Des participants présents à la consultation publique ont malgré tout exprimé des inquiétudes face aux mesures jugées non suffisantes pour empêcher l’arrivée éventuelle de compagnies minières et de projets de mines à ciel ouvert dans la Petite-Nation.

Projets miniers non grata dans la MRC de Papineau

Une trentaine de personnes ont participé en fin de journée lundi à la consultation publique tenue de la MRC de Papineau portant sur le Projet de règlement modifiant le schéma d’aménagement et de développement révisé concernant les territoires incompatibles avec l’activité minière (TIAM).

Selon la cartographie présentée et les différents articles rattachés au projet de règlement dévoilés par la Commission d’aménagement et des ressources naturelles (CARN), c’est près de 80% du territoire de la MRC de Papineau qui se retrouverait en territoire incompatible avec les activités minières, si le projet est adopté tel quel et que Québec donne son aval.

Rappelons que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles de l’époque, Pierre Arcand, avait publié en janvier 2017 un document d’orientation intitulé «Pour assurer une cohabitation harmonieuse de l’activité minière avec les autres utilisations du territoire». Cette orientation ministérielle visait à donner plus d’autonomie aux MRC afin que celles-ci déterminent les zones de leur territoire qu’elles souhaitent voir être exemptées de tout développement minier. La nouvelle politique vise les développements à venir uniquement, alors que les détenteurs de titres miniers actuels pourront conserver leurs claims, à condition de renouveler ceux-ci dans les délais.

Parmi les outils dont disposent les MRC à l’intérieur des TIAM, celles-ci peuvent notamment établir des bandes de protection. Dans les périmètres urbains, une zone tampon d’une largeur maximale de 1000 mètres peut être mise en place. Pour les secteurs résidentiels se trouvant en dehors du périmètre d’urbanisation, le maximum de la bande de protection se chiffre à 600 mètres.

Dans son projet, la CARN de la MRC de Papineau propose d’étirer la bande de protection des périmètres non urbains à 1000 mètres. Au total, les mesures proposées permettraient de mettre à l’abri des minières 28 000 hectares de plus de territoire que ce qui est recommandé par Québec.

Des participants présents à la consultation publique ont malgré tout exprimé des inquiétudes face aux mesures jugées non suffisantes pour empêcher l’arrivée éventuelle de compagnies minières et de projets de mines à ciel ouvert dans la Petite-Nation.

«Nous non plus on n’en veut pas de mines sur notre territoire. Il y a des orientations gouvernementales et avec la carte qui est présentée là, nous sommes plus sévères que ce que le gouvernement nous demande. On travaille à en faire passer le plus possible [de territoire incompatible»], mais on ne peut pas protéger 100% de notre territoire. Quand on va envoyer ça à Québec, ils vont nous le retourner et nous demander de recommencer», a lancé le préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, lors de la période d’échanges avec le public.

L’encadrement des exploitations de sable et de gravier à des fins municipales, commerciales ou forestières a aussi fait l’objet de discussions. Des citoyens ont invité les représentants de la MRC à s’assurer de baliser adéquatement cette disposition.

Le président de la CARN et maire de Notre-Dame-de-Bonsecours, Carol Fortier, a indiqué que les doléances avaient été entendues et que la commission allait analyser et prendre en compte les commentaires du public pour élaborer l’ébauche finale du projet.

Le préfet de la MRC a d’ailleurs confirmé qu’une seconde consultation publique sur le sujet aurait lieu en août avant que le conseil des maires entérine le projet de règlement. Les élus doivent trancher sur le dossier le 15 août, au retour des vacances estivales.