Le maire de Ripon, Luc Desjardins, souligne que le nouveau règlement de zonage découle de la mise à jour par la MRC de Papineau de son nouveau schéma d’aménagement.

Plus beaucoup de place pour l'extraction de substances minérales à Ripon

La municipalité de Ripon vient de se doter d’un nouveau règlement de zonage qui interdit les sites d’extraction sur la quasi-totalité de son territoire.

La nouvelle réglementation, en vigueur depuis le 21 mai, permet l’extraction de substances minérales uniquement dans la zone 20-AD. Le secteur en question est situé à la limite frontalière avec le village de Saint-Sixte, à l’entrée sud de Ripon, dans le périmètre rural. En comparaison, l’ancienne réglementation rendait possible l’extraction de substances minérales dans 12 zones de la municipalité.

L’entrée en fonction de ce nouveau cadre réglementaire survient alors que le controversé projet de sablière de l’entreprise Les Fruits de la terre, prévu dans les secteurs des montées Meunier et Lavergne, à Ripon, pourrait voir le jour cet été, après quatre années de démarches auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). 

L’entreprise familiale, qui produit de petits fruits, a logé en 2015, auprès de la CPTAQ, une demande d’autorisation d’utiliser à une fin autre que l’agriculture une parcelle de 6,85 hectares de ses terrains. Un permis d’exploitation d’une sablière sur une période de cinq ans, en vue de développer la culture de l’ail, avait alors été demandé par le copropriétaire Alain Bouffard et sa conjointe Julie Milette. Cette requête a d’abord été rejetée, avant que la CPTAQ change finalement son fusil d’épaule et donne le feu vert au promoteur.

En juillet 2016, Le Droit avait mis au jour le projet et la vive opposition de citoyens habitant le secteur qui craignaient de perdre la quiétude des lieux et de voir les lacs Daoust et Viceroy être affectés par l’éventuelle exploitation d’une sablière dans les environs.

Après plusieurs délibérations devant la CPTAQ et un passage devant le Tribunal administratif du Québec, Alain Bouffard affirme être seulement en attente d’un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (MELCC), après quoi, le chantier devrait pouvoir voir le jour, a-t-il indiqué au Droit plus tôt cette semaine.

Le maire de Ripon, Luc Desjardins, explique que le nouveau règlement de zonage découle de la mise à jour par la MRC de Papineau de son nouveau schéma d’aménagement.

«On attendait que le schéma d’aménagement de la MRC soit en vigueur avant de pouvoir concorder nos règlements», a-t-il mentionné.

«Notre objectif à Ripon n’est pas d’avoir des sablières partout, mur à mur, et d’embêter les gens. Au départ de tout ça, c’est un projet agricole, il ne faut pas l’oublier», souligne M. Desjardins.

Ripon compte d’ailleurs mettre en place des mesures d’atténuation, si jamais la sablière voit le jour, a précisé le maire Desjardins. 

Réduire la limite de vitesse sur la montée Meunier et travailler avec la Société de l’assurance automobile du Québec, la Sûreté du Québec et le MELCC, afin de trouver des solutions pour limiter les conséquences du projet sur le secteur, sont parmi les options envisagées.

«Trop peu, trop tard», disent les opposants

L’Association des riverains du lac Daoust (ARLD), qui s’est toujours opposé au projet, déplore que Ripon n’ait pas agi avant pour interdire les sites d’extraction sur son territoire.

«Ce que ce changement de zonage dit aux autres voisins agriculteurs des Fruits de la terre, c’est ‘’ne prenez pas exemple sur eux’’, mais la jurisprudence au Québec nous dit qu’une fois qu’une demande est logée, c’est pratiquement un droit acquis. Le fait que la municipalité ait changé son règlement n’aura pas d’impact sur la sablière», affirme la présidente de l’ARLD, Odette Clairoux.