisés pour sa réalisation. Ces références au sixième pont sont maintenant absentes du nouvel appel d’offres. Tout au plus, il est question à deux reprises de la mise à jour des études qui est actuellement en cours. 

Demande induite

Le nouvel appel d’offres précise qu’il sera « approprié d’établir de commun accord une vision et un plan qui permettront à tous les partenaires, selon les rôles et les responsabilités respectives de chacun, de travailler ensemble à la planification et la réalisation d’un réseau de transport interprovincial intégré, durable et axé sur la connectivité et la mobilité ». Le plan devra aussi permettre de se rapprocher des objectifs municipaux, provinciaux et fédéraux de réduction des gaz à effet de serre. 

Dans les objectifs que le sous-traitant devra atteindre, on retrouve la notion de « demande induite en transport », chère au maire Maxime Pedneaud-Jobin. 

Ce dernier fait régulièrement référence à cette notion scientifique reconnue pour expliquer son opposition à la construction d’un sixième pont à l’est. En résumé, les modèles scientifiques qui s’appuient sur la demande induite en transport démontrent qu’une nouvelle infrastructure en transport est engorgée dans les trois à cinq ans suivant sa construction. 

Cette notion était absente du premier appel d’offres. Il en avait d’ailleurs été largement question lors de la présentation des experts en transport, à Gatineau, au début du mois. 

Supervision des villes

Le contrat pour l’élaboration du plan intégré doit être octroyé en février prochain. Le sous-traitant aura plusieurs livrables tout au long de l’élaboration du plan. Le public sera consulté une première fois en juin prochain, et vers la fin du processus. Le conseil d’administration de la CCN doit adopter le plan en juin 2021. 

Les villes et leur société de transport respective auront un mandat de soutien technique tout au long de l’élaboration du plan. Un comité consultatif formé d’experts universitaires reconnus en transport et en aménagement du territoire sera aussi constitué en collaboration avec les différents partenaires étatiques afin de suivre de près les travaux.

Le premier dirigeant de la CCN, Tobi Nussbaum, accompagné du président du conseil d'administration, Marc Seaman

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RÉSUMÉ DES EXIGENCES

  • Proposer des choix durables et innovants pour favoriser la mobilité interprovinciale.
  • Favoriser la transition vers des réseaux et des systèmes de mobilité à faible intensité en carbone et à résilience climatique plus élevée.
  • Intégrer dans l’analyse le principe de la demande induite en transport.
  • Évaluer l’inclusion de mesures technologiques comme les camions autonomes, les vélos transport et des mesures innovantes de livraison qui rendraient le transport de marchandises plus durable.
  • Proposer une vue d’ensemble du réseau de transport interprovincial jusqu’en 2050 et au-delà.
  • Tenir compte des tendances et des changements à venir en matière de mobilité.
  • Évaluer des options de gouvernance qui tiennent compte des responsabilités des partenaires, des changements à prévoir en matière de gestion des infrastructures et des progrès à venir en matière de technologie de la mobilité.