André Bissonnette et sa femme Michèle aux côtés d'un plant de camérisiers.

Une petite ferme qui voit grand

André Bissonnette et sa femme Michèle ont démarré en 2015 la bleuetière la Maison des délices, à L'Ange-Gardien, avec leur fils Ghislain et sa conjointe Sandra. L'entreprise, qui a pignon sur rue à l'angle des chemins Pierre-Laporte et Gorman, tout juste à l'arrière de la pépinière L'Ange-Gardien, vient de terminer sa deuxième année de production et voit grand pour l'avenir. Portrait d'une famille d'entrepreneurs qui est passée de la restauration au potager et dont la passion pour les petits fruits est une affaire de sang.
André Bissonnette, 69 ans, est né en Montérégie, sur une ferme laitière. Il a travaillé sur une terre jusqu'à l'âge de 30 ans. Sa femme et lui ont ensuite roulé leur bosse comme propriétaires de restaurants à Saint-Jean-sur-Richelieu durant quelques décennies avant de débarquer en Outaouais au milieu des années 1990.
En 2005, alors qu'il occupait un poste de gérant dans un resto de la région, André Bissonnette a été foudroyé par un infarctus. « J'ai tout arrêté ça là », lance l'homme, à propos de sa retraite prématurée.
Petit à petit, le couple a commencé à faire l'achat de plants de petits fruits qu'il faisait pousser sur leur terrain du chemin Pierre-Laporte. C'est à peu près à ce moment que les balbutiements de la Maison des délices ont pris forme. 
« Nous avions 12 pommiers chez-nous. Chaque année, on cassait les pommes, on faisait des tartes et on a commencé à vendre ça la cabane à sucre. Je passais en auto devant la pépinière et je voyais cette grande terre. À un moment donné, je me suis arrêté et j'ai demandé aux propriétaires si c'était disponible. C'est là que ç'a commencé », raconte M. Bissonnette.
Simon Dinelle et Chantal Ledoux, les deux propriétaires de la Pépinière L'Ange-Gardien, ont accepté de prêter la parcelle de terre aux Bissonnette en échange que celle-ci soit entretenue. Ghislain Bissonnette, 47 ans, et sa conjointe Sandra, 41 ans, ont embarqué dans l'aventure avec les parents de ce premier.
« On a signé un bail de 25 ans avec possibilité de renouveler. On est vraiment chanceux. Quelqu'un qui veut se lancer en agriculture aujourd'hui et qui souhaite acheter une terre, ça coûte une fortune », souligne André Bissonnette.
Bluets, camerises et cie.
Avec dix acres de culture à leur disposition dont huit sont déjà exploitées, la bleuetière cultive présentement 6000 plants de bleuets, auxquels s'ajoutent 2500 plants de camérisiers - un petit fruitier méconnu qui gagne de plus en plus en popularité ces dernières années au Québec -, de même que 2000 plants de cerises de terre. On trouve aussi sur la ferme un peu de jalapeños et du chou romanesco. « Ce qu'on veut, c'est offrir quelque chose de différent. On est les seuls producteurs de camerises en Outaouais. Du bleuet, il y en a un peu dans la région, mais pas beaucoup », illustre l'agriculteur.
Si durant le printemps et l'été c'est la période intense de préparation et de cueillette du champ, quand la froideur s'installe tard à l'automne, l'heure est à la transformation. Les opérations de plantation font totalement place à la confection de produits maison. « Nous sommes tous cuisiniers dans la famille », lance Michèle Bissonnette. 
La petite entreprise familiale a produit plus de 5000 tartes en 2016. Les tartes et gelées confectionnées par les quatre copropriétaires de la Maison des délices se retrouvent dans sept IGA et deux épiceries Metro de la région ainsi que dans les cinq succursales de la Trappe à fromage situées à Gatineau. 
Avec deux autres acres disponibles sur leur terrain de L'Ange-Gardien, les quatre producteurs comptent bien augmenter leur culture ces prochaines années. Ce ne sont pas les possibilités qui manquent. 
Un plant de camérisiers atteint sa maturité au terme de trois ans et produit environ quatre kilogrammes de petites baies ovales. 
Pour le bleuet, la maturité est généralement atteinte après sept ans. Un bleuetier produit alors quinze livres de baies bleues. « On a beaucoup d'idées, mais on veut se concentrer d'aplomb sur nos plans déjà existants pour le moment », mentionne M. Bissonnette.
L'objectif à long terme d'André et Michèle Bissonnette est par ailleurs assez précis pour la suite des choses.
« Quand on ne sera plus là, c'est mon garçon et sa conjointe qui vont s'occuper des affaires. On a aussi sept petits-enfants et on espère qu'il y en aura dans le groupe qui vont vouloir prendre la relève. C'est pour ça que nous avons lancé ça », de conclure André Bissonnette.
Portes ouvertes
Pour une deuxième année consécutive, la Maison des délices participe dimanche à la dixième édition des Portes ouvertes de l'Union des producteurs agricoles du Québec. 
En Outaouais, six autres fermes ouvrent durant toute la journée leurs installations au grand public, soit Courges et cie (Gatineau), la ferme Aux Saveurs des monts (Val-des-Monts), l'Érablière riveraine (Luskville), la ferme Brylee (Thurso), la ferme Plaisante (Plaisance) et la ferme Sage (Lac-Sainte-Marie).