Le pub Le St-André fermera ses portes le 1er juillet prochain.

Un soutien financier récurrent réclamé dans la Petite-Nation

Pour qu’un lieu de diffusion puisse survivre à long terme dans la Petite-Nation, il faudra un appui financier des instances publiques et plus particulièrement de la MRC de Papineau.

C’est essentiellement le message que lance le président d’Événements Local Productions et propriétaire du pub Le St-André, Yan Montagne, qui a annoncé lundi, par voie de communiqué, la fermeture de l’établissement pour le 1er juillet.

Depuis son ouverture à l’hiver 2016, le pub Le St-André, qui était le seul lieu de diffusion à proposer une programmation sur toute l’année dans la Petite-Nation, a présenté une majorité de concerts à guichets fermés à l’intérieur de ses murs pouvant accueillir une centaine de spectateurs. Et la liste des artistes qui ont défilé sur les planches de la salle située en plein cœur du village de Saint-André-Avellin n’avait rien à envier aux autres programmations de grandes salles du Québec. Paul Piché, Dan Bigras, les Sœurs Boulay, Bernard Adamus, Radio Radio, Michel Rivard, Laurence Jalbert et Marjo ne sont que quelques exemples de noms à avoir offert une prestation sur place.

En entrevue avec Le Droit, M. Montagne a indiqué mardi que son entreprise avait été frappée par la même réalité que « ceux qui ont passé avant lui », faisant référence au Théâtre des Quatre Sœurs, à Diffusion Petite-Nation ou encore au P’tit Café de l’Auberge, tous des entreprises et organismes de diffusion qui n’ont pas survécu dans la MRC de Papineau ces dernières années, faute d’appui financier.

Depuis son ouverture à l’hiver 2016, le pub Le St-André a présenté une majorité de concerts à guichets fermés à l’intérieur de ses murs pouvant accueillir une centaine de spectateurs.

« C’est le manque de financement du public le problème. Tous nos spectacles étaient commandités par le secteur privé. Je ne trouve pas ça normal que ce soit juste le privé qui nous appuyait. Chaque année, on allait cogner aux mêmes portes. Dans ce temps là, ça devient de plus en plus difficile d’aller chercher des commanditaires parce qu’on fait le tour des entreprises de la région assez vite », explique M. Montagne.

L’homme d’affaires estime que la MRC de Papineau devrait en faire plus pour supporter les salles de spectacles. M. Montagne soutient avoir reçu à peine 1000 $ de la part de la MRC de Papineau depuis trois ans. « Je m’attendais à avoir un montant récurrent, pas en appel d’offres. Je pensais qu’on était tanné que les salles de spectacles ferment dans la région et qu’on voulait en garder une ouverte, mais ce n’est pas ça qui s’est produit. Je me ramasse dans le même bateau que tous les projets qui ont eu lieu dans le passé. [...] On encourage beaucoup le départ de projets. Il y a des subventions pouvant aller jusqu’à 20 000 $ à la MRC, mais il n’y a pas de support pour l’après », affirme M. Montagne.

L’équivalent d’un salaire pour l’embauche d’une ressource pour coordonner la salle de spectacles et pour assurer un fonds de roulement aurait suffi à maintenir l’endroit ouvert, avance M. Montagne.

Le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, trouve « extrêmement dommage » que la salle de spectacles ferme ses portes. L’octroi de financement en culture de la part des MRC est régi par le gouvernement provincial, rappelle toutefois M. Lauzon. « Les sommes d’argent que nous avons au niveau de la culture, c’est de l’argent qui vient de Québec et qui est encadré par plusieurs règles. On a le pub Le St-André qui vient nous voir pour de l’argent, on a aussi le Rockfest et le Festival western de Saint-André-Avellin. La MRC ne peut pas soutenir tout le monde », dit-il.

M. Lauzon garde malgré tout espoir que l’endroit puisse rouvrir ses portes un jour. Il affirme que le dossier n’est pas encore complètement clos et qu’une solution pourrait être trouvée. M. Lauzon dit qu’il continuera de discuter avec le promoteur de l’endroit.

« Est-ce que par exemple un organisme comme le Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau pourrait aider pour offrir une main-d’œuvre au Pub ? C’est tout ça qu’il faut continuer de regarder. Il y a encore quelque chose à faire avec le Pub. L’endroit est encore là et je pense qu’il ne faut pas abandonner le dossier », indique le préfet.