Mélanie Paquin et Chantal Therrien

Vingt-cinq ans au service des démunis

La Banque alimentaire de la Petite-Nation (BAPN) célèbre ces jours-ci son 25e anniversaire de fondation. Petit tour dans les locaux de cet organisme qui a pignon sur rue à Ripon et dont la mission est de « dépanner » les plus démunis de la région afin de les aider à reprendre le chemin de l’autonomie.

Le mois de novembre à la BAPN, comme dans tous organismes du même type, est toujours une période fort occupée. C’est que l’élaboration du programme de paniers de Noël bat son plein. En incluant la guignolée du 2 décembre et la livraison des 15 et 16 décembre, ils seront 600 bénévoles à mettre la main à la pâte afin de permettre à plus de 400 familles défavorisées de la Petite-Nation d’avoir de la nourriture sur la table à temps pour la période des Fêtes.

« C’est une force pour nous le bénévolat. Comparativement à d’autres organismes, nous ne manquons pas d’aide. Les gens sont généreux. C’est une cause qui tient à cœur à beaucoup de personnes », lance la présidente du conseil d’administration de la BAPN, Mélanie Paquin.

Le dépannage avant tout

Selon la directrice générale de la BAPN, Chantal Therrien, très peu de choses ont changé depuis 25 ans au sein de clientèle de la banque alimentaire. La transformation a plutôt été opérée dans la façon de procéder de l’organisation.

En 2015-2016, la BAPN a aidé 3758 personnes grâce aux dépannages alimentaires. De ce nombre, 1320 étaient des enfants. Le nombre total de bénéficiaires de l’aide offerte par l’organisme a chuté à 3114 en 2016-2017. Cette baisse n’est pas attribuable nécessairement à une diminution de la clientèle défavorisée. En réalité, c’est que depuis deux ans, la BAPN, qui dessert 22 des 24 municipalités de la MRC de Papineau, a dressé des barèmes, avec Centraide Outaouais, afin d’encadrer le nombre de dépannages qui sont maintenant limités annuellement. Avant 2016, des bénéficiaires aux revenus supérieurs aux normes établies par Centraide Outaouais se présentaient pour obtenir de l’aide. 

Après avoir épuisé leur maximum de dépannages — selon leur groupe d’admissibilité —, les clients doivent aujourd’hui prendre rendez-vous avec la directrice générale de la banque alimentaire afin qu’un plan d’intervention soit établi avec l’un ou l’autre des intervenants du milieu, que ce soit le Carrefour jeunesse emploi de Papineau ou encore le CLSC ou les organismes d’aide en toxicomanie. « Avec ce programme, ça nous permet d’aider les personnes à s’en sortir. Il faut qu’il y ait un acte de leur part pour démontrer leur volonté de changer leur condition », note Mme Therrien.

Le principe directeur de l’organisme est de « dépanner », martèle la directrice générale. « Je ne peux pas créer de besoins. C’est comme dire aux gens ‘‘tu n’as pas d’efforts à faire dans la vie, tu peux te fier sur les banques alimentaires toute ta vie’’. À un moment donné, tu dois te relever les manches en tant que personne », affirme Mme Therrien, qui doit jongler avec un budget annuel oscillant autour de 375 000 $ et dont à peine un peu plus de 99 000 $ proviennent de subventions. L’autre part du gâteau doit être récupérée dans la communauté.

À cet égard, après un quart de siècle à œuvrer dans la Petite-Nation, la BAPN regarde maintenant vers le futur et s’est dotée d’un plan stratégique. Pour durer dans le temps, l’organisme devra notamment se mettre au diapason des nouvelles technologies. L’un de défis à venir sera de rajeunir le bassin de donateurs, mentionne Mme Therrien.

« On doit se mettre à la page. Il faut par exemple revoir notre site Web pour les dons en ligne. Les jeunes ne paient plus par chèque aujourd’hui, tout se fait avec l’électronique. La population est vieillissante donc il faut trouver des façons d’aller chercher cet argent qu’on amasse annuellement ».