Plus de 100 fidèles ont assisté à la messe du Samedi saint, à la chapelle de Saint-Sixte.

Saint-Sixte célèbre Pâques dans sa nouvelle chapelle

Des milliers d’églises au pays ont célébré le dimanche de Pâques, le week-end dernier, comme chaque année, mais dans la petite localité agricole de Saint-Sixte, au nord de Thurso, les célébrations de Pâques revêtaient un caractère très particulier.

C’est la première fois que l’on célébrait la messe de Pâques dans la toute nouvelle chapelle de cette communauté de 469 habitants.

C’est que le 6 juillet 2015, un violent incendie a littéralement rasé l’ancienne chapelle historique de 1886. 

Un élan de solidarité dans la région a cependant donné lieu à un vaste mouvement populaire en faveur de la reconstruction d’un édifice religieux plus petit, mais plus moderne et plus sécuritaire. 

Le premier coup de marteau fut donné le 27 novembre dernier (2017) et à 18h, la veille de Noël, le 24 décembre, les travaux s’arrêtaient, le temps de célébrer la première messe de minuit dans le nouvel édifice. La chapelle était alors presque complétée, mais il y manquait son revêtement extérieur et celui du plancher.

Après les fêtes de Noël, les travaux se sont poursuivis et lors de la messe du Samedi saint, le week-end dernier, la nouvelle chapelle était quasiment prête ; n’y manquaient que son clocher et le système électronique du carillon. L’ancienne cloche fendue de la chapelle brûlée sera éventuellement installée à l’extérieur de l’église, en guise de souvenir. Le paysagement extérieur suivra sous peu, pour la belle saison, et il manque encore quelques éléments de finition à l’intérieur.

Le chantier de la nouvelle chapelle de Saint-Sixte aura coûté près de 150 000$, incluant le nettoyage des restes de la précédente chapelle entièrement consumée, confie le président de la fabrique de Saint-Sixte, Richard Hotte. Les réclamations d’assurances à la suite du sinistre auront rapporté près de 180 000$ et les dons publics, 35 000$ environ. 

Après toute cette aventure, on espère pouvoir hériter quand même d’un coussin financier de 50 000$ à 60 000$ pour les imprévus et les dépenses courantes reliées au nouveau lieu de culte.

Plus qu’une messe conventionnelle

Samedi dernier avait lieu plus qu’une messe de Pâques conventionnelle : on y célébrait la vigile pascale et la bénédiction des cierges pascaux et de l’eau. Chacune des cinq paroisses régionales avait apporté quatre litres d’eau. Une fois bénie, l’eau servira toute l’année aux diverses célébrations dans les différentes églises et chapelles de Ripon, Montpellier, Saint-André-Avellin, Notre-Dame-de-la-Paix et Saint-Sixte.    

Alors que la nouvelle chapelle de Saint-Sixte ne contient que 80 places assises, plus de 100 personnes se sont présentées à la messe du Samedi saint. Près de 30 paroissiens ont donc dû demeurer debout pendant deux heures puisque la célébration incluait un baptême, la messe et la vigile pascale.

Il semblerait que l’édification d’une nouvelle chapelle ait ravivé la pratique religieuse dans la petite communauté. En effet, durant les trois dernières années, à peine une dizaine de personnes assistaient à la messe du samedi dans la salle paroissiale, qui avait remplacé temporairement l’ancienne église démolie.

« Un moment donné, je ne savais pas si c’était l’effervescence d’une nouvelle chapelle ou, pour certaines personnes, retrouver un lieu de culte [...] Actuellement, c’est les deux [...] Il y a des gens, plus jeunes, qui ont recommencé à revenir (à la messe)[...] Encore, en fin de semaine, on avait un baptême. Il y avait quatre jeunes couples qui m’ont dit : ‘Ronald, nous, on veut recommencer à venir’ », raconte le curé Ronald Beaulne.

On espère pouvoir inaugurer officiellement la nouvelle chapelle, le 7 juillet prochain, presque exactement trois ans après le sinistre.