Le Parc industriel régional vert de Papineau, à Thurso, est dans le collimateur de l’entreprise britannique Solargise.

Thurso dans la course pour accueillir Solargise

Le Parc industriel régional vert de Papineau, à Thurso, est dans le collimateur de l’entreprise britannique Solargise qui souhaite implanter une usine de fabrication de panneaux solaires libres de tout plastique au Québec, un projet estimé à 2,3 milliards de dollars. Le méga campus dans les cartons de la société étrangère pourrait permettre, une fois en opération, de créer 1000 emplois directs.

La Presse révélait mercredi que le terrain du Club de golf métropolitain d’Anjou, à Montréal, était au sommet de la liste des sites privilégiés par Solargise pour la construction de sa nouvelle usine en Amérique du Nord, un chantier qui sera réalisé en deux phases.

Or, la Ville de Thurso, en Outaouais, tout comme Salaberry-de-Valleyfield, sont les deux autres emplacements aussi dans la course au Québec pour accueillir le projet si jamais l’option de Montréal n’aboutit pas, confirme André Bouthillier, vice-président exécutif de la firme de relations publiques National, qui est partenaire avec Solargise dans le dossier. Trois lots situés en Ontario sont aussi sous la loupe de la société spécialisée dans le secteur des énergies propres.

L’emplacement ciblé à l’est de Montréal est privilégié pour le moment, notamment en raison de la présence dans la métropole d’un port et d’un accès direct au fleuve Saint-Laurent. Des ententes sont déjà conclues pour exporter 40 % de la production de panneaux solaires vitrés vers l’Inde et du Japon, une fois que l’usine sera en opération, souligne M. Bouthillier. Rien n’est toutefois coulé dans le béton pour l’instant, d’autant plus que la Ville de Montréal n’a pas encore donné son aval au projet et que celle-ci a procédé en mai à l’annexion de la moitié de la superficie du Club de golf Métropolitain Anjou pour permettre l’agrandissement du parc-nature du Bois-d’Anjou.

« Thurso est toujours dans la course parce qu’elle répond à la majorité des critères recherchés », affirme M. Bouthillier.

Selon l’entreprise britannique, la municipalité qui accueillera le campus devra remplir quatre conditions. D’abord, la future usine de fabrication de panneaux solaires de verres devra pouvoir compter sur l’accès à une puissance de 550 mégawatts d’électricité. Ensuite, un terrain de 200 acres est nécessaire pour la construction des installations. Finalement, la proximité à un chemin de fer ou un port et la présence dans les environs d’une expertise en recherche universitaire sont des prérequis.

« L’enjeu que nous devons regarder de près avec Thurso, c’est la question de l’électricité. Nous attendons d’Hydro-Québec la confirmation qu’elle sera en mesure de fournir 550 mégawatts à Solargise pour la production de ses lingots de polysilocone. Il faut absolument avoir ces 550 mégawatts pour amener le courant à l’usine », soutient M. Bouthillier.

La destination de l’infrastructure devrait être connue d’ici la fin de l’été, fait valoir le vice-président exécutif de National. « Le client veut vraiment commencer la construction de ces installations pour le début 2019. »

Optimisme en Outaouais

En Outaouais, l’optimisme règne face à la venue potentielle de ce nouveau joueur dans les technologies vertes. La Ville de Thurso collabore activement avec ID Gatineau pour tenter de convaincre Solargise d’installer ses pénates dans le Parc régional industriel vert de Papineau, assure le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, qui caresse le rêve de voir ce projet de 2,3 milliards de dollars aboutir chez lui, dans la Petite-Nation. 

« C’est une entreprise verte avec 1000 emplois directs. C’est le projet que tout le monde recherche et Thurso est bien placée dans la course présentement. Il y a possibilité que les investisseurs viennent nous visiter au courant de la semaine prochaine pour voir le site qu’on veut leur offrir », a mentionné M. Lauzon en entrevue avec Le Droit, précisant que des représentants du milieu universitaire, d’Hydro-Québec, de l’Observatoire du développement de l’Outaouais et d’ID Gatineau seront également présents lors de la visite.

Le directeur général d’ID Gatineau, Jean Lepage, se dit également confiant quant à la soumission de Thurso pour accueillir l’entreprise. 

« C’est un projet extrêmement ambitieux qui permettrait de créer carrément une nouvelle grappe industrielle dans le domaine des panneaux solaires », lance de dernier.

M. Lepage souligne que Thurso se retrouve à l’intérieur d’un bassin de population à l’échelle régionale estimé à 1,3 million d’habitants, un avantage pour la recherche de main d’œuvre. 

En plus d’avoir sur son territoire un chemin de fer fonctionnel et de pouvoir offrir un terrain non pollué de 200 acres dans l’immédiat, la municipalité est située à proximité des campus universitaires de l’Université du Québec en Outaouais et de l’Université d’Ottawa. 

L’accès à l’autoroute 50 représente aussi un avantage, estime M. Lepage.

« Le site de Montréal a beaucoup de contraintes en soi. Il faut penser que ce site était destiné à faire un parc régional. Je pense qu’il y aura beaucoup d’opposition pour convertir ce terrain afin d’accueillir une usine. C’est pour cette raison qu’on croit fermement que la proposition de l’Outaouais est une bonne proposition et c’est pour ça que les investisseurs viendront nous visiter. C’est parce que l’on considère que notre proposition est très sérieuse », avance M. Lepage.