Sonia Latulipe, Paul Surprenant et Rénald Daigneault, de Moisson Outaouais et de la Soupe populaire de Hull, ont uni leurs voix.

Plaidoyer pour mettre fin au gaspillage de nourriture

Moisson Outaouais et la Soupe populaire de Hull demandent au gouvernement du Québec d'assouplir ses règles, afin de mettre fin au gaspillage de nourriture dans les épiceries.
La directrice générale de Moisson Outaouais, Sonia Latulipe, et le président du c.a. de la Soupe populaire de Hull, Paul Surprenant, ont souligné hier le dépôt d'une pétition à l'Assemblée nationale du Québec, par la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault. Cette pétition demande au gouvernement du Québec de changer certaines règles à propos de la nourriture dont la date de péremption approche, afin que les propriétaires d'épicerie n'hésitent plus à la donner aux banques alimentaires et aux soupes populaires.
Selon Paul Surprenant, cette nourriture peut être récupérée pendant qu'elle est encore comestible. Il explique que les épiciers sont très généreux quand vient le temps de donner de la viande, du lait et des oeufs dont la date de péremption approche.
«Mais le problème, dit-il, c'est que les épiciers ont peur d'être poursuivis si quelqu'un est victime d'empoisonnement alimentaire après avoir consommé un produit dont la date de péremption a été atteinte ou légèrement dépassée. Il en résulte qu'une grande quantité de nourriture est jetée. Nous voulons que la loi soit claire et qu'elle déleste l'épicier de sa responsabilité à partir du moment où il donne la nourriture à un organisme comme le nôtre. Cette nourriture-là est encore bonne et nous sommes en mesure d'aller la chercher, de la faire cuire ou de la congeler.
«En 40 ans à la Soupe populaire de Hull, poursuit-il, nous n'avons jamais eu de cas d'empoisonnement alimentaire. Ce que nous demandons ne coûte rien et nous permettrait de mieux nourrir des milliers de gens.»
À elle seule, la Soupe populaire de Hull sert près de 48000 dîners par année.
Selon Sonia Latulipe, sur les 30000 tonnes de produits invendus dans les marchés d'alimentation du Québec chaque année, quelque 20000 tonnes de nourriture consommable pourraient être réacheminées vers les banques alimentaires si les règles étaient assouplies. La pétition déposée hier compte 13110 signataires.