Alain Descarreaux, directeur général de L'Ange-Gardien, soutient que ce type de politique existe dans d'autres municipalités.

Une sortie de route qui coûte cher à L'Ange-Gardien

Claire Thériault et sa fille Monica savent désormais qu'il en coûte très cher d'être impliqué dans un accident routier sur le territoire de L'Ange-Gardien lorsqu'on n'y réside pas.
En ouvrant son courrier le 27 janvier dernier, Mme Thériault, qui habite à Val-des-Bois, a réalisé qu'une facture de 1380$ en provenance de la municipalité de L'Ange-Gardien l'attendait. La municipalité lui réclame cette somme après qu'une équipe de pompiers du service de protection contre les incendies de L'Ange-Gardien se soit déplacée sur les lieux d'une sortie de route impliquant sa fille.
L'histoire remonte au 8 janvier dernier. Monica, qui conduit le véhicule de sa mère, était sur le chemin du retour après le boulot. Il est passé 20h et la chaussée n'est pas entièrement dégagée. Quelque part sur la route 309, entre L'Ange-Gardien et Notre-Dame-de-la-Salette, la jeune femme perd soudainement le contrôle du véhicule qui se retrouve, après quelques tonneaux, dans le fossé. Plus de peur que de mal, la jeune conductrice n'est pas blessée. Puisque son véhicule se retrouve sur le côté et qu'il est impossible pour elle de repartir de cette façon, Monica court à la maison la plus proche pour téléphoner à ses parents et son copain afin qu'ils viennent lui donner un coup de pouce pour remettre le tout en place. L'automobile n'a subi que quelques égratignures, à peine. L'automobiliste ne considère pas utile d'appeler les services d'urgence, mais un passant ne voit pas la situation du même oeil.
Tarification aux non-résidents
À son retour sur les lieux de l'accident, elle patiente quelques minutes, avant que policiers, ambulanciers et pompiers débarquent.
Au final, la famille doit payer la note. La mère et la fille comprennent mal pourquoi elles doivent assumer les frais pour une décision qui ne vient pas de leur propre chef. D'autant plus que la voiture n'a que quelques égratignures. Après que la remorqueuse ait remis l'automobile sur ses roues, Monica a pu retourner chez elle sans problème.
«On nous charge 400$ de l'heure pour trois heures plus 15% de frais administratifs, indique Mme Thériault. Ce n'est même pas elle qui a appelé le 9-1-1. Peut-être que quelqu'un a pensé que c'était nécessaire, mais 1380$, c'est beaucoup. Les pompiers n'avaient même pas besoin d'être là.»
«Tout le monde avec qui on parle n'en revient pas du montant et trouve ça exagéré», insiste Mme Thériault, qui ignore encore si sa compagnie d'assurances pourra prendre en charge cette couverture de risque. Le dossier est en cours d'analyse.
Les Thériault ont jusqu'au 25 avril pour rembourser la facture.
L'Ange-Gardien explique qu'elle ne fait qu'appliquer la réglementation en vigueur. Le directeur général, Alain Descarreaux, soutient que cette tarification s'applique uniquement aux non-résidents de L'Ange-Gardien. Ce type de politique existe dans plusieurs autres municipalités du Québec, dit-il.